Un point manque encore pour achever cette religion virile, le

raisonnement humain. Le ministre monte en chaire et parle; il parle

froidement, je le veux bien, avec des commentaires littéraux et des

démonstrations trop longues, mais solidement, sérieusement, en homme qui

veut bien convaincre, et par de bons moyens, qui ne s'adresse qu'à la

raison, et ne discourt que de la justice. Avec Latimer et ses

contemporains, la prédication comme la religion change d'objet et de

caractère; comme la religion, elle devient populaire et morale, et

s'approprie à ceux qui l'écoutent pour les rappeler à leurs devoirs. Peu

d'hommes, par leur vie et leur parole, ont mieux que celui-ci mérité des

hommes. C'était un véritable Anglais, consciencieux, courageux, homme de

bon sens et de pratique, issu de la classe laborieuse et indépendante

où étaient le coeur et les muscles de la nation. Son père, un brave

yeoman, avait une ferme de quatre livres par an, où il employait une

demi-douzaine d'hommes, avec trente vaches que trayait sa femme,

lui-même bon soldat du roi, s'entretenant d'une armure pour lui et son

cheval afin de paraître à l'armée selon les occurrences, enseignant à

son fils à tirer de l'arc, lui donnant à boucler sa cuirasse, et

trouvant au fond de sa bourse quelques vieux nobles pour l'envoyer à

l'école et de là à l'Université. Le petit Latimer étudia âprement, prit

ses grades, et resta longtemps bon catholique, ou, comme il disait,

«dans les ténèbres et l'ombre de la mort.» Vers trente ans, ayant

fréquenté Bilney le martyr, et surtout ayant connu le monde et pensé par

lui-même, il commença «à flairer la parole de Dieu et à abandonner les

docteurs d'école et les sottises de ce genre,» bientôt à prêcher, et

tout de suite à passer «pour un séditieux grandement incommode aux gens

en place qui étaient injustes.» Car ce fut là d'abord le trait saillant

de son éloquence; il parlait aux gens de leurs devoirs, et en termes

précis. Un jour qu'il prêchait devant l'Université, l'évêque d'Ely entra

curieux de l'entendre. Sur-le-champ il changea de sujet, et fit le

portrait du prélat parfait, portrait qui ne cadrait pas bien avec la

personne de l'évêque, et il fut dénoncé pour ce fait. Devenu chapelain

de Henri VIII, si terrible que fût le roi, si petit qu'il fût lui-même,

il osa lui écrire librement pour arrêter la persécution qui commençait

et empêcher l'interdiction de la Bible; certainement il jouait sa vie.

