Comme trois heures sonnaient d'un timbre énergique à l'horloge du
Collège de France, la petite porte dissimulée dans les grisailles du
mur s'entr'ouvrit, et M. Raindal fit son entrée.
Il s'était assis à sa vaste table de bois blanc, ayant en face de lui
ses huit auditeurs familiers qui attendaient, la plume dressée, prêts
à écrire.
Il tira de sa serviette quelques feuilles manuscrites et commença
d'une voix simple:
«Nous avons terminé, dans notre leçon d'avant le Jour de l'An, l'étude
des peintures oblatoires qu'on a retrouvées dans les mastabas
d'Abou-Roash. Nous aborderons aujourd'hui, au même point de vue,
l'étude des mastabas de Dahshour. Les peintures que renferme cette
nécropole sont peut-être pour l'historien des mœurs d'un plus grand
intérêt que celles d'Abou-Roash. Nous y trouvons sur la vie privée et
la vie industrielle des Égyptiens des renseignements qu'on peut
considérer à bon droit comme uniques. J'attire donc particulièrement
votre attention sur cette leçon et les leçons qui vont suivre...»