Les forgerons n'ont pas d'ateliers qui méritent le nom de boutiques ni

de forges; ils portent avec eux leurs ustensiles, et se mettent sous le

premier arbre pour y travailler. Ils n'ont pas d'autres instrumens

qu'une petite enclume, une peau de bouc qui leur sert de soufflet,

quelques marteaux, une paire de tenailles et deux ou trois limes. Leur

indolence paraît jusqu'au milieu du travail; car ils sont assis, ils

fument, ils s'entretiennent avec le premier venu. Comme leur enclume n'a

que le pied en terre ou dans le sable, sans aucun soutien pour la fixer,

quelques coups la renversent, et le temps se perd à la redresser;

ordinairement ils sont trois au travail d'une même forge. L'unique

occupation de l'un est de souffler continuellement. Leurs soufflets sont

composés d'une peau de bouc coupée en deux, ou de deux peaux jointes

ensemble, avec un passage à l'extrémité pour le tuyau. Ils n'emploient

le plus souvent que du bois faute de charbon. Le Nègre dont l'emploi est

de souffler se tient assis derrière les soufflets, et les presse

alternativement des coudes et des genoux. Les deux autres sont assis de

leur côté avec l'enclume au milieu d'eux, et frappent aussi négligemment

sur le métal que s'ils appréhendaient de le blesser. Ils ne laissent pas

de forger d'assez jolis ouvrages en or et en argent. Ils font des

couteaux, des haches, des crocs, des pelles, des scies, des poignées de

sabres, de petites plaques pour l'ornement de leurs fourreaux et de

leurs étuis, et quantité d'autres petits ouvrages de fer auxquels ils

donnent une aussi bonne trempe que les Européens. Ainsi l'on ne peut

douter qu'ils ne pussent acquérir plus d'habileté, s'ils avaient moins

de paresse avec un peu plus d'instruction. Ils forgent encore l'espèce

de pelle ou de bêche avec laquelle ils cultivent la terre. Le fer de

l'Europe leur sert à fabriquer de courtes épées, et les têtes de leurs

zagaies et de leurs dards. Ils en forment aussi la pointe barbelue de

leurs flèches empoisonnées. L'ouvrage est assez propre dans la plupart

de ces armes; mais la plus grande utilité qu'ils tirent du fer est pour

l'agriculture. Ils en composent une sorte de pelle avec laquelle ils

grattent la terre plutôt qu'ils ne l'ouvrent. Jobson employa un de ces

forgerons nègres pour briser une barre de fer en plusieurs parties de

longueur convenable pour le commerce. Le Nègre apporta toute sa boutique

sur la rive: elle consistait dans une paire de soufflets et une petite

enclume, qu'il enfonça dans la terre sous un arbre fort touffu. Il fit

un trou pour y placer ses soufflets, en faisant passer les tuyaux dans

un autre trou voisin qui était destiné à contenir le charbon. Un petit

Nègre ne cessait de souffler. Le fer fut coupé suivant les ordres de

Jobson; mais il avertit qu'il ne faut pas perdre le forgeron de vue, si

l'on ne veut pas qu'il dérobe une partie de la matière.

