Le titre de «fils de David» fut le premier qu'il accepta, probablement

sans tremper dans les fraudes innocentes par lesquelles on chercha à le

lui assurer. La famille de David était, a ce qu'il semble, éteinte

depuis longtemps[678]; les Asmonéens, d'origine sacerdotale, ne

pouvaient chercher à s'attribuer une telle descendance; ni Hérode, ni

les Romains ne songent un moment qu'il existe autour d'eux un

représentant quelconque des droits de l'antique dynastie. Mais depuis la

fin des Asmonéens, le rêve d'un descendant inconnu des anciens rois, qui

vengerait la nation de ses ennemis, travaillait toutes les têtes. La

croyance universelle était que le Messie serait fils de David et

naîtrait comme lui à Bethléhem[679]. Le sentiment premier de Jésus

n'était pas précisément cela. Le souvenir de David, qui préoccupait la

masse des Juifs, n'avait rien de commun avec son règne céleste. Il se

croyait fils de Dieu, et non pas fils de David. Son royaume et la

délivrance qu'il méditait étaient d'un tout autre ordre. Mais l'opinion

ici lui fit une sorte de violence. La conséquence immédiate de cette

proposition: «Jésus est le Messie,» était cette autre proposition:

«Jésus est fils de David.» Il se laissa donner un titre sans lequel il

ne pouvait espérer aucun succès. Il finit, ce semble, par y prendre

plaisir, car il faisait de la meilleure grâce les miracles qu'on lui

demandait en l'interpellant ainsi[680]. Ici, comme dans plusieurs autres

circonstances de sa vie, Jésus se plia aux idées qui avaient cours de

son temps, bien qu'elles ne fussent pas précisément les siennes. Il

associait à son dogme du «royaume de Dieu,» tout ce qui échauffait les

coeurs et les imaginations. C'est ainsi que nous l'avons vu adopter le

baptême de Jean, qui pourtant ne devait pas lui importer beaucoup.

Une grave difficulté se présentait: c'était sa naissance à Nazareth, qui

était de notoriété publique. On ne sait si Jésus lutta contre cette

objection. Peut-être ne se présenta-t-elle pas en Galilée, où l'idée que

le fils de David devait être un bethléhémite était moins répandue. Pour

le galiléen idéaliste, d'ailleurs, le titre de «fils de David» était

suffisamment justifié, si celui à qui on le décernait relevait la gloire

de sa race et ramenait les beaux jours d'Israël. Autorisa-t-il par son

silence les généalogies fictives que ses partisans imaginèrent pour

prouver sa descendance royale[681]? Sut-il quelque chose des légendes

inventées pour le faire naître à Bethléhem, et en particulier du tour

par lequel on rattacha son origine bethléhémite au recensement qui eut

lieu par l'ordre du légat impérial, Quirinius[682]? On l'ignore.

L'inexactitude et les contradictions des généalogies[683] portent à

croire qu'elles furent le résultat d'un travail populaire s'opérant sur

divers points, et qu'aucune d'elles ne fut sanctionnée par Jésus[684].

Jamais il ne se désigne de sa propre bouche comme fils de David. Ses

disciples, bien moins éclairés que lui, enchérissaient parfois sur ce

qu'il disait de lui-même; le plus souvent il n'avait pas connaissance de

ces exagérations. Ajoutons que, durant les trois premiers siècles, des

fractions considérables du christianisme[685] nièrent obstinément la

descendance royale de Jésus et l'authenticité des généalogies.

