--Son frère... le frère de M. Raindal!... murmurait songeusement Mme
Chambannes, accoudée au bord de son lit devant le cadre moelleux que
formaient autour de ses boucles éparses les dentelles de l'oreiller.
Elle amena d'une main distraite le restant du courrier. Il y avait un
prospectus de parfumerie, une note de modiste qu'elle rejeta avec
dégoût, deux journaux et au-dessus une carte postale fermée: une drôle
de carte, l'adresse écrite en gauches capitales qui titubaient l'une
sur l'autre, un louche aspect de lettre anonyme! Zozé la déchira
lentement. Des faiblesses vibraient le long de ses bras, et elle lut,
tracées dans le même caractère, ces lignes qui emplissaient l'espace
du carton gris:
SI VOUS N'AVEZ RIEN DE MIEUX A FAIRE, PASSEZ UN MATIN, VERS ONZE
HEURES, RUE GODOT-DE-MAUROI, AUX ENVIRONS DU DOUZE BIS. VOUS Y
CONSTATEREZ UNE FOIS DE PLUS QUE LES AMIS DE NOS AMIES SONT NOS
AMIS.
Elle se renversa en arrière, sans un doute, sans un espoir, la main à
la poitrine, avec un geste de blessée. Elle demeurait d'abord
immobile, les paupières closes, puis, indistinctement elle se mit à
balbutier:
--Oh!... oh!... oh! mon Dieu!... Les méchants!... L'atroce
méchanceté!...
Elle éprouvait au cœur une sensation cuisante; et c'était à chaque
question qu'elle inventait, à chaque hypothèse, comme une nouvelle
brûlure qui aurait agrandi la plaie.
Sûrement on dénonçait Gérald. Mais la femme, la gredine, la traîtresse
inconnue, qui cela pouvait-il être?
Une à une, Zozé évoquait ses amies sans y discerner la coupable.
Toutes lui paraissaient également suspectes. Avec toutes, tour à tour,
Gérald avait eu des flirts équivoques, des façons familières; et dans
chacune successivement, au gré des souvenirs, elle croyait tenir la
complice. Une autre ensuite l'emportait, lui semblait plus fautive,
Flora Pums après Germaine de Marquesse, Rose Silberschmidt après Flora
Pums; et à la fin, elle s'embrouillait dans cet amas de preuves
équivalentes et de présomptions contradictoires. Elle essaya de
s'orienter en cherchant à deviner l'auteur du télégramme. Des noms lui
venaient à l'esprit, les noms d'hommes qui la désiraient et eussent
été capables de vouloir détruire son bonheur: Pums, Burzig, Mazuccio.
D'aucun des trois cet acte infâme ne l'étonnait. Alors en s'apercevant
de l'aisance avec laquelle elle les soupçonnait toutes et tous, un
rictus contracta ses lèvres. Pouah! Dans quelle bande de coquines et
de goujats vivait-elle donc pour que nul d'entre eux ne trouvât grâce
devant sa méfiance, pour que pas une fois elle n'eût craint de les
accuser à tort? Mais ce ne fut qu'un éclair de clairvoyance aussitôt
éteint sous les bouillonnements de sa colère. Elle avait bien le temps
de philosopher, la petite Mouzarkhi! Et elle exagérait le ton des
injures, comme on fait dans le délire de la désillusion, ne gardant
d'amour, de tendresse, d'indulgence que pour Gérald, son Gérald chéri
qu'elle allait peut-être perdre à jamais! Des larmes obscurcirent ses
yeux. A travers leur eau trouble elle contemplait avec angoisse
l'inconcevable scène de la séparation! Elle se figurait être rue
d'Aguesseau, sur le seuil de la porte, après l'explication finale.
