capitaine d'en finir bel et bien et tôt par un coup de pistolet,
dans la cervelle. Ce sont là des choses qu'on exécute, mais qu'on
ne conseille point, surtout du fond d'un cabinet de rédaction. Le
malheureux sait sans doute aussi bien que vous ce qui lui reste à
faire! Mais à ce dénouement qui s'appelle le suicide et qui implique
l'idée de remords et de châtiment, ne vaudrait-il pas mieux le cabanon
à perpétuité, qui serait du moins une explication et une excuse? Sterne
et Balzac, qui croyaient à l'influence des noms, eussent remarqué que
l'_y grec_ figurait dans chacun des noms de ces imitateurs d'une forme
de l'amour Grec. Voulez-vous que je vous dise? Il ne faut pas croire
aux noms, et le détraquement du cervelet, en matière littéraire, aura
quelque peu agi sur cet homme. Le bizarre, l'excentrique, le paroxysme
(avec un _y grec_) menacent d'envahir toutes choses, et il n'y a
plus guère à compter sur rien. Pas plus tard qu'hier, un journal me
tombe sous les yeux, dont le titre enrubanné et tendrement élégant
pouvait bien faire espérer, je pense, une littérature un peu douce et
reposante: _le Troubadour_, après _Alphonse et Nana_! Les contrastes
toujours.
XXVIII
SIGNES D'IDENTITÉ
L'identité des malfaiteurs se constate par des photographies, par
des signalements, par les tatouages, pratiqués dans les bagnes et les
prisons, stigmates ineffaçables. On dit que les signes certains de
l'identité sont: l'écriture, le visage, les pieds et la parole. D'après
le docteur Delaunay, la voix est plus aiguë chez les animaux inférieurs
que chez les supérieurs, chez les oiseaux que chez les mammifères. Les
anciens devaient avoir la voix aiguë, car sur les statues Grecques
et Romaines n'apparaît pas la pomme d'Adam, qui est d'autant plus
prononcée que la voix est plus basse et qu'ils regardaient comme une
difformité. Les peuples primitifs de l'Europe devaient être des ténors,
leurs descendants sont des barytons, nos petits-fils auront des voix
de basse-taille. Les races inférieures (Nègres, Mongols) ont la voix
plus haute que les races blanches supérieures. On est ténor à seize
ans, baryton à vingt-cinq ans, basse à trente-cinq; les faibles et les
petits ont la voix plus haute que les forts et les grands. Les blonds
ont la voix plus aiguë que les bruns, les blondes ont la voix flûtée.
Les soprani et les ténors sont blonds, les contralto et les basses sont
bruns; les premiers sont minces et grêles, les basses gros et ventrus.
Les ténors sont des départements Pyrénéens, les basses du Nord; la
voix est plus aiguë, le matin que le soir,—aussi la musique de matines
est-elle plus élevée que celle des vêpres—la voix est plus haute l'été
que l'hiver[273].
XXIX
LES RÉCIDIVISTES
Une délibération prise par le conseil municipal de Verneuil, propose
que «tout homme ou femme condamné pour la troisième fois, y compris les
condamnations antérieures pour délit de vagabondage ou de vol, soit
expatrié à vie dans une colonie pénitentiaire, agricole d'outre-mer.»
De leur côté, les francs-maçons de la loge «le Travail et la
Persévérante amitié» adressent aux députés une pétition, dans le même
sens; ils ajoutent «qu'après un certain temps de séjour à la colonie,
le condamné, dont la conduite serait satisfaisante et honnête, pourrait
avoir les moyens de se réhabiliter; dans ce cas, il lui serait fait don
d'une fraction du sol, dont il deviendrait le propriétaire.»
Cette pétition se signe chez le vénérable de la Loge, M. Garnier, 82,
boulevard des Batignolles.