Après le forgeron, leur principal artisan est le _sepatero_, qui failles

grisgris, c'est-à-dire de petites boîtes ou de petits étuis où les

Nègres renferment certains caractères écrits sur du papier par les

marabouts. Ces étuis sont de cuir en différentes formes, et passeraient

dans tous les pays du monde pour un ouvrage curieux. Les mêmes ouvriers

font des selles et des brides. Celles-ci, suivant le même auteur, sont

aussi bien taillées que les brides d'Angleterre; d'où l'on doit conclure

qu'ils ont l'art de préparer le cuir: mais ils ne l'exercent que sur les

peaux de boucs et de daims, qu'ils savent teindre aussi de différentes

couleurs. Ils n'ont jamais pu parvenir à préparer les grandes peaux. Les

plus ingénieux et les plus entendus s'imaginent, en maniant le drap

d'Angleterre, qu'il est composé de leur cuir, mais qu'on se garde

soigneusement de le travailler en leur présence, de peur qu'ils

n'apprennent les secrets de l'Europe. Ils disent la même chose du papier

et de quantité d'autres marchandises qu'ils croient faites de leurs

dents d'éléphant. Moore assure qu'outre les selles, les brides et les

étuis pour les grisgris, ils font des fourreaux d'épées, des sandales,

des boucliers, des carquois avec beaucoup de propreté; que leurs selles

sont couvertes de beau maroquin rouge relevé de plaques d'argent,

qu'elles ont des étriers fort courts, et qu'elles sont sans croupière.

Le troisième métier, suivant Jobson, consiste à préparer la terre pour

faire les murs des édifices, et des vases de différentes sortes à

l'usage de la cuisine. Pour tous les autres besoins, ils emploient des

calebasses, excepté néanmoins pour leurs pipes, qui sont aussi de terre

et d'une forme assez agréable. Ils y apportent d'autant plus de soin,

que c'est un instrument d'usage continuel, sans lequel on ne voit guère

paraître aucun Nègre de l'un ou de l'autre sexe. La partie de terre, qui

est la tête, peut contenir une demi-once de tabac. La longueur du col

est de deux doigts: On y insère un roseau qui a quelquefois plus d'une

aune de long, et qui est le canal de la fumée.

Jobson ne donne que ces trois métiers aux Nègres; mais Labat y joint les

tisserans, et les regarde comme les premiers artisans du pays. Il met

dans cette profession les femmes et les filles, qui filent le coton, qui

le travaillent avec beaucoup d'adresse, qui le teignent en bleu ou en

noir, ou qui lui laissent sa blancheur naturelle. Leur art se borne à

ces trois couleurs. Elles ne peuvent donner à leurs pièces plus de cinq

ou six pouces de largeur. La longueur est depuis deux aunes jusqu'à

quatre; mais elles savent les coudre ensemble pour les rendre aussi

longues et aussi larges qu'on le désire.

Moore ne s'accorde pas ici tout-à-fait avec Labat. Les Iolofs, suivant

ce voyageur anglais, font les plus belles étoffes du pays. Leurs pièces

sont généralement longues de vingt-sept aunes, et n'ont jamais plus de

neuf pouces de largeur. Ils les coupent de la longueur qui convient à

leurs besoins, et, pour les élargir, ils savent les coudre ensemble avec

beaucoup de propreté. Les femmes n'emploient que la main pour nettoyer

le coton qui sort de sa cosse. Elles le filent avec le rouet et la

quenouille. Leur manière de le travailler est si simple, qu'elles ne

connaissent pas d'autre instrument que la navette. Elles font des

garnitures entières, c'est-à-dire tout ce qui est nécessaire à

l'habillement d'un homme ou d'une femme; par exemple, une pièce

d'environ trois aunes de long sur une aune et demie de largeur pour

couvrir les épaules et le corps, et une autre pièce à peu près de la

même grandeur, qui sert depuis la ceinture jusqu'en bas. Ainsi deux

pièces forment tout l'habillement d'un Nègre, et peuvent servir

également aux hommes et aux femmes, parce que la différence ne consiste

que dans la manière de les porter. Moore vit deux de ces pièces si bien

travaillées et d'une si belle teinture, qu'elles furent évaluées trente

livres sterling. Les couleurs sont le bleu et le jaune: pour la

première, les Iolofs emploient l'indigo, et pour l'autre, différentes

écorces d'arbres. Moore ne leur a jamais vu de couleur rouge.

À l'égard des objets usuels qui n'entrent pas dans le commerce, Jobson

dit que les Nègres n'ont pas d'autres ouvriers que leurs propres mains.

