Un désordre inexprimable règne dans cette partie de son œuvre[821].
Le diable est un apothicaire qui a, dans sa boutique, quantité de boîtes
d’épices, de confitures et de venins: ce sont les «plaisanches» des
péchés et les péchés eux-mêmes. Il a répandu surtout, dans le monde tel
qu’il est, le contenu de trois de ses boîtes, celles qui sont étiquetées
Orgueil, Envie, Convoitise. Voyez les collèges «qui font elections»,
depuis celui des cardinaux jusqu’aux plus modestes; ils sont
singulièrement saupoudrés de ces trois produits.
_Convoitise._ L’abbé en voit des symptômes certains dans les continuels
changements de la valeur des monnaies et dans la prospérité des
changeurs, usuriers, marchands du pape, qui s’enrichissent, achètent des
«heritages»[822].
_Ire._ Elle règne dans les tavernes, où l’on se bat pour ne pas payer
les écots; dans les fêtes et les assemblées. Il y a aussi les femmes qui
font combattre leurs maris et leurs amis pour avoir la préséance à
l’église.
_Paresse._ Vice de gens d’église qui, plus que le moutier, aiment leurs
aises, faire la grasse matinée, se faire saigner et ventouser. Les
laïques n’en sont pas exempts[823]; jeunes gens vigoureux, qui attendent
avec impatience le signal de la fin des travaux: «Quite, quite!»;
ouvriers agricoles qui désespèrent leurs maîtres par leur mollesse et
leur insolence: