Aiguille, Poursa, Messelaël.

Ananas, Ananas, Annanas.

S'arrêter, Guékiffi, Deradan.

S'asseoir, Songoane, Ghiod.

Aveugle, Bomena, Gomdo.

Autruche, Nedau.

Se baigner, Mongro-sangou.

Un bal, Folgar.

La barbe, Sekiem, Onhare.

Barre de fer, Barra-win, Barra.

Barril, Pippa.

Beaucoup, Barena, Huri.

Blé _ou_ maïs, Dougoub, Makkari.

Une boîte, Ovachande.

Un veau _ou_

un boeuf, Nague.

Boire, Mangrinam, Hiarde.

Bois, Matte, Leggal.

Boiteux, Sogha, Bossara.

Borgne, Patte.

La bouche, Gueminin, Hendouko.

Les boyaux, Vuete, Chabiburde.

Une branche, Kala, Baberou.

Branle, Tidoap, Lesso.

Les bras, Smallou, Ghiomgé.

Une brebis, Sedre.

Un canon, Bamborta, Fetel.

Un canot, Lana.

Capitaine, Capitane, Loamdo.

Carquois, Smakalla.

Chair, Yap, Tehan.

Chanter, Ovayel, Yemdi.

Un chat, Guenape, Oulonde.

Un chaudron, Kranghiare, Barma.

Une chemise, Bougtovap, Dolanke.

Un cheval, Farfs, Pouskiou.

Cheveux, Kogavar, Soukenko.

Chèvre, Bay, Behova.

Un chien, Kraf, Rahovanden.

Chier, Mangredouli, Boude.

Le ciel, Assaman, Hialla.

Une clef, Donovachande, Bidho.

Un clou, Dinguetite, Pauomgal.

Un cochon de lait, Droai, Babaladi.

Un coffre, Ovachande, Breteval.

Une corde, Bouma, Boghol.

Le coude, Smainoton, Somdon.

Couper, Doghol, Tay.

Un couteau, Pakha, Pake.

Cracher, Toffii, Toude.

Cravate, Sma, Leffol.

Crocodile, Guasik, Norova.

Les cuisses, Loupe, Benhall.

Cuivre, Prum, Hiackaovale.

Danser, Faike, Hemde.

Demain, Aileg akaghiam, Soubako.

Demeure, Gangone, Ghiodorde.

Les dents, Sonobenatia, Nhierre.

Dents d'éléphans, Gnieï negnay, Nhierre-ghiova.

Le derrière, Tate _ou_ Ghir, Rotec.

Le diable, Guinnay, Guine.

Dieu, Ihalla, Allah.

Les doigts, Smaharam, Sedohenda.

Dormir, Danadi.

Eau, Mdoch, Diam.

De l'eau-de-vie, Sangara, Sangara.

Écorcher, Maugre fesse, Houtonde.

Écrire, Binde, Ovindove.

Un éléphant, Gnieï, Ghiova.

Enfans des princes, Domeguaïbe, Byla hamde.

Une épée, Gnassi, Kaffe.

Un esclave, Gnamen, Mokkioudou.

Éternuer, Maugre-tesseli, Hisseloude.

Étui de couteau, Gangone, Ghiodorde.

Feu, Safara, Ghia hingol.

Une femme, Dighen, Debo.

Le séve des femmes, Facere _ou_ Fere, Kotto.

Une femme de

mauvaise vie, Ghelarbi, Sakke.

Une femme grosse, Dighen gohir, Deboredo.

La fièvre, Guernama.

Fil à coudre, Ovin, Gnarabi.

Une fille, Ndaougdighen, Soukka.

Une flèche, Sinaklonghar.

Un fourreau, Finan harguaisi, Ovana.

Un fripon, Abonde.

Un fusil, Sochhorby, Loussoul fetel.

Un garçon, Ovassi, Soukagorko.

Les genoux, Smahoum, Holbondon.

Glouton, Haderors.

Gomme, La konde.

Le gosier, Smanpourreh, Dandy.

Goudron, Sandol.

Graisse _ou_ Suif, Dirgunek, Helere.

Grand, Maguma, Mahardo.

Gratter, Hock-halma, Nanhyadi.

Habit, Bouboutouvap, Dolangue.

Hameçons, Delika, Ovande.

Haut-de-chausses, Touap, Tonhouka.

Herbes, Miagh.

Un homme, Goourgue, Goskomaodo.

La jambe, Lmappaice, Kovassongal.

Jeter, Sanner, Verlady.

Les joues, Bekigg, Kobe.

Le jour, Lelegh, Soubakka.

La langue, Lamaing, D'heingall.

Se laver les mains, Raghen, Lahonyongo.

Les lèvres, Smatovin, Fondo.

Ligne à pêcher, Smabou, Delingha ovande.

Un lit, Cuntodou, Lessen.

Un livre, Smater gumara jank, Torade allah.

Livre à écrire, Smakiel gumorebind, Deffeterre.

La lune, Vhackiré, Leour.

La main, Leho, Yongo.

Une maison, Smanrig, Souddo.

Une maîtresse, Soumak hiore, Medodano.

Maïs, sorte de blé, Dougoub, Makkarg.

Malade, Raguena, Ognia hui.

Les mamelles, Ouhanie, Enhdo.

Marc du millet, Changle.

Marcher, Docholl, Medo hyassa.

Un matelas, Entedou, Lesso.

La mer, Smandai, Guéeck.

Mentir, Namna, Hadarime.

Mordre, Matt, N'hadde.

La mort, Dehaina, Mahyse.

Se moucher, Niendoou, Ngiéto.

Un mousquet, Fairal, Fetel.

Moi et mien, Sman.

Le nez, Smackbockan, Hener.

Non, Dhaair, Ala.

La nuit, Goudina, Guiema.

Un oeuf, Nen, Ouchirnde.

Un oiseau, Arral, Niolli.

Les ongles, Huai, Chegguen.

Oranges, Kanghe.

Les oreilles, Smanoppe, Noppy.

Les orteils, Smahuajetanks, Pedly.

Du pain, Bourou, Bourou.

Papier, Kahait, Harkal.

Parler, Ovache, Hall.

Un pavillon, Raya, Arhair billam.

La peau, Smagdayr, Goure.

Pêcheur, Moll, Kiruballs.

Toiles peintes, Calicos, Calicos.

Perroquet, Inkay, Saleron.

Petit, Nercina, Chonkayel.

Les pieds, Simatank, Kossede.

Une pierre, Doyg, Hayre.

Un pigeon, Petreik.

Pincer, Domp, Mouchionde.

Une pipe, Smanan, Hy-ardougal.

Pisser, Berouch, Kaing-huye.

Pleurer, Dgoise, Ouhedde.

Plomb, Bettaigh, Chaye.

Plume, Dongue, Donguo.

La pluie, Taon, Tobbo.

Poisson, Guenn, Lingno.

Un pot, Kingu, Sahando.

Une poule, Gnaar, Guertpgal.

Un rat, Guenak, Donbron.

Reine, Gnache, Guefoulbe.

Rire, Raihal, Ghialde.

Rouge, Laghovek, Bode ghioune.

Le roi, Bur, Lahamdé.

Le sang, Galtovap.

Du sel, Sokmate, Lambdan.

Serment, Smabok hanabi, Soldehama _ou_

Kotelyacmo.

Serpent, Gnaun, Body _ou_ Gorory.

Siffler, Ananileste, Honde.

Un singe, Golok, Ovandou.

Soleil, Ghiante Sinkan, Nahangue.

Souliers, Dole, Pade.

Les sourcils, Hiamhianke.

Sucre, Lhom, Lhiombry.

Tabac, Tmagha, Taba.

Une table, Gangona, Gango.

Tasse de coco, Tassa, Horde.

La terre, Soffi, Letudi.

La tête, Smabab, Horde.

Toiles, Endimon, Chomchou.

Le tonnerre, Denadeno, Dherry.

Tortu, Loko.

Tousser, Sokka, Loghiomde.

Trembler, Denalock, Chinhoude.

Troquer _ou_

Échanger, Nanvequi, Sohade.

Trompette, Bouffra.

Tuer, Rui, Ouarde.

Un vaisseau, Manguma, Randi.

Les veines, Sa ditte, Dadok.

Le vent, Gallaon, Hendon.

Le ventre, Smahir, Rhédo.

Vin de France, Msangotovabb, Chenk.

Vin de palmier, Msangojeloffi, Chengue.

Une voile, Ouir, Ougderelhana.

Les yeux, Smabut, Hytere.

NOMBRES.

Un, Ben, Goto.

Deux, Gniare, Didy.

Trois, Gniet, Taty.

Quatre, Gnianet, Naye.

Cinq, Gurom, Guioï.

Six, Gurom-ben, Guiego.

Sept, Gurom-Gniare, Guiedidy.

Huit, Gurom-gniet, Guietaty.

Neuf, Gurom-gnianet, Guienaye.

Dix, Fouk, Sappo.

Onze, Fouk-ak-ben, Sappo-e-go.

Douze, Fouk-ak-gniare, Sappo-e-didy.

Treize, Fouk-ak-gniet, Sappo-e-taty.

Quatorze, Fouk-ak-gnianet, Sappo-e-naye.

