Nous avons conté dans un précédent numéro le magnifique voyage de
l'aviateur Brindejonc des Moulinais qui, parti de Paris à l'aube, était
arrivé à Varsovie à l'heure du dîner. Après quelques jours de repos dans
la capitale de la Pologne, l'audacieux champion s'est remis en route
pour Saint-Pétersbourg, ayant à franchir une nouvelle distance
d'environ 1.050 kilomètres à vol d'oiseau.
[Illustration: Brindejonc des Moulinais porté en triomphe à son arrivée
à Saint-Pétersbourg.]
Contrarié par un fort vent debout, Brindejonc ne put, cette fois,
dépasser la vitesse de 75 à 80 kilomètres à l'heure, soit à peu près la
moitié de la vitesse réalisée entre Paris et Varsovie. Immobilisé
vingt-quatre heures à Dvinsk, il acheva, avec sa maîtrise habituelle, un
trajet que la force du vent et les difficultés d'atterrissage rendirent
fort pénible.
Les Busses firent à notre compatriote une réception enthousiaste; M.
Sredinski lui remit une coupe de l'Aéro-Club; M. Boris Souvorine, au nom
du journal _Vetcherme Wremya_, lui en offrit une autre qui portait cette
inscription: «A la première hirondelle qui nous vient de la patrie de
l'aviation».
Brindejonc, qui compte revenir à Paris par la voie des airs, en suivant
une autre route qu'à l'aller, a quitté Saint-Pétersbourg, et la première
partie de ce voyage constitue un nouveau raid magnifique. Après une
escale à Reval, il a pris son vol pour Stockholm où il est arrivé
mercredi matin, ayant franchi une distance de 750 kilomètres, dont plus
de 300 au-dessus de la mer Baltique.