Il l'avait déjà fait, il le fit encore; comme Tyndal, comme Knox, comme

tous les chefs de la Réforme, il vécut presque incessamment dans

l'attente de la mort, et dans la pensée du bûcher. Avec une santé

mauvaise, attaqué par de grands maux de tête, par des douleurs

d'entrailles, par la pleurésie, par la pierre, il faisait un travail

énorme, voyageant, écrivant, prêchant, prononçant à soixante-sept ans

deux sermons chaque dimanche, et le plus souvent se levant à deux heures

du matin, été comme hiver, pour étudier. Rien de plus simple et de plus

efficace que son éloquence; et la raison en est qu'il ne parle jamais

pour parler, mais pour _faire une oeuvre_. Ses instructions, entre

autres celles qu'il prêche devant le jeune roi Édouard, ne sont pas,

comme celles de Massillon devant le petit Louis XV, suspendues en l'air,

dans la tranquille région des amplifications philosophiques: ce sont les

vices présents qu'il veut corriger et qu'il attaque, les vices qu'il a

vus, que chacun désigne du doigt; lui aussi il les désigne, nommant les

choses par leur nom, et aussi les gens, disant les faits et les détails,

en brave coeur, qui n'épargne personne, et s'expose sans arrière-pensée

pour dénoncer et redresser l'iniquité. Si universelle que soit sa

morale, si ancien que soit son texte, il l'applique aux contemporains, à

ses auditeurs, tantôt aux juges qui sont là, «à messieurs les habits de

velours» qui ne veulent pas écouter les pauvres, qui en douze mois ne

donnent qu'un jour d'audience à telle femme, et qui laissent telle

autre pauvre femme à la prison de la Flotte, sans vouloir accepter

caution; tantôt aux payeurs, aux entrepreneurs du roi, dont il compte

les voleries, qu'il place «entre l'enfer et la restitution,» et de qui,

livre par livre, il obtient et extorque l'argent volé. Toujours, de

l'iniquité abstraite, il va à l'abus spécial; car c'est l'abus qui crie

et demande non un discoureur, mais un champion; la théologie ne vient

pour lui qu'en second lieu; avant tout, la pratique; la véritable

offense contre Dieu, à ses yeux, c'est un mauvais acte; le véritable

service de Dieu, c'est la suppression des mauvais actes. Et regardez par

quelles voies il y va. Nul grand mot, nul étalage de style, nul

déroulement de dialectique. Il conte sa vie, la vie des autres, et donne

les dates, les chiffres, les lieux; il abonde en anecdotes, en petites

circonstances sensibles, capables d'entrer dans l'imagination et de

réveiller les souvenirs de chaque auditeur. Il est familier, parfois

plaisant, et toujours si précis, si imbu des événements réels et des

particularités de la vie anglaise, qu'on peut tirer de ses sermons une

description presque complète des moeurs de son temps et de son pays.

Pour réprimander les grands qui s'approprient les communaux par des

enclos, il leur fait le détail des nécessités du paysan, sans le moindre

souci des convenances; c'est qu'il ne s'agit point ici de garder des

convenances, mais de produire des convictions. «Une terre à labour a

besoin de moutons, car il leur faut des moutons pour fumer leur terre,

s'ils veulent qu'elle porte du grain; en effet, s'ils n'ont point de

moutons pour les aider à engraisser leur terre, ils n'auront que du

pauvre blé et maigre. Ils ont aussi besoin de porcs pour leur

nourriture, afin d'avoir du lard; le lard est leur venaison; vous savez

bien que le _justice_ est là avec son latin et sa potence, s'ils veulent

en avoir une autre; en sorte que le lard est leur nourriture nécessaire,

de laquelle ils ne peuvent se passer. Il leur faut aussi d'autres bêtes,

comme chevaux pour tirer leur charrue et porter leurs récoltes au

marché, vaches pour leur lait et leur fromage dont ils vivent, et sur

lesquels ils payent leur fermage. Toutes ces bêtes ont besoin de

pâturage; lequel manquant, il faut que tout le reste manque aussi; et

elles ne peuvent pas avoir de pâturage, si on prend la terre et si on

l'enclôt de façon à ce qu'elles n'y entrent pas[357].» Une autre fois,

pour mettre ses auditeurs en garde contre les jugements précipités, il

leur conte qu'étant entré dans la tour de Cambridge pour exhorter les

détenus, il trouva une femme accusée d'avoir tué son enfant et qui ne

voulait rien confesser. «Son enfant avait été malade pendant l'espace

d'un an, et s'en allait, à ce qu'il paraît, de consomption. À la fin, il

mourut dans le temps de la moisson. Elle s'en alla chez les voisins et

autres amis pour requérir leur aide, afin de préparer l'enfant pour la

sépulture; mais personne n'était au logis, chacun était aux champs. La

femme, avec un grand abattement et une grande angoisse de coeur, s'en

revint, et étant toute seule prépara l'enfant pour la sépulture. Son

mari, au retour, n'ayant pas grand amour pour elle, l'accusa du meurtre;