Le nombre des signatures sera tel que la Chambre ne pourra se dispenser
de s'en occuper. On aura peut-être un moyen d'action contre les
prostituées[274], si audacieuses, qui considèrent le nombre de leurs
condamnations comme des chevrons d'honneur, gagnés au service et que la
perspective d'un voyage aux pays d'outre-mer rendrait sans doute moins
effrontées ou corrigerait[275].
XXX
LES ACTRICES, LEURS DÉPENSES ET TOILETTES
Un écrivain déplore les exagérations de mise en scène, auxquelles
certains directeurs se laissent entraîner depuis plusieurs années.
Il conclut, du luxe des décors et des accessoires que les actrices,
se montrant au milieu de ces magnificences, ont été obligées
elles-mêmes de renoncer à «la sainte mousseline» et de faire la
fortune des couturières célèbres. Les artistes femmes, sauf de très
rares exceptions, ne vivent plus de leur état. Il n'y a pas de pièce
aujourd'hui, qui n'exige d'une comédienne qu'elle change de robe à
chaque acte. Et quelles robes! Il n'est pas un de ces costumes, qui ne
vaille de huit à quinze cents francs; quelques-uns coûtent davantage.
On peut dire qu'en moyenne toute création revient, à toute comédienne,
sur un théâtre de genre, à 3 ou 4000 fr. Or, elle est considérée comme
ayant de beaux appointements, quand on lui donne 7 à 800 fr. par mois.
On voit tout de suite la conséquence. Les directeurs cherchent, non les
meilleures comédiennes, mais les plus richement entretenues...
Il m'arrive souvent dans mon cabinet, des jeunes filles piquées de
la tarentule du théâtre, qui me demandent conseil sur les moyens d'y
pénétrer. La première question que je leur adresse est celle-ci:
—Avez-vous de la fortune?
Elles me répondent généralement que c'est au contraire pour gagner
beaucoup d'argent, en même temps qu'un peu de gloire, qu'elles
prétendent entrer dans l'art dramatique.
—Eh bien! mon enfant, il faut en faire votre deuil. On n'est pas
payée, on paye, pour être comédienne. On ne gagne d'argent dans cette
profession qu'en y ajoutant un autre métier, qui en est l'annexe. Le
tout est de savoir si vous vous résignez d'avance à cette nécessité.
Aucune ne veut me croire. Toutes me citent des noms; quelques-unes
sont des exceptions brillantes. Les autres... Pour les autres, hélas!
il y a le revers de la médaille, et tout ce qui reluit n'est pas or.
Avec un talent hors ligne, une grande réputation et une incontestable
honnêteté, telle que l'on envie n'a réussi qu'à réaliser dix ou vingt
mille francs de dettes, qu'il lui faudra bien payer, un jour. Et
comment? Son directeur, lui, n'entre pas dans les considérations de
morale. Il lui distribue un rôle qui exige 4,000 fr. de toilette. C'est
à elle de se les procurer.
Ces costumes, elle ne saurait s'en passer, car à côté d'elle paraîtra
une comparse, une _grue_, à qui le velours, les plumes et les diamants
ne coûtent rien, et par qui elle ne peut se laisser écraser. Il y a
entre toutes ces dames une émulation de magnificence où le talent,
réduit à ses seules ressources, serait inévitablement vaincu.
Est-ce que la convention dont je parlais tout à l'heure n'eût pas été
bonne à conserver? Le théâtre est devenu, peu à peu, la proie des
filles entretenues, et le mal va empirant tous les jours.
On n'obtiendra de réforme sur ce point que si elle est déjà accomplie,
dans le reste de la mise en scène. Quand les fauteuils sont recouverts
de vrai lampas, quand les rideaux sont de brocatelle, quand les meubles
sont de palissandre ou d'ébène, quand les tapis viennent de Smyrne,
quand tous les accessoires donnent à l'imagination l'idée de la
richesse somptueuse, est-il possible que la femme, ce meuble vivant,
apparaisse vêtue d'une simple mousseline?