Les nattes sont entre eux d'un usage général. Elles sont l'ouvrage des

femmes. C'est sur leurs nattes que les Nègres passent la moitié de leur

vie, qu'ils boivent, qu'ils mangent, qu'ils se reposent et qu'ils

dorment. Au marché de Mansegar, Jobson remarque qu'au lieu d'argent,

dont les Nègres sont mal pourvus, c'étaient des nattes qui passaient

pour la monnaie courante. Ainsi, pour s'informer du prix d'une chose, on

demandait combien elle valait de nattes. Le Maire raconte que les Nègres

tiennent des marchés, mais que les objets qu'ils y étalent sont de

très-petite valeur, et qu'ils viennent quelquefois de six à sept lieues

pour apporter un peu de coton, quelques légumes, tels que des pois et de

la vesce, des plats de bois et des nattes. Un jour il vit une femme qui

était venue de six lieues avec une seule barre de fer d'un demi pied de

long.

La plupart de leurs villes sont rondes dans leur forme, et leurs maisons

sont composées d'une sorte de terre rougeâtre qui s'endurcit beaucoup

par l'usage. Le pays est rempli de cette terre, qui ferait d'excellentes

briques, si elle était bien travaillée. On voit des cabanes entièrement

bâties de roseaux, comme toutes les autres en sont couvertes. Leur forme

est généralement ronde, parce qu'ils la croient plus capable de résister

aux orages et aux pluies. Toutes les villes ou villages sont environnés

d'une ou deux haies de roseaux, de la hauteur de six pieds, pour servir

de rempart contre les bêtes féroces: ce qui n'empêche pas que les

habitans ne soient quelquefois obligés d'allumer des feux et de battre

leurs tambours en poussant de grands cris pour chasser des ennemis si

dangereux: réponse péremptoire à celui qui prétendait tout à l'heure que

les bêtes n'attaquaient point l'homme.

Les Mandingues ont l'usage de bâtir leurs maisons l'une contre l'autre,

ce qui devient l'occasion d'une infinité d'incendies. Si vous leur

demandez pourquoi ils n'y mettent pas plus de distance, ils répondent

que c'était la méthode de leurs ancêtres, qui étaient plus sages qu'eux.

Il n'y a point de réponse plus commune, en fait d'administration, que

cette réponse des Mandingues.

Les huttes des Nègres se nomment _kombets_. Un kombet est distribué en

plusieurs parties, dont l'une sert de cuisine, l'autre de salle à

manger, une autre de chambre de lit, avec des ouvertures pour la

communication. Les maisons des seigneurs, suivant Le Maire, ont

quelquefois quarante ou cinquante de ces pavillons. Celle des rois n'en

a pas moins de cent, mais couverts de paille comme les plus pauvres. Le

commun des Nègres en a deux ou trois. L'enclos des personnes de qualité

est une palissade ou d'épines ou de roseaux, soutenue de distance en

distance par des piliers. Leurs kombets communiquent de l'un à l'autre

par des routes qui s'entrelacent en forme de labyrinthe. Dans

l'intérieur de l'enclos il se trouve ordinairement de fort beaux arbres,

mais sans ordre et dispersés comme au hasard, à moins que la maison,

comme celles de plusieurs princes, n'ait été bâtie exprès dans le

voisinage de quelques petits bois, dont une partie se trouve renfermée

dans l'enclos.

Le palais du damel, ou du roi de Cayor, est distingué par sa

magnificence. Avant la première porte de l'enclos, on trouve une grande

et belle place pour exercer ses chevaux, quoiqu'il n'en ait pas plus de

dix ou douze. Au long de l'enclos, les seigneurs ont des huttes, qui

composent comme l'avant-garde de celle du roi. Une longue allée de

baobabs conduit de la première place au palais. Des deux côtés de cette

avenue sont les logemens des officiers et des principaux domestiques du

roi, entourés chacun d'une palissade, ce qui forme beaucoup de détours

avant qu'on arrive à son appartement; mais le respect seul empêche les

sujets d'en approcher. Toutes ses femmes ont aussi des kombets

particuliers, où elles ont cinq ou six esclaves pour les servir. Il voit

celle chez qui son caprice le porte, sans autre règle que celle de ses

désirs. Les autres n'en témoignent jamais de jalousie; cependant il y en

a toujours une qui est traitée en favorite; et lorsqu'il en est fatigué,

il l'envoie dans quelque village, en lui assignant les fonds nécessaires

pour son entretien. Sa place est aussitôt occupée. De trente femmes que

ce prince entretient, il en avait envoyé successivement la moitié dans

ces demeures étrangères.