et voilà comme elle fut prise et amenée à Cambridge. Pour moi, avec tout

ce que je pus apprendre par une recherche exacte, je crus en conscience

que la femme n'était pas coupable, toutes les circonstances bien

considérées. Aussitôt après cela, je fus appelé à prêcher devant le roi,

ce qui était le premier sermon que j'eusse à faire devant Sa Majesté, et

je le fis à Windsor, où Sa Majesté, après le sermon fini, me parla

très-familièrement dans une galerie. Alors, quand je vis le bon moment,

je m'agenouillai devant Sa Majesté, lui découvrant toute l'affaire, et

ensuite je suppliai très-humblement Sa Majesté de pardonner à cette

femme; car je croyais, en ma conscience, qu'elle n'était pas coupable,

et autrement, pour tout au monde, je n'aurais pas voulu intercéder pour

un assassin. Le roi écouta avec beaucoup de clémence mon humble requête,

tellement que j'eus pour elle un pardon tout préparé, quand je m'en

retournai au logis. Cependant cette femme était accouchée d'un enfant

dans la tour de Cambridge, dont je fus le parrain et mistress Cheak la

marraine. Mais pendant tout ce temps je cachai mon pardon, et ne lui en

dis rien, l'exhortant seulement à avouer la vérité. À la fin, le jour

vint où elle crut qu'on l'exécuterait; je vins, comme c'était ma

coutume, pour l'instruire, et elle me fit une grande lamentation; car

elle croyait qu'elle serait damnée, si on l'exécutait avant qu'elle eût

pu faire ses relevailles.... Nous manoeuvrâmes ainsi avec cette femme

jusqu'à ce que nous l'eussions amenée à de bonnes dispositions. À la

fin, nous lui montrâmes le pardon du roi et la laissâmes aller. Je vous

ai conté cette histoire pour vous montrer que nous ne devons point être

trop précipités à croire un rapport, mais que nous devons plutôt

suspendre nos jugements jusqu'à ce que nous sachions la vérité[358].»

Quand un homme prêche ainsi, on le croit; on est sûr qu'il ne récite pas

une leçon, on sent qu'il a vu, qu'il tire sa morale, non des livres,

mais des faits, que ses conseils sortent du solide fonds d'où tout doit

sortir, je veux dire de l'expérience multipliée et personnelle. Maintes

fois j'ai écouté les orateurs populaires, ceux qui s'adressent aux

bourses, et prouvent leur talent par leurs recettes; c'est de cette

façon qu'ils haranguent, avec des exemples circonstanciés, récents,

voisins, avec les tournures de la conversation, laissant là les grands

raisonnements et le beau langage. Figurez-vous l'ascendant des Écritures

commentées par une telle parole, jusqu'à quelles couches du peuple elle

peut descendre, quelle prise elle a sur des matelots, des ouvriers, des

domestiques; considérez encore que l'autorité de cette parole est

doublée par le courage, l'indépendance, l'intégrité, la vertu

inattaquable et reconnue de celui qui la porte; il a dit la vérité au

roi, il a démasqué les voleurs, il a encouru toutes sortes de haines, il

a quitté son évêché pour ne rien signer contre sa conscience, et voici

qu'à quatre-vingts ans, sous Marie, ayant refusé de se rétracter, après

deux ans de prison et d'attente, et quelle attente! il est conduit au

bûcher. Son compagnon Ridley «dormit, la nuit qui précéda, aussi

tranquillement que jamais en sa vie,» et attaché au poteau, dit tout

haut: «Père céleste, je te remercie humblement de m'avoir choisi pour

être confesseur de la vérité même par ma mort.» À son tour, comme on

allumait les fagots, Latimer s'écria: «Bon courage, maître Ridley, soyez

homme, nous allons aujourd'hui, par la grâce de Dieu, allumer une

chandelle en Angleterre, de telle sorte que, j'espère, on ne l'éteindra

jamais.» Il baigna d'abord ses mains dans les flammes, et, recommandant

son âme à Dieu, il mourut.

