Quand la vie nous paraît pesante, quand nous sommes près de succomber
à la tristesse de l'exil, levons les yeux et contemplons l'aurore de
notre délivrance; car _cette enveloppe mortelle s'en va se détruisant,
mais l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour_[441]. Attendons,
souffrons en paix; l'heure du repos approche. _Les légères
tribulations de cette vie d'un moment, nous élevant sans mesure,
produisent en nous un poids éternel de gloire_[442]. Qu'importe un peu
de fatigue, un peu de travail sur la terre? Nous passons, et _n'avons
point ici de cité permanente_[443]. Jésus _est allé devant pour nous
préparer une demeure en la maison de son Père; et puis il viendra, et
il nous prendra avec lui, afin que là où il est, nous y soyons
aussi_[444]. _Ô Jésus, ô mon Sauveur! mon âme languit après vous, elle
vous désire comme le cerf altéré désire l'eau des fontaines_[445].
Venez, ne tardez pas: loin de vous, _nous sommes assis dans l'ombre de
la mort_[446]. Hâtez-vous, Seigneur; faites luire sur nous la lumière
de votre face, et qu'elle nous guide à la céleste Jérusalem, au pied
du trône de l'Agneau. Là, dans le ravissement de l'amour, dans
l'immortelle extase de la joie, les choeurs des Bienheureux mêlés aux
choeurs des Anges, célèbrent le Dieu trois fois saint. Et moi,
Seigneur, _sur le bord des fleuves de Babylone, j'ai pleuré en me
ressouvenant de Sion_[447]. Console-toi, mon âme, prête l'oreille;
n'entends-tu pas dans le lointain comme le premier murmure qui annonce
l'arrivée de l'Époux? _Encore un moment et tu le verras_[448]: encore
un moment, et rien jamais ne pourra te séparer de lui!
[441] II. Cor., IV, 16.
[442] _Ibid._, 17.
[443] Hebr., XIII, 14.
[444] Joann., XIV, 2, 3.
[445] Ps. XLI, 2.
[446] Luc., I, 79.
[447] Ps. CXXXVI, 1.
[448] Joann., XVI, 19.