Rien n'est si pauvre que l'ameublement des Nègres. C'est un coffre pour

renfermer leurs habits, une natte élevée sur quelques pieux pour leur

servir de lit, une ou deux jattes qui contiennent de l'eau, quelques

calebasses, deux ou trois mortiers de bois pour broyer le maïs et le

riz, un panier pour l'y renfermer, et quelques plats de bois pour servir

le couscous aux heures du repas. Les Nègres de distinction ne sont

jamais sans une estrade ou une sorte de banc élevé de deux ou trois

pieds, et couvert de belles nattes, sur lesquelles ils sont assis

pendant le jour. Les palais des rois et des princes sont un peu mieux

meublés, parce qu'il y en a peu qui n'emploient à cet usage une partie

des marchandises qu'ils achètent des Européens.

Jobson rapporte que l'agriculture est l'office de tous les Nègres, sans

exception de rang et de condition. Les rois et les chefs des villes en

sont seuls exempts. Ils se mettent l'un à la suite de l'autre pour

former les sillons; de sorte que chacun levant à peu près la même

quantité de terre, le travail n'est pénible pour personne. Ces sillons

sont faits avec autant d'ordre et de propreté qu'en Europe. Ils y

jettent la semence et les remplissent aussitôt de la même terre; leur

industrie ne s'étend pas plus loin, à l'exception du riz, qu'ils sèment

d'abord dans de petites pièces de terres basses et marécageuses, et

qu'ils prennent la peine de transplanter: aussi croît-il en abondance.

Ils observent des saisons pour semer leurs grains, surtout pour planter

le tabac, dont chaque famille cultive sa provision autour de ses

cabanes. Ils n'apportent pas moins de soin à la culture du coton, et la

plupart des villages en ont des champs entiers.

Comme ils n'ont pas de pluie depuis le mois de septembre jusqu'à la fin

de mai, la terre est si dure dans cet intervalle, qu'ils ne peuvent la

cultiver. Les pluies commencent vers la fin de mai, et continuent dans

le mois de juin avec une grande violence, un tonnerre et des éclairs

épouvantables; et la terre ne pouvant manquer d'être assez amollie,

c'est la saison du labourage. Le plus mauvais temps, c'est-à-dire

l'extrême violence des eaux, se fait ordinairement sentir depuis le

milieu de juin jusqu'à la fin de septembre; c'est alors que les rivières

s'élèvent de trente pieds perpendiculaires; mais jusqu'à la fin

d'octobre les pluies et les eaux diminuent par degrés comme elles ont

commencé.

Pour semer le millet, le Nègres mettent un genou à terre, font de petits

trous comme on en fait en Europe pour planter des pois, y jettent trois

ou quatre grains, et bouchent chaque trou de la même terre. D'autres

ouvrent des sillons en ligne droite, y jettent leur millet et les

couvrent de même; mais la première de ces deux méthodes est la plus

commune, parce que plus le grain est enfoncé dans la terre, plus il est

en sûreté contre les oiseaux, dont le nombre est incroyable.

Le temps où les Nègres sèment est pour eux une saison de fêtes pendant

laquelle ils se traitent les uns les autres. Leurs terres sont si

fertiles, que la moisson du millet se fait dès le mois de septembre; et

c'est encore l'occasion d'une infinité de réjouissances.

Les rois étant maîtres absolus de toutes les terres, chaque famille est

obligée de s'adresser à eux ou à leurs alcades pour se faire assigner la

portion dont elle doit tirer sa subsistance. Les Nègres sont si

paresseux, qu'ils ne cultivent point assez de terre pour leur usage, et

que, leur moisson ne suffisant pas à leurs besoins, ils vivent d'une

racine noire qu'ils font sécher jusqu'à ce qu'elle ait perdu son goût

naturel, et des pistaches de terre. Si leur moisson manque, ils ne

peuvent éviter la plus affreuse famine, et les Européens en ont vu

souvent des exemples.