Il avait bien jugé; c'est par cette suprême épreuve qu'une croyance

prouve sa force et conquiert ses partisans; les supplices sont une

propagande en même temps qu'un témoignage, et font des convertis en

faisant des martyrs. Tous les écrits du temps et tous les commentaires

qu'on en peut faire languissent auprès des actions qui, coup sur coup,

éclatèrent alors chez les docteurs et dans le peuple, jusque parmi les

plus simples et les plus ignorants. En trois ans, sous Marie, près de

trois cents personnes, hommes, femmes, vieillards, jeunes gens,

quelques-uns presque enfants, plutôt que d'abjurer, se laissèrent brûler

vivants. La toute-puissante idée de Dieu et de la fidélité qu'on lui

doit les roidissait contre toutes les réclamations de la nature et

contre tous les frémissements de la chair. «Nul ne sera couronné,

écrivait l'un d'eux, hors ceux qui combattront en hommes, et celui qui

souffrira jusqu'au bout sera sauvé.» Le docteur Rogers souffrit, le

premier, en présence de sa femme et de ses dix enfants, dont l'un était

encore à la mamelle. On ne l'avait point averti, et il dormait

profondément. Soudain la femme du geôlier l'éveilla, et lui apprit que

c'était pour cette matinée. «Alors, dit-il, je n'ai pas besoin

d'attacher mes aiguillettes.» Au milieu de la flamme, il n'avait pas

l'air de souffrir. «Ses enfants étaient debout à côté de lui, le

consolant; en sorte qu'on aurait dit qu'ils le conduisaient à quelque

joyeux mariage[359].»--Un jeune homme de dix-neuf ans, William Hunter,

apprenti chez un tisseur de soie, fut exhorté par sa mère à persévérer

jusqu'au bout. «Elle lui dit qu'elle était contente d'avoir eu le

bonheur de porter un enfant comme lui, qui trouvait en son coeur le

courage de perdre sa vie pour l'amour du nom du Christ. Alors William

dit à sa mère: Pour la petite douleur que j'aurai à souffrir, et qui

n'est qu'un court passage, le Christ m'a promis, ma mère, une couronne

de joie. Ne devez-vous pas en être contente, ma mère?--Là-dessus, sa

mère s'agenouilla, en disant: Je prie Dieu de te fortifier, mon fils,

jusqu'à la fin; oui, et je pense ta part aussi bonne que celle d'aucun

des enfants que j'ai portés.... Aussitôt le feu fut fait. Alors William

jeta tout droit son psautier dans la main de son frère, qui dit:

William, pense à la sainte Passion du Christ, et n'aie pas peur de la

mort.--Et William répondit: Je n'ai pas peur.--Puis il leva ses mains

vers le ciel, et dit: Seigneur! Seigneur! Seigneur! recevez mon esprit.

Et rejetant sa tête dans la fumée étouffante, il rendit sa vie pour la

vérité[360].»

Quand une passion est capable de dompter ainsi les affections

naturelles, elle est capable de dompter aussi la douleur corporelle;

toute la férocité du temps échouait contre les convictions. «Un

tisserand de Shoreditch, appelé Tomkins, interrogé par l'évêque de

Londres s'il souffrirait bien le feu, répondit qu'il en fît

l'expérience; et ayant fait apporter une chandelle allumée, il mit la

main dessus sans la retirer ni se mouvoir;» tellement, dit Fox, «que les

muscles et les veines se racornirent et éclatèrent, et que le sang

jaillit dans la figure de Harpsfield, qui se tenait à côté.»--Dans l'île

de Guernesey, une femme grosse étant condamnée au feu accoucha dans les

flammes, et l'enfant étant ramassé fut, par l'ordre des magistrats,

rejeté dans le feu[361]. L'évêque Hooper fut brûlé jusqu'à trois fois

dans un petit feu de bois vert. Il y avait trop peu de bois, et le vent

détournait la fumée. Il criait lui-même: «Du bois, bonnes gens, du bois,

augmentez le feu.» Ses jambes et ses cuisses furent grillées; l'une de

ses mains tomba avant qu'il expirât; il dura ainsi trois quarts d'heure;

devant lui, dans une boîte, était son pardon, en cas qu'il voulût se

rétracter. Contre les longues angoisses des prisons infectes, contre

tout ce qui peut énerver ou séduire, ils étaient invincibles: cinq

moururent de faim à Cantorbéry: ils étaient aux fers nuit et jour, sans

autre couverture que leurs habits, sur de la paille pourrie; cependant

des traités couraient parmi eux, disant «que la croix de la persécution»

