«20 juin 1812.
«Hier les premières troupes dont je puis disposer sont arrivées ici;
elles sont parties aujourd'hui, ce matin; les autres arrivent de tous
les côtés à la fois; elles doivent se mettre en mouvement de suite;
j'apprends que les Anglais ont fait une expédition composée de onze
bâtiments, dont deux vaisseaux et six frégates, et avant-hier au soir
elle était devant le port de Motrico.
«D'un autre côté, Renovalès s'est porté à sept lieues de Bilbao; Pinto
en est à six, et Longa pas bien loin de là. Tous ces mouvements me
forcent à retarder celui de la majeure partie de l'infanterie; mais la
cavalerie et l'artillerie vont partir. J'attends des nouvelles à chaque
instant, et, dès que j'en aurai, je prendrai la détermination la plus
prompte et la plus sûre, celle de faire marcher contre cette expédition
et de la culbuter; cela portera un délai forcé de plusieurs jours à mon
arrivée, ce qui me contrarie bien; mais je ne prévoyais pas cette
circonstance, et, lorsque j'en ai parlé, j'étais loin de penser qu'elle
se présentât promptement.»