Acte de décès des dames de Sainte-Amaranthe et des guillotinés du 29
prairial an II.
(_Archives nationales_, série W, carton 389, dossier 904, II,
pièce 65.)]
Pêle-mêle, ils y furent jetés, le prince de Rohan-Rochefort et l'épicier
Cortey, le concierge Paindavoine et le limonadier Michonis, la divine
Emilie et la petite Cécile Renault, le sanglant holocauste que de Batz
offrait aux mânes royales. La même chaux recouvrit les corps mutilés. On
jeta les têtes dans la fosse à moitié comblée, et peut-être celle
d'Emilie heurta-t-elle le chef blême de son mari à qui elle accordait,
dans la terre trempée, le dernier et premier baiser[315].
[315] Le cimetière Sainte-Marguerite a disparu il y a quelques années.
On y a bâti une crèche. Un bâtiment laid et stupide écrase cette
terre gorgée des ossements de la Terreur. C'est à un conseiller
municipal nationaliste, dont il convient d'oublier et de dédaigner
le nom, que nous devons ce sacrilège.
[Illustration: COLLOT D'HERBOIS.]
[Illustration]