était un bienfait de Dieu, «un joyau inestimable, un contre-poison

souverain, éprouvé, pour remédier à l'amour de soi et à la sensualité

mondaine.» Devant de tels exemples, le peuple s'ébranlait. «Il n'y a pas

d'enfant, écrivait une dame à l'évêque Bonner, qui ne vous appelle

Bonner la bourreau, et ne sache sur ses doigts, comme son Pater, le

nombre exact de ceux que vous avez brûlés au bûcher ou fait mourir de

faim en prison pendant ces neuf mois.... Vous avez perdu les coeurs de

vingt mille personnes qui étaient des papistes invétérés il y a un an.»

Les assistants encourageaient les martyrs, et leur criaient que leur

cause était juste. «On dit même, écrivait l'envoyé catholique, que

plusieurs se sont voulu volontairement mettre sur le bûcher à côté de

ceux que l'on brûlait[362].» En vain la reine avait défendu, sous peine

de mort, toutes les marques d'approbation. «Nous savons qu'ils sont les

hommes de Dieu, criait l'un des assistants, c'est pourquoi nous ne

pouvons nous empêcher de dire: Que Dieu les fortifie.» Et tout le peuple

répondait: «Amen, amen.» Rien d'étonnant si, à l'avénement d'Élisabeth,

l'Angleterre entra à pleines voiles dans le protestantisme; les menaces

de l'Armada l'y poussèrent plus avant encore, et la Réforme devint

nationale sous la pression de l'hostilité étrangère, comme elle était

devenue populaire par l'ascendant de ses martyrs.

[Note 331: Voyez Froude, _History of England_. La conduite de Henri

VIII est présentée là sous un nouveau jour.]

[Note 332: Froude, I, 175, 191. _Petition of Commons._ Cette

récrimination publique et authentique montre tout le détail de

l'organisation et de l'oppression cléricales.]

[Note 333: Froude, I, 26, 193. _Great and excessive fees_. Voyez le

détail, _ib._]

[Note 334: En mai 1528. Froude, I, 179, 85, 201; II, 435.]

[Note 335: Hale's _Criminal causes; Suppression of the monasteries,

Camden Society's publications_.]

[Note 336: «Down with them.» (_Latimer's Sermons._)]

[Note 337: _Horsyn Preste._ Hale, 99.]

[Note 338: Froude, I, 90. En 1514. _Improbus animus._]

[Note 339: Fox, _Acts and Monuments_. In-folio, t. II, 23. En 1521.]

[Note 340: Voyez, passim, les estampes dans Fox.--Tous les détails

qu'on va lire sont tirés des biographies. Voyez celles de Cromwell par

Carlyle, de Fox le quaker, de Bunyan, et les procès rapportés tout au

long par Fox.]

[Note 341: Froude, II, 33, 1529. «Grâce à Dieu, disent les évêques,

aucune personne notable de notre temps n'est tombée dans le crime

d'hérésie.»]

[Note 342: En 1536. _Strype's memorials, appendix_, 42. Froude, III,

chap. XII.]

[Note 343: Covenants.]

[Note 344: 1549. Traduction de Tyndal (Bibliothèque impériale).]

[Note 345: Le mot est de Stendhal; c'est son impression d'ensemble.]

[Note 346: Voyez la traduction de Lemaistre de Sacy, si peu

biblique.]

[Note 347: _Voy._ Ewald, _Geschichte des Volks Israel_. Apostrophe

d'Ewald au troisième rédacteur du Pentateuque: Erhabener Geist..., etc.]

