Il y a encore malheureusement lieu, quelquefois, de réprimer ou de
prévenir d'autres troubles sérieux et peu motivés, mais plus
excusables, soit pour la cherté des grains, soit au sujet du
recouvrement des contributions; les uns et les autres exigent des
mesures spéciales.
Un hiver rigoureux, une certaine situation politique des esprits,
peuvent donner à ces désordres la plus grande gravité; ce sujet ne
comporte que des détails assez simples et déjà connus; néanmoins il doit
être traité ici.
Nous le ferons en résumant les usages et les règlements ou législations
le plus généralement adoptés; nous emprunterons presque tout à la
France, où, plus souvent menacée, l'autorité a dû s'occuper davantage de
la question et fournir d'utiles documents pour les autres pays.
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259. Dans chaque circonscription, l'administration encourage le commerce
à faire arriver, vers les ports ou grands dépôts limitrophes, des
grains, et, à leur défaut, des denrées alimentaires qui puissent y
suppléer; elle assure l'écoulement de ces denrées vers l'intérieur;
partout elle oblige, ainsi, les accapareurs et gens timorés à ne pas
cacher et retenir leurs approvisionnements, quelquefois considérables.
260. Dans une contrée, les troubles ont lieu à l'occasion de la cherté
des grains, tantôt sur un marché, tantôt sur un autre ou à leurs
abords; alors on prend les dispositions suivantes:
Une à deux compagnies d'infanterie sont cantonnées de 7 à 8 lieues en 7
à 8 lieues, généralement aux chefs-lieux administratifs, ou au centre
des communications les plus importantes, de manière à couvrir le pays
agité d'un réseau de détachements espacés d'une journée de marche.
261. Dans la position centrale la plus importante, sous le rapport de la
population et des communications, il y aura, pour 4, 5, 6 détachements
ou arrondissements pareils, une réserve d'un à un demi-bataillon et
escadron.
262. Chaque détachement sera caserné dans un bâtiment loué par la
commune; pendant les courses, les cuisiniers et les malades pourront y
rester sans craindre d'être inquiétés.
À défaut de ce bâtiment, la troupe sera cantonnée sous la main du chef,
autour d'un corps-de-garde central; elle fera ordinaire.
Les visites de santé seront régulièrement faites dans les cantonnements;
on dirigera, à temps, les malades sur les hôpitaux voisins.
On évitera de faire voyager, soit des hommes isolés, soit des
détachements sans chefs, sans armes, sans munitions; mais les
évacuations seront faites, soit sous la protection des patrouilles
journalières, soit à des époques fixées.