«Reçue au camp d'Aldea-Rubia, le 21 juillet 1812.
«Si j'avais une heure d'entretien avec Votre Excellence, elle verrait
que je ne mérite pas de reproches, et encore moins l'ironie amère avec
laquelle votre lettre du 2 est terminée. Je sens tout comme un autre de
quelle importance il est pour la gloire et pour les intérêts de
l'Empereur de battre lord Wellington de préférence aux bandes. Je suis
aussi attaché qu'un autre à les conserver, mais une forte expédition est
venue; je ne sais ce qui va venir des Asturies ou sur Burgos ou sur la
Castille, et j'ai très-peu de bonne infanterie. La cavalerie et
l'artillerie seraient parties si j'eusse pu les faire appuyer par de
l'infanterie; je les aurais fait joindre au général Bonnet si j'eusse
connu son mouvement. L'embarras est de se mettre en route, parce que
j'espère qu'elles seront appuyées par des troupes venant à leur
rencontre de Valladolid. Ce qu'il y a de certain, c'est que je suis
entouré d'ennemis, attaqué de tous côtés, et que, si j'eusse fait le
détachement que j'avais disposé et qui était à la veille de son départ,
l'ennemi serait maître de tout le pays et aux portes de la France.»