[Note 348: Comparez le psaume 104, dans l'admirable traduction de

Luther et dans la traduction anglaise.]

[Note 349: Le premier rudiment considérable est de 1545. Froude, V,

145 et 146. Le Prayer-Book subit plusieurs changements en 1552, d'autres

sous Élisabeth, et quelques-uns enfin à la Restauration.]

[Note 350: Almighty and most merciful Father, we have erred and

strayed from Thy ways like lost sheep. We have followed too much the

devices and desires of our own hearts. We have offended against Thy holy

laws. We have left undone those things which we ought to have done; and

we have done those things which we ought not to have done. And there is

no health in us. But Thou, O Lord, have mercy on us, miserable

offenders; spare Thou them, O God, which confess their faults. Restore

Thou them that are penitent, according to Thy promises declared unto

mankind in Christ Jesu, our Lord. And grant, O most merciful Father, for

His sake, that we may hereafter live a godly righteous and sober life.]

[Note 351: Almighty and everlasting God, who hatest nothing that

Thou hast made, and doth forgive the sins of all them who are penitent;

create and make in us new and contrite hearts, that we, worthily

lamenting our sins and acknowledging our wretchedness, may obtain of

Thee, the God of all mercy, perfect remission and forgiveness.]

[Note 352: Wilt thou have this woman to be thy wedded wife, to live

together after God's ordinance in the holy state of matrimony? Wilt thou

love her, comfort her, honour and keep her, in sickness and in health,

and, forsaking all other, keep thee only unto her, so long as ye both

shall live?

I take thee to be my wedded wife, to have and to hold from this day

forward, for better, for worse, for richer, for poorer, in sickness and

in health, to love and to cherish, till death us do part.]

[Note 353: Dearly beloved, know this that Almighty God is the Lord

of life and death, and of all things to them pertaining, as youth,

strength, health, age, weakness, and sickness. Wherefore, whatsoever

your sickness is, know you certainly, that it is God's visitation. And

for what cause soever this sickness is sent unto you, whether it be to

try your patience, for the example of others..., or else it be sent unto

you to correct and amend in you whatsoever doth offend the eyes of your

heavenly Father, know you certainly that, if you truly repent you of

your sins and bear your sickness patiently, trusting in God's mercy....

submitting yourself wholly unto His will, it shall turn to your profit,

and help you forward in the right way that leadeth unto everlasting

life.]

[Note 354: Lettre de Henri VIII à Cranmer. Froude, IV, 484. «Faire

usage des paroles d'une langue étrangère, avec un simple sentiment de

dévotion, quand l'esprit n'en retire aucun fruit, ne peut être ni

agréable à Dieu, ni salutaire à l'homme. Celui qui ne comprend pas la

force et l'efficacité de l'entretien qu'il a avec Dieu ressemble à une

harpe ou à une flûte, qui a un son, mais ne comprend pas le bruit

qu'elle fait. Un chrétien est plus qu'un instrument, et les sujets du

roi doivent être capables de prier comme des hommes raisonnables dans

leur propre langue.»]

[Note 355: Sternhold, 1549.]

[Note 356: On peut voir dans l'_Oraison funèbre de la comtesse de

Richmond_, par John Fisher, les pratiques auxquelles cette religion

succédait.

As for fasting, for age, and feebleness, albeit she were not bound, yet

those days that by the church were appointed, she kept them diligently

and seriously, and in especial the holy Lent throughout, that she

restrained her appetite, till one meal of fish on the day; besides her

other peculiar fasts of devotion, as St Anthony, St Mary Magdalene, St

Catharine, with other; and throughout all the year, the Friday and

Saturday she full truly observed. As to hard clothes wearing, she had

her shirts and girdles of hair, which, when she was in health, every

week she failed not certain days to wear, sometime the one, sometime the

other, that full often her skin, as I heard say, was pierced therewith.

