De tout en general dirai dorenavant. (60)

Un désordre inexprimable règne dans cette partie de son œuvre[821].

Le diable est un apothicaire qui a, dans sa boutique, quantité de boîtes

d’épices, de confitures et de venins: ce sont les «plaisanches» des

péchés et les péchés eux-mêmes. Il a répandu surtout, dans le monde tel

qu’il est, le contenu de trois de ses boîtes, celles qui sont étiquetées

Orgueil, Envie, Convoitise. Voyez les collèges «qui font elections»,

depuis celui des cardinaux jusqu’aux plus modestes; ils sont

singulièrement saupoudrés de ces trois produits.

_Convoitise._ L’abbé en voit des symptômes certains dans les continuels

changements de la valeur des monnaies et dans la prospérité des

changeurs, usuriers, marchands du pape, qui s’enrichissent, achètent des

«heritages»[822].

_Ire._ Elle règne dans les tavernes, où l’on se bat pour ne pas payer

les écots; dans les fêtes et les assemblées. Il y a aussi les femmes qui

font combattre leurs maris et leurs amis pour avoir la préséance à

l’église.

_Paresse._ Vice de gens d’église qui, plus que le moutier, aiment leurs

aises, faire la grasse matinée, se faire saigner et ventouser. Les

laïques n’en sont pas exempts[823]; jeunes gens vigoureux, qui attendent

avec impatience le signal de la fin des travaux: «Quite, quite!»;

ouvriers agricoles qui désespèrent leurs maîtres par leur mollesse et

leur insolence:

La vie en France au moyen âge d'après quelques moralistes du temps · 第 42 / 69 题