Quinze, Fouk-ak-gurom, Sappo-e-guioï.

Seize, Fouk-ak-gurom-ben, Sappo-guiego.

Dix-sept, Fouk-ak-gurom-gniare, Sappo-guiedidy.

Dix-huit, Fouk-ak-gurom-gniet, Sappo-guietaty.

Dix-neuf, Fouk-ak-gurom-gnianet, Sappo-gui-e-naye.

Vingt, Nitte, Sappo.

Vingt-et-un, Nitt-ak-ben, Sappo-e-go.

Trente, Frononir, Noggas.

Quarante, Gnianet-fouk, Tchiapaldé taty.

Cinquante, Gurom-fouk, }

Soixante, Gurom ben-ak-fouk, }

Soixante-dix, Gurom-gniare-fouk, } _Le Foula s'est_

Quatre-vingts, Gurom-gniet-fouk, } _perdu._

Quatre-vingt-dix, Gurom-gniaï-fouk, }

Cent, Temir, Témédéré.

Cent un, Temir-ak-ben, Témédéré-go.

Deux cent, Gniare-temir, Témédéré-didy.

Trois cent, Gniet-temir, Témédéré-taty.

Mille, Guné, Témédéré-sappo.

Mille vingt, Guné-ak-nitte, Témédéré-sappo.

PHRASES FAMILIÈRES.

_Français._ _Iolof._ _Foula._

Bonjour, monsieur, Diarakio-samba, Cossé samba.

Comment vous

portez-vous? Dia mesa, Ada heghiam.

Fort bien, monsieur, Diam édal, Samba mido.

Venez, Calé, Arga.

Venez manger, Calé lek.

Ne venez pas, Bouldik, Da rothan.

Allez-vous-en, Dock hodem, Hia.

Montez, Quia qua ou, Arga.

Descendez, Démal-ki-souf, Hialesse.

Je veux, Doina man, Bido hidy.

Je ne veux pas, Baino man, My hida.

Donnez-moi à

boire, Maïman nan, Loca hiarde.

Apportez-moi Iassi ma ommgharg, Addou nambalou.

vite une brebis,

Je vous remercie, Diorekio, Medo hietoma.

Allons nous promener, Caï dokhan, Harque Guehin

hilojade.

J'y vais, Man ghé dok, Mede Lebo.

Il fait grand vent, Galigou baréna, Hendou hevy.

Il pleut, Vta ou.

Il tonne, Denadeno, Dhirry.

Il fait chaud, Gniak éna, Ouarn hiend.

Il fait froid, Lioul na, Ghiangol.

Je vous vois, Guesnala, Medo hyma.

Taisez-vous, Noppil, De you.

Fort matin, Leleg, Soubake allau.

Bonsoir, monsieur, Diaragonal samba. Fon angiam samba.

Je voudrais coucher Bougué nadièkil Medo leleby.

avec une kil ak béné

fille, dighen,

Je m'endors, Nélao.

Je ne m'en souviens

pas, Fatou ma, Myfa hiacke.

Mettez-le dans Guinguela Ovarguihielle

les fers, maguiou, cassedo.

TABLE SECONDE.

VOCABULAIRE MANDINGUE.

L'astérisque* marque les mots qui se trouvent dans la première table.

_Français._ _Mandingue._

Acheter, Sann.

Aigre, Akonemota.

Allez, Ta.

Ambre, Lambre.

Amitié, Barnalem.

L'année _ou_ une pluie, Sanju killin.

Un arc, Kulla.

Argent, Kodey.

Une armoire, Konneo.

Asseyez-vous, Secdouma.

Une balle, Kiddo kassi.

Un baril, Ankoret.*

Beau, Neemau.

Du beurre, Tooloo.

Bien, Kandi.

Blanc, Qui.

Un homme blanc, Tobauho.

Du blé, Neo.

Boire, Ami.

Bon, Abetti.

La bouche, Dau.*

Une brebis, Kornell.

Calebasse, Merrug.

Caméléon, Minnir.

Canard, Bru.

Un canon, Kiddo.*

Poudre à canon, Kiddo mungo.

Un canot, Kalloun.*

Ceci, Ning.

Cela, Olim.

Une chaise, Serong.*

Chaleur, Kandeca.

Une chambre, Bung.

Un chameau, Komaniung.

Une chandelle, Kaudet.

Un chanteur, Jelliki.

Un chat, Neankom.*

Chaud, Kandeka.

Un cheval, Souho.

Un cheval marin, Mally.

Une chèvre, Ha.*

Un chien, Oulve.

Un grand chien, Oulve dau.*

Cire, Lekonnio.

Un coq, Deontong _ou_ Soufeki.

Collier, Ronnun.

Une colline, Koanko.