Si les directeurs pouvaient s'entendre sur la mise en scène, la
diminution de leurs dépenses aurait pour résultat la possibilité
d'abaisser le prix des places et de conserver la vertu des
débutantes[276].
XXXI
LE MOUVEMENT DE LA POPULATION EN FRANCE (1878)
Le tableau du mouvement de la population de la France, pour la dernière
année, dont on a les résultats authentiques, c'est-à-dire pour l'année
1878, constate que nous n'avons pas fait un pas en avant.
Loin de là, puisque la population de la France n'a réalisé qu'un gain
de 98,175 habitants, produit par la soustraction du nombre de décès,
faite du nombre des naissances de l'année. Il est né, en 1878, 444,316
enfants du sexe masculin et 424,983 enfants du sexe féminin issus de
mariages, et, en outre, 35,032 garçons et 32,880 filles issus d'unions
illégitimes, soit en tout 937,211 enfants des deux sexes, sans compter
43,251 enfants mort-nés. Les décès ont été au nombre de 839,036:
432,867 pour les hommes et 406,169 pour les femmes.
Dans 61 départements il y a eu un excédent de 119,315 naissances,
et dans les 26 autres un excédent de 21,140 décès. D'où se dégage
l'excédent général de 98,175 habitants nouveaux.
Depuis 1871, nous avions eu successivement un excédent définitif de
172,936 naissances en 1872, de 101,776 en 1873, de 172,943 en 1874,
de 105,913 en 1875, de 132,608 en 1876 et de 142,662 en 1877. Le
chiffre de 1878 sera le plus faible de toute la série. Or les mariages
se ralentissent[277], et là est l'une des causes, et la principale
évidemment, du ralentissement de la population, chez nous, tandis que
les autres nations croissent et multiplient, suivant les préceptes de
l'Évangile.
XXXII
LE DÉPÔT DE LA PRÉFECTURE DE POLICE
Tous les individus déposés dans les violons, qui ne sont pas relâchés
après l'interrogatoire, que leur font subir les commissaires de police
chez lesquels ils sont amenés, sont conduits au Dépôt, bureau de
la permanence, et remis à deux inspecteurs principaux de la police
municipale, auxquels on remet également le procès-verbal du commissaire
de police et l'ordre, délivré par lui de faire conduire la personne
arrêtée au Dépôt.
Il y a au Dépôt de la préfecture deux quartiers, comprenant en tout 209
cellules, dont 50 environ sont absorbées par divers services, en sorte
qu'on ne dispose que de 83 cellules pour les hommes et de 76 pour les
femmes. Quant aux enfants, ils sont en commun, le jour comme la nuit.
La population journalière du Dépôt, s'élevant en moyenne à plus de 500
individus, il est donc impossible de donner une cellule à chacun d'eux.
Les cellules sont réservées d'abord à ceux que, dans l'intérêt de la
justice ou dans leur propre intérêt, il est bon d'isoler: les cellules
restantes sont données à ceux qui les demandent, dans l'ordre de leur
arrivée au Dépôt.
Les prisonniers, auxquels une cellule n'a pu être accordée, sont
enfermés dans deux grandes salles communes, sous la garde d'agents
spéciaux. L'une des salles, la plus petite, connue sous le nom de
_salle des habits noirs_, est destinée à ceux dont la mise est sinon
convenable, au moins non encore délabrée. On met tous les autres dans
la grande salle, la _salle des blouses_.
Cette grande salle commune, où se trouvent enfermés et quelquefois
entassés des hommes, descendus au dernier degré de la corruption,
constitue le lieu le plus horrible qu'on puisse voir.
La surveillance y est difficile: elle s'exerce du haut d'un balcon, qui
domine la salle, car placés au milieu des détenus, les surveillants
risqueraient d'y être fortement maltraités, d'autant plus que dans les
prisons de la Seine, où sont les malfaiteurs dangereux, les gardes ne
sont munis d'aucune arme pour se défendre.
