Londres. Imprimé pour George Peacock.[36]

[36] =Sublime of Flagellation=; In Letters from Lady Termagant

Flaybum, of Birch-Grove, to Lady Harriet Tickletail, of

Bumfiddle-Hall. In which are introduced The Beautiful Tale of =La

Coquette Chatie= (_sic_), in French and English, and =The

Boarding-School Bumbrusher=; or the Distresses of Laura. Decorated

with a superb Print.

To look at her Majestic figure,

Would make you caper with more vigour!

The lightening flashing from each eye

Would lift your soul to extasy!

Her bubbies o'er their bounddry broke,

Quick palpitating at each Stroke!

With Vigor o'er the bouncing bum

She'd tell ungovern'd boys who rul'd at home!

(_Madame Birchini's Dance._)

Long tormented, without knowing by what, I devoured with an ardent

eye every fine woman; my imagination recalled them incessantly to

my memory, solely to submit them to my manner, and transform them

into so many Miss Lamberciers.

(Rousseau, _Confessions_, vol I.)

London: Printed for George Peacock.

Ce volume contient quelques anecdotes piquantes, mais au demeurant, il

peut être placé au même rang que les ouvrages médiocres de ce genre. Il

présente cependant une nouveauté en ce sens que l'honneur y est mêlé.

Une jeune danseuse, amante d'un riche lord, ne veut pas répondre à

l'amour du fils de ce dernier, qu'elle a des scrupules de trahir, mais

elle assouvit la passion du jeune homme qui l'idolâtre, en lui

distribuant généreusement force coups de cravache, ce dont l'amoureux

paraît ravi.

=Vénus Maîtresse d'école=; ou Sports du bouleau. Par R. Birch,

traducteur des _=Mémoires de Manon=_.

Imprimé pour Philosemus, embelli d'une jolie planche. Prix: 10s.

6d.[37].

[37] =Venus School Mistress=; or Birchen Sports. By R. Birch,

Translater of Manon's Memoirs. Printed for Philosemus. Embellished

with a Beautiful Print. Price 10s. 6d.

Cet ouvrage fut réimprimé à plusieurs reprises. C'est une oeuvre très

mal écrite qui relate les aventures de miss Birch, la fille d'une femme

qui dirigeait un externat et qui ne laissait jamais passer une occasion

de fesser ses élèves. Miss Birch y prend goût et en fin de compte monte

à son tour une école avec une de ses amies. «Et maintenant, dit-elle,

nous vivons ensemble et fouettons, comme deux petits diables aussi bien

les petits garnements que les grands.» Les aventures relatées dans ce

volume sont très terre à terre, à l'exception peut-être de quelques

passages.

Un détail à noter: une deuxième page--faux titre--d'une édition

réimprimée vers 1830 par Carmon, porte la désignation suivante:

«=Aphrodite flagellatrix=: _Sive Ludi Betulani De gustibus non est

disputandum. Romæ Apud Plagossum Orbilium, In viam flagrorum sub signo

flagelli 1790_[38].»

[38] =Vénus Flagellatrice.=

Il ne faut pas discuter sur les goûts. A Rome: Chez Plagosus

Orbilius. Dans la rue des Flagrants, à l'Enseigne des Verges. 1790.

=La Favorite de Vénus=; ou Secrets de mon Mémorandum: expliqué dans la

vie d'une Dévote du Plaisir. Par THÉRÉSA BERKLEY.

«Ciels! Quelle sensation! Comment puis-je décrire les plaisirs de la

verge!--Son contact magique est si enivrant--si enchanteur--si--...»

Illustré avec de belles illustrations. Londres: Imprimé et publié par J.

Sudbury, 252, High-Holborn[39].

[39] =The Favorite of Venus=; or, Secrets of my Note Book: Explained

in the Life of a Votary of Pleasure. By Theresa Berkley.

«Heavens! what a sensation! how can I describe the pleasures of the

Rod!--its magic touch is so enthralling--so enchanting--so...

Illustrated with Fine Engravings. London: Printed and Published by

J. Sudbury, 252 High-Holborn.

Ce livre traite des amours d'un garçon livreur qui va porter aux clients

les marchandises achetées dans la boutique de son père. Mais comme cette

clientèle se compose presque uniquement de femmes entretenues et de

prostituées, les épisodes sont d'une nature quelque peu triviale et

l'ouvrage en lui-même est très terre-à-terre, sans grande valeur

littéraire.

