XI

--Son frère... le frère de M. Raindal!... murmurait songeusement Mme

Chambannes, accoudée au bord de son lit devant le cadre moelleux que

formaient autour de ses boucles éparses les dentelles de l'oreiller.

Elle amena d'une main distraite le restant du courrier. Il y avait un

prospectus de parfumerie, une note de modiste qu'elle rejeta avec

dégoût, deux journaux et au-dessus une carte postale fermée: une drôle

de carte, l'adresse écrite en gauches capitales qui titubaient l'une

sur l'autre, un louche aspect de lettre anonyme! Zozé la déchira

lentement. Des faiblesses vibraient le long de ses bras, et elle lut,

tracées dans le même caractère, ces lignes qui emplissaient l'espace

du carton gris:

SI VOUS N'AVEZ RIEN DE MIEUX A FAIRE, PASSEZ UN MATIN, VERS ONZE

HEURES, RUE GODOT-DE-MAUROI, AUX ENVIRONS DU DOUZE BIS. VOUS Y

CONSTATEREZ UNE FOIS DE PLUS QUE LES AMIS DE NOS AMIES SONT NOS

AMIS.

Elle se renversa en arrière, sans un doute, sans un espoir, la main à

la poitrine, avec un geste de blessée. Elle demeurait d'abord

immobile, les paupières closes, puis, indistinctement elle se mit à

balbutier:

--Oh!... oh!... oh! mon Dieu!... Les méchants!... L'atroce

méchanceté!...

Elle éprouvait au cœur une sensation cuisante; et c'était à chaque

question qu'elle inventait, à chaque hypothèse, comme une nouvelle

brûlure qui aurait agrandi la plaie.

Sûrement on dénonçait Gérald. Mais la femme, la gredine, la traîtresse

inconnue, qui cela pouvait-il être?

Une à une, Zozé évoquait ses amies sans y discerner la coupable.

Toutes lui paraissaient également suspectes. Avec toutes, tour à tour,

Gérald avait eu des flirts équivoques, des façons familières; et dans

chacune successivement, au gré des souvenirs, elle croyait tenir la

complice. Une autre ensuite l'emportait, lui semblait plus fautive,

Flora Pums après Germaine de Marquesse, Rose Silberschmidt après Flora

Pums; et à la fin, elle s'embrouillait dans cet amas de preuves

équivalentes et de présomptions contradictoires. Elle essaya de

s'orienter en cherchant à deviner l'auteur du télégramme. Des noms lui

venaient à l'esprit, les noms d'hommes qui la désiraient et eussent

été capables de vouloir détruire son bonheur: Pums, Burzig, Mazuccio.

D'aucun des trois cet acte infâme ne l'étonnait. Alors en s'apercevant

de l'aisance avec laquelle elle les soupçonnait toutes et tous, un

rictus contracta ses lèvres. Pouah! Dans quelle bande de coquines et

de goujats vivait-elle donc pour que nul d'entre eux ne trouvât grâce

devant sa méfiance, pour que pas une fois elle n'eût craint de les

accuser à tort? Mais ce ne fut qu'un éclair de clairvoyance aussitôt

éteint sous les bouillonnements de sa colère. Elle avait bien le temps

de philosopher, la petite Mouzarkhi! Et elle exagérait le ton des

injures, comme on fait dans le délire de la désillusion, ne gardant

d'amour, de tendresse, d'indulgence que pour Gérald, son Gérald chéri

qu'elle allait peut-être perdre à jamais! Des larmes obscurcirent ses

yeux. A travers leur eau trouble elle contemplait avec angoisse

l'inconcevable scène de la séparation! Elle se figurait être rue

d'Aguesseau, sur le seuil de la porte, après l'explication finale.

