VIII

Comme trois heures sonnaient d'un timbre énergique à l'horloge du

Collège de France, la petite porte dissimulée dans les grisailles du

mur s'entr'ouvrit, et M. Raindal fit son entrée.

Il s'était assis à sa vaste table de bois blanc, ayant en face de lui

ses huit auditeurs familiers qui attendaient, la plume dressée, prêts

à écrire.

Il tira de sa serviette quelques feuilles manuscrites et commença

d'une voix simple:

«Nous avons terminé, dans notre leçon d'avant le Jour de l'An, l'étude

des peintures oblatoires qu'on a retrouvées dans les mastabas

d'Abou-Roash. Nous aborderons aujourd'hui, au même point de vue,

l'étude des mastabas de Dahshour. Les peintures que renferme cette

nécropole sont peut-être pour l'historien des mœurs d'un plus grand

intérêt que celles d'Abou-Roash. Nous y trouvons sur la vie privée et

la vie industrielle des Égyptiens des renseignements qu'on peut

considérer à bon droit comme uniques. J'attire donc particulièrement

votre attention sur cette leçon et les leçons qui vont suivre...»

Les Deux Rives: Roman · 第 27 / 69 题