Comment vous portez-vous? Animbatta montainia?

Un couteau, Moroo.*

Un coutelas, une épée, Fong.*

Du cristal, Christall.

Un crocodile, Bumbo.*

Une cuillère, Kulear.

Cuivre, Tasso.

Un daim, Tonkong.

Que demandez-vous? Laffeta munnum?

Dent, Ning.*

Dent d'éléphant, Samma ning.

Le diable, Bua.

Dieu, Alla.*

Doux, Timeata.

Un drap, Fauno.

Du drap rouge, Murfée.

La jambe droite, Sing bau.

La main droite, Bulla bau.

Dur, A Koleata.

Eau, Jée ou si.*

Un éléphant, Samma.

Enfer, Jehonama.

Entendre, Amoi.

Un esclave, Jong.*

L'est, Tillo vooleta.

L'étain, Tasroqui.

Étoile, Lolo.

Étranger, Leuntung.

Un facteur, Mercador.

Faux, Funniala.

Une femme, Mouza.*

Une femme de mauvaise vie, Jelli mouza.*

Une femme mariée, Mouza.

Fenêtre, Jenell.

Flèche, Beuna.*

Un fou, Toorala.

Une fourchette, Garfa.

Frère, Barrin kea.

Froid, Ninny.

Fumée, Sizi.

La jambe gauche, Sing nding.

La main gauche, Bulla nding.

Grand, Bau.

Un grand chien, Mouve bau.*

Grand'mère, Mooza bau.

Grand-père, Keal bau.

Guerre, Killi.

Un hibou, _c'est le même

nom que diable_, Bucca.

Un homme, Kea.*

Une huître, Oystre.

La jambe, Sing.*

Je ne sais, Malo.

Je sais, Alo.

Je veux donner, Msadi.

Une île, Joüio.

Une jument, Souho mouza.

Jurement, Tikiniani ma ma mau.

Du lait, Nanuo.

Levez-vous, Oully.

Un lion, Jatta.

Un lit, La rong.*

Un loup, Sillo.

La lune, Korro.*

La main, Bulla.

Une maison, Fu.*

Malade, Munkandi.

Un marchand, Jonko.

Méchant, Munbetty.

Une médecine, Borru.

La mer, Bato bau.*

Mère, Mouza.

Miel, Li.

Mort, Sata.

Moi, Mta.

Noir, Fin.

Noix, Tiah.

Un oeuf, Sousey killy.*

Un oiseau, Sousi.

L'ouest, Tillo bonita.

Pain, Mongo.*

Papier, Koyto.*

Paresseux, Narita.

Père, Fau.

Pesant, Kuleata.

Petit, Nding.

Une pintade, Commi.

Une pipe, Da.

De la pluie, Sanju.

Un cheval marin, Mally.

Poisson, Heo.*

Une porte, Dau.

Poudre à canon, Kiddo mundo.

Une poule, Sousi mouza.

Un pouce, Kranki.

Prendre, Amoota.

Puant, Akoneata.

Que demandez-vous? Laffetta munnum?

Rien du tout, Feng o feng.

Rivière, Bato.

Un roc, Barry.

Rouge, Ouillima.*

Du drap rouge, Murfée.

Roi, Mansa.*

Sable, Kenne-kenne.

Sale, Nota.

Un sanglier, Seo.

Sec, Mindo.

Sel, Ki.*

Sentir, Mamaung.

Serpent, Sau.*

Vin de Siboa, Bandji.

Un singe, Kanic.

Jouir, Barrin mouza.

Le soleil, Tillo.*

Un sorcier, Baa.*

Sucre, Tobauboli.*

Une table, Meso.*

Un taureau, Nisi ké.

La terre, Banko.*

La tête, Kung.*

Timide, Yanimi.

Tonnerre, Korram alla.*

Toucher, Ametta.

Tourbillon de vent, Sau.

Une vache, Neesa Moossa.

Un vaisseau, Tobaubo kaloun.

De la vaisselle, Prata.

Un valet, Buttlau.

Un veau, Neefa-nding.

Vendre, Saun.

Venez, Na.*

Venez ici, Nana re.

Vent, Funnio.

Je veux donner, Msadi.

Ville, Konda.

Vin de palmier, Tangi.*

Voleur, Suncar.

Vous, Itta.

Vrai, Atoniala.

Un ivrogne, Serrata.

NOMBRES.

Un, Killing.

Deux, Foulla.

Trois, Sabba.

Quatre, Nani.

Cinq, Loulou.

Six, Oro.

Sept, Oronglo.

Huit, Sye.

Neuf, Konnunti.

Dix, Tong.

Onze, Tong-ning-killing.

Douze, Tong-ning-foulla.

