[38] Lecour, _La prostitution à Paris et à Londres_.
[39] Voltaire croyait que cette affection, à laquelle succomba le
galant François 1^{er}, était découverte seulement avec l'Amérique.
(Voir les beaux travaux de Ricord, ce vénéré maître dont l'esprit est
resté jeune, comme son visage, reproduit par le sculpteur Doublemard.)
[40] _Pénalités anciennes_, page 63. Plon, éditeur.
[41] _Le Châtelet de Paris._ Didier, éditeur. _Métiers de Paris._
Leroux, éditeur.
[42] Registre du Châtelet, _Archives nationales_. Delamare, 21,625. Fr.
_Bibliot. nat._
[43] Sous un portrait d'Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, on lit
sous une gravure, conservée au musée de Melun:
Dans le dérèglement où vécut cette dame,
Elle fut un beau monstre et dedans et dehors,
Aussi fit-elle voir qu'aux laideurs de son âme
S'accommodaient trop bien les beautés de son corps.
[44] _Code ou nouveau règlement sur la prostitution dans la ville de
Paris._ (Londres, 1775, in-12.)
[45] Registre aux délibérations de la ville de Péronne.
[46] Sentence du lieutenant criminel (16 septembre 1724), confirmée par
arrêt du Parlement du 25 du même mois.
[47] Voir arrêts conformes du Parlement du 6 septembre 1668, déclarant
le commissaire au Châtelet follement intimé par les appelants.
[48] Déclaration de Louis XIV, à Marly, 26 juillet 1714, arrêt du
Parlement de Paris, 9 décembre 1712.—Sentence du Châtelet de Paris, 6
juillet 1763.—Procès de la femme Stranzac (rue de Suresnes, février
1873).
[49] _Histoire de la médecine légale_, d'après les arrêts criminels.
Charpentier, éditeur, 1880, pages 130 et suiv.
[50] _Bibliothèque nationale de Paris_ (département des manuscrits,
suppl. français, 7645, 10,969, 10,970.)
[51] Voir _Les comptes de notre justice criminelle_, établis avec grand
soin. Imprimerie nationale, 1826-1878.
[52] Aujourd'hui, depuis le remplacement de M. A. Gigot, une commission
composée du Préfet ou de son délégué, de M. le chef du bureau des mœurs
et du commissaire délégué, statue sur ces détentions.
[53] Delamare, _Bibliot. nation._ V^e carton, Fr. 2165, _manuscrits_.
[54] _Tableau historique des ruses, subtilités des femmes où sont
représentées leurs mœurs, humeurs, tyrannies, cruautés, le tout
confirmé par histoires, arrivées en France de nostre temps_, par L. S.
R. (Rollet-Boutonné, 1623, in-8º.—_La police de Paris_, dévoilée par
Manuel.—_La police de Paris sous Louis XIV_, par Pierre Clément (de
l'Institut)).
[55] Ambroise Tardieu, _Attentats aux mœurs_.—Lecour, _de la
Prostitution_.—_Cahier et doléances d'un ami des mœurs_, requête
présentée à Bailly (Sylvain), maire de Paris, par Florentine de Launay,
contre les marchandes de modes et autres grisettes, commerçant sur le
pavé de Paris. 1790, in-8º.
[56] _Histoire de la médecine légale, d'après les arrêts criminels_,
page 123 et suiv. Charpentier éditeur, 1880.—_Éclaircissements sur le
roy des ribauds_, par Longuemare. Paris, 1718, in-12.
[57] _Le Châtelet de Paris._
[58] Cette mise en scène se reproduit de nos jours dans toutes les
affaires suivies contre des pédérastes en chambre. Voir Lecour, _De la
prostitution à Paris et à Londres_.—Tardieu, _Attentats aux mœurs_.—Du
Camp, _Paris et ses organes_.—Docteur Martineau, médecin de l'Ourcine.
Déformations observées chez les prostituées.
[59] _Histoire des galeries du Palais-Royal_, par Lefeuve.
[60] L'individu coupable de viol était, quel que fut l'âge de
la victime, condamné à être pendu.—(Beaumanoir, chapitre XXX.)