=Les Camarades d'École=; ou Guide des Jeunes Filles en Amour, En une

série de lettres. Y compris quelques anecdotes-curieuses sur la

Flagellation. Auxquelles on a ajouté, la singulière et divertissante

Histoire de la Vie et de la Mort d'un Godemiche, enrichie de fines

gravures. Première partie. Londres; imprimé par John Johnes,

Whitefriars[40].

[40] =The School-Fellows=; or, Young Ladies' Guide to Love. In a

Series of Letters. Including Some Curious Anecdotes of Flagellation.

To which is added, The Singular and Diverting History of The Life

and Death of a Godemiche. Enriched with Fine Engravings. Part the

First. London; Printed by John Jones, Whitefriars.

En neuf lettres Cécile et Émilie rappellent l'une à l'autre les moments

qu'elles ont passés ensemble à l'école et retracent les aventures

amoureuses qu'elles ont eues depuis leur séparation. Ces lettres roulent

principalement sur la masturbation et la flagellation. Le style est très

pauvre, les expressions triviales et le sujet dépourvu d'intérêt.

=La Nuit de noces=; ou BATAILLES DE VÉNUS, UNE RÉVÉLATION VOLUPTUEUSE,

FORMANT LA Vie Intéressante d'une courtisane de qualité, forcée par le

besoin à Prostituer son Corps pour de l'Or; elle est prise en garde par

différentes Personnes Riches et Pieuses et devient fameuse par ses

méthodes Artistiques et Licencieuses de ranimer les instincts animals,

de faire renaître l'énergie décroissante avec l'âge, et pour rendre à la

Torche qui s'éteint une nouvelle Lumière. Dans cet ouvrage on trouvera

quelques curieuses ANECDOTES SUR LA FLAGELLATION et sur d'autres

succédanés pratiqués en cette science méritoire sur les Vieux et les

Jeunes. Le tout formant la narration (sic) la plus intéressante

d'intrigues et de débauche qui ait jamais été offerte au public!!![41]

[41] =The Wedding Night=; OR, BATTLES OF VENUS, A VOLUPTUOUS

DISCLOSURE, BEING THE _Interesting Life of a Courtezan of quality,

compelled by necessity to Prostitute her Person for Gold_, etc.,

etc... _In this Work will be found some_ CURIOUS ANECDOTES OF

FLAGELLATION _and of other strange succedaneums practiced in the

meretricious science upon old and young._ etc., etc. Illustrated

with curious Engravings. J. Turner, 50 Holywell street. Price 3s.

6d.

«Avec quels délices n'entends-je point tes transports, ô Amour

«Tant de douceur ravit mon oreille aux écoutes;

«Avec toi je veux parcourir cette plaine délicieuse

«Et tu devras céder à mes tendres étreintes!!!

Illustré de curieuses gravures. J. Turner, 50 Holywell Street. Prix 3s.

6d.

Le titre de cet ouvrage n'a absolument rien de commun avec son contenu.

Il n'est pas question du tout d'une nuit de noces, pas même en passant.

Le livre n'est nullement obscène. Il retrace la vie d'une jeune fille de

tempérament ardent que les instincts sensuels, les revers de ses parents

et d'autres circonstances jettent dans les bras d'un homme de position

qui l'entretient, mais qu'elle ne parvient pas à aimer. Elle change

d'amant, mais ne trouve le bonheur qu'auprès d'un jeune homme pauvre

qui, mourant bientôt, la laisse de nouveau seule.

Elle mène une existence aventureuse, fait le trottoir, et parvient, au

moyen de ses économies, à monter une _maison hospitalière_, où les vieux

messieurs trouvent tout ce qu'il leur faut. Ayant amassé un magot, elle

se retire à la campagne où elle mène la vie d'une veuve d'officier

colonial, finit par se marier avec un gentilhomme campagnard qui la

trompe et s'enfuit en Jamaïque avec la jeune servante. L'épouse trompée

se voue au bien et ferme les yeux de son mari repentant auquel elle a

pardonné à son retour.

=The Cabinet of Fancy=, or Bon Ton of the Day; A Whimsical, Comical,

Friendly, Agreeable Composition; Intended to please All, and offend

None; suitable to amuse Morning, Noon, and Night, Writte (sic) and

compiled by Timothy Fiekle Pitcher.

_With songs and strange extravagancies

She tries to tickle all your fancies._

London, printed for J. Mc. Lean, Lhips Alley, Wellelsse Square; F.

Sudbury, Nº 16 Tooby Street Borough; and Sold by all the Booksellers in

Town and Country.

THE CHARM, THE NIGHT SCHOOL, THE BEAUTIFUL JEWESS and THE BUTCHER'S

DAUGHTER. All Rights reserved.

