Contempler Dieu et l'aimer, le contempler et l'aimer encore, voilà le
Ciel. L'âme, ici-bas, en reçoit quelquefois un avant-goût. Alors,
élevée au-dessus d'elle-même, elle se sent pleine d'ardeur, et enivrée
de joie, elle dit: _Il nous est bon d'être ici_[483]. Mais bientôt
arrive le temps de l'épreuve: il faut descendre du Thabor, et marcher
dans le chemin de la Croix. Heureuse l'âme qui, dans le dénûment,
l'aridité, les souffrances, demeure en paix, sans se laisser abattre
et sans murmurer; qui, fidèle à Jésus mourant, le suit avec courage
sur le Calvaire; et après avoir partagé le banquet de l'époux, prête à
partager son sacrifice, s'écrie comme un des Apôtres: _Et nous aussi,
allons et mourons avec lui[484]!_
[483] Matth., XVII, 4.
[484] Joann., XI, 16.