Elle tournait la tête pour un dernier regard. Elle revenait encore
l'embrasser... Oh! non, non, elle ne voulait plus voir, et dans un
élan de terreur, elle ramena au-dessus de son front la toile légère
des draps. Des convulsions de sanglots agitaient par instants les
formes onduleuses que modelait son corps sous ce suaire. Puis, comme
dix heures sonnaient à la pendule de la cheminée, dans un soubresaut
plus violent, Zozé rejeta les couvertures, et, glissant d'un bond à
terre, elle sonna nerveusement:
--Vite, de l'eau chaude dans le cabinet de toilette... Mon costume de
drap beige... Ma capote noire!... dit-elle à la femme de chambre qui
entrait.
--Quel corset?
--Je ne sais pas, celui que vous voudrez!... Vite, seulement, vite,
vite...
--Madame désire-t-elle une voiture?
--Oui, c'est cela, une voiture fermée... ou plutôt, non!... Pas de
voiture!... Dépêchez-vous...
Une hâte belliqueuse l'activait. Il fallait être prête à l'heure; et
elle courait à cette suprême torture de surprendre les coupables comme
à un plaisir sans pareil, les narines palpitantes, un petit sourire
sauvage aux lèvres, et les yeux brillants de convoitise.
A onze heures moins le quart, elle fut dehors. Elle suivit à pied la
rue de Prony et traversa le parc Monceau. Un jardinier enlevait aux
arbres rares de l'entrée leur étroite pelisse de paille. Les
feuillages débutants espaçaient leurs masses ajourées, d'un vert
encore tout pâle; et des parfums nouveaux roulaient avec douceur dans
la brise. Cette allégresse des éléments attrista Zozé par contraste.
Elle avait ouvert son ombrelle, car le soleil était déjà chaud; et en
marchant elle exhalait de longs murmures de regret comme si elle n'eût
plus dû revoir jamais ces gracieuses pelouses ni aspirer cet air
embaumé.
Mais elle se raidit d'un effort contre l'amollissement de la rêverie;
et, hélant un fiacre fermé qui passait:
--Faites attention! commanda-t-elle au cocher... Nous allons rue
Godot-de-Mauroi... Quand je frapperai à la vitre, vous arrêterez...
Vous ne bougerez plus... Vous resterez sur votre siège et vous
attendrez... Si je frappe deux fois, vous repartirez au pas... Si je
frappe trois fois, au trot... Est-ce compris?
--Oui, madame! fit paternellement le cocher, un gros moustachu
qu'amusaient ce mystère et ce ton de jeune capitaine.
--Alors, allez! Bon pourboire!...
La voiture s'engagea dans la descente de l'avenue de Messine.
A l'approche de l'attaque, l'ardeur de Zozé faiblissait. Elle avait
l'impression de recevoir dans la poitrine des coups de poing
étouffants, ou bien que son cœur était un petit oiseau chétif qu'une
main brutale étreignait. Et elle tenait ses paupières jointes pour ne
pas compter les maisons qui filaient trop vite.
Elle rouvrit cependant les yeux à un choc. Le fiacre tournait dans la
rue Godot-de-Mauroi. Zozé eut juste le temps de frapper à la vitre. Le
cocher se rangea à la hauteur du numéro 9. De là, en biais, on
apercevait le 12 _bis_, une vieille maison dont la façade grisâtre se
confondait avec d'autres façades analogues. Au-dessus de la porte
pourtant, deux écriteaux jaunes annonçaient de petits appartements
meublés à louer.
«C'est bien ici!» songea Zozé avec un soupir de détresse. Puis elle
consulta sa montre qui marquait onze heures cinq. Elle releva les
carreaux afin de se masquer le visage de leur trompeuse transparence.
Et s'arc-boutant dans l'angle gauche, le buste en bataille vis-à-vis
du 12 _bis_, elle commença à regarder.
