CHAPITRE XLVII.

Qu'il faut être prêt à souffrir pour la vie éternelle tout ce qu'il y a

de plus pénible.

1. J.-C. Mon fils, que les travaux que vous avez entrepris pour moi ne

brisent pas votre courage, et que les afflictions ne vous abattent pas

entièrement; mais qu'en tout ce qui arrive, ma promesse vous console et

vous fortifie.

Je suis assez puissant pour vous récompenser au-delà de toutes bornes et

de toute mesure.

Vous ne serez pas longtemps ici dans le travail, ni toujours chargé de

douleurs.

Attendez un peu, et vous verrez promptement la fin de vos maux.

Une heure viendra où le travail et le trouble cesseront.

Tout ce qui passe avec le temps est peu de chose et ne dure guère.

2. Faites ce que vous avez à faire; travaillez fidèlement à ma vigne, et

je serai moi-même votre récompense.

Écrivez, lisez, chantez mes louanges, gémissez, gardez le silence,

priez, souffrez courageusement l'adversité: la vie éternelle est digne

de tous ces combats, et de plus grands encore.

_Il y a un jour connu du Seigneur_, où la paix viendra; et _il n'y aura

plus de jour ni de nuit_[437] comme sur cette terre, mais une lumière

perpétuelle, une splendeur infinie, une paix inaltérable, un repos

assuré.

[437] Zachar., XIV, 7.

Vous ne direz plus alors: _Qui me délivrera de ce corps de mort[438]?_

Vous ne vous écrierez plus: _Malheur à moi, parce que mon exil a été

prolongé[439]!_ car _la mort sera détruite_[440], et le salut sera

éternel; plus d'angoisses, une joie ravissante, une société de gloire et

de bonheur.

[438] Rom., VII, 24.

[439] Ps. CXIX, 5.

[440] Is., XXV, 8.

3. Oh! si vous aviez vu, dans le ciel, les couronnes immortelles des

Saints, de quel glorieux éclat resplendissent ces hommes que le monde

méprisait et regardait comme indignes de vivre: aussitôt, certes, vous

vous prosterneriez jusque dans la poussière, et vous aimeriez mieux être

au-dessous de tous qu'au-dessus d'un seul!

Vous ne désireriez point les jours heureux de cette vie; mais plutôt

vous vous réjouiriez de souffrir pour Dieu, et vous regarderiez comme le

plus grand gain d'être compté pour rien parmi les hommes.

Oh! si vous goûtiez ces vérités, si elles pénétraient jusqu'au fond de

votre coeur, comment oseriez-vous vous plaindre, même une seule fois?

Est-il rien de pénible qu'on ne doive supporter pour la vie éternelle?

Ce n'est pas peu que de gagner ou de perdre le royaume de Dieu.

Levez donc les yeux au ciel. Me voilà, et avec moi tous mes Saints: ils

ont soutenu dans ce monde un grand combat: et maintenant ils se

réjouissent, maintenant ils sont consolés et à l'abri de toute crainte,

maintenant ils se reposent, et ils demeureront à jamais avec moi dans le

royaume de mon Père.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 235 / 453 题