DIVISIONS ET SUBDIVISIONS MILITAIRES.

134. Le ministre de la guerre, ou un général en chef délégué, commande

directement toutes les forces, sans être gêné ou retardé dans son action

par les commandements parallèles ou spéciaux de la division ou

subdivision territoriale, de la garde nationale ou urbaine.

Il a, sous ses ordres, les commandants des divisions et subdivisions

militaires de la capitale _intrà_ et _extrà muros_.

* * * * *

135. Des généraux de division commandent chacun l'un des grands

quartiers de la capitale, de 600 à 1800 hectares d'étendue, de 150 à

400,000 âmes de population, ainsi que les subdivisions _extrà muros_

attenantes.

Leurs quartiers généraux, espacés entre eux de 1500m, à 1000 ou 1500m au

plus de distance du centre, à proximité des grandes communications

intérieures de la capitale, à 6000m des centres extérieurs d'action

_extrà muros_, sont éloignés de 1000m au plus des quartiers généraux

subdivisionnaires _intrà muros_ et des mairies qui en dépendent.

136. Il y a, à l'avance, dans chaque centre tertiaire, si un

établissement public convenable le permet, une réserve

d'approvisionnement de vivres, de munitions et de matériel.

137. Ces généraux ont avec eux, comme réserve, des troupes de ligne de

toutes armes en grande partie casernées _extrà muros_.

138. La circonscription du commandement des généraux de division a une

grande étendue et une haute importance:

Ces chefs ne peuvent que coordonner, d'un quartier général, les

opérations secondaires des généraux de brigade dans leurs

arrondissements, et les appuyer à propos, à l'aide d'une partie de la

réserve dont ils disposent.

139. Un de ces généraux de division commande exclusivement le _quartier

militaire_ centre de défense, d'approvisionnement de toutes espèces et

des moyens administratifs ou de gouvernement sur la plus vaste échelle.

Il dispose de transports considérables pour toutes les éventualités.

* * * * *

140. Chaque subdivision intérieure ou arrondissement municipal de 200 à

600 hectares d'étendue, de 60 à 120,000 âmes de population, d'une

défense indépendante ou au moins limitée par de grandes lignes de

communication, est sous les ordres permanents d'un général de brigade.

Le quartier général est à la mairie, où se trouvent, en tous temps, les

approvisionnements nécessaires de vivres et de munitions de réserve.

141. Ce général, outre la légion et le peloton de cavalerie du quartier,

dispose d'une réserve de 2 à 3 bataillons de ligne casernés en face de

la mairie ou, au moins, à proximité.

142. Les généraux de subdivision intérieure doivent comprimer l'émeute

dans l'étendue ordinaire d'une grande ville de province.

Leur commandement est encore très important: ils ont une responsabilité

qui exige une certaine initiative ou latitude.

143. Dans chaque subdivision intérieure, les centres offensifs ont, pour

l'action et le logement des troupes, des débouchés, des enceintes, des

locaux convenables.

Ils sont près d'établissements publics à préserver, de carrefours ou de

défilés importants, sur des lignes de communications ou de séparations

principales.

144. Les passages sur les rivières, canaux, vieilles enceintes,

escarpements, seront défendus, de manière à maintenir constamment

séparées les diverses insurrections; à empêcher les transports d'armes,

de poudre de l'une à l'autre, et à conserver cependant, pour la troupe,

tous ces avantages décisifs.

Suivant la force de la garnison, et le concours plus ou moins efficace

de la garde nationale, l'on occupera également, dans les quartiers

importants, les dépôts de grains et de farines, les maisons de

boulangers, d'armuriers, d'artificiers, les imprimeries, les caisses

publiques et particulières, les églises et clochers où l'on pourrait

sonner le tocsin, ainsi que les maisons, qui protégent le débouché sur

les places.

Tous les petits postes ordinaires, autres que ceux ci-dessus mentionnés,

se replieront promptement sur les corps-de-garde les plus rapprochés non

abandonnés.

145. Ces dispositions résultent d'ailleurs de l'exécution intelligente

du principe général suivant.

Les arrondissements militaires en pleine insurrection, bientôt et

successivement renforcés par une portion des réserves de la division

dont ils font partie, et au besoin par une fraction de la réserve

générale, font occuper, à 600m autour de leur quartier général, cinq à

six centres d'action tertiaires, espacés de 600m les uns des autres, et

gardés, chacun, par un demi-bataillon de garde nationale avec 2 à 4

compagnies de ligne.

Ces points d'appui offensifs sont principalement établis au noeud des

communications, aux défilés importants, sur les principales artères; là

où se rend ordinairement la foule des promeneurs, des curieux, des

émeutiers; au centre des quartiers populeux ou mécontents.

* * * * *

146. Les subdivisions _extrà muros_, avec les gardes nationales des

faubourgs et de la banlieue, avec de l'infanterie, de l'artillerie et la

majeure partie de la cavalerie, successivement appelées dans la

capitale, sont chacune sous les ordres d'un général de brigade.

Elles surveillent, interceptent les avenues de la ville, la banlieue,

les barrières, les chemins de fer, les passages des malles, diligences

et courriers.

Insurrections et guerre des barricades dans les grandes villes par le général de brigade Roguet · 第 38 / 60 题