Un quart d'heure s'écoula. Dans le silence de la rue à demi déserte,
des marchands des quatre saisons glapissaient en poussant leurs
lourdes charrettes. Parfois le cheval du fiacre s'ébrouait avec un
gros frisson d'ennui qui secouait les brancards, ou bien le cocher,
dans un mouvement, faisait grincer les cuirs et les bois de la
voiture. Mais Zozé ne percevait pas plus nettement ces bruits, qu'elle
ne voyait les boutiques voisines, les piétons qui se penchaient pour
la dévisager, ou le sellier d'en face courbé sur son ouvrage derrière
la vitrine. D'immatérielles œillères maintenaient ses regards en
arrêt, comme l'avide attention qui figeait tout son corps, vers le
petit quadrillage de pavés où les amants allaient surgir.
Que se disaient-ils à présent, dans quelles abjectes caresses
pâmaient-ils, à quel étage, à quelle fenêtre? Pour Gérald, à l'aide
des souvenirs, Zozé s'imaginait bien à peu près. Mais la femme lui
échappait. Elle devinait tout de la perfide, sa taille, sa nudité, sa
poitrine et ses bras, tout sauf la tête, sauf le visage. Et il lui
semblait se démener dans un de ces écrasants cauchemars où les traits
d'un des personnages se liquéfient, s'effacent dès qu'on tente de les
distinguer.
La demie sonna à une horloge des environs. La lenteur des complices
exaspérait Zozé plus encore que leur forfaiture. Elle les appelait
inconsciemment dans une véhémente et muette prière: «Venez donc!
Arrivez!»--comme des amis en retard à un rendez-vous qui pressait.
Et soudain une idée lui bouleversa le cœur. Si la lettre mentait, si
on l'avait mystifiée! Elle n'en ressentit aucune joie. Elle ne pouvait
l'admettre. Ses soupçons, tant de fois dépistés, refusaient de
rétrograder. On eût dit qu'ils flairaient la proie, qu'ils sentaient
l'hallali prochain.
Elle consulta de nouveau sa montre. «Midi moins le quart... Tant
pis... A midi, j'entre chez la concierge!...» Puis, comme elle
relevait les yeux, elle eut un tragique recul de la tête.
Là-bas, devant la voûte du 12 _bis_, une dame en costume de serge
grise faisait signe à un cocher; et, malgré la voilette blanche,
malgré l'épaisse floraison des broderies, Zozé avait reconnu un profil
familier, une mâchoire en forme de rabot, son amie, sa meilleure amie,
Germaine de Marquesse, elle-même!
Mais déjà la voiture d'en face repartait. Elle rasa au passage le
fiacre de Mme Chambannes. Sous la capote baissée, Germaine se cambrait
dans une pose résolue, les deux mains écartées aux deux bouts de son
ombrelle placée en travers de ses genoux. La misérable! C'était bien
elle! Et elle ne voyait rien, cette Germaine, tant le contentement
l'aveuglait!... Oh! la petite Mouzarkhi n'aurait certes pas cru que le
plaisir de _les_ surprendre fût à ce point douloureux! Elle
défaillait, saisie d'une lâcheté comme une femme qu'on opère, après le
premier contact de l'acier. Qu'allait être la seconde blessure, quand
la première lui laissait un déchirement aussi affreux?
Elle n'eut pas le loisir de se reprendre. Gérald apparaissait devant
la maison maudite.
Il était en tenue du matin, cape noire, complet bleu, avec une touffe
d'œillets couleur chair, que l'autre, sans doute, venait de piquer au
revers de son veston. Et Zozé le considérait, les yeux dilatés
d'horreur et d'amour.
Il jeta un regard à droite, un regard à gauche. Il semblait hésiter.
Enfin il s'achemina, de son pas dandinant vers la rue des Mathurins,
la canne sous le bras, les épaules voûtées, les mains réunies en
coquille pour allumer sa cigarette.
Zozé, affolée, avait oublié les signaux convenus. Elle tira la glace
et cria au cocher:
--Allez!
Le fiacre démarrait au petit trot. Mme Chambannes frappa
frénétiquement à la vitre, et, la voiture encore en marche, elle
bondit sur le trottoir.