Brussels 1874. Hartcupp et Cie, 8 fr.

(_Le Charme_, _l'École de Nuit_, _La Belle Juive_, _la Fille du

Boucher_.)

Tous Droits réservés, in-12. A Bruxelles chez Hartcupp et Cie. 1874. 8

fr.

=Jupes troussées=, par E. D. Auteur de la _Comtesse de Lesbos_. Londres,

1899, 1 vol. in-12.

Voici 180 pages superbement érotiques. Un avant-propos donne au

lecteur--qui doit s'armer de patience... et de courage pour avaler le

récit entier--toutes explications sur le but poursuivi dans cette

publication.

«Un bibliophile français de mes amis--y est-il dit--chercheur érudit et

infatigable, a réuni une collection d'anecdotes sur la flagellation à

diverses époques, collection que nous avons à notre disposition, jointe

à ses souvenirs personnels. Nous donnons ici une partie de ses

souvenirs, et à la suite quelques extraits de sa collection, pour ne pas

grossir démesurément le volume.»

Qui s'en plaindrait? Personne. Le lecteur, puisqu'il y a lecteurs pour

ce genre de littérature, ne verrait aucun inconvénient à quelques pages

de plus. D'autre part, le chercheur, qui voit là matière à

dissertation--voire à philosophie--ne demande qu'à recueillir le plus

possible. D'ailleurs la préface de _Jupes troussées_ nous fait espérer

une suite. Voyez plutôt:

«Si la présente publication obtient auprès de nos lecteurs le succès que

nous sommes en droit d'en espérer, je m'empresserai de publier la suite

de la collection, qui pour ma part, m'a vivement intéressé, par le

charme du récit, et par le piquant des descriptions des jolies scènes

qui s'y déroulent, et qu'on sent prises sur le vif. C'est comme le

panorama de la discipline, de la fin du siècle dernier à nos jours.»

Que voilà belles promesses. Et allez donc. Dix chapitres s'offrent au

lecteur qui peut y puiser maints enseignements, peut-être aussi

répulsion et dégoût!

Et maintenant, voulez-vous quelques extraits de ce livre? En voici le

prologue, l'entrée en matière, le frontispice en quelque sorte.

«Comment je devins professeur d'anglais, dans le pensionnat que

dirigeait Mme Tannecuir»--pourquoi toujours ces noms appropriés au

sujet?--«dans une des plus grandes villes de France, cela importe peu à

ce récit. Il suffit de savoir qu'un mois après mon installation dans

l'établissement, j'avais acquis un autre titre auprès de la maîtresse,

qui était devenue doublement la mienne. Après un siège assez court et

bien mené, la place s'était rendue à discrétion.»

Voilà qui promet. Cependant le style est doux, tout doux, trop doux pour

ce genre d'ouvrage, mais n'ayez crainte, dès la seconde page l'auteur se

rattrape. Un portrait de ladite directrice «fouillé jusqu'aux moindres

détails»; une description du pensionnat, et les verges entrent en danse.

Des verges, encore des verges, toujours des verges! C'est tantôt une

méchante écolière, qui a battu une de ses petites compagnes, qui est

conduite dans la salle de discipline. «C'est une mignonne petite blonde

de treize ans, déjà grassouillette, deux yeux très tendres, figure

douce. Elle rougit, tremble de honte. On l'assoit sur les genoux de la

directrice, et flic, flac,» etc., etc., cliché connu.

Et d'une.

Autre scène:

Cette fois «c'est Eliane de P. qui a un caractère indomptable; toutes

les réprimandes qu'on lui adresse sont sans effet sur elle. Et la voilà

qui crache à la figure d'une sous-maîtresse.

Eliane est une superbe créature, beauté troublante, dix-huit ans,

svelte, bien cambrée, beaux dessous, belles chairs... Toute la lyre,

quoi.

Et de nouveau voilà un postérieur qui rougit, car Mme Tannecuir a pris

sur une table une longue verge souple et élastique, et l'applique sur le

beau postérieur, d'abord sans trop de sévérité, rosant à peine le satin,

pour préparer la peau à un plus rude châtiment. Quand la croupe a pris

une teinte plus colorée, réchauffée par les légères atteintes, Mme

Tannecuir, jugeant que la préparation est ainsi suffisante, accentue la

force de ses coups, qui rougissent la surface cinglée.

Et de deux.

Vous croyez que c'est terminé. Patience, il n'y a encore que deux

chapitres de passés.

