III

Paris, 11 octobre 1857.

Cher monsieur Panizzi,

Je suis charmé que vous ayez eu un beau temps pour passer ce bras de mer

si ennuyeux. Du reste, vous aviez trop peu mangé pour qu'un gros temps

fût profitable aux poissons.

J'ai passé la soirée avant-hier chez lady Holland. Nous avons tenu

beaucoup de mauvais propos sur Dieu, les rois et les hommes, notamment

contre vous.

M. Cousin, que vous connaissez sans doute, m'adresse une question à

laquelle je ne sais que répondre. Il y a, à l'exposition de Manchester,

un portrait attribué à Mignard, celui de Julie d'Angennes, qui

appartient à lord Spencer. Or, à l'époque où le portrait _paraît_ avoir

été fait, Mignard n'était pas en France. Vous qui connaissez l'univers,

il ne se peut pas que vous ne connaissiez lord Spencer. Lorsqu'il vous

tombera sous la main, soyez assez bon pour lui demander ce qu'il sait

de l'origine de son portrait.

Tenez pour assuré que l'impératrice n'est pas allée à Stuttgart afin de

montrer une attention particulière pour la reine Victoria. Ne croyez à

rien de ce qu'on peut vous dire sur le relâchement de l'alliance.

Adieu, cher monsieur Panizzi. Sachez que j'ai accroché une petite

provision, de champagne sec. Vous devriez venir m'en dire votre avis aux

vacances de Noël.

Lettres à M. Panizzi - 3eme édition, Tome I · 第 9 / 152 题