RÉFLEXION.

Quelques-uns recherchent avec un désir trop vif les consolations

célestes, et tombent dans l'abattement dès qu'elles leur sont

retirées. Mais ces grâces que Dieu accorde ou comme récompense aux

âmes embrasées d'une ferveur extraordinaire, ou comme encouragement

aux âmes faibles encore, pour les aider à supporter le travail de la

pénitence, ne nous sont dues en nulle manière; et toujours faut-il

_porter en nous la mortification de Jésus, afin que la vie de Jésus

soit manifestée en nous_[488]. Où serait l'expiation, où serait le

mérite, si nous n'avions rien à souffrir, ou si nos souffrances

étaient constamment accompagnées de l'onction divine qui les tempère,

et quelquefois les rend plus douces qu'aucune joie du monde? De

nous-mêmes, pécheurs misérables, nous n'avons droit qu'au supplice, et

nous voudrions jouir ici-bas de la félicité du ciel! Bénissons plutôt

la miséricorde qui, aux peines de l'éternité, substitue les épreuves

du temps: bénissons le Dieu qui ne se souvient, durant notre passage

sur la terre, de ce que nous devons à sa justice que pour l'oublier

ensuite à jamais; et disons-lui du fond de notre _coeur brisé_[489],

mais plein de reconnaissance et d'amour: _Lavez-moi de plus en plus de

mon iniquité, Seigneur, et purifiez-moi de mon péché; car je connais

mon iniquité, et mon péché est devant moi toujours_[490].

[488] II. Cor., IV, 11.

[489] Ps. L, 29.

[490] _Ibid._, 4, 5.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 248 / 453 题