Bouteillier (livre I^{er}, titre XXIX) les coupables doivent être
traînés jusques à la justice et pendus, tant qu'ils soient morts et
étranglés.—Dans les registres criminels du Châtelet et dans le registre
de Saint-Martin-des-Champs, publié par l'érudit M. Tanon, directeur
des grâces au ministère de la justice (Willem, éditeur, Paris 1877),
on lit le supplice suprême, prononcé pour viol, contre Oudot Guigue
et aussi contre Jehannin Agnes, tailleur, qui avait abusé de ses deux
apprenties, Perrette et Souplice, âgées de douze ans, par force, les
avait jetées à terre, puis efforcées, percé leur nature tout oultre, et
fist de l'iaue chauffer pour laver leur nature.—(Sentence du 21 janvier
1337, exécutée par Pons Duboys.)
[61] _Bibliot. nationale_ (manuscrits). Supp. Fr. 10,969.
[62] Rapport sur le magnétisme, présenté à l'Académie de médecine
par M. le docteur Husson, l'excellent et affectueux praticien de
l'Hôtel-Dieu et du lycée Louis le Grand.
[63] Voir les beaux et remarquables travaux, suivis par M. le
professeur Charcot en sa clinique, et à l'hôpital Lariboisière, par M.
le docteur Proust (de l'Académie de médecine). La cour d'assises de
Rouen a condamné, pour viol, un dentiste qui avait, en l'endormant, par
l'apposition d'une bague sur le front, abusé de sa victime, la mère
présente et regardant par la fenêtre!
[64] Voir la législation sur les attentats aux mœurs, autrefois
réprimés par la loi Raptores au Digeste.—_De raptu virginum_ au
Code.—_Loi Julia de adulteriis._—_Novelle 117, de his qui luxuriantur
contra naturam._—_Caroli magni capitularia._—Muyart de Vouglans. _Lois
criminelles._—Jousse. _Lois criminelles et la Loi du 19-22 juillet
1791_, titre II.
[65] Sous la rubrique _Attentats aux mœurs_, art. 330 et suivants
du Code pénal, les crimes et délits de cette nature sont prévus et
réprimés.
[66] Les ouvrages de M. Faustin-Hélie, aujourd'hui président du conseil
d'État, sont écrits dans un esprit plutôt libéral qu'autoritaire.
[67] _Mémoires de Canler._—Ambroise Tardieu, _Médecine légale_.—Assises
de la Seine: Pascal, lancier, accusé d'assassinat sur un bourgeois.
[68] Les débauches de la rue du quartier de la Madrague, jugées à
Marseille, en septembre 1880, y ont révélé une association, qui
attirait les jeunes filles pour les livrer aux libertins. On disait aux
victimes: Vous gagnez par votre rude travail 1 fr. 50 cent, par jour,
vous obtiendrez 50 fr. par nuit. Les prévenus étaient une femme et un
cocher, qui racolait les voyageurs, pour les conduire et accueillir
en ce repaire. Dans les villes industrielles, les jeunes filles, dont
le salaire est en moyenne de 1 fr. 75 cent, par jour, se livrent
au désordre après la fermeture des ateliers, le soir, elles font,
disent-elles, un cinquième quart (Jules Simon, l'_Ouvrière_). Voir la
préface de la _Dame aux camélias_. _La prostitution en Europe_, par
Rabutaux.
[69] A rapprocher de l'_Art d'élever les lapins_ et de s'en faire 3,000
livres de rente.—_Histoire des barrières de Paris_, par Delvau.
Les courtisanes italiennes, un peu trop vantées, les Fossita, les
Blazifiora, la belle Imperia, enterrée avec pompe, du temps de Léon X,
dans l'église Saint-Georges, avaient, à leur suite, des condottiere,
des sbires à leur solde.—Le velours, la soie des pourpoints
recouvraient et poétisaient ces hontes; à notre époque, résolument
naturaliste, l'étalage de la vendeuse d'amour en plein boulevard, dans
les gares, aux stations du chemin de fer de Ceinture, la procession
errante des ombres faméliques sur les boulevards, les maigres théories
des bouquetières, offrant leurs fleurs déjà fanées, attristent
profondément. Derrière elles, dans l'ombre, guette la horde des
ribauds, des souteneurs, des tard venus, des fils de joie déguenillés,
etc.
