Dans ma chambre, j’étais plus tranquille. Je couchais dans une chambre à
trois lits, qu’habitaient aussi Larcier et un sous-officier qui
travaillait au bureau du major. C’était un gros garçon distrait, qui
frayait peu avec les autres maréchaux des logis. Il passait pour un
bêta, parce qu’il avait des divertissements à lui. Il s’occupait
constamment de statistiques, était très emballé sur la géographie et
dressait constamment sur des feuilles de situation des listes de villes.
On n’a jamais pu savoir si ça servait à quelque chose. En tout cas, il
s’y donnait cœur et âme.
Nous n’étions pas mal ensemble, mais c’est à peine si nous nous disions
bonjour et bonsoir, un signe de tête en entrant, un petit grognement en
sortant. Léonard était en somme le compagnon le plus agréable que nous
puissions avoir, puisqu’il nous en fallait un. D’ailleurs nous étions
très peu à la chambre; nous y rentrions pour nous coucher, d’ordinaire
assez tard; nous en sortions le matin de bonne heure et n’y rentrions
que pour nous habiller.
Léonard travaillait quelquefois la nuit à ses statistiques, en laissant
sa lampe allumée; c’était une petite lampe à abat-jour, qui ne gênait
pas notre sommeil. Notre compagnon nous était reconnaissant de cette
tolérance. Nous sentions sa gratitude plutôt que nous l’éprouvions, car
elle ne se manifestait pas.
Je me couchai ce soir-là très fatigué et je fus long à m’endormir.
Léonard travailla assez tard et, quand il éteignit sa lampe, je restai
longtemps dans l’obscurité, les yeux grands ouverts; mais je finis par
m’endormir et la nuit, dès lors, passa si vite, que j’entendis, presque
tout de suite après, la sonnerie du réveil. Elle me parut plus
déchirante encore que d’habitude. Le jour était gris, j’étais accablé de
sommeil et je me rendormis malgré moi pendant quelques instants. A la
rigueur, j’aurais pu descendre plus tard encore, car ma présence aux
écuries, au moment de la corvée des litières, n’était pas absolument
nécessaire; il suffisait que le sous-officier de semaine fût là. Mais,
après tout, le lieutenant de semaine, mauvais coucheur, pouvait
s’étonner de mon absence, ou, ce qui était plus grave, de l’absence de
Larcier. Or, personne n’était là pour en donner une raison. Je me
violentai et me levai, la tête lourde, le cœur barbouillé. Je descendis
aux écuries, mais il n’y avait pas de danger, l’officier n’était pas là.
Quand les hommes eurent donné les bottes de foin et qu’ils furent
remontés dans leur chambre, j’entrai à la cantine où les bols de café
noir et les miches de pain étaient disposés le long des tables. Je me
sentais mal fichu; j’avais envie de remonter me coucher, mais je me dis
que, si je me couchais, je n’aurais peut-être pas la force de me lever
pour le pansage de neuf heures, et il fallait encore être là, à cause de
Larcier.
Le pansage fini, la soupe sonnée, je commençai à me sentir un peu
énervé. C’était vers dix heures et demie que Larcier devait rentrer au
quartier: le train de Toul arrivait à dix heures vingt. Je compris que
je n’aurais pas la patience d’attendre cette demi-heure au quartier; je
me fis donner un hâtif coup de brosse par un garçon d’écurie et je filai
vers la gare.
Le train de Toul était en retard de quinze minutes. Mon impatience
semblait l’attirer. Gagnerait-il sur son retard? N’allait-il pas
apparaître au tournant, dans la percée des rochers? Je voyais d’avance
la machine noire déboucher de là-bas, comme poussée par sa suite de
wagons, puis toute la file s’arrêter le long du quai, les portières
s’ouvrir et battre, et le visage de Larcier dans la foule. J’entendais
d’avance ma question anxieuse: «Eh bien, as-tu l’argent?...»