Sa légende était ainsi le fruit d'une grande conspiration toute

spontanée et s'élaborait autour de lui de son vivant. Aucun grand

événement de l'histoire ne s'est passé sans donner lieu à un cycle de

fables, et Jésus n'eût pu, quand il l'eût voulu, couper court à ces

créations populaires. Peut-être un oeil sagace eût-il su reconnaître dès

lors le germe des récits qui devaient lui attribuer une naissance

surnaturelle, soit en vertu de cette idée, fort répandue dans

l'antiquité, que l'homme hors ligne ne peut être né des relations

ordinaires des deux sexes; soit pour répondre à un chapitre mal entendu

d'Isaïe[686], où l'on croyait lire que le Messie naîtrait d'une vierge;

soit enfin par suite de l'idée que le «Souffle de Dieu,» déjà érigé en

hypostase divine, est un principe de fécondité[687]. Déjà peut-être

couraient sur son enfance plus d'une anecdote conçue en vue de montrer

dans sa biographie l'accomplissement de l'idéal messianique[688], ou,

pour mieux dire, des prophéties que l'exégèse allégorique du temps

rapportait au Messie. D'autres fois, on lui créait dès le berceau des

relations avec les hommes célèbres, Jean-Baptiste, Hérode le Grand, des

astrologues chaldéens qui, dit-on, firent vers ce temps-là un voyage à

Jérusalem[689], deux vieillards, Siméon et Anne, qui avaient laissé des

souvenirs de haute sainteté[690]. Une chronologie assez lâche présidait

à ces combinaisons, fondées pour la plupart sur des faits réels

travestis[691]. Mais un singulier esprit de douceur et de bonté, un

sentiment profondément populaire, pénétraient toutes ces fables, et en

faisaient un supplément de la prédication[692]. C'est surtout après la

mort de Jésus que de tels récits prirent de grands développements; on

peut croire cependant qu'ils circulaient déjà de son vivant, sans

rencontrer autre chose qu'une pieuse crédulité et une naïve admiration.

Que jamais Jésus n'ait songé à se faire passer pour une incarnation de

Dieu lui-même, c'est ce dont on ne saurait douter. Une telle idée était

profondément étrangère à l'esprit juif; il n'y en a nulle trace dans les

évangiles synoptiques[693]; on ne la trouve indiquée que dans des

parties de l'évangile de Jean qui ne peuvent être acceptées comme un

écho de la pensée de Jésus. Parfois même Jésus semble prendre des

précautions pour repousser une telle doctrine[694]. L'accusation de se

faire Dieu ou l'égal de Dieu est présentée, même dans l'évangile de

Jean, comme une calomnie des Juifs[695]. Dans ce dernier évangile, il se

déclare moindre que son Père[696]. Ailleurs, il avoue que le Père ne lui

a pas tout révélé[697]. Il se croit plus qu'un homme ordinaire, mais

séparé de Dieu par une distance infinie. Il est fils de Dieu; mais tous

les hommes le sont ou peuvent le devenir à des degrés divers[698]. Tous,

chaque jour, doivent appeler Dieu leur père; tous les ressuscités seront

fils de Dieu[699]. La filiation divine était attribuée dans l'Ancien

Testament à des êtres qu'on ne prétendait nullement égaler à Dieu[700].

Le mot «fils» a, dans les langues sémitiques et dans la langue du

Nouveau Testament, les sens les plus larges[701]. D'ailleurs, l'idée que

Jésus se fait de l'homme n'est pas cette idée humble, qu'un froid déisme

a introduite. Dans sa poétique conception de la nature, un seul souffle

pénètre l'univers: le souffle de l'homme est celui de Dieu; Dieu habite

en l'homme, vit par l'homme, de même que l'homme habite en Dieu, vit par

Dieu[702]. L'idéalisme transcendant de Jésus ne lui permit jamais

d'avoir une notion bien claire de sa propre personnalité. Il est son

Père, son Père est lui. Il vit dans ses disciples; il est partout avec

eux[703]; ses disciples sont un, comme lui et son Père sont un[704].

L'idée pour lui est tout; le corps, qui fait la distinction des

personnes, n'est rien.