Une fustigation par chapitre ce n'est point trop. Il est vrai qu'ils

sont singulièrement allongés par les scènes intimes qui se passent entre

la directrice et le professeur d'anglais. Vous savez, la flagellation,

c'est un puissant aphrodisiaque... Demandez plutôt à Mme Tannecuir, ou

non lisez les chapitres suivants. Vous y trouverez que le professeur

d'anglais ne peut suffire à éteindre les feux de cette extraordinaire

directrice qui s'adresse à des personnes de son sexe.

En tout bien, tout honneur; c'est sans témoins: malheureusement, ce

satané professeur d'anglais qui est partout et voit tout, s'aperçoit

d'un spectacle charmant qui se passe tout près de sa cachette, et est

assez peu galant pour troubler ces... ces... comment dirai-je... ces...

débats.

Et voilà une scène du plus haut érotisme qui termine l'histoire.

Déjà? Oui, et il y en a dix chapitres!

Il est vrai que je ne vous ai pas donné tous les détails des corrections

infligées à Mlle Héloïse de R..., «un joli tendron de dix-sept ans aux

cheveux blond cendré, aux doux yeux de gazelle, dont la candeur

angélique ne laissait pas soupçonner que la mignonne était la plus

indisciplinée des pensionnaires», ni à Rosine de B..., «une belle brune,

au teint lilial, de seize ans, la taille parfaite, entre les deux,

développée pour son âge»; des charmes! des charmes mystérieux! ni à «la

tendre Victoire, blondinette de treize ans qui va recevoir une fessée

pour la guérir de sa paresse habituelle», ni à la blonde sous-maîtresse

elle-même, «qui prend un grand plaisir à voir donner le fouet».

Je ne vous ai pas parlé non plus de ce qui se passait pendant ces

corrections où l'on bandait les yeux aux victimes pendant que le

professeur d'anglais et Mme Tannecuir... mais j'allais en dire trop

long. Lisez l'ouvrage, il en vaut la peine.

D'ailleurs, cette très véridique histoire est suivie de =La discipline

au Couvent=, _à l'abbaye de Thétien_ 1780-1788. «Extraits des mémoires

du R.-P. Chapelain--je copie exactement--de l'abbaye de Thétien, copiés

textuellement sur les souvenirs écrits de sa main, trouvés dans son

secrétaire après sa mort.

Et ainsi commencent ces extraits:

«Deux tendres novices embéguinées depuis six mois, soeur Véronique et

soeur Gudule, la première, une mignonne blonde de dix-neuf ans, la

seconde, une belle brune de vingt ans, ont fait un accroc à leur robe

d'innocence.»

Figurez-vous qu'on les a trouvées dans la même couche, égrenant un

chapelet qui n'était pas leur chapelet habituel.

Et pour punir un crime à ce point atroce, voilà la mère abbesse--la

sainte femme!--qui fouette vigoureusement les deux coupables, sous les

yeux ébahis et fort satisfaits du Père Prieur.

Flic, Flac, et flic et flac, et voilà quatre chapitres sur le même

sujet.

Inutile de dire qu'on fouette d'abord une soeur Radogune, «une superbe

professe de trente ans--bigre!--plantureuse brune, aux rondeurs

opulentes,» ou bien c'est «une tendre novice, qui s'offre toute rouge de

honte, avec un délicieux corps de vierge blonde, grassouillette, dodue,

aimablement (?) potelée», et encore Hélène de Belvèlize, une mignonne

petite blonde potelée, qui a eu dix-sept ans aux dernières cerises,

toute ronde, replète, bien garnie partout; une belle chevelure blonde

encadre son front virginal--(encore! elle aussi)--tordue ordinairement

en deux longues tresses, dont les pointes nouées d'une faveur bleue, lui

battent les... jambes; mais les tresses sont défaites et les cheveux

épars sur les épaules tombent dans le dos: deux grands yeux bleus

limpides et languissants, fendus comme une longue amande, sont ombragés

par des franges dorées de cils longs et soyeux, surmontés d'épais

sourcils plus foncés, qui se rejoignent au-dessus d'un nez pur et

délicat, dont les ailes transparentes palpitent, au-dessus d'une toute

petite bouche, fendue dans une cerise».

* * * * *

Clic, clac, et clic et clac.

Et soeur Sévère, et soeur Hache-Cuir (!) s'en donnent _à coeur que

veux-tu_.

* * * * *

Voici venir «Yolande de Beaupertuis, une superbe fille, à qui on

donnerait plutôt dix-huit ans que seize sous une opulente chevelure

noire, un teint mat de la blancheur des lis, fait ressortir ses épais

sourcils d'ébène, et les longs cils soyeux, qui descendent sur deux

grands yeux noirs veloutés mais hautains dont l'éclat n'est pas fait

pour atténuer l'orgueil qu'elle porte dans ses traits.