Cependant le train n’arrivait pas, et, loin de regagner son retard, il
semblait qu’il l’eût encore accru... Cela commençait à devenir
inquiétant, car, s’il arrivait à onze heures moins vingt, nous n’aurions
que le temps, Larcier et moi, de courir au quartier nous mettre en
pantalon de cheval et d’arriver au manège où nous «prendrions»
certainement quelque chose, car l’officier nous attendrait rageusement,
en tapant sa botte avec son stick.
Dix heures trente-sept... dix heures trente-huit... dix heures
trente-neuf... Une espèce de cloche geignarde et chantante annonce le
train de Toul. Quelques instants après, un gros rugissement... Le train
paraît dans la percée. Et voilà qu’il stoppe d’abord, on ne sait
pourquoi, sans entrer en gare... C’est que la voie n’est pas libre: un
train de marchandises se gare en aval de la station. Dans le train de
Toul, les gens se montrent aux portières, mais je n’aperçois pas le képi
de Larcier. C’est d’un mauvais augure!... Il sait que le train est en
retard, il doit s’impatienter et craindre de ne pas être à l’heure au
dressage. Comment se fait-il qu’il ne montre pas à la portière une tête
inquiète?
J’étais de plus en plus énervé. Enfin, la locomotive reprit sa marche,
le train entra en gare. J’étais monté sur un banc pour mieux voir dans
la foule l’uniforme de Larcier, mais il ne descendit que des gens en
noir ou en gris... Là-bas, peut-être... non, ce n’était qu’un soldat de
la ligne qui, pesamment, sortait d’un wagon...
Larcier n’était pas là. Pourquoi?
Mais je ne pouvais perdre mon temps à me le demander. Je courus vers le
quartier, la tête confuse. Je ne savais pas ce que j’allais raconter
là-bas pour excuser l’absence de mon ami... Enfin, j’aurais toujours la
ressource de dire qu’il était malade.
Je me mis en tenue en toute hâte et descendis au manège. L’officier,
comme je le pensais, attendait avec impatience, en se promenant devant
le front des chevaux. Les maréchaux des logis et les brigadiers qui
montaient au dressage étaient déjà tous à leur poste; il ne manquait que
Larcier et moi. J’allai droit à l’officier et lui dis que mon camarade
était souffrant. Il leva les épaules:
--Il a mal aux cheveux... Il faudra soigner ça!...
Puis on ramena à l’écurie la bête de Larcier. Nous montâmes à cheval et
entrâmes dans le manège.
J’étais en tête de la reprise, chevauchant «Calomel», une bête assez
douce, habituée à ma monte nonchalante, qui s’étonna et rua ce jour-là,
serrée peut-être trop nerveusement entre mes jambes. Je ramassai
quelques observations pour gêner dans leurs voltes la file de mes
camarades. Heureusement qu’une demi-volte individuelle, en renversant
l’ordre des cavaliers, me fit me trouver à la queue de la reprise. Dès
lors, je cessai de vouloir imposer ma volonté à Calomel qui, déjà soumis
à un précoce esprit de servitude, imita fidèlement ses compagnons de
manège dans leurs exercices successifs.
Je pensais à ce que je ferais après déjeuner, dans l’après-midi. Je
partirais évidemment pour Toul... Aussitôt descendu de cheval, je
prévins le chef que je ne serais pas là pour le pansage, et je pris le
train de trois heures, après avoir traîné quelque temps dans la ville et
attendu sans espoir à la gare un train omnibus qui arrivait à une heure
quarante-cinq, venant aussi de Toul et qui avait quelque chance de
ramener mon ami.
Je savais où demeurait le tuteur de Larcier. Un dimanche, nous étions
allés à Toul pour nous promener et j’avais accompagné Larcier chez son
parent. J’étais resté à la porte, devant la grille du petit jardin et
j’avais vu le vieillard reconduire mon ami; mais, comme j’étais à quinze
ou vingt pas de la grille au moment où Larcier sortait du jardin, je
n’avais pas été présenté à M. Bonnel.
