Monsieur l’Aumônier est facultatif, mais aucune morale n’est bannie. La
chapelle est une diversion. Il peut être bon de se ménager des amitiés,
des influences...
La dévotion et l’assiduité aux offices n’ont point empêché Carloux de
s’évader. On vient de l’arrêter. Il attend sa réintégration à Eysses
dans la maison centrale de Montpellier d’où il écrit à son directeur:
«Lorsqu’on vint me chercher mercredi en quinze, à six heures du matin,
je venais de demander à Dieu de m’éprouver... Est-ce là l’épreuve? La
volonté de Dieu soit faite.
«Mais, monsieur le Directeur, je vous en supplie, écoutez ma prière, je
vous implore à genoux, Dieu m’appelle, mettrez-vous obstacle à ma
vocation? Pourrais-je sans crainte faire mes devoirs d’obligations
religieuses? Oh! vous ne pouvez savoir combien est grand l’amour d’un
véritable chrétien pour sa vocation. N’ayez point la cruauté de
m’empêcher de travailler pour répondre à la voix de Dieu.
«Excusez-moi. Ma tête brûle. Je ne suis plus colon, je suis homme... je
suis chrétien. Il faut que je retourne à la colonie; je ferai mon
devoir. Si l’homme abandonne ses frères, Dieu est là. Aussitôt qu’il me
sera possible je me retirerai du monde et je me ferai missionnaire...»