Mme LUCIE FÉLIX-FAURE-GOYAU

C'est une femme d'élite, au grand coeur, à l'âme élevée, un être tout de

bonté et de noblesse, qui vient de disparaître: Mme Lucie

Félix-Faure-Goyau s'est éteinte prématurément, dimanche dernier, à

Paris, après une courte maladie. Elle était à un âge où l'on pouvait

prévoir qu'elle donnerait longtemps encore des preuves de son activité

généreuse. Elle avait quarante-sept ans.

[Illustration: Mme Lucie Félix-Faure-Goyau.--_Phot. Chéri-Rousseau._]

A l'Elysée, la fille du président Félix Faure avait fait apprécier à

tous ceux qui l'approchaient le charme de son esprit sérieux,

extrêmement orné, sa distinction, sa culture. Dès cette époque, elle se

consacra aux oeuvres de charité, qui devaient absorber la plus grande

partie de ses efforts: la Ligue fraternelle des Enfants de France fut

fondée sous ses auspices, et bien d'autres associations, comme l'Union

mutualiste des Françaises et l'Union pour le développement des

Associations professionnelles de femmes, lui durent un précieux appui.

Son goût pour les lettres, les arts, la connaissance qu'elle avait de

toutes les questions religieuses et sociales, la portèrent, après la

mort de son père, à faire oeuvre d'écrivain. Ses remarquables études sur

le cardinal Newmann, sur Sainte Catherine de Sienne, sur les Femmes dans

la Divine Comédie, sur les soeurs de Pascal, témoignent de la sûreté de

son jugement, de la singulière vigueur de son intelligence.

En 1903, elle avait épousé M. Georges Goyau, qu'une rare communauté de

croyances et de travaux unissait à elle. Cette femme d'une grande piété,

qui savait allier le goût du recueillement et de la méditation aux

nécessités mondaines, laisse l'exemple d'une vie harmonieuse, vouée tout

entière au bien.

L'Illustration, No. 3670, 28 Juin 1913 · 第 37 / 39 题