Au fracas de cet arrêt, Gérald avait fait volte-face. En apercevant la
jeune femme, il blêmit de malaise. Et, se contraignant:
--Tiens!... C'est vous! dit-il avec un pesant sourire.
Zozé désignait de la main le fiacre, dont la portière restait ouverte.
--Monte! commanda-t-elle d'une voix sourde.
--Que je monte? Oh! quel drôle de ton vous avez!... bredouillait
Gérald, en essayant derechef un sourire.
--Je te dis de monter! réitéra Zozé, stupéfaite elle-même de son
accent d'audace... Allons, monte!... Je ne crains rien, ni le monde,
ni le scandale... Je veux que tu montes...
Une bande de petites ouvrières qui se rendaient à leur déjeuner, les
regardaient en se poussant du coude.
--Soit! fit Gérald gêné... C'est égal! vous avouerez que vous avez une
bizarre manière...
--Assez! Nous causerons tout à l'heure!
Et tandis que le jeune comte s'installait dans le fiacre, elle dit au
cocher:
--Où vous voudrez... Au Bois... du côté du Bois...
La voiture s'ébranla. Tous deux, en vieux nautonniers de Paris,
experts à la manœuvre du fiacre, ils tiraient la voilure des stores.
Puis Zozé s'écria:
--Eh bien?
Et, à bout d'énergie, elle fondit en larmes.
--Qu'est-ce qu'il y a?... Qu'est-ce que c'est?... Je t'assure que je
ne comprends pas! murmura hypocritement Gérald qui allongeait son bras
pour l'enlacer.
Elle se déroba d'un brutal détour du buste:
--Ne me touche pas... Tu me dégoûtes... Finis-en avec tes mensonges
stupides... J'ai vu Germaine... Comprends-tu, maintenant?...
Devant le silence de Gérald, sa fureur redoubla:
--Quelle honte! Quelle ignominie!... Avec une de mes amies, avec celle
que j'aimais le mieux! Bah! vous vous valez l'un l'autre... Vous êtes
des bandits, des canailles!... Vous deviez naturellement vous
entendre...
Gérald tenta de se rapprocher:
--Voyons, ma petite Zozé, mon petit Zozo... Ne pleure pas... Cela n'a
aucune importance... Oui, c'est vrai, ce n'est pas propre... Mais
c'est plus bête encore que vilain... Tiens, si la galanterie me
permettait de parler avec franchise...
--Eh bien, quoi? fit Zozé sans le repousser.
--Non! fit Gérald... Ce serait répugnant... Tu ne le voudrais pas
toi-même... Sache pourtant qu'aujourd'hui c'était la première fois et
qu'à l'instant, en m'en allant... sais-tu ce que je me disais là, à
l'instant, quand tu m'as sauté dessus?... Je me disais que c'était la
première fois et aussi la dernière...
--Tu me le jures? questionna Zozé avec un regard passionné qui faisait
plus étrange sa figure convulsée de haine.
--Je te le jure! riposta Gérald.
Elle l'examinait tendrement, en lui appuyant ses mains aux épaules,
puis le rejetant loin d'elle d'une rageuse bourrade:
--Je ne te crois pas... Tu mens... Tu as des yeux de femme!...
Elle recommençait à sangloter; et, dans la demi-lueur de répétition
qui perçait par l'étoffe des stores, auprès de cette maîtresse qui
gémissait comme à une fin de mélodrame, Gérald éprouvait peu à peu une
sorte de lassitude à se justifier plus.
--Voyons, ma petite Zozé, mon petit Zozo! prononçait-il encore, de
temps en temps, machinalement, par contenance.