Une petite bouche aux lèvres ronges, sensuelles complète cette belle

figure de Diane chasseresse.»

Et en route pour cent coups de martinets administrés sous la compétente

direction du Père Prieur, qui moralise à sa façon.

Un point, c'est tout.

Suivent deux pièces de vers, intitulées _La discipline au couvent_

(1830).

Et l'auteur avoue _modestement_ que ces deux pièces, extraites des

souvenirs rimés de l'aumônier de couvent des Lorettes de L. vers 1830,

sont tout simplement le chef-d'oeuvre du genre.

Jugez-en un peu par ces extraits:

Dans l'oratoire on vient de traîner Lise,

Beau tendron de quinze ans, que le fouet va punir

D'un gros péché de gourmandise

Deux nonnains s'en viennent tenir

La belle qui résiste,

Tandis que soeur Agnès, qu'assiste,

La plantureuse soeur Tourment,

La trousse pour le châtiment.

Ouf! Et d'un. Point ne se termine là ce chef-d'oeuvre. Oyez encore:

Pendant que gémit la pauvre fille,

Redoublant d'ardeur, la nonnain

La fustige et la catéchise:

«Flic, flac, eh bien, est-ce aussi bon,

«Que le péché de gourmandise

«Qui vous valut cette fessée, ô Lise?

«Flic, flac, et ceci donc?

«C'est encore meilleur, je l'espère

«Tantôt notre bon père,

«En guise de bonjour,

«Vous dira deux mots à son tour

«Flic, flac, ah! vous sentez la chose!»

Flic, flac, ô poésie, voilà de tes coups!

Voici la fin de la première poésie:

Je l'entraîne dans ma cellule,

Et là dans l'ombre et le secret,

Je confesse à loisir la chaude pénitente,

Encore toute palpitante...

Mais là-dessus soyons discret.

Soyons discret! Après dix pages de versification érotique! Dieu grand,

il était temps!

Enfin le volume se termine par _une séance au Club des Flagellants_,

traduction d'une lettre écrite par un certain John Seller qui a assisté,

déguisé en femme à cette séance.

Peu intéressante cette lettre.

Beaucoup d'obscénités. Pas le moindre effort littéraire.

Je n'en parlerai donc pas.

=Les Callipyges ou Les Délices de la Verge=, par E. D. Paris. Aux dépens

de la Compagnie, 1892, 2 volumes.

C'est là le compte rendu de conférences qui auraient été faites aux

séances d'un comité formé de dix charmantes femmes, aux formes

opulentes, qui s'étaient donné le titre bien approprié de «Callipyges».

L'ouvrage est donc divisé en chapitres différents pour chaque

conférence. Nous les passerons rapidement en revue.

Voici d'abord une _Conférence sur l'Utilité et l'Agrément de la verge_.

La conférencière parle des _causes_ qui font donner le fouet dans les

pensionnats, puis du _but_ poursuivi en cela. Ici nous citons: le

passage en vaut la peine.

«Pour nous, et pour vous aussi, mesdames, qui m'avez fait l'honneur de

me demander mon avis franc et sincère, il y a un double but, que résume

admirablement ce proverbe latin: _utile dulci_, mêler l'utile à

l'agréable.»

On n'est pas plus franc, en effet.

Après le _but_, voilà les _moyens_: ils sont nombreux, et... accompagnés

d'exemples.

Passons. Suit une _conférence sur le pantalon_, «ce recéleur charmant

des plus riches et des plus aimables trésors».

Hum! hum!

Mrs Flog va nous dire ce qu'elle pense de _la Pudeur et de la

Confusion_. Voilà qui, placé dans une telle bouche, promet d'être

intéressant. Elle commence ainsi:

«Un des plus séduisants attraits de la flagellation, c'est sans

contredit la confusion qui empourpre les joues d'une pudique jeune

fille, à la seule pensée qu'elle va montrer son postérieur nu.»

Celte confusion n'a rien qui nous étonne, mais que ce soit là un attrait

séduisant?...

A l'appui de ces dires, Mrs Flog organise une conférence

_expérimentale_, tenue chez elle, et soyez certains que les expériences

sont poussées dans leurs détails les plus extrêmes. La cruauté et la

luxure s'y sont donné rendez-vous; mais en somme, ce n'est qu'un roman.

La fin du premier volume contient quelques observations du plus haut

intérêt, mais comme elles sont enjolivées (?) de scènes plus ou moins...

odieuses, nous regrettons de ne pouvoir citer que les titres des

chapitres, savoir:

Conférence expérimentale, tenue chez Mrs Flog.

