«Vitoria, le 20 mai 1812.
«Monsieur le maréchal, j'ai été indirectement informé que, lors de la
dernière prise de Gijon par le général Bonnet, ce général y avait saisi
des papiers très-importants et notamment des plans par l'Angleterre,
contenant les opérations de cette campagne, et celles que l'armée
anglaise devait faire contre l'arrondissement de l'armée du Nord.
«Dans en moment, toutes les bandes sont en mouvement, et je ne puis
concevoir quel est le but de toutes les marches et contre-marches
qu'elles opèrent.
«Les communications sont pour ainsi dire interrompues, et Votre
Excellence sait que je n'ai point de troupes disponibles. Les papiers
que le général Bonnet avait saisis furent envoyés par duplicata à M. le
général Dorsenne; mais celui-ci ne les a pas reçus, ou bien il est parti
sans me les remettre et même sans m'en parler. Il est vrai qu'il était
extrêmement malade et peu en état de s'occuper de choses sérieuses.
«Je dois penser que Votre Excellence a connaissance de ces papiers, et
je la prie instamment de vouloir bien m'en envoyer une copie chiffrée
par duplicata.
«J'ai une si grande étendue de côtes à garder et si peu de moyens pour
empêcher un débarquement, que je suis forcé de prendre toutes les
précautions possibles pour me mettre à l'abri d'un événement.»