Cet espace se restreint tous les jours dans le mal, parce que forcément
les pensées et les sentiments s'y restreignent. Mais l'homme qui s'est
élevé quelque peu ne fait plus le mal, parce qu'il n'est aucun mal qui ne
naisse, en dernière analyse, d'une pensée étroite ou d'un sentiment
médiocre. Il ne fait plus le mal parce que ses pensées sont devenues plus
hautes et plus pures et ses pensées deviennent plus pures encore de ce
qu'il ne peut plus faire le mal. Ainsi, nos actions et nos pensées, en
conquérant le ciel paisible où la vie de notre âme peut s'étendre sans
trouble, sont aussi inséparables que les deux ailes de l'oiseau; et ce qui
pour l'oiseau n'est encore qu'une loi de l'équilibre, devient ici une loi
de la justice.