La propriété était située dans les environs de Toul, à quinze cents pas
de la gare, dans un petit groupe de maisons entourées de jardinets. Je
suivis la route qui conduisait à cette sorte de hameau; c’était un
chemin bordé d’arbres; de temps en temps on passait devant une usine ou
devant un chantier de bois; tout autour, c’étaient des champs. La
maison Bonnel ne se voyait pas de loin; elle était placée à une centaine
de pas d’un coude de la route. J’étais impatient d’y parvenir, et moi
qui suis d’ordinaire un peu gêné d’aller chez des gens que je ne connais
pas, je n’éprouvais ce jour-là aucune espèce d’embarras, tant j’étais
poussé par ma hâte amicale de savoir ce qu’il était advenu de Larcier.
Comme j’allais arriver au coude de la route, je croisai deux ouvriers
qui parlaient, et j’entendis cette phrase:
--Ça s’est passé vers les deux heures du matin... Il doit être en
Belgique depuis longtemps ou en Allemagne. Allez, ils ne l’attraperont
pas de sitôt...
Pris par une soudaine inquiétude, je m’arrêtai brusquement avant de
tourner le coude du chemin, comme si j’avais peur de ce que j’allais
voir, sur cette partie encore cachée de la route.
Je me remis en route avec effort, les jambes fatiguées, et, comme je
dépassais l’angle, j’aperçus une cinquantaine de personnes en arrêt
devant la maison Bonnel.
C’est à peine si j’eus la force de marcher jusque-là. J’avais si peur de
voir confirmer ce que je devinais! Je n’avançais plus que pour suivre le
mouvement commencé, et je me mêlai à la foule qui se promenait devant la
grille. Quelques-uns des curieux qui étaient là me dévisagèrent, et l’un
d’eux remarqua le numéro que je portais à mon col. S’adressant à un
vieux monsieur qui se trouvait à la porte, il lui dit:
--Monsieur le commissaire, voilà justement un sous-officier du même
régiment.
Le commissaire avait le visage enfoui dans une barbe grise, et portait
au-dessus des yeux deux épis menaçants. Il me demanda:
--Vous connaissez Larcier?
--Oui, monsieur, répondis-je d’une voix faible, je le connais; mais que
s’est-il passé? Je viens d’arriver à Toul et ne suis au courant de
rien...
--Il s’est passé que votre camarade a tué son vieux cousin... Mais j’ai
des renseignements à vous demander. Nous n’allons pas rester là, venez
avec moi dans la maison.
Nous entrâmes ensemble dans la salle à manger. Le commissaire s’installa
au coin de la table en vieux chêne, sortit des papiers de sa poche,
après avoir fait signe à son secrétaire de venir nous rejoindre. Il me
raconta qu’il avait téléphoné à notre ville de garnison... que le
colonel avait confirmé l’absence du maréchal des logis Larcier. Le
commissaire savait déjà que mon malheureux ami avait perdu de l’argent
au jeu. Il avait été facile de reconstituer la scène violente qui
s’était passée chez le tuteur. On avait trouvé dans le bureau de M.
Bonnel des traces de sang; le plancher avait été lavé; la porte du
coffre-fort était ouverte, le trousseau de clés se trouvait dessus. Le
vieillard avait dû être frappé au moment où il venait d’ouvrir ce
coffre. Les recherches faites pour retrouver son cadavre avaient été
vaines jusque-là. On avait mis la main simplement sur les vêtements de
l’assassin: son uniforme de sous-officier de dragons roulé et jeté
derrière une borne, dans un coin du jardin.