Elle tournait la tête pour un dernier regard. Elle revenait encore

l'embrasser... Oh! non, non, elle ne voulait plus voir, et dans un

élan de terreur, elle ramena au-dessus de son front la toile légère

des draps. Des convulsions de sanglots agitaient par instants les

formes onduleuses que modelait son corps sous ce suaire. Puis, comme

dix heures sonnaient à la pendule de la cheminée, dans un soubresaut

plus violent, Zozé rejeta les couvertures, et, glissant d'un bond à

terre, elle sonna nerveusement:

--Vite, de l'eau chaude dans le cabinet de toilette... Mon costume de

drap beige... Ma capote noire!... dit-elle à la femme de chambre qui

entrait.

--Quel corset?

--Je ne sais pas, celui que vous voudrez!... Vite, seulement, vite,

vite...

--Madame désire-t-elle une voiture?

--Oui, c'est cela, une voiture fermée... ou plutôt, non!... Pas de

voiture!... Dépêchez-vous...

Une hâte belliqueuse l'activait. Il fallait être prête à l'heure; et

elle courait à cette suprême torture de surprendre les coupables comme

à un plaisir sans pareil, les narines palpitantes, un petit sourire

sauvage aux lèvres, et les yeux brillants de convoitise.

A onze heures moins le quart, elle fut dehors. Elle suivit à pied la

rue de Prony et traversa le parc Monceau. Un jardinier enlevait aux

arbres rares de l'entrée leur étroite pelisse de paille. Les

feuillages débutants espaçaient leurs masses ajourées, d'un vert

encore tout pâle; et des parfums nouveaux roulaient avec douceur dans

la brise. Cette allégresse des éléments attrista Zozé par contraste.

Elle avait ouvert son ombrelle, car le soleil était déjà chaud; et en

marchant elle exhalait de longs murmures de regret comme si elle n'eût

plus dû revoir jamais ces gracieuses pelouses ni aspirer cet air

embaumé.

Mais elle se raidit d'un effort contre l'amollissement de la rêverie;

et, hélant un fiacre fermé qui passait:

--Faites attention! commanda-t-elle au cocher... Nous allons rue

Godot-de-Mauroi... Quand je frapperai à la vitre, vous arrêterez...

Vous ne bougerez plus... Vous resterez sur votre siège et vous

attendrez... Si je frappe deux fois, vous repartirez au pas... Si je

frappe trois fois, au trot... Est-ce compris?

--Oui, madame! fit paternellement le cocher, un gros moustachu

qu'amusaient ce mystère et ce ton de jeune capitaine.

--Alors, allez! Bon pourboire!...

La voiture s'engagea dans la descente de l'avenue de Messine.

A l'approche de l'attaque, l'ardeur de Zozé faiblissait. Elle avait

l'impression de recevoir dans la poitrine des coups de poing

étouffants, ou bien que son cœur était un petit oiseau chétif qu'une

main brutale étreignait. Et elle tenait ses paupières jointes pour ne

pas compter les maisons qui filaient trop vite.

Elle rouvrit cependant les yeux à un choc. Le fiacre tournait dans la

rue Godot-de-Mauroi. Zozé eut juste le temps de frapper à la vitre. Le

cocher se rangea à la hauteur du numéro 9. De là, en biais, on

apercevait le 12 _bis_, une vieille maison dont la façade grisâtre se

confondait avec d'autres façades analogues. Au-dessus de la porte

pourtant, deux écriteaux jaunes annonçaient de petits appartements

meublés à louer.

«C'est bien ici!» songea Zozé avec un soupir de détresse. Puis elle

consulta sa montre qui marquait onze heures cinq. Elle releva les

carreaux afin de se masquer le visage de leur trompeuse transparence.

Et s'arc-boutant dans l'angle gauche, le buste en bataille vis-à-vis

du 12 _bis_, elle commença à regarder.