Il s'agit aujourd'hui d'obvier aux graves inconvénients de cette
situation.
D'après le mémoire présenté au conseil général par le préfet de la
Seine, le quartier des hommes s'augmenterait de la presque totalité
du quartier actuel des femmes, qui serait transféré, dans les
bâtiments sud de la préfecture de police. La nouvelle installation du
quartier des femmes aurait pour résultat de doter ce quartier, ainsi
que celui des hommes, d'une vaste salle de bains et de les mettre en
communication directe, avec le petit parquet.
Le quartier des hommes comprendrait alors 193 cellules, 5 salles
communes, 2 dortoirs pour les vieillards et les enfants; le quartier
des femmes comprendrait 92 cellules, 3 salles communes: soit en tout
pour ces 2 quartiers, 285 cellules. Le bâtiment affecté aux détenus
pour contravention, et principalement aux cochers, devant disparaître,
on affecterait à cette catégorie spéciale de détenus le local,
actuellement occupé par le dispensaire, qui passerait à la caserne de
la Cité avec les autres services de la préfecture de police. Le local
dit des cochers comprendrait un grand dortoir, pouvant contenir environ
60 lits, un réfectoire et un préau communs[278].
XXXIII
LISTE DES FEMMES SAVANTES DE FRANCE (1880)
Liste des femmes qui sont, en France, pourvues de grades
universitaires.
Voici ce relevé intéressant:
_Docteurs en médecine_ (5).—Mademoiselle Marie Verneuil (Faculté
de Paris, 1870).—Mademoiselle Andreline Domergue (Montpellier,
1875).—Madame Madeleine Brès, née Gobelin (Paris, 1875)—Madame Ribard
(Paris, 1876), exerçant à Nantes.—Mademoiselle Anna Dahms, du Nord
(Paris, 1877).
_Licenciées ès sciences_ (2).—Mademoiselle Emma Chenu (Paris, 1868),
auteur d'ouvrages pédagogiques.—Mademoiselle Lye (Paris, 1878).
_Bachelières ès sciences et ès lettres_ (2).—Mademoiselle Benoist, de
Fontenay le Comte (Poitiers, 1867 et 1875).—Mademoiselle Amélie de
Barrau de Muratel (Toulouse, 1876).
_Bachelières ès sciences_ (7).—Mademoiselle Perez, de Bordeaux
(Bordeaux, 1871).—Mademoiselle Cornebois, de Constantine
(Aix, 1872).—Mademoiselle M. Hugonin, de Lambin, Isère
(Paris, 1873).—Mademoiselle E. Guenot de Bouillandy, Oise
(Paris, 1873).—Mademoiselle Émilie Desportes, d'Orléans
(Paris, 1877).—Mademoiselle Leblois, de Strasbourg (Toulouse,
1878).—Mademoiselle Joséphine Sénéchal (1879).
_Bachelières ès lettres_ (20).—Mademoiselle J. Renguer de la Lime,
d'Alger (Aix, 1866).—Mademoiselle C. Siber, de Vienne (Lyon,
1866).—Mademoiselle Berthe Mandel, de Rouen (Paris, 1868).—Mademoiselle
C. Bulat, de Rouchère (Paris, 1870).—Mademoiselle Marie Florent (Douai,
1871).—Mademoiselle Bontemps, de Paris (Paris, 1871).-Mademoiselle
Alexis, fille d'un conseiller général de Marseille (Aix,
1872).—Mademoiselle Regnault, de Marseille (Aix, 1872).—Mademoiselle
Pugnault, (Lyon, 1872).—Mademoiselle Marie-Élise-Sophie Paturel
(Paris, 1874).—Mademoiselle Oton, de Toul (Nancy, 1875).—Mademoiselle
Yémeniz, petite-fille du savant bibliophile Lyonnais (Lyon,
1877).—Mademoiselle Marie-Zélie Boulard, institutrice à Toulon (Aix,
1877).—Mademoiselle Lahille, de Toulouse (Toulouse, 1878).—Mademoiselle
Gidel, de Paris (Paris, 1878).—Mademoiselle Henriette Guisse,
Paris (Paris, 1878).—Mademoiselle Justine Iryll, de Deleygne (Aix,
1878).—Mademoiselle Louise Audiat, de Saintes (Poitiers, 1878).
