«Vitoria, le 13 mai 1812.
«Monsieur le maréchal, le courrier arrive, et j'apprends que M.
Grandsigne, colonel, chargé des dépêches de Votre Excellence, a été
attaqué entre Celada et Burgos. Son escorte, forte de cent vingt hommes
d'infanterie et cinquante hussards, s'est trouvée entourée par toute la
bande du curé, au nombre de seize cents hommes; elle s'est vaillamment
défendue, M. Grandsigne, laissé pour mort au milieu d'une charge, a été
dépouillé en un instant, on l'a transporté à Celada où il a expiré, le
10, lendemain de l'attaque. Tous les paquets dont il était chargé et
l'estafette sont perdus; la malle a été sauvée. Nous avons perdu deux
officiers, vingt-quatre hussards et deux soldats du 123e régiment tués,
et trente-sept chevaux. Le capitaine d'infanterie a si bien manoeuvré et
a fait si bonne contenance, qu'il a rallié les hussards et est entré à
Celada sans être entamé.
«Il se trouve dans les environs de Burgos plus de dix mille brigands, je
n'ai de disponibles que seize cents hommes et quatre cents chevaux, que
j'envoie manoeuvrer sur les flancs de la route pour rouvrir les
communications et éloigner les bandes.
«Je trouve toutes les troupes dispersées. J'attends le général
Vandermaesen et le général Palombini, et j'ignore où ils sont. Je pense
cependant que le premier rentrera bientôt.
«J'ai dû retenir le 13 le convoi de fonds et arrêter le régiment de
marche, ils auraient été trop compromis.--Le 15, le convoi de fonds est
en marche; il arrive dans trois jours. Je le ferai partir lorsqu'il y
aura sûreté, et que j'aurai assez de monde pour l'escorter; mais je prie
Votre Excellence d'envoyer au-devant d'eux jusqu'à Villa-Rodrigo.
J'aurai soin de l'en prévenir.»