Contre la vaine science du siècle.
1. J.-C. Mon fils, ne vous laissez pas émouvoir au charme et à la beauté
des discours des hommes: _car le royaume de Dieu ne consiste pas dans
les discours, mais dans les oeuvres_[414].
[414] I. Cor., IV, 20.
Soyez attentif à mes paroles, qui enflamment le coeur, éclairent,
attendrissent l'âme, et la remplissent de consolation.
Ne lisez jamais pour paraître plus savant ou plus sage.
Étudiez-vous à mortifier vos vices; cela vous servira plus que la
connaissance des questions les plus difficiles.
2. Après avoir beaucoup lu et beaucoup appris, il en faut toujours
revenir à l'unique principe de toutes choses.
C'est moi qui donne à l'homme la science, et qui éclaire l'intelligence
des petits enfants, plus que l'homme ne le pourrait par aucun
enseignement.
Celui à qui je parle est bientôt instruit, et fait de grands progrès
dans la vie de l'esprit.
Malheur à ceux qui interrogent les hommes sur toutes sortes de questions
curieuses, et qui s'inquiètent peu d'apprendre à me servir!
Viendra le jour où Jésus-Christ, le Maître des maîtres, le Seigneur des
anges, apparaîtra, pour demander compte à chacun de ce qu'il sait,
c'est-à-dire pour examiner les consciences.
Et alors, _la lampe à la main, il scrutera Jérusalem_[415]: _les secrets
des ténèbres seront dévoilés_[416], et toute langue se taira.
[415] Soph., 1, 12.
[416] Cor., IV, 5.
3. C'est moi qui, en un moment, élève l'âme humble, et la fais pénétrer
plus avant dans la vérité éternelle, que ne le pourrait celui qui aurait
étudié dix années dans les écoles.
J'enseigne sans bruit de paroles, sans embarras d'opinions, sans faste,
sans arguments, sans disputes.
J'apprends à mépriser les biens de la terre, à dédaigner ce qui passe, à
rechercher et à goûter ce qui est éternel, à fuir les honneurs, à
souffrir les scandales, à mettre en moi toute son espérance, à ne
désirer rien hors de moi, et à m'aimer ardemment et par-dessus tout.
4. Quelques-uns, en m'aimant ainsi, ont appris des choses toutes
divines, dont ils parlaient d'une manière admirable.
Ils ont fait plus de progrès en quittant tout, que par une profonde
étude.
Mais je dis aux uns des choses plus générales; aux autres, de plus
particulières. J'apparais à quelques-uns doucement voilé sous des ombres
et des figures; je révèle à d'autres mes mystères au milieu d'une vive
splendeur.
Les livres parlent à tous le même langage; mais il ne produit pas sur
tous les mêmes impressions, parce que moi seul j'enseigne la vérité au
dedans, je scrute les coeurs, je pénètre les pensées, j'excite à agir,
et je distribue mes dons à chacun, selon qu'il me plaît.