Qu'il faut être prêt à souffrir pour la vie éternelle tout ce qu'il y a
de plus pénible.
1. J.-C. Mon fils, que les travaux que vous avez entrepris pour moi ne
brisent pas votre courage, et que les afflictions ne vous abattent pas
entièrement; mais qu'en tout ce qui arrive, ma promesse vous console et
vous fortifie.
Je suis assez puissant pour vous récompenser au-delà de toutes bornes et
de toute mesure.
Vous ne serez pas longtemps ici dans le travail, ni toujours chargé de
douleurs.
Attendez un peu, et vous verrez promptement la fin de vos maux.
Une heure viendra où le travail et le trouble cesseront.
Tout ce qui passe avec le temps est peu de chose et ne dure guère.
2. Faites ce que vous avez à faire; travaillez fidèlement à ma vigne, et
je serai moi-même votre récompense.
Écrivez, lisez, chantez mes louanges, gémissez, gardez le silence,
priez, souffrez courageusement l'adversité: la vie éternelle est digne
de tous ces combats, et de plus grands encore.
_Il y a un jour connu du Seigneur_, où la paix viendra; et _il n'y aura
plus de jour ni de nuit_[437] comme sur cette terre, mais une lumière
perpétuelle, une splendeur infinie, une paix inaltérable, un repos
assuré.
[437] Zachar., XIV, 7.
Vous ne direz plus alors: _Qui me délivrera de ce corps de mort[438]?_
Vous ne vous écrierez plus: _Malheur à moi, parce que mon exil a été
prolongé[439]!_ car _la mort sera détruite_[440], et le salut sera
éternel; plus d'angoisses, une joie ravissante, une société de gloire et
de bonheur.
[438] Rom., VII, 24.
[439] Ps. CXIX, 5.
[440] Is., XXV, 8.
3. Oh! si vous aviez vu, dans le ciel, les couronnes immortelles des
Saints, de quel glorieux éclat resplendissent ces hommes que le monde
méprisait et regardait comme indignes de vivre: aussitôt, certes, vous
vous prosterneriez jusque dans la poussière, et vous aimeriez mieux être
au-dessous de tous qu'au-dessus d'un seul!
Vous ne désireriez point les jours heureux de cette vie; mais plutôt
vous vous réjouiriez de souffrir pour Dieu, et vous regarderiez comme le
plus grand gain d'être compté pour rien parmi les hommes.
Oh! si vous goûtiez ces vérités, si elles pénétraient jusqu'au fond de
votre coeur, comment oseriez-vous vous plaindre, même une seule fois?
Est-il rien de pénible qu'on ne doive supporter pour la vie éternelle?
Ce n'est pas peu que de gagner ou de perdre le royaume de Dieu.
Levez donc les yeux au ciel. Me voilà, et avec moi tous mes Saints: ils
ont soutenu dans ce monde un grand combat: et maintenant ils se
réjouissent, maintenant ils sont consolés et à l'abri de toute crainte,
maintenant ils se reposent, et ils demeureront à jamais avec moi dans le
royaume de mon Père.