Treize, Tong-ning-sabba.

Quatorze, Tong-ning-nani.

Quinze, Tong-ning-loulou.

Seize, Tong-ning-oro.

Dix-sept, Tong-ning-oronglo.

Dix-huit, Tong-ning-sye.

Dix-neuf, Tong-ning-konnunti.

Vingt, Noau.

Trente, Noau-ning-tong.

Quarante, Noau-foulla.

Cinquante, Noau-foulla-ning-tong.

Soixante, Noau-sabba.

Soixante-dix, Noau-sabba-ning-tong.

Quatre-vingts, Noau-nani.

Quatre-vingt-dix, Noau-nani-ning-tong.

Cent, Kemmy.

Mille, Ouoully.

Les Nègres qui habitent les deux bords du Sénégal, et qui s'étendent

dans les terres à l'est et au sud, sont mahométans, convertis par les

Maures. Ceux du royaume de Mandinga, dont le zèle est plus ardent, sont

depuis long-temps les missionnaires de cette religion. Tous les autres

Nègres, du moins ceux avec qui les Européens ont des relations de

commerce, depuis la Gambie jusqu'en Guinée, sont idolâtres, à

l'exception des Sérères et de quelques autres qui n'ont aucune apparence

de religion.

On en voit beaucoup qui ne veulent pas souffrir qu'on tue les lézards

autour de leurs maisons. Ils sont persuadés que ce sont les âmes de leur

père, de leur mère et de leurs proches parens, qui viennent faire le

folgar, c'est-à-dire se réjouir avec eux. On voit que l'opinion de la

métempsycose leur est familière.

Le mahométisme établi parmi les Nègres est imparfait, autant par

l'ignorance de ceux qui l'enseignent que par le libertinage des

prosélytes. Il consiste dans la croyance de l'unité de Dieu, et dans

deux ou trois pratiques cérémoniales, telles que le ramadan ou le

carême, le bayram ou pâques, et la circoncision.

Jobson observe que les habitans naturels de la Gambie adorent un seul

Dieu sous le nom d'Allah, qu'ils n'ont point de peintures ni d'images à

la ressemblance de la Divinité; qu'ils reconnaissent la mission de

Mahomet, sans qu'ils invoquent jamais son nom; qu'ils comptent les

années par les pluies, et qu'ils ont des noms particuliers pour chaque

jour de la semaine; qu'ils donnent le nom de sabbat au vendredi, mais

qu'ils l'observent si peu régulièrement, que leur commerce et leurs

occupations ordinaires n'en reçoivent pas d'interruption.

Ils ont quelques traditions confuses de la personne de Jésus-Christ. Ils

parlent de lui comme d'un prophète qui s'est rendu célèbre par un grand

nombre de miracles; mais ce qu'ils racontent de sa sainteté et de sa

puissance est un tissu de fables sans vraisemblance et sans ordre. Ils

lui donnent le nom d'Issa: ils nomment sa mère Maria. La sainteté, la

bonté, la justice, sont des qualités qu'ils lui attribuent dans le plus

haut degré; mais il leur paraît impossible qu'il soit le fils de Dieu,

parce que Dieu, disent-ils, ne peut être vu par les hommes. La doctrine

de l'incarnation leur paraît scandaleuse. Elle suppose, dans leurs

idées, que Dieu soit capable d'une liaison charnelle avec les femmes.

Une prophétie, qui subsiste depuis long-temps dans leur nation, leur

annonçait qu'ils seraient subjugués par un peuple blanc.

Les Nègres croient aussi à la prédestination, et mettent toutes leurs

infortunes sur le compte de la Providence. Qu'un Nègre en assassine un

autre, ils croient que c'est Dieu qui est l'auteur du meurtre. Cependant

ils se saisissent du meurtrier et le vendent pour l'esclavage.

À l'égard de leur dévotion et de la forme de leur culte, Le Maire

observe que le commun du peuple n'a pas de pratiques réglées qui

puissent porter le nom de culte religieux; mais les personnes de

distinction affectent plus de zèle, et ne sont jamais sans un marabout,

qui a beaucoup d'ascendant sur leur esprit et leur conduite.

On sait que les mahométans d'Asie font le salam ou la prière cinq fois

le jour et la nuit. Le vendredi, qui est le jour de leur sabbat, ils la

font sept fois; mais ceux des Nègres qui sont bons mahométans se

contentent de prier trois fois le jour, c'est-à-dire, le matin, à midi

et le soir. Chaque village a son marabout ou prêtre, qui les rassemble

pour ce devoir. Le lieu de leurs assemblées est un champ qui leur sert

de mosquée. Là, après les ablutions ordonnées par l'Alcoran, ils se

rangent en plusieurs lignes derrière le prêtre, dont ils imitent les

mouvemens et les gestes. Ils ont le visage tourné vers l'orient; mais,

lorsqu'ils sont fatigués de leur posture, ils s'accroupissent à la

manière des femmes, en tournant le visage à l'ouest.