Un quart d'heure s'écoula. Dans le silence de la rue à demi déserte,

des marchands des quatre saisons glapissaient en poussant leurs

lourdes charrettes. Parfois le cheval du fiacre s'ébrouait avec un

gros frisson d'ennui qui secouait les brancards, ou bien le cocher,

dans un mouvement, faisait grincer les cuirs et les bois de la

voiture. Mais Zozé ne percevait pas plus nettement ces bruits, qu'elle

ne voyait les boutiques voisines, les piétons qui se penchaient pour

la dévisager, ou le sellier d'en face courbé sur son ouvrage derrière

la vitrine. D'immatérielles œillères maintenaient ses regards en

arrêt, comme l'avide attention qui figeait tout son corps, vers le

petit quadrillage de pavés où les amants allaient surgir.

Que se disaient-ils à présent, dans quelles abjectes caresses

pâmaient-ils, à quel étage, à quelle fenêtre? Pour Gérald, à l'aide

des souvenirs, Zozé s'imaginait bien à peu près. Mais la femme lui

échappait. Elle devinait tout de la perfide, sa taille, sa nudité, sa

poitrine et ses bras, tout sauf la tête, sauf le visage. Et il lui

semblait se démener dans un de ces écrasants cauchemars où les traits

d'un des personnages se liquéfient, s'effacent dès qu'on tente de les

distinguer.

La demie sonna à une horloge des environs. La lenteur des complices

exaspérait Zozé plus encore que leur forfaiture. Elle les appelait

inconsciemment dans une véhémente et muette prière: «Venez donc!

Arrivez!»--comme des amis en retard à un rendez-vous qui pressait.

Et soudain une idée lui bouleversa le cœur. Si la lettre mentait, si

on l'avait mystifiée! Elle n'en ressentit aucune joie. Elle ne pouvait

l'admettre. Ses soupçons, tant de fois dépistés, refusaient de

rétrograder. On eût dit qu'ils flairaient la proie, qu'ils sentaient

l'hallali prochain.

Elle consulta de nouveau sa montre. «Midi moins le quart... Tant

pis... A midi, j'entre chez la concierge!...» Puis, comme elle

relevait les yeux, elle eut un tragique recul de la tête.

Là-bas, devant la voûte du 12 _bis_, une dame en costume de serge

grise faisait signe à un cocher; et, malgré la voilette blanche,

malgré l'épaisse floraison des broderies, Zozé avait reconnu un profil

familier, une mâchoire en forme de rabot, son amie, sa meilleure amie,

Germaine de Marquesse, elle-même!

Mais déjà la voiture d'en face repartait. Elle rasa au passage le

fiacre de Mme Chambannes. Sous la capote baissée, Germaine se cambrait

dans une pose résolue, les deux mains écartées aux deux bouts de son

ombrelle placée en travers de ses genoux. La misérable! C'était bien

elle! Et elle ne voyait rien, cette Germaine, tant le contentement

l'aveuglait!... Oh! la petite Mouzarkhi n'aurait certes pas cru que le

plaisir de _les_ surprendre fût à ce point douloureux! Elle

défaillait, saisie d'une lâcheté comme une femme qu'on opère, après le

premier contact de l'acier. Qu'allait être la seconde blessure, quand

la première lui laissait un déchirement aussi affreux?

Elle n'eut pas le loisir de se reprendre. Gérald apparaissait devant

la maison maudite.

Il était en tenue du matin, cape noire, complet bleu, avec une touffe

d'œillets couleur chair, que l'autre, sans doute, venait de piquer au

revers de son veston. Et Zozé le considérait, les yeux dilatés

d'horreur et d'amour.

Il jeta un regard à droite, un regard à gauche. Il semblait hésiter.

Enfin il s'achemina, de son pas dandinant vers la rue des Mathurins,

la canne sous le bras, les épaules voûtées, les mains réunies en

coquille pour allumer sa cigarette.

Zozé, affolée, avait oublié les signaux convenus. Elle tira la glace

et cria au cocher:

--Allez!

Le fiacre démarrait au petit trot. Mme Chambannes frappa

frénétiquement à la vitre, et, la voiture encore en marche, elle

bondit sur le trottoir.