XXXIV
FERMETURE DES PORTES DU PALAIS DE JUSTICE DÉSORDRE DES VAGABONDS ET DES
COIFFEURS
3 septembre 1674.—M. M. de Lamoignon et les propriétaires des bâtiments
de la nouvelle entrée du Palais font fermer de portes à barreaux de fer
les entrées, donnant sur la rue de Harlay et sur le quai de l'Horloge.
Louis Béranger est nommé portier de la première porte et Estienne
Guérin portier de la seconde.
17 mars 1678.—Une ordonnance signée de la Reynie rendue sur la
Remontrance du Procureur du Roy, interdit aux gens sans aveu de
s'attrouper et se tenir, dans les salles neuves, proche le Palais, d'y
jouer, fumer, à peine de punition exemplaire.
17 décembre 1692.—Ordonnance de la Reynie portant que les deux portes
de l'Enclos du Palais, l'une du côté de la place Dauphine, l'autre du
côté du quai de l'Horloge, seront fermées, à huit heures en hyver et à
dix heures, en été.
20 mars 1692.—Le concierge du Palais, François Capot reçoit par chacun
an, cinq cents livres, pour ses gages, salaire et logement, laquelle
somme sera imposée sur toutes les maisons desdites cours neuves du
Palais.
15 may 1711.—Ordonnance signée Pellet, lieutenant général de police
concernant les coiffeuses, qui se sont établis dans les salles du
Palais et y causent du désordre, elles devront justifier d'une
permission.
Les audiences, les galeries, les Cours, la grande salle étaient
placées sous la juridiction spéciale d'un Bailliage[279], d'une
justice locale. Paris est, disait un historien, plein de boutiques en
plusieurs endroits où l'on trouve tout ce qu'on a envie d'acheter, mais
le palais est comme l'extrait, le centre de toutes les boutiques de
belles nippes. Les clameurs des filles, femmes, hommes, pour attirer
les passants, durent sans cesse. La Frenoi, ce fameux mercier entre
autres boutiques, en a une au Palais. Il a été quelque temps en si
grande renommée à Paris, que rien n'a passé pour joli et galant,
dans l'esprit des petits maîtres, et des personnages du sexe, s'il
n'était pas sorti de la boutique de la Frénoi (_Le séjour de Paris ou
Instructions fidèles pour les voyageurs de condition._) On y trouvait
aussi des marchands d'étoffes, des libraires, des armuriers, des
parfumeurs, des marchands de fleurs artificielles, des cordonniers,
des opticiens, des luthiers, des marchands de porcelaines de Saxe, de
chimie, des sculpteurs et imagiers, modistes dont les boutiques étaient
non seulement établies dans les galeries[280], mais encore adossées
aux piliers de la grande salle. Le soin d'attirer les clients, même
chez les libraires, était surtout dévolu aux femmes. Des marchandes,
aussi jolies que des Romaines, aussi pétulantes que des Vénitiennes,
aussi polies et aussi éveillées que des Florentines, disait le
cardinal Bentivoglio, se tiennent dans ces boutiques et y attirent les
chalands[281], par le moyen d'un sourire ou l'éloquence d'un regard.
Aussi le Palais est-il fréquenté par les jeunes seigneurs de la Cour,
avec une espèce de frénésie, et il n'est pas rare d'y rencontrer,
pêle-mêle, les plus grands seigneurs, les plus riches bourgeois et même
trop souvent hélas! quelques dignitaires de l'église... déguisés.
FOOTNOTES:
[1] Pièce justificative XXIX.