Le marabout étend ses bras, répète plusieurs mots d'une voix si lente et

si haute, que toute l'assemblée peut les répéter après lui; il se met à

genoux, baise la terre, recommence trois fois cette cérémonie, et ne

fait rien qui ne soit imité par tous les assistans. Ensuite il se met à

genoux pour la quatrième fois, et fait quelque temps sa prière en

silence: il se relève, et traçant du doigt, autour de lui, un cercle

dans lequel il imprime plusieurs caractères, il les baise

respectueusement; après quoi, la tête appuyée sur les deux mains, et les

yeux fixés contre terre, il passe quelques momens dans une profonde

méditation. Enfin il prend du sable et de la poussière, se la jette sur

la tête et sur le visage, commence à prier d'une voix haute, en touchant

la terre du doigt et le levant au front; et pendant toutes ces

formalités, il répète plusieurs fois ces mots, _salam-aleck_;

c'est-à-dire, je vous salue. Il se lève: toute l'assemblée suit son

exemple, et chacun se retire. La modestie, le respect et l'attention

qu'ils apportent à cet exercice causent une juste admiration à nos

voyageurs. La prière dure une grande demi-heure, et se renouvelle trois

fois le jour. Il n'y a point d'affaire ni de compagnie qui leur en fasse

oublier le temps. S'ils ne peuvent assister à l'assemblée, ils se

retirent à l'écart pour observer les mêmes pratiques; et lorsqu'ils

manquent d'eau pour leur ablution, ils emploient de la terre. Brue, qui

fut plusieurs fois témoin de leurs cérémonies, eut la curiosité de

demander aux marabouts quel était le sens de leurs postures et de leurs

prières. Ils lui répondirent qu'ils adoraient Dieu en se prosternant

devant lui; que cette humiliation était un aveu de leur néant aux yeux

du premier Être, qu'ils le priaient de pardonner leurs fautes et de leur

accorder les commodités dont ils avaient besoin, telles qu'une femme,

des enfans, une moisson abondante, la victoire sur leurs ennemis, une

bonne pêche, la santé, et l'exemption de toutes sortes de dangers.

Aussitôt qu'ils voient paraître la première lune de l'équinoxe

d'automne, ils la saluent en crachant dans leurs mains et en les

étendant vers le ciel. Ensuite ils les tournent plusieurs fois autour de

leur tête, et répètent à deux ou trois reprises la même cérémonie. En

général, les mahométans rendent beaucoup de respect à la nouvelle lune,

la saluent aussitôt qu'ils la voient paraître, ouvrent leur bourse, et

demandent au ciel que leurs richesses puissent augmenter avec les

quartiers de la lune.

La ramadan ou le carême des mahométans nègres est observé avec beaucoup

de rigueur. Ils ne mangent et ne boivent qu'après le coucher du soleil.

Les dévots n'avaleraient pas même leur salive, et se couvrent la bouche

d'un morceau d'étoffe, de peur qu'il n'y entre une mouche. Malgré la

passion qu'ils ont pour le tabac, ils ne touchent point à leur pipe.

Mais, lorsque la nuit arrive, ils se dédommagent de l'abstinence du

jour. Les grands et les riches passent ensuite tout le jour à dormir.

Lorsque le mois du ramadan approche de sa fin, ils proclament le

Tabasket, c'est-à-dire, la plus grande fête des mahométans nègres, comme

des Turcs et des Persans, qui lui donnent le nom de _Bayram_. Brue, qui

en avait été témoin, nous a laissé la description de cette fête, qui est

proprement leur carnaval.

Un peu avant le coucher du soleil, on vit paraître six marabouts, ou

prêtres mahométans, revêtus de tuniques blanches, qui ressemblent à nos

surplis. Elles leur descendent jusqu'au milieu des jambes, et le bas est

bordé de laine rouge. Ils marchaient en rang, avec une longue zagaie à

la main, précédés de cinq grands boeufs, qui étaient couverts d'un beau

drap de coton et couronnés de feuilles, chacun conduit par deux Nègres,

comme on conduit dans les rues de Paris ce qu'on appelle _le boeuf

gras_. Les fêtes populaires ont partout des rapports d'un bout du monde

à l'autre. Les chefs des cinq villages dont la ville de Boucar est

composée suivaient les prêtres sur une seule ligne, parés de leurs plus

riches habits, armées de zagaies, de sabres, de poignards et de

boucliers. Ils étaient suivis eux-mêmes de tous les habitans, leurs

sujets, cinq sur chaque rang. Lorsque la procession fut arrivée au bord

de la rivière, les boeufs furent attachés à des poteaux, et le plus

ancien marabout cria trois fois à haute voix, _salam-aleck_, qui est

l'exhortation à la prière. Ensuite, mettant bas sa zagaie, il étendit le

bras vers l'est. Les autres prêtres suivirent son exemple, et

commencèrent la prière de concert. Ils se levèrent et reprirent leurs

armes. Alors l'ancien marabout donna ordre aux Nègres d'amener les

boeufs et de les renverser par terre, ce qui fut exécuté à l'instant.