[70] Voir: Lettre de M. Yves Guyot sur la _Police des mœurs_ du 31
mars 1879.—_Actes du congrès de Genève_, 17-22 septembre 1877.—_De
la prostitution_, par Parent-Duchatelet, annoté par Tribuchet et
Poirat-Duval.—Lecour, _La prostitution à Paris et à Londres_.—_La
prostitution dans les grandes villes_, par le docteur Jeannel.—_Les
ouvriers en Europe_, par M. Le Play, conseiller d'État (1867).—_Le
monde des coquins_, par Moreau.—Christophe, _Les mœurs de Paris_.
[71] Titre d'une comédie, donnée par Victorien Sardou. (1880.)
[72] Montesquieu. _Esprit des Lois XXVI._
[73] Sermon. Deuxième dimanche après l'Épiphanie.
[74] _Problèmes de la vie._ (Pièces justificatives XXIX.)
[75] Dans les familles riches, les unions sont presque toujours
limitées à un ou deux enfants, souvent stériles pour des causes du
domaine de la médecine ou de la chirurgie, croyons-nous. En Normandie,
pays où l'on calcule tout, les mariages sont improductifs.
[76] On s'attache toujours ici aux mesquines et petites mesures; tandis
que pour diminuer les causes d'insalubrité, de mortalité, on défend
dans l'intérieur de Paris, d'élever des pigeons, des lapins,—on entasse
dans les bâtiments de l'ancien Hôtel-Dieu, près du nouvel Hôtel-Dieu,
près de la caserne de la Cité,—les varioleux, qu'il faudrait isoler
loin des habitations, dans les hôpitaux excentriques, et, tandis que
l'on prescrit aux pharmaciens de ne livrer que, sur ordonnance des
médecins, quelques centigrammes d'arsenic, de laudanum, de morphine,
l'industrie les livre par centaines de kilos, sans contrôle, ce qui a
permis les récents empoisonnements de Saint-Denis.
[77] Il y a à Paris 2,300 médecins civils et 1,300 pharmaciens
ou herboristes. Ce chiffre est utile à connaître par ce temps de
batailles, de morts, de blessures et, par la même raison, on donne le
chiffre des sages-femmes: 600.
[78] Dans certains magasins, on reprend, après quelque temps écoulé,
les objets ayant cessé de plaire, cette facilité est-elle possible pour
l'union conjugale? Que l'on y songe, dans l'intérêt de la jeune fille,
toujours sacrifiée et dévoyée par l'époux expérimenté.
[79] Paris, 1880. Durand, éditeur, rue Soufflot.
[80] M. Bousquet. _Le droit au Japon._ (_Revue des Deux-Mondes_,
juillet 1875.)
[81] C'est la vieille chanson de nos campagnes, en Bretagne:
Enfin, vous voilà donc ma belle mariée,
Enfin, vous voilà donc à votre époux liée,
Avec un long fil d'or,
Qui ne rompt qu'à la mort!
[82] Troplong, _Influence du Christianisme_.
[83] Gide. _La condition privée de la femme Romaine._
[84] Voir les _Lois Julia et Papia Poppæa_.
[85] Statut présenté, en 1753, par le lord chancelier Hardwicke pour
prévenir les mariages clandestins.—Voir: Lord Campbells. _Lives of
the Chancellors._—M. le professeur Glasson. _Le mariage civil et le
divorce en Europe._—M. Em. Combier. _Thèse sur le Divorce._ (1880.)
_Les mariages à Grètna-Green._ En Afrique, les Juifs sont régis par le
décret du 24 octobre 1870.
[86] _Comment._ VI, § 19.
[87] M. Gide. _op. cit._, p. 233.—Zöpfl, Deutsche Rechtsgeschichte, §
81.—M. Glasson, _le Mariage civil et le divorce_.
[88] _De moribus germ._ XVIII.
[89] Tacite, _ibid._
[90] La pureté des mœurs du Nord dans l'antiquité a été contestée.