L’assassin avait dû, en effet, se procurer dans la maison des vêtements
civils, afin de n’être pas aperçu dans un costume aussi voyant. Ce fut
du moins la première hypothèse qui vint à l’esprit. Mais on s’était
rallié ensuite à une autre: ce n’était pas pour cette raison que Larcier
s’était dépouillé de son uniforme, c’était probablement parce qu’il
était plein de sang. En effet, la tunique et le pantalon avaient été
soigneusement lessivés pour faire d’abord disparaître des maculatures,
mais il était probable que Larcier avait renoncé à les mettre parce
qu’ils étaient trop humides. Il s’était donc décidé à prendre des
vêtements de son tuteur, qui était à peu près de sa taille.
Mais où avait disparu le corps de l’infortuné M. Bonnel, c’est ce que le
commissaire n’avait encore pu découvrir. On avait examiné soigneusement
le sol du jardin... La terre--dure partout--n’avait été nulle part
remuée.
Le commissaire me pria de rester encore vingt-quatre heures à Toul, afin
d’éclairer la justice. Il demanderait d’ailleurs, par téléphone, la
permission au colonel.
Je n’étais pas fâché de ne pas retourner au quartier où ce drame
effroyable avait dû mettre en rumeur le clan haineux des ennemis de
Larcier; mais, ce qui dominait en moi, c’était le désir de retrouver
l’assassin pour lui parler, pour apprendre de lui la façon dont le crime
s’était commis. Il m’était impossible de croire que Larcier eût pu
assassiner son homme... Jamais il n’avait pu avoir la volonté de le
tuer... Etait-il même capable d’un de ces mouvements de colère qui
amènent un de ces meurtres presque involontaires que des impulsifs sont
capables de commettre?
J’avais, il est vrai, constaté un changement dans le caractère de
Larcier depuis qu’il s’était mis à jouer. Mais cette modification
était-elle suffisante pour avoir fait de mon ami un assassin? J’étais
persuadé qu’un accident quelconque s’était produit. Au cours d’une
discussion violente, le vieillard était peut-être tombé, s’était tué
dans sa chute... et Larcier avait fait disparaître le corps, l’avait
enfoui par crainte d’être accusé d’un meurtre...
C’était ainsi évidemment que le drame s’était passé. Pourtant je n’en
étais pas sûr... Un horrible doute m’envahissait: si pourtant Larcier
avait été capable de tuer!... C’était pour me débarrasser de cette
pensée affreuse que j’aurais voulu revoir mon ami, obtenir de lui le
récit de cette tragique aventure...
Ces réflexions que je me faisais à moi-même, je les communiquai au
commissaire. Mais il m’écouta distraitement; et d’ailleurs, intimidé par
son incrédulité, je ne lui parlai pas, je le sentis bien, avec assez de
véhémence. J’ai toujours la volonté de défendre mes amis, mais je manque
d’autorité naturelle et de combativité. Les gens ont l’air de m’écouter,
dans ce cas-là, avec une indulgence supérieure, comme s’ils voulaient
dire: «Vous avez raison de défendre votre ami, c’est gentil; mais nous
ne vous croyons pas: cette amitié même vous rend suspect.»
Pour le commissaire de police, l’affaire était des plus claires: Larcier
avait perdu de l’argent au jeu, était venu en demander à son tuteur, et,
comme celui-ci refusait de lui en donner, il l’avait tué. On savait qui
était l’assassin. On l’aurait, c’était fatal.
Je ne comprenais pas pourquoi il ne se mettait pas tout de suite à ses
trousses, et je résolus, puisque la justice était si lente à s’emparer
de Larcier, de découvrir moi-même les traces de mon ami et de le joindre
au plus tôt pour avoir avec lui l’explication nécessaire. Comme le
commissaire parlait au téléphone à mon colonel, je le priai de demander
pour moi une permission un peu plus longue. Je me faisais fort de
retrouver Larcier et de le ramener à la justice...
