Qu'il faut s'occuper d'oeuvres extérieures, quand l'âme est fatiguée des
exercices spirituels.
1. J.-C. Mon fils, vous ne sauriez sentir toujours une égale ardeur pour
la vertu, ni vous maintenir sans relâche dans un haut degré de
contemplation; mais il est nécessaire, à cause du vice de votre origine,
que vous descendiez quelquefois à des choses plus basses, et que vous
portiez, malgré vous, et avec ennui, le poids de cette vie corruptible.
Tant que vous traînerez ce corps mortel, vous éprouverez un grand dégoût
et l'angoisse du coeur.
Il vous faut donc, pendant que vous vivez dans la chair, gémir souvent
du poids de la chair, et de ne pouvoir continuellement vous appliquer
aux exercices spirituels et à la contemplation divine.
2. Cherchez alors un refuge dans d'humbles occupations extérieures, et
dans les bonnes oeuvres une distraction qui vous ranime: attendez avec
une ferme confiance mon retour et la grâce d'en haut: souffrez
patiemment votre exil et la sécheresse du coeur, jusqu'à ce que je vous
visite de nouveau, et que je vous délivre de toutes vos peines.
Car je reviendrai, et je vous ferai oublier vos travaux et jouir du
repos intérieur.
J'ouvrirai devant vous le champ des Écritures, afin que votre coeur,
dilaté d'amour, vous presse de _courir dans la voie de mes
commandements_[481].
[481] Ps. CXVIII, 32.
Et vous direz: _Les souffrances du temps n'ont point de proportion avec
la gloire future qui sera manifestée en nous_[482].
[482] Rom., VIII, 18.