Au fracas de cet arrêt, Gérald avait fait volte-face. En apercevant la

jeune femme, il blêmit de malaise. Et, se contraignant:

--Tiens!... C'est vous! dit-il avec un pesant sourire.

Zozé désignait de la main le fiacre, dont la portière restait ouverte.

--Monte! commanda-t-elle d'une voix sourde.

--Que je monte? Oh! quel drôle de ton vous avez!... bredouillait

Gérald, en essayant derechef un sourire.

--Je te dis de monter! réitéra Zozé, stupéfaite elle-même de son

accent d'audace... Allons, monte!... Je ne crains rien, ni le monde,

ni le scandale... Je veux que tu montes...

Une bande de petites ouvrières qui se rendaient à leur déjeuner, les

regardaient en se poussant du coude.

--Soit! fit Gérald gêné... C'est égal! vous avouerez que vous avez une

bizarre manière...

--Assez! Nous causerons tout à l'heure!

Et tandis que le jeune comte s'installait dans le fiacre, elle dit au

cocher:

--Où vous voudrez... Au Bois... du côté du Bois...

La voiture s'ébranla. Tous deux, en vieux nautonniers de Paris,

experts à la manœuvre du fiacre, ils tiraient la voilure des stores.

Puis Zozé s'écria:

--Eh bien?

Et, à bout d'énergie, elle fondit en larmes.

--Qu'est-ce qu'il y a?... Qu'est-ce que c'est?... Je t'assure que je

ne comprends pas! murmura hypocritement Gérald qui allongeait son bras

pour l'enlacer.

Elle se déroba d'un brutal détour du buste:

--Ne me touche pas... Tu me dégoûtes... Finis-en avec tes mensonges

stupides... J'ai vu Germaine... Comprends-tu, maintenant?...

Devant le silence de Gérald, sa fureur redoubla:

--Quelle honte! Quelle ignominie!... Avec une de mes amies, avec celle

que j'aimais le mieux! Bah! vous vous valez l'un l'autre... Vous êtes

des bandits, des canailles!... Vous deviez naturellement vous

entendre...

Gérald tenta de se rapprocher:

--Voyons, ma petite Zozé, mon petit Zozo... Ne pleure pas... Cela n'a

aucune importance... Oui, c'est vrai, ce n'est pas propre... Mais

c'est plus bête encore que vilain... Tiens, si la galanterie me

permettait de parler avec franchise...

--Eh bien, quoi? fit Zozé sans le repousser.

--Non! fit Gérald... Ce serait répugnant... Tu ne le voudrais pas

toi-même... Sache pourtant qu'aujourd'hui c'était la première fois et

qu'à l'instant, en m'en allant... sais-tu ce que je me disais là, à

l'instant, quand tu m'as sauté dessus?... Je me disais que c'était la

première fois et aussi la dernière...

--Tu me le jures? questionna Zozé avec un regard passionné qui faisait

plus étrange sa figure convulsée de haine.

--Je te le jure! riposta Gérald.

Elle l'examinait tendrement, en lui appuyant ses mains aux épaules,

puis le rejetant loin d'elle d'une rageuse bourrade:

--Je ne te crois pas... Tu mens... Tu as des yeux de femme!...

Elle recommençait à sangloter; et, dans la demi-lueur de répétition

qui perçait par l'étoffe des stores, auprès de cette maîtresse qui

gémissait comme à une fin de mélodrame, Gérald éprouvait peu à peu une

sorte de lassitude à se justifier plus.

--Voyons, ma petite Zozé, mon petit Zozo! prononçait-il encore, de

temps en temps, machinalement, par contenance.