Five O'Clock chez Lady Fine (conférence anecdotique).

Conférence sur les diverses manières de fouetter.

Conférence anecdotique chez Lady Richbut.

Enfin: Conférence expérimentale tenue chez Mrs S. Tear, et nous passons

au second volume.

En voici les principaux chapitres:

Sur les pratiques voluptueuses pendant la flagellation.

Sur la sévérité dans le châtiment.

Sur la discipline dans la famille.

Sur la discipline entre amies.

Le tout semé d'anecdotes et de conférences expérimentales.

Il est fâcheux que l'auteur de ce volume ne l'ait pas écrit en termes

pins modérés et plus... littéraires. L'ouvrage y eût gagné.

Que ne soigne-t-on pas davantage l'impression. Nous relevons dans notre

lecture une moyenne de trois ou quatre fautes par page!

=Mémoires d'une procureuse anglaise=, faisant suite à l'ouvrage

FILLETTES ET GENTLEMEN. Paris. A la librairie de Cupidon, 1891.

Un affreux petit ouvrage, où les fautes abondent; mal imprimé. Quelques

scènes de flagellation sans importance, où, seule, la note érotique est

cherchée.

=Étude sur la flagellation= A TRAVERS LE MONDE, AUX POINTS DE VUE

HISTORIQUE, MÉDICAL, RELIGIEUX, DOMESTIQUE ET CONJUGAL, AVEC UN EXPOSÉ

DOCUMENTAIRE DE LA FLAGELLATION DANS LES ÉCOLES ANGLAISES ET LES PRISONS

MILITAIRES.

_Dissertation documentée basée en partie sur les principaux ouvrages de

la littérature anglaise en matière de flagellation et contenant un grand

nombre de faits absolument inédits avec de nombreuses annotations et des

commentaires originaux._ Paris, 1899, 1 vol. in-8º tiré à 500

exemplaires sur papier de Hollande.

=Préface à «l'étude sur la flagellation».= En publiant cette étude, nous

avons voulu franchement rompre en visière avec un préjugé suranné qui

veut que certains sujets d'une nature parfois--mais pas

toujours--scabreuse soient systématiquement exclus de la discussion. LA

FLAGELLATION, dont l'origine remonte aux époques les plus éloignées est

un de ces thèmes que l'on s'est plu à classer dans la catégorie des

_questions délicates_ que l'on ne doit aborder qu'avec la plus extrême

réserve. Notre but n'est pas d'imprimer aux idées de nos lecteurs une

direction bien déterminée dans un sens ou dans un autre; de porter aux

nues, grâce à une surexcitation pernicieuse des sens, cette antique

institution qui, de nos jours, quoi qu'on en dise, n'en subsiste pas

moins sous une forme identique au fond mais modifiée dans les détails de

son exécution; nous nous bornons à soumettre au public un exposé aussi

complet que possible, un recueil très consciencieux de toutes les

théories émises sur ce sujet, une collection de faits s'y rattachant,

sans commentaires, tels qu'ils nous sont transmis par d'antiques

chroniques et de plus récentes études. A nos lecteurs d'en tirer la

conclusion qui leur plaira. Déviant cependant du point de vue

essentiellement documentaire auquel nous nous plaçons en ce qui concerne

strictement la publication de cet ouvrage, nous croyons tout de même

pouvoir émettre un avis tout à fait personnel, qui peut se résumer en

quelques mots: «La flagellation n'est, en somme, qu'un moyen comme un

autre de provoquer une surexcitation des sens, que l'on a employé de

tous temps plutôt dans ce but réel que dans un autre et qui a constitué,

comme il le constitue encore aujourd'hui, un moyen détourné de faire

naître chez les _émoussés_ des désirs et des jouissances qui doivent

fatalement amener un assouvissement d'appétits charnels. Le fanatisme

religieux, les pénitences ascétiques et tous les autres prétextes qui

ont servi de couverture à cette pratique n'ont dû avoir cependant qu'un

résultat unique qu'il conviendrait plutôt de considérer et d'analyser au

point de vue médical.»

Ce recueil, qui contient un certain nombre de faits et de relations

entièrement inédits, intéressera certainement le lecteur à quelque

classe qu'il appartienne: la lecture de cette étude produira sur lui,

selon son tempérament ou ses principes, des impressions bien diverses:

il pourra y puiser de l'étonnement; il pourra aussi s'en délecter, comme

également il n'y trouvera peut-être qu'une amusante distraction,

peut-être même éprouvera-t-il un certain dégoût. Mais ce dernier cas se

produirait-il, que nous ne saurions nous en plaindre, parce que nous

aurions au moins réussi à faire prendre par ce lecteur-là, en légitime

horreur cette manie qui n'a pu éclore et n'éclôt encore qu'en des

cerveaux maladifs.

