«Paris, le 10 juillet 1811.
«L'Empereur, monsieur le due de Raguse, me charge de vous parler de vos
relations avec le roi.
«Les provinces de Tolède, d'Avila et de Talavera étant distraites de
l'armée du Centre, pour vous servir à en tirer les contributions et les
autres ressources nécessaires aux besoins de votre armée, vous devez
vous entendre avec le roi et lui adresser l'état des contributions et
des objets de toute espèce que vous emploierez pour votre armée. Vous
lui en ferez connaître l'emploi et vous m'enverrez les mêmes comptes.
«Les agents du roi doivent continuer leurs fonctions, la justice doit
être rendue au nom de Sa Majesté Catholique; les agents de
l'administration et les membres du clergé seront nommés par elle. Vous
devez rendre compte au roi des opérations administratives, y mettre le
plus grand ordre, de manière à ce que les agents espagnols aient la
conviction qu'il n'y a rien de soustrait dans les deniers publics.
Correspondez avec le roi sur les événements militaires afin qu'au besoin
il puisse vous soutenir avec ce qu'il aura de disponible. De son côté,
Sa Majesté Catholique vous fera connaître ce qui pourra vous intéresser.
«L'Empereur, monsieur le duc, désire que le roi aille passer la revue de
votre armée; cela l'intéressera davantage pour subvenir à vos besoins.
Sa Majesté Catholique aura les honneurs du commandement, mais c'est
vous, monsieur le maréchal, qui commandez et qui répondez à l'Empereur
des événements. Vous sentirez assez tous les avantages que vous
retirerez de ce que le roi soit bien accueilli à votre armée; cela fera
un bon effet moral parmi les Espagnols et portera Sa Majesté à vous
seconder de tous ses moyens pour contribuer à vos succès.»