Suivant Adam de Brème, les Scandinaves étaient modérés en toutes
choses si ce n'est dans le nombre de leurs femmes, et l'on trouve dans
Salvien un passage ainsi conçu: _Gothorum gens perfida sed pudica est_.
_Alomanorum impudica sed minùs perfida_ (_de gubern. Dei_, liv. VII).
[91] _Gallia capta ferum victorem cepit._
[92] _Leg. Burg._, 34.
[93] V. Laboulaye, Laferrière, Pardessus, Zœpfl...
[94] _Leges Walliæ._ Dunet, _cod. lib._, II, tit. 19, v. I.
[95] Rothar, c. 195, 196, 197.
[96] _Leg. Walliæ_, lib. II, tit. 20, c. 10.
[97] Avant le christianisme, les Irlandais, suivant M. H. Sumner Maine,
n'avaient qu'un mariage. «_Annal._» V. son _Étude sur l'histoire des
institutions primitives_, traduction de M. Durieu de Legritz. Cet
ouvrage est basé sur un recueil célèbre, le _Senchus more_. M. Henri
Martin a soutenu que les Irlandais pratiquaient aussi des unions
plus longues et même perpétuelles. _Académie des sciences morales et
politiques_: séance du 4 septembre 1880 au _Journal officiel_ du 9
septembre.
[98] Form. II, 60.
[99] Saint Luc, ch. XIX, 5-6.
[100] _Esprit des lois_, liv. XVIII, ch. XXIV.
[101] Baluze, I, p. 159.
[102] Saint Mathieu, ch. XIX, 8.
[103] Saint Luc, ch. XIV, 18.
[104] Ch. V, 32.
[105] 1 Corinth, VII, 10, 11.
[106] Rom. VII, 2, 3.
[107] _Adversus hæreses_, nº 59.
[108] Saint Aug. _De fide op. Cap._, IX, 35.
[109] Canon IX, _Acta conc._ collect. Labbe, t. I, col. 971.
[110] _Acta conc._, t. II, col. 1537, canon XVII.
[111] _Acta conc._, t. VII, col. 991.
[112] Labbe, t. II, p. 1254.
[113] _Acta conc._, t. VI, col. 1552.
[114] _Acta conc._, t. VI, col. 1552.
[115] Baluze, t. I^{er}, p. 159.
[116] Ces deux canonistes suppriment la fin du canon IX du concile de
Verberie, qui permet au mari de prendre une autre femme.
[117] Baluze, liv. VI, ch. 191.
[118] Baluze, liv. VII, ch. 83.
[119] _Ephes._ V, 25.
[120] Ed. Beugnot, p. 118, _cour des bourgeois_, ch. 175. «S'il avient
que un hons ait prise une feme et cetse feme devient puis mezele
(lépreuse), ou chie dou mauvais mau trop laidement (épileptique), ou li
pue trop fièrement la bouche et le nes, ou pisse aucune nuit au lit, si
que tout se gastent ses draps, la raison commande que se le mari s'en
claime à l'Église, et ne veut plus estre o (avec) luy, por ce malsaing
qu'il i a, que l'Eglise le det despartir par dreit.»
[121] _Cap. et public. de convers. conjug. 1189._
[122] Extravag. Jean XXII, _Cap. unic. de voto et voti redemp. 1322_.
[123] Innocent III. _Cap. accedens ext. de convers. conjug. 1212._
[124] Ch. 57.
[125] _Somme rurale_, liv. II, 18.
[126] V. Fra Paolo Sarpi, _Histoire du concile de Trente_, liv. VII, §
42 et suiv.
[127] _Hist. du conc. de Trente_, liv. VII, § 44.
[128] V. M. Glasson, _Étude sur le consentement des époux au mariage_,
p. 41.
[129] Liv. VII, _in Luc_...
[130] Hom. XIX, cap. VII, ép. 1.
[131] Decret. Liv. II, tit. XIX, ch. VII. _De divort._
[132] _De synodo_, ch. VI, § 3. Benoît XIV.
[133] Über die Stellung der Frauen im alten deutschen Recht, p. 28.
[134] Canon VI, sess. 14. Bellarmin, De monach, I. II, cap. 36.—Suarès.