Cependant cette scène durait trop. L'agacement le gagnait. Sous
l'amant se révoltait confusément l'orgueilleux gentilhomme. Les
brusqueries de Zozé l'avaient au fond vexé. Lui, Gérald de Meuze se
laisser bousculer par une simple Mme Chambannes! Et si docile, si
charmante amie que fût Zozé, il en venait à regretter presque les
femmes de sa caste. Oui, parmi celles-là, il y avait bien quelques
amoureuses, quelques sentimentales, des crampons avérés et que l'on
connaissait pour telles. Mais on était prévenu, on ne s'y risquait
qu'à bon escient. Et les autres, par contre, quelles agréables
natures, faciles, enjouées, et qui vous comprenaient la vie! Ah! ni la
jeune Chitré, par exemple, ni Mme de Baugy, ni même ce gros chérubin
de Mme Torcieux, n'auraient fait tant de tapage jour une aussi banale
petite crasse! On se serait boudés un peu, on se serait quittés
peut-être. Seulement ni scandales, ni sanglots. Deux ou trois mots
secs, d'abord,--après, un solide _shake-hand_ pour se remettre ou se
séparer, et voilà tout. Car elles savaient ce que c'est qu'un homme,
un flirt, une aventure. Elles étaient du monde, elles!...
Et subitement, entre deux cahots, la voix de Zozé proféra, sur un ton
de stupeur:
--Oh! Raldo... Comment as-tu pu?... Comment?... Comment?...
Comment il avait pu! Elle en avait d'exquises, la pauvre petite! Il
retint un sourire, et, attendri du coup par la candeur de cette
question:
--Je te dirai cela plus tard... un jour, lorsque je serai absolument
sûr de ne plus te faire du mal...
--Un jour?... Quel jour? s'écria Zozé avec une mine hautaine... Tu
supposes donc que je te reverrai?... Tu ne sens donc pas que c'est
fini?
Il l'attirait contre sa poitrine:
--Alors tu ne m'aimes plus?...
Zozé haletante ne répliquait pas. Des larmes jaillirent sur ses joues
que crispait un spasme de souffrance.
--Mais si, tu m'aimes, puisque tu pleures! reprit Gérald en la
câlinant.
Et, avec assurance:
--Écoute, ma petite Zozé... Evidemment, de nous revoir maintenant,
tout de suite, demain ou après-demain, cela ne pourrait qu'amener des
scènes, des chagrins, des entrevues pénibles... Tu as besoin de repos,
de réflexion... Il te faut du temps, pour me pardonner... Oh! je ne
suis pas une brute, va... Je devine bien ce que tu ressens... Et voici
ce que je te propose... Je devais partir la semaine prochaine pour le
Poitou, chez ma tante de Cambres... Eh bien, j'avancerai mon départ..
Je partirai ce soir même... Je resterai à Cambres jusqu'à la fin du
mois, en t'écrivant autant que tu voudras... Et lorsque je reviendrai,
tout sera oublié, je t'en donne ma parole... Dis-moi, cela te
va-t-il?...
Mme Chambannes laissait sa tête rouler rêveusement au gré des cahots
sur l'épaule de Gérald. Le jeune homme répéta:
--Réponds, ma petite Zozé... Cela te convient-il?
--Oui, oui! fit Mme Chambannes d'un air méditatif... Mais, moi aussi,
j'ai une idée...
--Dis-la, mon pauvre Zozo!...
--Je m'ennuierais à Paris... Je serais trop triste sans toi... Alors,
je vais aller me refaire aux Frettes, jusqu'à ton retour... En
rentrant, je boucle mes malles, et je décampe par l'express de cinq
heures.
--Seule?
--Non, je mobiliserai la tante Panhias!
--C'est cela, excellente idée...
Il y eut une pause. Elle éprouvait par tout son être un soulèvement de
béatitude, une sensation de salut qui l'empêchait de parler. Et, se
collant à Gérald, dans une effusion d'aveu plus forte que sa volonté,
elle soupira langoureusement:
--Oh! mon petit Raldo!... Comme c'est bon de t'avoir gardé!...
Elle ne rentra chez elle qu'à deux heures.