Ils se laissèrent séduire une fois par les promesses d'un de leurs

marabouts, de la tribu des Arabes, qui, sous le voile de la religion,

s'était rendu maître d'un grand pays entre les états du siratik et les

Sérères. Cet imposteur trouva le moyen de leur persuader qu'il était

inspiré du ciel pour les venger de la tyrannie de leurs princes. Il leur

promit des forces miraculeuses pour les soutenir dans leur révolte; et,

ce qui fit sur eux encore plus d'impression, il leur garantit que leurs

terres produiraient chaque année une moisson abondante, sans qu'ils

prissent la peine de les cultiver. La paresse des Nègres ne résista

point à des offres si flatteuses. Ils se rangèrent sous les étendards du

marabout; et les sujets du damel, qui furent les plus ardens, parvinrent

à détrôner leur souverain. Ils attendirent pendant deux ans les

miraculeuses moissons du marabout; mais la famine devint si terrible,

que, faute d'alimens, ils furent contraints de se manger les uns les

autres, ou de se livrer volontairement à l'esclavage pour éviter la

mort. Une si triste expérience leur ayant fait ouvrir les yeux sur leur

folie, ils chassèrent l'usurpateur, et remirent le damel en possession

de sa couronne.

Nous avons déjà parlé de leurs armes: ils y ont moins de confiance qu'à

leurs grisgris, avec lesquels, malgré l'expérience journalière, ils

s'obstinent à se croire invulnérables et supérieurs à leurs ennemis. Les

Européens sont les seuls qu'ils désespèrent de vaincre, parce qu'ils ont

éprouvé qu'aucun grisgris n'est à l'épreuve des armes à feu, auxquels

ils donnent le nom imitatif de _pouffs_.

On n'est point encore parvenu à se faire de justes idées du langage des

Nègres. Les principales langues sont celles des Iolofs, des Foulas et

des Mandingues. La langue la plus commune sur la Gambie est le

mandingue; avec cette clef, on peut voyager sans embarras depuis

l'embouchure de la rivière jusqu'au pays des Dionkos, ou des marchands

auxquels on donne ce nom, parce qu'on achète d'eux un très-grand nombre

d'esclaves; ce pays est à six semaines de route de Jamesfort, principal

comptoir des Anglais sur la Gambie.

Outre la langue commune, les Mandingues ont un jargon mystérieux

entièrement ignoré des femmes, et dont les hommes ne font usage qu'à

l'occasion du _moumbo dioumbo_, dont nous parlerons plus bas. Le créole

portugais, qui est une corruption de la langue portugaise, est devenu le

langage ordinaire du commerce entre les Européens de la Gambie et les

Nègres. Peut-être ne serait-il pas entendu à Lisbonne; mais les Anglais

l'apprennent plus facilement que la langue des Nègres, et leurs

interprètes n'en emploient pas d'autres. Les Foulas et plupart des

mahométans qui habitent la rivière parlent fort bien l'arabe, quoiqu'ils

soient Mandingues. Chaque royaume ou chaque nation a d'ailleurs sa

langue particulière.

Les compilateurs, des voyages ont placé ici des tables d'un certain

nombre de mots des langues nègres. Il semble qu'une esquisse de ces

jargons barbares, dans lesquels on ne peut pas même reconnaître les

premiers rapports que le langage humain a dû présenter entre les objets

et les sons, ne doive pas être fort intéressante pour nous; cependant la

curiosité s'étend sur tous les détails de ces peuplades lointaines,

ébauches imparfaites de la nature, et qui donnent aux nations policées

le plaisir de sentir toute leur supériorité. Le lecteur retrouvera donc

ici les mêmes tables que dans l'_Histoire générale des Voyages_.

TABLE PREMIÈRE.

VOCABULAIRE IOLOF ET FOULA.

_Français._ _Iolof._ _Foula._

Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages (Tome 2) · 第 12 / 23 段