Paris, 5 mai 1863.
Mon cher Panizzi,
Je suis allé hier aux Tuileries. L'impératrice m'a demandé de vos
nouvelles et pourquoi, passant par Paris, vous n'aviez pas déjeuné avec
elle? Nigra et les attachés de la légation italienne paraissent en
grande faveur, faveur toute personnelle, bien entendu. Hier, ou plutôt
aujourd'hui, l'impératrice a retenu autour d'elle huit ou dix personnes,
dont Nigra et deux attachés. On ne nous a lâchés qu'à deux heures un
quart.
On reçoit à l'instant la nouvelle que Puebla a capitulé après deux
combats dans lesquels les Mexicains ont été complètement battus.
Rien de nouveau de la Pologne, si ce n'est la publication dans _le
Moniteur_ de deux réponses russes. Celle qui nous concerne est très
douce. Il me semble que, si j'étais à la place d'Alexandre, je
répondrais d'une autre encre.
Les élections, je le crains, se feront à la diable.
Adieu, mon cher Panizzi. Je suis toujours souffreteux, respirant mal et
de mauvaise humeur.