_De relig._, t. III, l. 9, ch. XXIII, nº 29.
[135] _Le mariage civil et le divorce_, p. 30, 1879.
[136] Voir Schœffner: Geschichte des franzœsischen Rechts.—C. pr.
Varnkænig et Stein: Franzœsische Staats- und Rechtsgeschichte.
[137] Le concile de Trente avait affirmé la compétence des tribunaux
ecclésiastiques en disant dans son canon 12 (cass. XXIV): «Si
quelqu'un prétend que les causes matrimoniales ne sont pas du ressort
ecclésiastique, qu'il soit anathème.»
[138] _Contrat de mariage_, nº 506.
[139] _Cont. de mar._ nº 508.
[140] Nov. 117, c. 9, § 5.
[141] Ferrière, sur l'art. 324 de la _Coutume de Paris_, tit. X.
[142] Ch. XIII, ext., de rest. spol.
[143] Vº Sép. d'habitation.
[144] Bourjon. _De la communauté_, cinq. partie, ch. III, sect. 2.
[145] Tome III, 34^e plaidoyer.
[146] _Contr. de mar._, nº 513.
[147] Pothier, _Cont. de mar._, nº 517.
[148] Ferrière, Vº Séparation.
[149] _De la communauté_, cinq. part., ch. III, sect. 2.
[150] Duranton, t. II, nº 629.
[151] _Parlement de Paris._ (Marchal, éditeur.)
[152] V. Pothier, _Contrat de mariage_, nº 507.
[153] M. Glasson, _Le mariage civil et le divorce_, p. 42, 1879.
[154] Rapport de Léonard Robin à la séance du 9 sept. 1792.
[155] V. Diderot. _Supplément au voyage de Bougainville_, Henri Taine.
_Origines de la France contemporaine._ M. Glasson, _op. cit._—Rivière,
capitaine de vaisseau, _La Nouvelle-Calédonie_ (1880).
[156] Séance du 15 janvier 1880. _Rapport sur la proposition de M.
Naquet._
[157] Art. 8 à 14 de la loi, § 2.
[158] Art. 15 à 20 de la loi, § 2.
[159] Art. 4, § 3.
[160] Art. 6, § 3.
[161] Art. 9, § 3.
[162] Rapport nº 2177, p. 3.—Annexe à la séance du 15 janv. 1880.
[163] Séance du 2 thermidor an III.
[164] _Le mariage civil et le divorce_, 1879, p. 51.
[165] Séance du 2 thermidor an III.
[166] 30 ventôse an XI.
[167] Le projet de loi relatif au divorce avait été présenté au conseil
d'État par M. Portalis, le 14 vendémiaire an X (4 octobre 1801). Il
fut ensuite communiqué officieusement au Tribunat le 26 fructidor
de la même année (13 sept. 1802). Le Tribunat, demanda quelques
modifications, entre autres, la suppression d'une des causes de divorce
proposées, l'attentat d'un conjoint envers l'autre. Il voulait aussi
que le divorce ne fût permis qu'aux époux sans enfants. Le projet du
Tribunat revint au Conseil présenté par M. Emmery le 20 brumaire an XI
(11 nov. 1802). M. Treilhard fit le 18 ventôse an XI son _Exposé des
motifs_ au Corps législatif qui fit faire la communication officielle
au Tribunat. Sur un rapport de M. Savoye-Rollin le projet fut adopté au
Tribunat par 46 voix contre 19. Enfin le 30 ventôse an XI, M. Treilhard
et M. Gillet défendirent la loi devant le Corps législatif qui l'adopta
par 188 voix contre 31. La promulgation eut lieu le 10 germinal an XI
(31 mars 1803).
[168] V. Rapport de M. Léon Renault, p. 8.
[169] _Esprit des lois_, liv. XXIII, ch. XXI.
[170] Rapport de M. Léon Renault, p. 14 et 57.
[171] D'Haussonville, _L'enfance à Paris et les établissements
pénitentiaires en France_. (C. Lévy, éditeur).—Comte de Paris, _De la
situation des ouvriers en Angleterre_.—De Rainneville, _La femme dans
l'antiquité_.—Feydeau, _Du luxe, des femmes, des mœurs_.—Mario Proth,
_Les vagabonds_.—Rauland, _Le livre des époux_.
