SITUATION DES ARMÉES FRANÇAISES DANS LE NORD, AU 5 AVRIL.

Les nouvelles de Dantzick étaient satisfaisantes. La nombreuse garnison

a formé des camps en dehors. L'ennemi se tenait éloigné de la place, et

ne paraissait pas en disposition de rien tenter. Deux frégates anglaises

s'étaient fait voir devant la place.

A Thorn, il n'y avait rien de nouveau. On y avait mis le temps à profit

pour améliorer les fortifications.

L'ennemi n'avait que très-peu de forces devant Modlin; le général

Daendels en a profité pour faire une sortie, a repoussé le corps ennemi,

et s'est emparé d'un gros convoi, où il y avait entre autres cinq cents

boeufs.

La garnison de Zamosc est maîtresse du pays à six lieues à la ronde,

l'ennemi n'observant cette place qu'avec quelque cavalerie légère.

Le général Frimont et le prince Poniatowski étaient toujours dans la

même position sur la Pilica.

Stettin, Custrin et Glogau étaient dans le même état. L'ennemi

paraissait avoir des projets sur Glogau dont le blocus était resserré.

Le corps ennemi qui, le 27 mars, a passé l'Elbe à Werden, et dont

l'arrière-garde a été défaite le 28 par le général Montbrun, et jetée

dans la rivière, s'était dirigé sur Luxembourg.

Le 29, le général Morand partit de Brême, et se porta sur Lunebourg, où

il arriva le premier avril. Les habitans, soutenus par quelques troupes

légères de l'ennemi, voulurent faire résistance; les portes furent

enfoncées à coups de canon, une trentaine de ces rebelles passés par les

armes, et la ville fut soumise.

Le 2, le corps ennemi qu'on supposait de trois à quatre mille hommes,

cavalerie, infanterie et artillerie, se présenta devant Lunebourg. Le

général Morand marcha à sa rencontre avec sa colonne, composée de huit

cents Saxons, et de deux cents Français, avec une trentaine de cavaliers

et quatre pièces de canon. La canonnade s'engagea. L'ennemi avait été

forcé de quitter plusieurs positions, lorsque le général Morand fut tué

par un boulet. Le commandement passa à un colonel saxon. Les troupes,

étonnées de la perte de leur chef, se replièrent dans la ville; et après

s'y être défendues pendant une demi-journée, elles capitulèrent le soir.

L'ennemi fit ainsi prisonniers sept cents Saxons et deux cents Français.

Une partie des prisonniers ont été repris.

Le lendemain, le général Montbrun, commandant l'avant-garde du corps

du prince d'Eckmühl, arriva à Lunebourg. L'ennemi, instruit de son

approche, avait évacué la ville en toute hâte et repassé l'Elbe. Le

prince d'Eckmühl, arrivé le 4, a forcé l'ennemi à retirer tous ses

partis de la rive gauche de l'Elbe, et a fait occuper Stade.

Le 5, le général Vandamme avait réuni à Brême les divisions Saint-Cyr et

Dufour. Le général Dumonceau, avec sa division, était à Minden.

Le vice-roi a rencontré, le 2 avril, une division prussienne en avant de

Magdebourg sur la rive droite de l'Elbe, l'a culbutée, l'a poursuivie

l'espace de plusieurs lieues, et lui a fait quelques centaines de

prisonniers.

La brigade bavaroise, qui fait partie de la division du général Durutte,

a eu, le 29 mars, une affaire à Coldiz avec la cavalerie ennemie. Cette

infanterie a repoussé toutes les charges que l'ennemi a tentées sur

elle, et lui a tué plus de cent hommes, parmi lesquels on a reconnu un

colonel et plusieurs officiers. La perte des Bavarois n'a été que de

seize hommes blessés. Depuis lors le général Durutte a continué son

mouvement sans être inquiété, pour se porter sur la Saale à Bernbourg.

Un détachement de cavalerie ennemie était entré le 5 dans Leipsick.

Le duc de Bellune était en observation à Calbe et Bernbourg sur la

Saale.

_A S. M. l'impératrice-reine et régente._

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome V. · 第 17 / 73 题