Cependant cette scène durait trop. L'agacement le gagnait. Sous

l'amant se révoltait confusément l'orgueilleux gentilhomme. Les

brusqueries de Zozé l'avaient au fond vexé. Lui, Gérald de Meuze se

laisser bousculer par une simple Mme Chambannes! Et si docile, si

charmante amie que fût Zozé, il en venait à regretter presque les

femmes de sa caste. Oui, parmi celles-là, il y avait bien quelques

amoureuses, quelques sentimentales, des crampons avérés et que l'on

connaissait pour telles. Mais on était prévenu, on ne s'y risquait

qu'à bon escient. Et les autres, par contre, quelles agréables

natures, faciles, enjouées, et qui vous comprenaient la vie! Ah! ni la

jeune Chitré, par exemple, ni Mme de Baugy, ni même ce gros chérubin

de Mme Torcieux, n'auraient fait tant de tapage jour une aussi banale

petite crasse! On se serait boudés un peu, on se serait quittés

peut-être. Seulement ni scandales, ni sanglots. Deux ou trois mots

secs, d'abord,--après, un solide _shake-hand_ pour se remettre ou se

séparer, et voilà tout. Car elles savaient ce que c'est qu'un homme,

un flirt, une aventure. Elles étaient du monde, elles!...

Et subitement, entre deux cahots, la voix de Zozé proféra, sur un ton

de stupeur:

--Oh! Raldo... Comment as-tu pu?... Comment?... Comment?...

Comment il avait pu! Elle en avait d'exquises, la pauvre petite! Il

retint un sourire, et, attendri du coup par la candeur de cette

question:

--Je te dirai cela plus tard... un jour, lorsque je serai absolument

sûr de ne plus te faire du mal...

--Un jour?... Quel jour? s'écria Zozé avec une mine hautaine... Tu

supposes donc que je te reverrai?... Tu ne sens donc pas que c'est

fini?

Il l'attirait contre sa poitrine:

--Alors tu ne m'aimes plus?...

Zozé haletante ne répliquait pas. Des larmes jaillirent sur ses joues

que crispait un spasme de souffrance.

--Mais si, tu m'aimes, puisque tu pleures! reprit Gérald en la

câlinant.

Et, avec assurance:

--Écoute, ma petite Zozé... Evidemment, de nous revoir maintenant,

tout de suite, demain ou après-demain, cela ne pourrait qu'amener des

scènes, des chagrins, des entrevues pénibles... Tu as besoin de repos,

de réflexion... Il te faut du temps, pour me pardonner... Oh! je ne

suis pas une brute, va... Je devine bien ce que tu ressens... Et voici

ce que je te propose... Je devais partir la semaine prochaine pour le

Poitou, chez ma tante de Cambres... Eh bien, j'avancerai mon départ..

Je partirai ce soir même... Je resterai à Cambres jusqu'à la fin du

mois, en t'écrivant autant que tu voudras... Et lorsque je reviendrai,

tout sera oublié, je t'en donne ma parole... Dis-moi, cela te

va-t-il?...

Mme Chambannes laissait sa tête rouler rêveusement au gré des cahots

sur l'épaule de Gérald. Le jeune homme répéta:

--Réponds, ma petite Zozé... Cela te convient-il?

--Oui, oui! fit Mme Chambannes d'un air méditatif... Mais, moi aussi,

j'ai une idée...

--Dis-la, mon pauvre Zozo!...

--Je m'ennuierais à Paris... Je serais trop triste sans toi... Alors,

je vais aller me refaire aux Frettes, jusqu'à ton retour... En

rentrant, je boucle mes malles, et je décampe par l'express de cinq

heures.

--Seule?

--Non, je mobiliserai la tante Panhias!

--C'est cela, excellente idée...

Il y eut une pause. Elle éprouvait par tout son être un soulèvement de

béatitude, une sensation de salut qui l'empêchait de parler. Et, se

collant à Gérald, dans une effusion d'aveu plus forte que sa volonté,

elle soupira langoureusement:

--Oh! mon petit Raldo!... Comme c'est bon de t'avoir gardé!...

Elle ne rentra chez elle qu'à deux heures.

Les Deux Rives: Roman · 第 35 / 69 题