Ils les attachèrent à terre par les cornes, et, leur tournant la tête à

l'est, ils leur coupèrent la gorge avec beaucoup de précaution, pour

empêcher que ces animaux ne les regardassent tandis que leur sang

coulait, parce que c'est pour eux un fort mauvais présage. Ils prennent

soin, pour se garantir de leurs regards, de leur jeter du sable dans les

yeux. Aussitôt que le sacrifice est achevé, et les victimes écorchées,

ils les coupent en pièces, et chaque village emporte celles de son

boeuf. Après cette cérémonie, le folgar commence. Le folgar fait place

au festin, et les réjouissances durent trois jours.

La circoncision est une pratique rigoureusement observée parmi les

mahométans nègres. Elle se fait aux mâles vers l'âge de quatorze ou

quinze ans, pour leur donner le temps de se fortifier contre

l'opération, et d'être bien instruits dans la profession de leur foi. On

attend aussi pour cette sanglante cérémonie qu'il y ait un grand nombre

de jeunes gens rassemblés, ou que le fils de quelque roi et d'autres

grands aient atteint l'âge de la circoncision. Alors on avertit que tous

les sujets du même roi, ses alliés et ses voisins, peuvent amener leurs

enfans; car l'éclat de la fête répond au nombre des acteurs, et les

chefs d'une nation, souhaitent toujours que l'assemblée soit nombreuse,

parce que, dans ces occasions, les jeunes gens forment des liaisons et

des amitiés qui durent autant que leur vie.

Quoiqu'il n'y ait pas de temps réglé pour la cérémonie, on observe de ne

jamais choisir la saison des grandes chaleurs, ni celle des pluies, ni

le ramadan, qui ne sont pas des temps propres à la joie. On a soin aussi

de prendre le décours de la lune, dans l'idée que l'opération est alors

moins douloureuse, et la plaie plus facile à guérir.

Brue nous donne une description exacte de la cérémonie. Il y avait

assisté dans l'île de Jean Barre, près du fort Saint-Louis, et les plus

petits détails n'avaient point échappé à ses observations.

Le lieu de la scène était un champ fort agréable, environné de beaux

arbres, à trois cents pas du village de Jean Barre, riche Nègre, qui

servait d'interprète à la compagnie française, et dont le fils était le

principal des jeunes gens qui devaient être circoncis. On choisit

toujours un endroit éloigné des habitations, à cause des femmes, qui

sont absolument exclues de l'assemblée. Lorsque Brue se fut assis avec

les gens de sa suite sur un banc qui avait été préparé pour lui, la

procession commença dans l'ordre suivant: les guiriots ou musiciens

faisaient l'avant-garde en battant une marche lente et grave, sans y

joindre leur chant. Ils étaient suivis de tous les marabouts des

villages voisins qui marchaient deux à deux en robe de coton blanc, et

leur zagaie à la main. Après les marabouts, on vit venir, à quelque

distance, tous les jeunes gens qui devaient être circoncis. Ils étaient

vêtus de longues pagnes de coton, croisées par-devant, mais sans

haut-de-chausses. Ils marchaient sur une seule ligne, c'est-à-dire l'un

après l'autre, accompagnés chacun de deux parens ou de deux amis, pour

servir de témoins à leur profession de foi, ou pour les encourager à

souffrir constamment l'opération. Yamsek, Nègre de distinction, qui

devait être l'exécuteur, suivait immédiatement avec Jean Barre, chef de

la fête. Cette marche était fermée par un corps de deux mille Nègres

bien armés. Au milieu du champ, fort près du lieu où les Français

étaient assis, on avait placé une planche sur une petite élévation. Les

prêtres et les chefs des villages se rangèrent sur deux lignes, de

chaque côté de la planche; et tous les candidats, avec leurs parrains,

demeurèrent au centre, dans le même ordre que celui de leur marche. Le

reste des Nègres formait un cercle autour des prêtres et des victimes.

