(_Revue britannique_, février 1851, nº 2.)
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Son livre a réussi.
Il y a toujours, après tout, quelque raison bonne ou mauvaise au succès
d'un livre. M. Dargaud est un écrivain vif et animé, très-entraîné et
très-ému, mêlant du reste tous les genres, et peu soucieux de
contradictions.
M. Dargaud parfois touche au vrai; il a du nerf, de l'entrain et plus
d'un rayon de solide éclat. Il peint bien; peut-être a-t-il trop de
propension à peindre. Entre-t-il dans un château à la suite de quelque
personnage de son histoire, il fait ce que Boileau reprochait déjà aux
_descriptifs_ de son temps.
Il a répandu dans son livre toutes les perles de son écrin de voyage; il
rassemble autour de Marie Stuart tous les trésors de son archéologie
chèrement payée; il prodigue pour elle tous les produits de ses fouilles
savantes dans cette terre où elle a régné, sous ces ruines qu'elle a
faites, et jusque dans ces tombeaux que sa passion a creusés. Le livre
de M. Dargaud pourra bien n'être pas absolument indispensable à ceux qui
voudront retrouver un jour quelques vestiges de la physionomie morale de
la reine d'Écosse; mais il ne sera pas possible d'avoir une idée
complète de sa cour et de sa maison, de son chenil et de sa cuisine, de
sa toilette, de ses atours, de ses promenades, de sa vie domestique et
extérieure, sans avoir recours à M. Dargaud. Jardinier, architecte,
joaillier, sommelier, chroniqueur curieux de chevaux, de chiens et de
vénerie, M. Dargaud est tout ce qu'on veut dans son histoire, excepté
pourtant historien.