[172] Rapport de M. Léon Renault, p. 20.
[173] M. Glasson, _op. cit._, p. 53.
[174] V. Locré, tome V, p. 420 et s.
[175] Rapport, p. 20.
[176] V. _Journal Officiel_ des 23, 24, 25 et 26 juin 1876.
[177] Séance du 20 mai 1878.
[178] D'après M. Jules Robyns, en Belgique, sur 30 habitants on compte
une naissance, en France une sur 38. La mortalité est la même dans les
deux pays. En Belgique, il y a un divorce par 43,097 habitants, en
France, une séparation de corps par 15,510 habitants.—Conférence de
madame Marie Dumas (27 février 1881) sur le _Tribunal des Divorces_,
par Miguel Cervantès.—_Code du divorce_, par Maurice Méjane, avoué au
tribunal de cassation (1793).
[179] Consulter le beau travail de M. le docteur Latty
(Hippolyte-Marie-Jean-Michel), _De la douleur_ (Paris 1881).
[180] Il serait injuste de ne pas mentionner ici (dans une étude, toute
consacrée au crime, à la débauche, au divorce), l'asile d'Auteuil,
préservatif offert aux pauvres, aux orphelins, aux abandonnés de
Paris. Cette œuvre, dirigée par l'abbé Roussel (un apôtre à qui ses
enfants répètent les paroles de saint Matthieu: j'avais faim et vous
m'avez donné à manger, j'étais sans asile, vous m'avez recueilli,
vêtu, réchauffé, vous m'avez enfin empêché de devenir un voleur!) a
reçu en dix ans, dans le local de la rue Lafontaine, 40, trois mille
enfants, coûtant par jour 1 fr. 50, et en contient aujourd'hui 300. Ces
déshérités apprennent là un état et deviennent d'honnêtes ouvriers.
Dans sa séance du 8 mars 1881, le Sénat, préoccupé enfin du sort des
enfants abandonnés, décimés par les infanticides, les avortements,
a pris en considération les propositions de M. Caze (fondation d'un
orphelinat national), et Lacretelle (rétablissement des tours dans les
hospices).
[181] Rapport de M. Léon Renault, p. 35.
[182] M. Naquet. Discours du 27 mai 1879.
[183] Discours de M. Odillon Barrot le 7 novembre 1831.
[184] Discours de M. Odillon Barrot le 7 nov. 1831.
[185] _Discours au Tribunat_, 19. Locré, t. V, p. 364.
[186] Le mariage est de droit naturel, dit M. Alex. Dumas, l'amour
vient de Dieu, mais le mariage vient de l'homme. _Le divorce_, p. 260.
[187] Alex. Dumas, _op. cit._, p. 20.
[188] Vie de sainte Fabiola.
[189] Voir l'énumération d'après le _Droit canonique_.
[190] Voir les procès du curé Gaufredi et de mademoiselle la Palud, à
Marseille, du curé Grandier et des Ursulines de Loudun, du Père Gérard,
âgé de 50 ans et de la belle Catherine Ladière, âgée de 18 ans, accusés
d'inceste spirituel, devant le Parlement d'Aix (1728). Dans cette
affaire, des conseillers avisés opinèrent qu'en soufflant dans la jolie
bouche de sa jeune pénitente, le Jésuite lui avait injecté un démon
d'impureté!
[191] _Hist. du concile de Trente_, p. 729. Fra Paolo Sarpi. V. aussi
Pallavicini.
[192] Donnée à Rome le 10 février 1880.
[193] Séance du conseil d'État du 14 vendémiaire an X. Locré, t. II, p.
465.
[194] Locré, t. V, p. 453. Rap. de M. de Trinquelague, nº 8.
[195] _Disc. prélim. du Code civil_, nº 51.—Locré, t. I^{er}, p. 168.
[196] _Principes de Code civ._, t. III, nº 171, p. 209.
[197] M. Bérenger, séance du conseil d'État du 16 vendémiaire an X.