Le titre de «Fils de Dieu,» ou simplement de «Fils[705],» devint ainsi

pour Jésus un titre analogue à «Fils de l'homme» et, comme celui-ci,

synonyme de «Messie,» à la seule différence qu'il s'appelait lui-même

«Fils de l'homme» et qu'il ne semble pas avoir fait le même usage du mot

«Fils de Dieu[706].» Le titre de Fils de l'homme exprimait sa qualité de

juge; celui de Fils de Dieu sa participation aux desseins suprêmes et sa

puissance. Cette puissance n'a pas de limites. Son Père lui a donné tout

pouvoir. Il a le droit de changer même le sabbat[707]. Nul ne connaît le

Père que par lui[708]. Le Père lui a exclusivement transmis le droit de

juger[709]. La nature lui obéit; mais elle obéit aussi à quiconque croit

et prie; la foi peut tout[710]. Il faut se rappeler que nulle idée des

lois de la nature ne venait, dans son esprit, ni dans celui de ses

auditeurs, marquer la limite de l'impossible. Les témoins de ses

miracles remercient Dieu «d'avoir donné de tels pouvoirs aux

hommes[711].» Il remet les péchés[712]; il est supérieur à David, à

Abraham, à Salomon, aux prophètes[713]. Nous ne savons sous quelle forme

ni dans quelle mesure ces affirmations se produisaient. Jésus ne doit

pas être jugé sur la règle de nos petites convenances. L'admiration de

ses disciples le débordait et l'entraînait. Il est évident que le titre

de _Rabbi_, dont il s'était d'abord contenté, ne lui suffisait plus; le

titre même de prophète ou d'envoyé de Dieu ne répondait plus à sa

pensée. La position qu'il s'attribuait était celle d'un être surhumain,

et il voulait qu'on le regardât comme ayant avec Dieu un rapport plus

élevé que celui des autres hommes. Mais il faut remarquer que ces mots

de «surhumain» et de «surnaturel,» empruntés à notre théologie mesquine,

n'avaient pas de sens dans la haute conscience religieuse de Jésus. Pour

lui, la nature et le développement de l'humanité n'étaient pas des

règnes limités hors de Dieu, de chétives réalités, assujetties aux lois

d'un empirisme désespérant. Il n'y avait pas pour lui de surnaturel, car

il n'y avait pas de nature. Ivre de l'amour infini, il oubliait la

lourde chaîne qui tient l'esprit captif; il franchissait d'un bond

l'abîme, infranchissable pour la plupart, que la médiocrité des facultés

humaines trace entre l'homme et Dieu.

On ne saurait méconnaître dans ces affirmations de Jésus le germe de la

doctrine qui devait plus tard faire de lui une hypostase divine[714], en

l'identifiant avec le Verbe, ou «Dieu second[715],» ou fils aîné de

Dieu[716], ou _Ange métatrône_[717], que la théologie juive créait d'un

autre côté[718]. Une sorte de besoin amenait cette théologie, pour

corriger l'extrême rigueur du vieux monothéisme, à placer auprès de Dieu

un assesseur, auquel le Père éternel est censé déléguer le gouvernement

de l'univers. La croyance que certains hommes sont des incarnations de

facultés ou de «puissances» divines, était répandue; les Samaritains

possédaient vers le même temps un thaumaturge nommé Simon, qu'on

identifiait avec «la grande vertu de Dieu[719].» Depuis près de deux

siècles, les esprits spéculatifs du judaïsme se laissaient aller au

penchant de faire des personnes distinctes avec les attributs divins ou

avec certaines expressions qu'on rapportait à la divinité. Ainsi le

«Souffle de Dieu,» dont il est souvent question dans l'Ancien Testament,

est considéré comme un être à part, l'«Esprit-Saint.» De même, la

«Sagesse de Dieu,» la «Parole de Dieu» deviennent des personnes

existantes par elles-mêmes. C'était le germe du procédé qui a engendré

les _Sephiroth_ de la Cabbale, les _Æons_ du gnosticisme, les hypostases

chrétiennes, toute cette mythologie sèche, consistant en abstractions

personnifiées, à laquelle le monothéisme est obligé de recourir, quand

il veut introduire en Dieu la multiplicité.

