Qu'on ne doit chercher qu'en Dieu la vraie consolation.
1. LE F. Tout ce que je puis désirer ou imaginer pour ma consolation, je
ne l'attends point ici, mais dans l'avenir.
Quand je posséderais seul tous les biens du monde, quand je jouirais
seul de toutes ses délices, il est certain que tout cela ne durerait pas
longtemps.
Ainsi, mon âme, tu ne peux trouver de soulagement véritable et de joie
sans mélange qu'en Dieu, qui console les pauvres et relève les humbles.
Attends un peu, mon âme, attends la divine promesse, et tu posséderas
dans le ciel tous les biens en abondance.
Si tu recherches trop avidement les biens présents, tu perdras les biens
éternels et célestes.
Use des uns et désire les autres.
Aucun bien temporel ne saurait te rassasier, parce que tu n'as point été
créée pour en jouir.
2. Quand tu posséderais tous les biens créés, ils ne pourraient te
rendre ni heureuse ni contente: en Dieu, qui a tout créé, en lui seul
est ta félicité et tout ton bonheur;
Bonheur non pas tel que se le figurent et que le souhaitent les amis
insensés du monde, mais tel que l'attendent les vrais serviteurs de
Jésus-Christ, et tel que le goûtent quelquefois par avance les âmes
pieuses et les coeurs purs, _dont l'entretien est dans le ciel_[251].
[251] Philipp., III, 20.
Toute consolation humaine est vide et dure peu.
La vraie, la douce consolation est celle que la vérité fait sentir
intérieurement.
L'homme pieux porte avec lui partout Jésus, son consolateur, et lui dit:
Seigneur Jésus, soyez près de moi en tout temps et en tout lieu.
Que ma consolation soit d'être volontiers privé de toute consolation
humaine.
Et si la vôtre me manque aussi, que votre volonté et cette juste épreuve
me soient une consolation au-dessus de toutes les autres.
_Car vous ne serez pas toujours irrité, et vos menaces ne seront point
éternelles_[252].
[252] Ps. CII, 9.