[198] L'art d'aimer, ce n'est rien; c'est l'art d'être aimé qui est
tout. Dans les ménages troublés, des réconciliations brutales succèdent
aux colères emportées; ces mélanges de brutalités et d'ardeur sont les
douches Écossaises du mariage.
On se figure toujours que jamais un homme n'aura le cœur de vous briser
le cœur! (Fanny Kemble, tragédienne anglaise). Voir: _Les familles et
la société en France, Les livres de raisons en Provence_, par M. de
Ribez. _Un livre de raisons, à Laon_ (1774-1826) par M. le président A.
Combier (Delattre, imprimeur à Amiens, 1880).
[199] Pièces justificatives XIX.
[200] En Europe, les pays les plus peuplés sont: la Belgique, 186
habitants par kilomètre carré; la Hollande, 128; la Grande-Bretagne,
110; l'Italie, 95; l'Allemagne, 79; la France, 70; la Suisse, 67;
l'Autriche, 57; l'Espagne, 33; la Turquie d'Europe 25. La population de
la France (37 millions) s'accroît à peine par an, tandis que (malgré
l'émigration) l'Angleterre (35 millions) s'accroît d'un million en
trois ans, et l'Allemagne, en deux ans.
[201] Bishop. _Law of marriage and divorce_, t. I^{er}, ch. II, 47.
[202] Les causes de démoralisation des esprits, des cœurs et des corps
sont multiples; elles viennent de la folie du luxe, qui engendre des
besoins immodérés d'argent, et de l'excès de la débauche curieuse,
qui recherche toutes les turpitudes. Le vice n'a plus de frontière,
il s'est démocratisé comme la constitution, il s'est universalisé,
comme le suffrage. Le théâtre et le roman nous représentent encore
cette fiction de la fille du peuple, achetée par l'or du riche, mais
la réalité prouve que, sur 100 filles perdues, il y en a 80, préparées
à la prostitution dans la chaude promiscuité de l'atelier, par
leurs compagnes et les ouvriers, attelés au même métier. Malgré les
séductions concertées, l'entreteneur n'arrive jamais bon second; il
passe toujours après le coiffeur, qui ne compte pas. Ne devrait-on pas
faciliter le travail aux femmes, en le rétribuant mieux? Le luxe est
partout répandu, comme un nécessaire instrument fait pour exciter la
débauche (lire le procès de la rue Duphot, Petit achète des vêtements
et des bottines à Isabelle, éconduite pour ce motif bien plus qu'à
cause de sa jeunesse marchandée). Les femmes ne portent plus de robes,
mais des costumes, des péplums (prix net d'une toilette: 1500 francs).
[203] _Essais_, liv. II, ch. XV.
[204] _Esprit des lois_, liv. XVI, ch. XV.
[205] _Esprit des lois_, liv. XXVI, ch. III.
[206] Léon Renault, rapport, p. 26.
[207] Dans notre société, troublée et corrompue, éclatent des
désastres, des suicides, qui jettent une lueur sinistre en passant,
comme des éclairs dans une nuit sombre. Il n'y a plus un Parc aux
Cerfs, mais on donne des fêtes vénitiennes, dans la rue Duphot, et
l'on souscrit des billets, pour en solder les frais; on construit des
grottes hospitalières où l'innocence et le vice iront rêver, au murmure
de jets d'eau, qui ne se tairont ni jour ni nuit, comme dit Bossuet,
on se fait sauter la cervelle dans un cabaret des halles au moment de
payer l'addition, le chantage, récemment inscrit dans le Code pénal,
n'est pas réprimé encore, il terrifie les femmes, sexe faible, aussi
bien que les hommes, se croyant en leur vanité le sexe fort. Sous un
toit suspect les vénales et adultères amours, prennent leurs ébats,
S. G. D. G. Le public commence à soupçonner notre société de n'être
pas supérieure à l'ancienne. Il se trouve vis-à-vis d'elle, dans la
situation de ce mari de Gavarni faisant une scène à sa légitime:
—Inutile de feindre, madame, je sais tout.
—Vous savez tout?... Eh bien, c'est du propre!
[208] Séance du 26 déc. 1815.—Locré, t. V, p. 435.
[209] M. Jules Simon, _De la liberté_, t. I^{er}, p. 360.