Jésus paraît être resté étranger à ces raffinements de théologie, qui

devaient bientôt remplir le monde de disputes stériles. La théorie

métaphysique du Verbe, telle qu'on la trouve dans les écrits de son

contemporain Philon, dans les Targums chaldéens, et déjà dans le livre

de la «Sagesse[720],» ne se laisse entrevoir ni dans les _Logia_ de

Matthieu, ni en général dans les synoptiques, interprètes si

authentiques des paroles de Jésus. La doctrine du Verbe, en effet,

n'avait rien de commun avec le messianisme. Le Verbe de Philon et des

Targums n'est nullement le Messie. C'est Jean l'évangéliste ou son école

qui plus tard cherchèrent à prouver que Jésus est le Verbe, et qui

créèrent dans ce sens toute une nouvelle théologie, fort différente de

celle du royaume de Dieu[721]. Le rôle essentiel du Verbe est celui de

créateur et de providence; or Jésus ne prétendit jamais avoir créé le

monde, ni le gouverner. Son rôle sera de le juger, de le renouveler. La

qualité de président des assises finales de l'humanité, tel est

l'attribut essentiel que Jésus s'attribue, le rôle que tous les premiers

chrétiens lui prêtèrent[722]. Jusqu'au grand jour, il siège à la droite

de Dieu comme son _Métatrône_, son premier ministre et son futur

vengeur[723]. Le Christ surhumain des absides byzantines, assis en juge

du monde, au milieu des apôtres, analogues à lui et supérieurs aux anges

qui ne font qu'assister et servir, est la très-exacte représentation

figurée de cette conception du «Fils de l'homme,» dont nous trouvons les

premiers traits déjà si fortement indiqués dans le Livre de Daniel.

En tout cas, la rigueur d'une scolastique réfléchie n'était nullement

d'un tel monde. Tout l'ensemble d'idées que nous venons d'exposer

formait dans l'esprit des disciples un système théologique si peu arrêté

que le Fils de Dieu, cette espèce de dédoublement de la divinité, ils le

font agir purement en homme. Il est tenté; il ignore bien des choses;

il se corrige[724]; il est abattu, découragé, il demande à son Père de

lui épargner des épreuves; il est soumis à Dieu, comme un fils[725]. Lui

qui doit juger le monde, il ne connaît pas le jour du jugement[726]. Il

prend des précautions pour sa sûreté[727]. Peu après sa naissance, on

est obligé de le faire disparaître pour éviter des hommes puissants qui

voulaient le tuer[728]. Dans les exorcismes, le diable le chicane et ne

sort pas du premier coup[729]. Dans ses miracles, on sent un effort

pénible, une fatigue comme si quelque chose sortait de lui[730]. Tout

cela est simplement le fait d'un envoyé de Dieu, d'un homme protégé et

favorisé de Dieu[731]. Il ne faut demander ici ni logique, ni

conséquence. Le besoin que Jésus avait de se donner du crédit et

l'enthousiasme de ses disciples entassaient les notions contradictoires.

Pour les messianistes de l'école millénaire, pour les lecteurs acharnés

des livres de Daniel et d'Hénoch, il était le Fils de l'homme; pour les

juifs de la croyance commune, pour les lecteurs d'Isaïe et de Michée, il

était le Fils de David; pour les affiliés, il était le Fils de Dieu, ou

simplement le Fils. D'autres, sans que les disciples les en blâmassent,

le prenaient pour Jean-Baptiste ressuscité, pour Élie, pour Jérémie,

conformément à la croyance populaire que les anciens prophètes allaient

se réveiller pour préparer les temps du Messie[732].

Une conviction absolue, ou, pour mieux dire, l'enthousiasme, qui lui

ôtait jusqu'à la possibilité d'un doute, couvrait toutes ces hardiesses.