Le commissaire appuya ma demande, non pas qu’il tînt beaucoup à mon aide
et qu’il crût énormément à l’efficacité de mes recherches, mais il fit
cela par complaisance; il pensait sans doute que je voulais avoir une
permission et que j’avais saisi avec empressement ce prétexte pour
quitter le quartier une quinzaine de jours. Je ne me donnai pas la peine
de combattre cette opinion injurieuse. L’important était que le colonel
consentît à me donner deux semaines de liberté.
Je décidai cependant de rentrer au quartier le soir, pour prendre mes
vêtements, car j’étais parti à Toul sans d’autres effets que ceux que
j’avais sur moi. D’ailleurs, j’avais aussi mon projet en rentrant dans
notre ville de garnison.
Je savais que Larcier avait une amie. Il m’avait parlé d’elle, assez
discrètement. Par une sorte de pudeur sentimentale, il n’aimait pas,
même à ses amis, parler de ses affaires de cœur.
C’était une jeune femme, veuve depuis peu. Je savais qu’elle était de
mœurs irréprochables. Larcier m’avait parlé d’elle; ils s’aimaient je
crois beaucoup et avaient formé le projet de s’épouser. Elle n’habitait
pas la ville même où nous étions, mais le petit bourg de Saint-Renaud,
qui se trouve à une demi-heure de là. C’était là que Larcier se rendait
une ou deux fois par semaine, le soir. Le dimanche, en effet, il ne
pouvait pas voir son amie, à cause de toute la famille qui se trouvait
rassemblée autour d’elle.
Après avoir passé la nuit au quartier--j’étais trop fatigué pour
chercher un hôtel en ville--je partis le matin de très bonne heure. Je
n’avais vu au quartier que mon compagnon de chambre, le sous-officier
statisticien qui m’avait demandé quelques renseignements sur l’affaire
Larcier, qui les avait écoutés en songeant, et qui s’était remis à ses
travaux inutiles en hochant la tête, sans que je pusse savoir ce que ce
signe voulait bien exprimer.
Je quittai donc le quartier le lendemain matin au réveil. Le seul de mes
camarades que je pouvais rencontrer à cette heure était un
sous-officier, le maréchal des logis de garde, qui se tenait devant la
porte du quartier. Je filai rapidement devant lui, en lui faisant un
signe de tête, avec l’allure d’un homme qui ne tient pas à engager la
conversation. Je savais quel était leur état d’esprit à tous, avec quel
air de fausse pitié ils me parleraient, et qu’ils ne demandaient pas
mieux que d’être gentils pour moi et aimables, maintenant que le destin
leur avait donné cette féroce satisfaction de pouvoir considérer mon
malheureux ami comme un criminel.
Comme je m’éloignais du quartier à grands pas, l’officier de semaine
m’appela.
--Mon lieutenant, lui dis-je, je vais en permission...
Il fit simplement: «Ah!» Je crus qu’il allait me parler de Larcier et
j’étais déjà énervé de ce que j’allais entendre, mais il ne trouva
probablement pas la phrase à me dire, car il inclina la tête pour me
donner congé et reprit la route du quartier. J’aurais été ennuyé de lui
parler, mais je fus un peu déçu qu’il ne me dît rien.
Ce récit est une confession, et je dois révéler tout ce qui se passa en
moi.
Depuis la veille, j’étais malheureux, j’avais comme une douleur
physique dans les membres. Je m’assis en face de la gare une heure avant
le départ du train qui devait me conduire à Saint-Renaud. Or, il se
produisit en moi, à ce moment, une espèce de détente, et j’éprouvai une
heure de lassitude heureuse, oui, heureuse. J’étais content d’être en
permission; j’étais content de faire la connaissance de la jeune amie de
Larcier. Tout ceci était très vague encore et, heureusement pour moi, à
ce moment-là je n’osais me formuler ces raisons de satisfaction, car je
les aurais combattues avec horreur. Mais il est certain maintenant que
cette impression de liberté et aussi cet espoir de voir et de consoler
une jeune femme me firent oublier pour un moment bien des choses...