L'ENVERS D'UNE FÉERIE

«Les 400 coups du Diable» au théâtre du Châtelet: les coulisses pendant

une répétition du tableau de «l'Enfer».

Le théâtre du Châtelet vient de nous donner une féerie en trente-huit

tableaux qui feront, pendant longtemps sans doute, l'étonnement et

l'éblouissement de tous, petits et grands. Il est difficile d'analyser

une féerie, il n'est pas plus facile de rendre, par la gravure, l'effet

produit par une scène inondée de lumières diverses, toute chatoyante de

décors multicolores et changeants, animée, par instants, d'une

cinquantaine d'artistes, de deux cents figurants, enfants et adultes, de

douze clowns, de quatre-vingts danseuses. Mais l'envers de la scène

n'est pas moins intéressant que ce que l'on voit de la salle. Au milieu

du va-et-vient des artistes, des costumiers et des remmailleuses, cent

cinquante machinistes, quarante électriciens, ayant à leur disposition

toutes les applications de la science moderne: vapeur, électricité, air

comprimé, appareils à projections, cinématographe, y remplacent les fées

et les génies invisibles et provoquent les changements à vue, les

apparitions et les disparitions, les inondations, les incendies, les

apothéoses. C'est le spectacle mouvementé et pittoresque qu'a reproduit

notre dessinateur.

L'Illustration, No. 3278, 23 Décembre 1905 · 第 18 / 40 题