Nous comprenons peu, avec nos natures froides et timorées, une telle

façon d'être possédé par l'idée dont on se fait l'apôtre. Pour nous,

races profondément sérieuses, la conviction signifie la sincérité avec

soi-même. Mais la sincérité avec soi-même n'a pas beaucoup de sens chez

les peuples orientaux, peu habitués aux délicatesses de l'esprit

critique. Bonne foi et imposture sont des mots qui, dans notre

conscience rigide, s'opposent comme deux termes inconciliables. En

Orient, il y a de l'un à l'autre mille fuites et mille détours. Les

auteurs de livres apocryphes (de «Daniel», d'«Hénoch,» par exemple),

hommes si exaltés, commettaient pour leur cause, et bien certainement

sans ombre de scrupule, un acte que nous appellerions un faux. La vérité

matérielle a très-peu de prix pour l'oriental; il voit tout à travers

ses idées, ses intérêts, ses passions.

L'histoire est impossible, si l'on n'admet hautement qu'il y a pour la

sincérité plusieurs mesures. Toutes les grandes choses se font par le

peuple; or on ne conduit le peuple qu'en se prêtant à ses idées. Le

philosophe qui, sachant cela, s'isole et se retranche dans sa noblesse,

est hautement louable. Mais celui qui prend l'humanité avec ses

illusions et cherche à agir sur elle et avec elle, ne saurait être

blâmé. César savait fort bien qu'il n'était pas fils de Vénus; la France

ne serait pas ce qu'elle est si l'on n'avait cru mille ans à la sainte

ampoule de Reims. Il nous est facile à nous autres, impuissants que nous

sommes, d'appeler cela mensonge, et, fiers de notre timide honnêteté, de

traiter avec dédain les héros qui ont accepté dans d'autres conditions

la lutte de la vie. Quand nous aurons fait avec nos scrupules ce qu'ils

firent avec leurs mensonges, nous aurons le droit d'être pour eux

sévères. Au moins faut-il distinguer profondément les sociétés comme la

nôtre, où tout se passe au plein jour de la réflexion, des sociétés

naïves et crédules, où sont nées les croyances qui ont dominé les

siècles. Il n'est pas de grande fondation qui ne repose sur une légende.

Le seul coupable en pareil cas, c'est l'humanité qui veut être trompée.

NOTES:

[676] Les hésitations des disciples immédiats de Jésus, dont une

fraction considérable resta attachée au judaïsme, pourraient soulever

ici quelques objections. Mais le procès de Jésus ne laisse place à aucun

doute. Nous verrons qu'il y fut traité comme «séducteur.» Le Talmud

donne la procédure suivie contre lui comme un exemple de celle qu'on

doit suivre contre les «séducteurs,» qui cherchent à renverser la Loi de

Moïse. (Talm. de Jérus., _Sanhédrin_, XIV, 16; Talm. de Bab.,

_Sanhédrin_, 43 _a_, 67 _a_).

[677] Matth., XI, 12; Luc, XVI, 16.

[678] Il est vrai que certains docteurs, tels que Hillel, Gamaliel, sont

donnés comme étant de la race de David. Mais ce sont là des allégations

très-douteuses. Si la famille de David formait encore un groupe distinct

et ayant de la notoriété, comment se fait-il qu'on ne la voie jamais

figurer, à côté des Sadokites, des Boëthuses, des Asmonéens, des

Hérodes, dans les grandes luttes du temps?

[679] Matth., II, 5-6; XXII, 42; Luc, I, 32; Jean, VII, 41-42; _Act_.,

II, 30.

[680] Matth., IX, 27; XII, 23; XV, 22; XX, 30-31; Marc, X, 47, 52; Luc,

XVIII, 38.

[681] Matth., I, 1 et suiv.; Luc, III, 23 et suiv.

[682] Matth., II, 1 et suiv.; Luc, II, 1 et suiv.

[683] Les deux généalogies sont tout à fait discordantes entre elles et

peu conformes aux listes de l'Ancien Testament. Le récit de Luc sur le

recensement de Quirinius implique un anachronisme. Voir ci-dessus, p.

19-20, note. Il est naturel, du reste, que la légende se soit emparée de

cette circonstance. Les recensements frappaient beaucoup les Juifs,

bouleversaient leurs idées étroites, et l'on s'en souvenait longtemps.

Cf. _Act_., V, 37.