In prayer, every day at her uprising, which commonly was not long after

five of the clock, she began certain devotions, and so after them, with

one of her gentlewomen, the matins of our Lady; then she came into her

closet, where then with her chaplain she said also matins of the day;

and after that, daily heard four or five masses upon her knees; so

continuing in her prayers and devotions unto the hour of dinner, which

of the eating day, was ten of the clocks, and upon the fasting day

eleven. After dinner full truly she would go her stations to three

altars daily; daily her dirges and commendations she would say, and her

even songs before supper, both of the day and of our Lady, beside many

other prayers and psalters of David throughout the year; and at night

before she went to bed, she failed not to resort unto her chapel, and

there a large quarter of an hour to occupy her devotions. No marvel,

though all this long time her kneeling was to her painful, and so

painful that many times it caused in her back pain and disease. And yet

nevertheless, daily when she was in health, she failed not to say the

crown of our lady, which after the manner of Rome, containeth sixty and

three aves, and at every ave, to make a kneeling. As for meditation, she

had divers books in French, wherewith she would occupy herself when she

was weary of prayer. Wherefore divers she did translate out of the

French into English. Her marvellous weeping they can bear witness of,

which here before have heard her confession, which be divers and many,

and at many seasons in the year, lightly every third day. Can also

record the same those that were present at any time when she was

houshilde, which was full nigh a dozen times every year, what floods of

tears there issued forth of her eyes!]

[Note 357: A plowland must have sheepe, yea they must have sheepe,

to dung their ground for bearing of corn; for if they have no sheepe to

helpe to fat the ground, they shall have but bare corn and thin. They

must have swine for their food, to make them veneries or bacon of. Their

bacon is their venison. (For they shall now have _hangum tuum_ if they

get any other venison.) So that bacon is their necessary meate to feed

on, which they may not lack. They must have other cattels, as horses to

draw their plows, and for carriage of things to the markets, and kine

for their milke and cheese, which they must live upon and pay their

rents. These cattell must have pasture, which pasture if they lack, the

rest must needs fail them. And pasture they cannot have, if the land be

taken in, and inclosed from them. (Latimer's _Sermons_, édition 1635, p.

105.)]

[Note 358: Now after I had been acquainted with him, I went with him

to visit the prisoners in the tower at Cambridge, for he was ever

visiting prisoners and sick folk. So we went together, and exhorted them

as well as we were able to do; minding them to patience, and to

acknowledge their faults. Among other prisoners, there was a woman which

was accused that she had killed her child, which act she plainly and

steadfastly denied, and could not be brought to confess the act; which

denying gave us occasion to search for the matter, and so we did; and at

length we found that her husband loved her not, and therefore he sought

means to make her out of the way. The matter was thus:--

A child of hers had been sick by the space of a year, and so decayed, as

it were, in a consumption. At length it died in harvest time; she went

to her neighbours and other friends to desire their help to prepare the

child for burial; but there was nobody at home, every man was in the

field. The woman, in a heaviness and trouble of spirit, went, and being

herself alone, prepared the child for burial. Her husband coming home,

not having great love towards her, accused her of the murder, and so she

was taken and brought to Cambridge. But as far forth as I could learn,

through earnest inquisition, I thought in my conscience the woman was

not guilty, all the circumstances well considered.

Immediately after this, I was called to preach before the king, which

was my first sermon that I made before His Majesty, and it was done at

Windsor; where His Majesty, after the sermon was done, did most

familiarly talk with me in a gallery. Now, when I saw my time, I kneeled

down before His Majesty, opening the whole matter, and afterwards most

humbly desired His Majesty to pardon that woman. For I thought in my

conscience she was not guilty, or else I would not for all the world sue

for a murderer. The king most graciously heard my humble request,

insomuch that I had a pardon ready for her at my returning homeward. In

the mean season, that woman was delivered of a child in the tower of

Cambridge, whose godfather I was, and Mistress Cheak was godmother. But

all that time I hid my pardon, and told her nothing of it, only

exhorting her to confess the truth. At length the time came when she

looked to suffer; I came as I was wont to do, to instruct her; she made

great moan to me, and most earnestly required me that I would find the

means that she might be purified before her suffering. For she thought

she would have been damned if she should suffer without purification. So

we travailed with this woman till we brought her to a good opinion; and

at length showed her the king's pardon, and let her go.

