Une bonne villageoise rendait le pain béni. Un cierge à la main, les
barbes du bonnet et, la robe détroussées, elle était en présence du
célébrant, et flanquée du bédaut. Sa timidité naturelle s'augmenta,
lorsque le curé, pour payer son pain béni et son cierge, lui présenta
le cul d'une assiette d'étain à baiser. La bonne dame était sourde
passablement. Un PET assez ronflant qu'elle lâche, déconcerte la
gravité des ministres de son culte. Curé, bédaut, enfans de chœur,
suisse, enfin, chacun de ceux qui l'environne se serre les lèvres pour
ne pas rire aux éclats. La bonne femme qui n'a pas fait attention à
son échappée, croit que l'on rit de la petitesse de son pain béni, et
dit pour s'excuser: «Ce n'est pas ma faute, Mr. le Curé: si j'avais
eu du beurre et du sel, je l'aurais fait plus gros». Pour le coup, le
quiproquo fut si plaisant, que chacun n'y put tenir. Le service divin
fut interrompu, et bien en prit aux hommes d'église d'être obligés de
se tourner vers l'autel, pour ne pas scandaliser les fidèles par leur
rire qu'augmentait la contenance tranquille de la péteuse.
J'ai dit qu'un pet avait mis en fuite des sorcières: il a quelquefois
eu le mérite d'épouvanter ces fiers anglais qui se croient les dieux
des mers, témoin le fait suivant rapporté par un anonyme.