[684] Jules Africain (dans Eusèbe, _H.E.,_ I, 7) suppose que ce furent

les parents de Jésus qui, réfugiés en Batanée, essayèrent de recomposer

les généalogies.

[685] Les _Ébionim_, les «Hébreux,» les «Nazaréens,» Talien, Marcion.

Cf. Épiph., _Adv. hær_., XXIX, 9; XXX, 3, 14; XLVI, 1; Théodoret,

_Hæret. fab_., I, 20; Isidore de Péluse, Epist., I, 371, ad Pansophium.

[686] Matth., I, 22-23.

[687] Genèse, I, 2. Pour l'idée analogue chez les Égyptiens, voir

Hérodote, III, 28; Pomp. Mela, I, 9; Plutarque, _Quæst. symp_., VIII, I,

3; _De Isid. et Osir_., 43.

[688] Matth., I, 15, 23; Is., VII, 14 et suiv.

[689] Matth., II, 1 et suiv.

[690] Luc, II, 25 et suiv.

[691] Ainsi la légende du Massacre des Innocents se rapporte

probablement à quelque cruauté exercée par Hérode du côté de Bethléhem.

Comp. Jos., _Ant_., XIV, ix, 4.

[692] Matth., I et II; Luc, I et II; S. Justin, _Dial. cum Tryph_., 78,

106; _Protévang. de Jacques_ (apocr.), 18 et suiv.

[693] Certains passages, comme _Act_., II, 22, l'excluent formellement.

[694] Matth., XIX, 17; Marc, X, 18; Luc, XVIII, 19.

[695] Jean, V, 18 et suiv.; X, 33 et suiv.

[696] Jean, XIV, 28.

[697] Marc, XIII, 35.

[698] Matth., V, 9, 45; Luc, III, 38; VI, 35; XX, 36; Jean, I, 12-13; X,

34-35. Comp. _Act_., XVII, 28-29; Rom., VIII, 14, 19, 21; IX, 26; II

Cor., VI, 18; Galat., III, 26, et dans l'Ancien Testament, _Deutér_.,

XIV, 1, et surtout _Sagesse_, II, 13, 18.

[699] Luc, XX, 36.

[700] Gen., VI, 2; Job, I, 6; II, 1; XXVIII, 7; Ps. II, 7; LXXXII, 6, II

Sam., VII, 14.

[701] Le fils du diable (Matth., XIII, 38; _Act_., XIII, 10); les fils

de ce monde (Marc, III, 17; Luc, XVI, 8; XX, 34); les fils de la lumière

(Luc, XVI, 8; Jean, XII, 36); les fils de la résurrection (Luc, XX, 36);

les fils du royaume (Matth., VIII, 12; XIII, 38); les fils de l'époux

(Matth., IX, 15; Marc, II, 19; Luc, V, 34); les fils de la Géhenne

(Matth., XXIII, 15); les fils de la paix (Luc, X, 6), etc. Rappelons que

le Jupiter du paganisme est [Greek: patêr avdrôn te theôn te].

[702] Comp. _Act_., XVII, 28.

[703] Matth., XVIII, 20; XXVIII, 20.

[704] Jean, X, 30; XVII, 21. Voir en général les derniers discours de

Jean, surtout le ch. XVII, qui expriment bien un côté de l'état

psychologique de Jésus, quoiqu'on ne puisse les envisager comme de vrais

documents historiques.

[705] Les passages à l'appui de cela sont trop nombreux pour être

rapportés ici.

[706] C'est seulement dans l'évangile de Jean que Jésus se sert de

l'expression de «Fils de Dieu» ou de «Fils» comme synonyme du pronom

_je_.

[707] Matth., XII, 8; Luc, VI, 5.

[708] Matth., XI, 27.

[709] Jean, V, 22.

[710] Matth., XVII, 18-19; Luc, XVII, 6.

[711] Matth., IX, 8.

[712] Matth., IX, 2 et suiv.; Marc, II, 5 et suiv.; Luc, V, 20; VII,

47-48.

