Plusieurs se fatiguent et se tourmentent pour acquérir la science, _et
j'ai vu_, dit le Sage, _que cela aussi était vanité, travail et
affliction d'esprit_[417]. À quoi vous servira de connaître les choses
de ce monde, quand ce monde même aura passé? Au dernier jour, on ne
vous demandera pas ce que vous avez su, mais ce que vous avez fait;
_et il n'y a plus de science dans les enfers, vers lesquels vous vous
hâtez_[418]. Cessez un vain labeur. Qui que vous soyez, vous n'avez
que trop cultivé l'arbre dont les fruits donnent la mort. Laissez la
science qui nourrit l'orgueil, _la science qui enfle_, pour vous
occuper uniquement d'acquérir celle qui fait les humbles et les
saints, _la charité qui édifie_[419]. Apprenez à vous humilier, à
connaître votre néant et votre corruption. Alors Dieu viendra vers
vous; il vous éclairera de sa lumière, il vous enseignera, dans le
secret du coeur, cette science merveilleuse dont Jésus a dit: _Je vous
bénis, mon Père, Seigneur du ciel et de le terre, parce que vont avez
caché ces choses aux sages et aux prudents, et les avez révélées aux
petits_[420].
[417] Eccl., I, 17.
[418] _Ibid._, IX, 10.
[419] I. Cor., VIII, 1.
[420] Luc., X, 21.