This tale I told you by this occasion, that though some women be very

unnatural, and forget their children, yet when we hear any body so

report, we should not be too hasty in believing the tale, but rather

suspend our judgments till we know the truth.]

[Note 359: Dépêche de Noailles, ambassadeur français et catholique.

_Pictorial history_, II, 524.]

[Note 360: John Fox, _History of the acts and monuments of the

Church_.

In the mean time William's father and mother came to him, and desired

heartily of God that he might continue to the end in that good way which

he had begun, and his mother said to him, that she was glad that ever

she was so happy to bear such a child, which could find in his heart to

lose his life for Christ's name's sake.

Then William said to his mother, 'For my little pain which I shall

suffer, which is but a short braid, Christ hath promised me, mother

(said he), a crown of joy: may you not be glad of that, mother?' With

that his mother kneeled down on her knees, saying, 'I pray God

strengthen thee, my son, to the end: yea, I think thee as well-bestowed

as any child that ever I bare....'

Then William Hunter plucked up his gown, and stepped over the parlour

grounsel, and went forward cheerfully, the sheriff's servant taking him

by one arm, and his brother by another; and thus going in the way, he

met with his father according to his dream, and he spake to his son,

weeping, and saying, 'God be with thee, son William;' and William said,

'God be with you, good father, and be of good comfort, for I hope we

shall meet again, when we shall be merry.' His father said, 'I hope so,

William,' and so departed. So William went to the place where the stake

stood, even according to his dream, whereas all things were very

unready. Then William took a wet broom faggot, and kneeled down thereon,

and read the 51st psalm, till he came to these words, 'The sacrifice of

God is a contrite spirit; a contrite and a broken heart, O God, thou

wilt not despise....'

Then said the sheriff, 'Here is a letter from the queen: if thou wilt

recant, thou shalt live; if not, thou shalt be burned.' 'No,' quoth

William, 'I will not recant, God willing.' Then William rose, and went

to the stake, and stood upright to it. Then came one Richard Pond, a

bailiff, and made fast the chain about William.

Then said Master Brown, 'Here is not wood enough to burn a leg of him.'

Then said William, 'Good people, pray for me; and make speed, and

dispatch quickly; and pray for me while ye see me alive, good people,

and I will pray for you likewise.' 'How?' quoth Master Brown, 'pray for

thee? I will pray no more for thee than I will pray for a dog....'

Then there was a gentleman which said, 'I pray God have mercy upon his

soul.' The people said, 'Amen, Amen.'

Immediately fire was made. Then William cast his psalter right into his

brother's hand, who said, 'William, think on the holy Passion of Christ,

and be not afraid of death.' And William answered, 'I am not afraid.'

Then lift he up his hands to heaven, and said, 'Lord, Lord, Lord,

receive my spirit!' And casting down his head again into the smothering

smoke, he yielded up his life for the truth, sealing it with his blood

to the praise of God.]

[Note 361: Neal, _History of the puritans_, I, 69, 72.]

[Note 362: Dépêche de Renard à Charles-Quint.]

IV

Deux branches distinctes reçoivent la séve commune, l'une en haut,

l'autre en bas: l'une respectée, florissante, étalée dans l'air libre;

l'autre méprisée, à demi enfouie sous terre, foulée sous les pieds qui

veulent l'écraser; toutes deux vivantes, l'anglicane comme la puritaine,

l'une malgré l'effort qu'on fait pour la détruire, l'autre malgré les

soins qu'on prend pour la développer.

Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 2 de 5) · 第 21 / 34 段