[713] Matth., XII, 41-42; XXII, 43 et suiv.; Jean, VIII, 52 et suiv.

[714] Voir surtout Jean, XIV et suiv. Mais il est douteux que nous ayons

là l'enseignement authentique de Jésus.

[715] Philon. cité dans Eusèbe, _Proep. Evang_., VII, 13.

[716] Philon, _De migr. Abraham_, § 1; _Quod Deus immut_., § 6; _De

confus, ling_., §§ 14 et 28; _De profugis_ § 20; _De somniis_, I, § 37;

_De agric. Noë_, § 12; _Quis rerum divin. hæres_, § 25 et suiv., 48 et

suiv., etc.

[717] [Greek: Metathronos], c'est-à-dire partageant le trône de Dieu;

sorte de secrétaire divin, tenant le registre des mérites et des

démérites: _Bereschith Rabba_, V, 6 _c_; Talm. de Bab., _Sanhédr_., 38

_b; Chagiga,_ 15 _a_; Targum de Jonathan, _Gen_., V, 24.

[718] Cette théorie du [Greek: Logos] ne renferme pas d'éléments grecs.

Les rapprochements qu'on en a faits avec l'_Honover_ des Parsis sont

aussi sans fondement. Le _Minokhired_ ou «Intelligence divine» a bien de

l'analogie avec le [Greek: Logos] juif. (Voir les fragments du livre

intitulé _Minokhired_ dans Spiegel, _Parsi-Grammatik,_ p. 161-162.) Mais

le développement qu'a pris la doctrine du _Minokhired_ chez les Parsis

est moderne et peut impliquer une influence étrangère. L'«Intelligence

divine» (_Mainyu-Khratú_) figure dans les livres zends; mais elle n'y

sert pas de base à une théorie; elle entre seulement dans quelques

invocations. Les rapprochements que l'on a essayés entre la théorie

alexandrine du Verbe et certains points de la théologie égyptienne

peuvent n'être pas sans valeur. Mais rien n'indique que, dans les

siècles qui précèdent l'ère chrétienne, le judaïsme palestinien ait fait

aucun emprunt à l'Égypte.

[719] _Act_., VIII, 10.

[720] IX, 4-2; XVI, 12. Comp. VII, 12; VIII, 5 et suiv.; IX, et en

général IX-XI. Ces prosopopées de la Sagesse personnifiée se trouvent

dans des livres bien plus anciens. _Prov._, VIII, IX; _Job_, XXVIII.

[721] Jean, Évang., i, 1-14; I Épître, V, 7; _Apoc._, XIX, 13. On

remarquera, du reste, que, dans l'évangile de Jean, l'expression de

«Verbe» ne revient pas hors du prologue, et que jamais le narrateur ne

la place dans la bouche de Jésus.

[722] _Act._, X, 42.

[723] Matth., XXVI, 64; Marc, XVI, 19; Luc, XXII, 69; _Act._, VII, 55;

Rom., VIII, 34; Ephés., i, 20; Coloss., III, 4; Hébr., i, 3, 13; VIII,

1; X, 12; XII, 2; I de S. Pierre, in, 22. V. les passages précités sur

le rôle du _Métatrône_ juif.

[724] Matth., X, v, comparé à XXVIII, 19.

[725] Matth., XXVI, 39; Jean, XII, 27.

[726] Marc, XIII, 32.

[727] Matth., XII, 14-16; XIV, 13; Marc, III, 6-7; IX, 29-30; Jean, VII,

1 et suiv.

[728] Matth., II, 20.

[729] Matth., XVII, 20; Marc, IX, 25.

[730] Luc, 45-46; Jean, XI, 33, 38

[731] _Act._, II, 22.

[732] Matth., XIV, 2; XVI, 14; XVII, 3 et suiv.; Marc, VI, 14-15; VIII,

28; Luc, IX, 8 et suiv., 19.

CHAPITRE XVI.

MIRACLES.

Vie de Jésus · 第 16 / 27 段