CHAPITRE XXXIII.

De l'inconstance du coeur, et que nous devons tout rapporter à Dieu

comme à notre dernière fin.

1. J.-C. Mon fils, ne vous reposez point sur ce que vous sentez en vous:

maintenant vous êtes affecté d'une certaine manière, vous le serez d'une

autre le moment d'après.

Tant que vous vivrez, vous serez sujet au changement, même malgré vous:

tour à tour triste et gai, tranquille et inquiet, fervent et tiède;

tantôt actif, tantôt paresseux, tantôt grave, tantôt léger.

Mais l'homme sage et instruit dans les voies spirituelles s'élève

au-dessus de ces vicissitudes. Il ne considère point ce qu'il éprouve en

soi, ni de quel côté l'incline le vent de l'inconstance; mais il arrête

toute son attention sur la fin bienheureuse à laquelle il doit tendre.

C'est ainsi qu'au milieu de tant de mouvements divers, fixant sur moi

seul ses regards, il demeure inébranlable et toujours le même.

Plus l'oeil de l'âme est pur et son intention droite, moins on est agité

par les tempêtes.

Mais cet oeil s'obscurcit en plusieurs, parce qu'il se tourne vers

chaque objet agréable qui se présente.

Car il est rare de trouver quelqu'un tout à fait exempt de la honteuse

recherche de soi-même.

Ainsi autrefois les Juifs vinrent à Béthanie chez Marthe et Marie, _non

pour Jésus seul, mais pour voir Lazare_[357].

[357] Joann., XII, 9.

Il faut donc purifier l'intention, afin que, simple et droite, elle se

dirige constamment vers moi, sans s'arrêter jamais aux objets

inférieurs.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 205 / 453 题