[2] Alfred Delvau: _La langue verte_. Lorédan Larchey, l'érudit
chercheur: _Dictionnaire d'argot_.
[3] Pièces justificatives XI, XIII, XXI, XXVI.
[4] Lecour. _La prostitution à Paris et à Londres._
[5] _Pénalités anciennes_ (Plon, éditeur à Paris). Les mémoires de
Canler et de Vidocq.
[6] Pièce justificative XXVII.
[7] Pièces justificatives I, VII.
[8] Affaire Vert, fabricant de jouets, condamné avec ses jeunes
victimes (_Gazette des tribunaux_ du 23 septembre 1880). C'est à ce
recueil, dont les tables sont dressées avec tant de soin chaque année,
par M^e Lesage, avocat, que nous renvoyons pour les citations de tous
les procès faites au cours de ce livre.
[9] Pièce justificative IX.
[10] Voir la remarquable thèse, pour le doctorat, sur le _Divorce_,
1880, par M. Emilien Combier, avocat à Paris, fils de l'éminent
président du tribunal de Laon, mon ancien et regretté substitut
(1852-1856).
[11] L'_Égale de l'homme_, par Émile de Girardin. Paris, 18 septembre
1880.
[12] Dès 1863, nous avions proposé de confier à un juge unique, assisté
d'un substitut et d'un greffier, avec réserve du droit d'appel,
la connaissance des délits flagrants et avoués, rupture de ban,
vagabondage, mendicité (_Formulaire des magistrats_).
[13] _Le Châtelet de Paris._ Didier, éditeur.—Maxime Du Camp, _Paris et
ses organes_.—_Le Parlement de Paris._ Cosse, éditeur.—_Les métiers de
Paris._ Leroux, éditeur.—_Le guet de Paris_, par M. Tasson, lieutenant
de la garde républicaine. Léautey, éditeur.—_La fin de la gendarmerie._
V. Palmé, éditeur. Paris, 1880. Pièces justificatives XXIV.
[14] _Les archers et arbalétriers de France_, remarquable et savante
étude, due à M. Delaunay, avoué à Corbeil, 1880.
[15] Supposez, par un effort de votre pensée, qu'un jour la France,
et pendant vingt-quatre heures seulement, les administrations soient
toutes fermées, le pays marche moins bien, mais il marche toujours; le
lendemain c'est la justice qui est suspendue, le pays marche encore;
d'autres jours les écoles sont closes, l'industrie est arrêtée, le pays
marche encore. Mais supposez que pendant quelques heures seulement le
gendarme s'endorme, c'en est fait de vos biens, de vos droits, de vos
familles, de vos existences: La société ne marche plus.
Général AMBERT.
[16] Ces attributions, nouvellement organisées sur de nouvelles bases,
se rapprochent du rôle de la préfecture de police et de la sûreté
générale à Paris, en tenant compte de la différence des nationalités et
de la législation.
[17] Pendant que nous désorganisons toutes nos institutions, les
Anglais, peuple essentiellement pratique, profitent, pour protéger
les citoyens, de leurs vieilles lois, si tutélaires, si énergiques.
Cependant, et pour les ramener au bien, M. Flowers, juge du tribunal
de police de Bow-street, a offert aux voleurs de Londres un thé avec
fourchette et couteau. (_Décembre 1880_).
[18] _Comptes de Justice criminelle en France et en Algérie._
[19] On voit qu'il est impossible de trouver une application plus
réservée, et qu'il n'y a lieu, ni à Paris, ni dans les départements où
il est ignoré, d'abroger l'article 10 du Code d'instruction criminelle.
[20] Voici le texte du projet tel qu'il a été voté par la Chambre
haute, sur la répression des crimes commis dans les prisons (_Décembre
1880_):
Lorsque, à raison d'un crime commis dans une prison par un détenu, la
peine des travaux forcés à temps ou à perpétuité est appliquée, la
Cour d'assises ordonnera que cette peine sera subie, dans la prison
même où le crime a été commis, à moins d'impossibilité, pendant la
durée qu'elle déterminera, et qui ne pourra être inférieure au temps de
réclusion ou d'emprisonnement que le détenu avait à subir au moment du
crime.