Aussitôt que l'ordre et le silence furent bien établis, le principal

marabout fit le salam ou la prière. Tous les assistans répétaient ses

paroles d'une voix claire et intelligible, avec autant de respect que

d'attention. Après cet exercice, Guiopo, fils de Jean Barre, fut annoncé

par ses deux parrains, qui le firent monter sur la planche, en le

soutenant des deux côtés. Yamsek fit heureusement l'opération. Guiopo

descendit immédiatement après, suivi de ses deux parrains, et branlant

sa zagaie d'un air riant. Il se retira derrière les marabouts, pour

laisser saigner sa plaie, pendant que les autres jeunes gens allèrent se

présenter successivement à l'exécuteur.

Lorsque la blessure a jeté assez de sang, on la lave plusieurs fois le

jour avec de l'eau fraîche, jusqu'à ce qu'elle se ferme d'elle-même, ce

qui ne demande ordinairement que dix ou douze jours. Pendant

l'opération, le candidat doit tenir le pouce droit élevé, et prononcer

la formule de foi mahométane. Les plus fermes la prononcent d'une voix

haute; ils affectent même de la gaieté après la cérémonie; mais il est

aisé de juger à leur marche qu'ils souffrent une vive douleur. La

plupart ne peuvent se retirer sans être soutenus par les parrains.

Quoique la circoncision ne soit pas ordonnée pour les femmes, les

docteurs mandingues les admettent à la participation de ce privilége. Ce

sont leurs propres femmes qui font l'office de prêtresses; mais cet

usage n'est pas universel parmi les Nègres.

Moore explique la cérémonie de la circoncision en fort peu de mots; mais

il ajoute une circonstance singulière, et qui peut donner une idée de la

politique du sacerdoce nègre. Un peu avant la saison des pluies, dit-il,

on circoncit un grand nombre de jeunes gens de l'âge de douze ou de

quatorze ans. Après l'opération, ils portent un habit différent de

l'usage ordinaire, et chaque royaume a le sien. Depuis la circoncision

jusqu'au temps des pluies, les jeunes circoncis ont la liberté de

commettre toutes sortes d'excès sans être soumis au châtiment de la

justice. Lorsque les pluies commencent, ils sont obligés de rentrer dans

l'ordre et de reprendre l'habit commun de leur nation. Cette licence

accordée aux circoncis semble faite pour perpétuer l'usage de la

circoncision et en balancer le désagrément.

Les mandingues croient que la cause des éclipses de la lune est

l'interposition d'une panthère qui met sa pate entre la lune et la

terre. Dans ces occasions, ils ne cessent pas de chanter et de danser en

l'honneur de leur prophète Mahomet; mais il ne paraît pas que leurs

mouvemens soient l'effet de la crainte.

En général, ils sont extrêmement livrés à la superstition. Lorsqu'ils

ont un voyage à faire, ils égorgent un poulet, et les observations

qu'ils font sur les entrailles leur servent de règle pour avancer ou

différer leur départ. Ils n'ont pas moins d'égard pour certains jours

de la semaine qu'ils regardent comme malheureux; rien ne serait capable

de les leur faire choisir pour une entreprise d'importance. Voilà les

superstitions des fameux Romains qui se retrouvent chez les hordes

noires. Ces poulets sacrés, qui nous font rire chez les Nègres, ces

présages, ces jours malheureux, sont pourtant fort imposans dans vingt

endroits de l'histoire romaine, grâce au génie des Tite Live et des

Salluste, tant l'éloquence produit d'illusion! tant le nom de Rome et

l'antiquité commandent à notre imagination! Car, dans le fait, l'appétit

des poulets, qui décidait, chez les Romains, du jour d'une bataille, est

tout aussi ridicule que la pate de la panthère qui éclipse la lune.

Moore raconte que, pendant tout le temps qu'il passa dans leur pays, ils

étaient persuadés que les sorciers avaient répandu des qualités malignes

dans l'air et dans les eaux, qu'il ne mourait personne qui ne fût tué

par ces ennemis publics, à l'exception d'un misérable qu'il vit

enterrer, et que tous les Nègres croyaient tué par Dieu même, pour avoir

violé son serment ou son voeu. L'usage des voeux est fort commun dans

toutes ces nations. On leur voit porter autour du bras des manilles de

fer, pour marque de leur engagement et pour s'en rappeler la mémoire.

Celui qu'ils accusaient de parjure avait fait voeu de ne jamais vendre

un esclave dont on lui avait fait présent, et portait une manille dans

la crainte de l'oublier; ruais ses besoins et ceux de sa famille l'ayant

emporté sur son serment, sa mort, qui arriva quelques jours après, fut

regardée de tous les Nègres comme un effet signalé de la vengeance du

ciel.

Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages (Tome 2) · 第 13 / 23 段