Nous n'éprouvons aucun embarras pour déclarer ici franchement que nous

considérons la flagellation comme une des passions vicieuses inhérentes

au genre humain. A ce titre, nous croyons le sujet digne d'attirer toute

notre attention, et nous sommes persuadés que son analyse et sa

discussion s'imposent. Au grand public de s'ériger en juge de nos

efforts, qui ne s'appuient certainement pas sur une pudibonderie

déplacée. Nous pouvons, en effet, avec une légère variante, faire nôtre,

en la circonstance, un adage latin: «_Castigat scribendo mores._»

En présence des lois de la nature, lois que certainement l'homme n'a pas

inspirées, nos préjugés surannés, nos vertus hypocrites s'évanouissent

comme fumée: la réalité, la vérité nous apparaît nue, entièrement nue,

et quand nous cherchons à la travestir nous commettons tout simplement

un crime de lèse-nature: ce n'est plus la vérité, ce n'est plus la

réalité dès qu'on l'affuble des oripeaux de nos conventions stupides qui

permettent bien de penser en toute liberté de conscience, mais

n'admettent pas que cette liberté se traduise franchement et sans

ambages, nous mettant ainsi dans l'obligation de vivre en un perpétuel

mensonge à l'égard de nous-mêmes.

On nous a enseigné que le mariage, c'est-à-dire l'accouplement des deux

sexes en vue de perpétuer la race humaine, tel qu'il nous est imposé par

les lois, est le seul et unique système de copulation logique et

légitime, l'idéal de l'hyménée, et que tous les autres systèmes,

c'est-à-dire les rapports sexuels basés sur des principes différents,

sont illicites et criminels et comportent forcément la damnation.

Cette théorie est identique à celles qui règlent toutes les religions:

elle est trop consolante, trop idéale, pour répondre à la réalité des

faits, car elle implique la bonté excessive et la vertu, ainsi que

l'abnégation à toute épreuve chez les deux sexes.

Malheureusement l'homme, tout comme la femme, et cette dernière

peut-être à un bien plus haut degré, sont dominés, subjugués par des

passions qui ne sauraient obéir aux lois humaines, parce qu'elles

subissent l'impulsion de la nature, souveraine maîtresse en ces sortes

de choses.

Et ce sont précisément ces passions qui font naître en nous ces manies

baroques, ces extravagances voluptueuses qui provoquent, de la part de

notre pudibonderie de convention, les hauts cris que l'on pousse quand,

par hasard, il se trouve quelqu'un qui s'attaque à la matière et

entreprend de la disséquer et de l'analyser au point de vue

psychologique.

De toutes les passions, la luxure est précisément celle qui s'impose le

plus tyranniquement au genre humain: La flagellation,--et c'est un fait

indéniablement établi,--est un des agents les plus actifs de cette

luxure innée, à laquelle la chasteté la plus stricte n'échappe que très

rarement.

L'homme a de tous temps cherché et trouvé dans la souffrance et dans

l'influction de douleurs corporelles une âpre jouissance; il n'a pas

seulement puisé d'étranges sensations dans son propre martyre, mais il a

aussi joui d'étrange, de cynique, et, disons-le, de révoltante façon des

tortures infligées à son semblable.

Dans les _Chants de Maldoror_ (Paris et Bruxelles, «chez tous les

libraires,» 1874, in-18) nous cueillons ce passage qui le dit bien:

«... _Tu auras fait le mal à un être humain et tu seras aimé du même

être: c'est le bonheur le plus grand que l'on puisse concevoir._»

Il serait oiseux, dans cette préface, de refaire en abrégé l'historique

de la Flagellation qui se développe avec toute l'ampleur que comporte le

sujet dans le volume que nous présentons à nos lecteurs.

Notre rôle se borne ici à expliquer le but que nous poursuivons en

publiant cet ouvrage. Nous voulons propager, dans la mesure du possible,

la connaissance approfondie d'une passion humaine qui se présente sous

des aspects tellement divers et revêt des formes si variées qu'elle

offre un champ d'études très vaste. On pourra puiser dans notre _Étude

sur la Flagellation_ maints enseignements, en tirer maintes moralités et

se faire une idée exacte des différentes anomalies de la nature humaine

dans ses vices, au point de vue des jouissances toutes charnelles, qui

n'empiètent en rien sur le domaine intellectuel et moral. On ne saurait

en effet, taxer l'âme de tares qui n'affectent que la vile enveloppe

humaine, le corps, et constituent, tout aussi bien que d'autres défauts

constitutionnels, des aberrations physiques, c'est-à-dire un état

maladif latent, dont, en somme, elles procèdent.

