1° Sur les grandes communications ou places et dans les lieux de réunion
ordinaires de la population.
2° Dans les quartiers populeux, mécontents ou mal percés.
3° Accidentellement, près des édifices, autorités ou demeures des
individus qui sont le motif ou le prétexte du désordre.
82. Les révolutionnaires ont toujours le même jeu: ils excitent le
peuple, ils l'appellent dans la rue par la presse incendiaire, les
agitations des clubs, les menées des sociétés secrètes, dont certains
mots d'ordre répétés à la fois par toutes les bouches accusent la
puissance et l'activité.
Puis, l'on affecte de donner des conseils de prudence, de modération,
qu'on sait bien ne pas devoir être suivis; des meneurs, au besoin
désavoués, achèvent d'irriter, en attendant l'occasion d'apparaître dans
la rue avec les éternels éléments de l'émeute.
Il y a, dans toute capitale, une bande de vagabonds que toute émotion
publique fait instantanément surgir à la disposition des agitateurs:
cette troupe, audacieuse si la résistance est incertaine, disparaît
devant un pouvoir résolu.
Les rassemblements publics sont précédés de réunions occultes et
précèdent, eux-mêmes, l'établissement des barricades. Celui-ci est
d'abord timide, lent, décousu; mais bientôt, si l'on montre de la
faiblesse ou de l'indécision, si la répression reste inactive, il
s'étend avec audace, ensemble et activité progressive, chaque barricade
poussant, pour ainsi dire, la suivante avec une vitesse de plus en plus
accélérée.
Un mouvement marqué de la province, et même de l'étranger; les routes
couvertes de piétons voyageant par troupes vers la capitale, sont,
plusieurs jours d'avance, des indices certains de l'émeute.
83. La police, informée, avertit le gouvernement, qui a dû prendre les
mesures nécessaires, parmi lesquelles il faut surtout compter:
1° L'arrestation prompte et secrète des chefs principaux de
l'insurrection, et quelquefois du parti hostile le plus en mesure d'en
profiter.
Les véritables instigateurs des révolutions sont presque toujours des
hommes hauts placés dans le pays, souvent même auprès des diverses
fonctions ou pouvoirs de l'État; il faut savoir remonter jusqu'à eux,
par les chefs plus ostensibles et de confiance qui les représentent au
plus bas de la masse des anarchistes.
Le langage des journaux et bien des indiscrétions donnent, à ce sujet,
des indices aussi certains que les rapports de police.
2° La réunion, dans les centres de défense et surtout dans le quartier
militaire, de considérables approvisionnements de vivres, de munitions
et de matériel.
3° La concentration des principaux pouvoirs et moyens d'action autour du
chef du gouvernement.
Le défaut de ces trois prévisions a fait réussir la plupart des émeutes.
§ II.