L'impossibilité prévue par le paragraphe précédent sera constatée par
le ministre de l'intérieur, sur l'avis de la commission de surveillance
de la prison. Dans ce cas, la peine sera subie dans une maison centrale.
La Cour d'assises pourra ordonner, en outre, que le condamné sera
resserré plus étroitement, enfermé seul et soumis, pendant un temps qui
n'excédera pas un an, à l'emprisonnement cellulaire.
[21] Voir le rapport de M. le garde des Sceaux, ministre de la justice,
en tête du dernier compte de _Justice criminelle_.
[22] M. l'avocat général Petiton.—Audience de rentrée à la Cour de
cassation.—Discours sur les récidives (1880).
[23] L'abus des circonstances atténuantes est révélé par ce chiffre,
qu'en 1878, sur 4498 libérés, 2155 ont obtenu le bénéfice des
circonstances atténuantes.
[24] Voir les beaux travaux sur la justice anglaise, publiés par M. G.
Picot, ancien directeur des affaires criminelles, et les études de M.
de Franqueville sur les _Institutions anglaises_.
[25] Loi du 20 mai 1863, votée en un jour, le dernier de la session.
(_Formulaire des magistrats._—_Préface._)
[26] Affaire de madame Lafarge où Raspail fut mandé pour contredire
les décisives analyses d'Orfila; voir les travaux de J. Barse sur
les _Recherches de l'arsenic par l'appareil de Marsh_. _Procès de
Lapommeraye et de Danval._
[27] Voir l'affaire de l'accusé Foulloy, assassin de M. Joubert, arrêté
à Strasbourg, amené devant les assises de la Seine, pour y répondre
du crime de meurtre et de vol sur son patron, alors que l'extradition
avait été accordée, pour le premier crime seulement; l'affaire est
revenue le 29 octobre 1880 et suivie d'une sentence de mort.
[28] _L'extradition en Angleterre_, par M. Vincent Howard.
[29] Des voyageurs, extrêmement spirituels, ont écrit aux journaux
qu'ils avaient franchi la frontière, en jetant à la gendarmerie et aux
autres agents ébahis cette réponse préméditée: _Feu Pritchard et sa
famille!_—Rien de sérieux, toujours la charge.
[30] A Londres les attaques nocturnes cessèrent, dès qu'il fut publié
que leurs auteurs seraient, en dehors d'autres pénalités, frappés de la
queue de chat, aux lanières plombées.
[31] La cour d'assises d'Eure-et-Loir a eu à juger un assassin qui,
après une condamnation capitale, avait été l'objet de commutations
successives, qu'il avait reconnues en commettant un nouveau crime,
aussitôt sa libération.
[32] Voir plus haut, page 14, le projet de loi adopté, avec
modification par le Sénat, portant que le crime, commis dans une prison
par un détenu, peut y recevoir son exécution perpétuelle ou à temps, à
moins d'impossibilité.—Le condamné pourra être resserré étroitement et
laissé seul!
[33] Afin d'augmenter les chances d'impunité, on veut effacer les sages
et tutélaires dispositions de l'article 336 du Code d'instruction
criminelle. Tout dans l'intérêt des malfaiteurs, est le projet de
suppression du résumé. (_Chambre des députés_, 30 novembre 1880.)
[34] Voir les fondations dues à l'initiative privée, et notamment celle
que vient d'inaugurer à Orgeville, M. Georges Bon-jean, pour l'enfance
abandonnée.
[35] Rapport sur l'instruction primaire et l'instruction secondaire,
due à la plume si savante, si compétente de M. O. Gréard, vice-recteur
de l'Académie de Paris.
[36] _Histoire de la médecine légale, d'après les arrêts criminels._
Paris, 1880.