* * * * *

Cet ouvrage était accompagné de sept eaux-fortes représentant des scènes

de flagellation.

Ces illustrations, d'un caractère artistique indéniable, ont été

=poursuivies et détruites par le Parquet=, sur la dénonciation et à la

requête d'une Société anglaise. Toute la presse parisienne a été unanime

à flétrir ces poursuites. Nous donnons quelques extraits des principaux

journaux qui se sont élevés avec indignation contre les procédés

employés en cette occurrence:

Du _Radical_, 7 juillet 1899, sous le titre: =Les dessins de la

Flagellation.=

La neuvième chambre correctionnelle a condamné hier, à 200 francs

d'amende, pour outrage aux bonnes moeurs, M. Carrington, éditeur, à

raison de divers dessins qui accompagnent l'_Histoire de la

flagellation à travers les âges_, ouvrage publié par sa maison.

C'était Me Albert Meurgé qui assistait le prévenu. Il a fait

remarquer, non sans ironie, que ce fut la plainte d'une Société

anglaise, la «National Vigilance Association» qui mit en mouvement le

parquet français. Et il a ajouté, aux rires de l'auditoire, que ce qui

avait offensé cette vertueuse Société, c'était une publication

antérieure de M. Carrington, _les Dessous de la pudibonderie

anglaise_, où l'hypocrisie de ces messieurs d'Outre-Manche se peut

voir à nu.

Des _Droits de l'Homme_, 7 juillet 1899, sous le titre: =Pudibonderie

anglo-française.=

M. Carrington, éditeur à Paris, a publié un ouvrage intitulé

l'_Histoire de la flagellation_ au point de vue médical, historique et

religieux.

A la suite d'une dénonciation d'une société de puritains anglais la

«National Vigilance Association», le parquet a trouvé que les gravures

de l'_Histoire de la flagellation_ étaient obscènes et M. Carrington a

comparu devant la neuvième chambre du tribunal correctionnel.

Me Meurgé assiste le prévenu.

C'est bien ce qu'on peut appeler l'internationalisme de la répression,

le parquet parisien s'étant mis à la remorque d'une société anglaise.

M. Carrington avait publié récemment un livre intitulé _les Dessous de

la pudibonderie anglaise_. Cette publication ne doit pas être

étrangère aux représailles de la présente poursuite.

Malgré les efforts de Me Meurgé, M. Carrington a été condamné à 200

cents francs d'amende.

Du _Petit Bleu_, 6 juillet 1899, sous le titre: =Pudeur Anglaise=:

M. Carrington, a publié en France un ouvrage qui a pour titre: _la

Flagellation à travers l'histoire_. M. Carrington a raconté les

fustigations légendaires dont certains personnages historiques furent

les héros ou les victimes: telle, la rivale de la duchesse du Barry,

flagellée sur l'ordre de la favorite par «quatre robustes

chambrières»; tel le chevalier de Boufflers à qui une épigramme

irrévérencieuse valut une correction de même nature.

M. Carrington a fait suivre ses récits de certaines eaux-fortes, dans

le goût des dessins du XVIIIe siècle, ayant un caractère artistique

incontestable, mais ayant aussi, paraît-il, un caractère obscène.

Qui s'en est plaint? Personne en France. Mais notre «Ligue contre la

licence des rues» a été mise en mouvement par une société analogue

qui, vigilante et inexorable, fait bonne garde autour de la pudique

Albion.

M. Carrington ayant vendu des exemplaires de son livre en Angleterre,

la «National Vigilance Association», ayant son siège à Londres, a

demandé à M. le sénateur Bérenger de faire poursuivre la répression de

l'outrage aux bonnes moeurs commis par l'auteur.

Le président de la ligne française a transmis la plainte au parquet

qui a déféré M. Carrington au tribunal correctionnel.

M. le substitut Rambaud, avec cette largeur d'idées et cette finesse

d'esprit qu'on lui connaît, a soutenu la prévention avec austérité

mais sans passion.

Me Meurgé a défendu le prévenu, qui déclarait que ses compatriotes

avaient voulu se venger de la publication qu'il a faite d'un livre

intitulé _la Pudibonderie anglaise_.

En Virginie, épisode de la guerre de sécession Précédé d'une étude sur l'esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d'une bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation · 第 66 / 88 题