Samedi dernier, 16 décembre, le Parlement français terminait sa session
extraordinaire de 1905. A la Chambre des députés, la séance finale a été
marquée par une déclaration du président du Conseil, ministre des
Affaires étrangères, au sujet de la question marocaine. Vu l'importance
de cette déclaration, sorte de réplique aux deux récents discours du
chancelier de Bulow, M. Rouvier l'avait écrite, et c'est au milieu d'un
silence attentif que, du haut de la tribune, il en donna lecture devant
une salle comble, en présence de la plupart des membres du corps
diplomatique. Lorsqu'il eut résumé l'historique des négociations
engagées entre les cabinets de Paris et de Berlin pour le règlement du
différend franco-allemand et précisé le programme que la France se
propose d'apporter à la conférence internationale, l'assemblée oubliant,
en ces graves conjonctures, les querelles de parti, fut presque unanime
à manifester son approbation; puis, par près de 500 voix, elle prononça
la clôture, c'est-à-dire l'ajournement de tout débat sur notre politique
extérieure.
[Illustration: UNE GRANDE PREMIÈRE A LA COMÉDIE-FRANÇAISE.--Mme Bartet
au deuxième acte du «Réveil», de M. Paul Hervieu.]
La Comédie-Française a donné cette semaine une nouvelle pièce en trois
actes de M. Paul Hervieu: _le Réveil_. L'impression sur le public a été
grande, car l'oeuvre est animée du souffle tragique qui élève toutes les
productions théâtrales de l'éminent écrivain à une hauteur qu'atteint
rarement l'art dramatique contemporain. Dans les principaux rôles, Mme
Bartet. MM. Mounet-Sully et Le Bargy ont été admirables. La comédienne
qui fut si souvent qualifiée de «divine» s'est peut-être surpassée cette
fois dans le personnage de Thérèse de Mégée, qu'elle a interprété avec
toute la puissance d'une grande tragédienne. La photographie que nous
reproduisons ici ne peut malheureusement donner qu'une idée imparfaite
de la physionomie torturée que montre, pendant le terrible second acte,
Mme Bartet, si belle de douleur épouvantée!
Le prince Jean de Sylvanie, qu'elle aime, vient d'être assassiné--du
moins on le lui a fait croire--dans la pièce voisine. Siméon Keff, le
meurtrier supposé, la menace de la porter lui-même au dehors si elle
refuse de s'éloigner... THÉRÈSE.--Oh!... vos mains ne me toucheront
pas... Ne me touchez pas!... Je m'en irai... Je m'en vais... _(D'une
main, elle se saisit de son manteau tombé sur le canapé; de l'autre
main, elle reprend son chapeau sur une table.)_
KEFF, _lui indiquant la voilette qu'elle oublie_.--Ne laissez pas
traîner ceci. THÉRÈSE.--Ah! _(Elle s'en saisit et sort par la gauche en
chancelant.)_
Voilà tout le dialogue et toutes les indications de jeux de scène du
manuscrit. Mais le jeu de Mme Bartet a fait passer à cet instant, dans
tous les rangs du public, le grand frisson des sublimes horreurs.
La belle oeuvre de M. Paul Hervieu, illustrée d'autres nombreuses
photographies, paraîtra dans _L'Illustration_ du 3 février prochain.
[Illustration: Intérieur d'un bureau de poste: le départ du courrier.]
[Illustration: L'inscription des plis et paquets chargés ou
recommandés.]
LES POSTES EN RUSSIE--Avant la grève: les postiers de Saint-Pétersbourg.
_Voir l'article, page 432_.
[Illustration: Arrivée des colis postaux à la gare.]
[Illustration: Dans le wagon postal, sur la ligne de Varsovie.]
LES POSTES EN RUSSIE.--Avant la grève: les postiers de
Saint-Pétersbourg. _Voir l'article, page 432._
[Illustration: Dessin d'après nature de Simont.]