roues et pose la pince à sa première place; puis avec le premier servant
de gauche ils soutiennent les bragues, pour empêcher qu'elles ne
s'engagent pendant le mouvement. Le dernier servant de gauche défait la
demi-clef du palan de retraite et tient le garant pour filer à mesure
que la pièce ira en batterie. Tous les autres servans se rangent sur les
palans de côté.
_Action!_
_Deuxième temps._ Le chef de pièce commande palanquez! Tous les servans
agissent ensemble pour mette la pièce en batterie droit au milieu du
sabord, et aussitôt qu'elle y est, le chef a soin de l'assujettir, en
passant un tour de chaque garant au collet du bouton. Les garans sont
tenus par les deuxièmes servans de chaque côté.
_Action!_
_Nota._ Si l'on continue l'exercice, on reprendra au 2me commandement.
Si on ne le continue pas, on le termine par le 12me commandement, dans
lequel on suppose que l'amarrage est simple. S'il devait être d'un autre
genre, il faudrait l'énoncer et le faire exécuter.
_Observations._ Le dernier servant de gauche doit particulièrement
veiller le roulis, afin de contretenir, quand il y a lieu, pour empêcher
la pièce d'aller heurter le bord trop vivement, ce qui serait
susceptible de déranger la charge.
Dans un combat vergue à vergue, pour accélérer le tir dans le fort d'une
action décisive, ou lorsque les servans sont fatigués ou réduits en
nombre, on est quelquefois obligé de tirer la pièce sans la mettre en
batterie; c'est ce qu'on appelle _à longueur de brague_. Il faut alors
saupoudrer un faubert mouillé, ou tout autre corps pareil, de sable ou
de cendre, et le faire servir à caler les roues de derrière pour
soulager la brague dans l'effort qu'elle aura à supporter, et l'on y
contribue encore en raidissant les palans de côtés. D'ailleurs le palan
de retraite sera bien raidi, et même, au besoin, renforcé par son
garant, que l'on fera passer plusieurs fois dans l'estrope de culasse,
ainsi que dans la boucle du palan de retraite; la pince sera mise en
travers des roues de l'avant pour contribuer avec ce palan à empêcher la
pièce de se rendre au sabord. Il est alors plus essentiel que jamais de
veiller aux accidens du feu.
12me COMMANDEMENT.
_Tapez, amarrez vos canons!_
_Deux temps._
_Explication._ Premier temps. Le troisième servant de droite remet le
couvre-lumière au chef de pièce, qui l'amarre sur la culasse, et qui
ensuite décapelle les palans et les fait tenir par les derniers servans;
il fixe entre les flasques et les garans le mou de la brague qui est
soutenue par le deuxième servant; il fait raidir les palans par tous les
servans; il les arrête par un tour mort au collet du bouton, et en
passant le double de chaque garant entre ce garant et la plate-bande de
culasse, en dessus et en dessous.
_Action!_
_Deuxième temps._ Le premier servant de droite met la tape au canon, les
autres servans rouent les palans, les amarrent le long des flasques, et
mettent les attirails nécessaires à la manoeuvre, aux places où ils
étaient auparavant. Le dernier servant de gauche décroche le palan de
retraite et le place sur le canon. Les objets apportés des soutes, et
qui ne sont pas susceptibles de rester dans les batteries, sont
rapportés par les canonniers désignés pour ce service et par le
pourvoyeur.
_Action!_
_Observations._ Si dans un combat il s'agissait d'amarrer les pièces
momentanément pendant qu'on irait servir celles de l'autre bord, on les
assujettirait, soit en batterie avec les palans de côté, soit au recul
avec la pince mise en avant des roues et avec le palan de retraite
amarré.
Quand le roulis exige un amarrage plus solide, on laisse deux ou trois
servans pour exécuter celui qui est prescrit, et ces servans retournent
prendre poste de l'autre bord dès qu'il est fini.
_Roulement!_
Chacun prend son poste comme au commencement de l'exercice, et nul ne le
quitte que lorsqu'on bat la breloque.
EXERCICE DE LA CARONADE
D'UN BORD ET PAR TEMPS.
Le commandement de _branle-bas de combat_ s'exécute comme il a été dit
pour le canon, si ce n'est que les caronades étant en ce moment à brague
fixe, il n'y a point lieu à élonger le palan de retraite. La caronade
est également supposée _chargée, et amarrée seulement par sa brague_.
Pour une caronade d'un calibre quelconque, il ne faut que quatre hommes:
un chef de pièce, un servant de droite chargeur, un servant de gauche
fournisseur, et un pourvoyeur. Le chef se rend à sa pièce et s'équipe,
ainsi qu'on l'a expliqué en parlant du canon; il visite les amarrages de
brague, et il met le levier de pointage en place. Les deux servans vont
chercher et disposent sur le pont, près de la muraille, les coins de
mire, la pince et l'anspect (ces deux derniers alloués par deux
caronades). Ils disposent ensuite la baille de combat, le seau à
incendie et le fanal, comme on l'a vu précédemment. Le fournisseur porte
le tablier garni, et le pourvoyeur se saisit du gargoussier. Celui-ci se
place à gauche de la pièce faisant face au sabord et affleurant le
fournisseur avec le coude.
_Roulement!_
Comme pour le canon.
1er COMMANDEMENT.
_Détapez vos caronades; démarrez le couvre-lumière!_
_Un temps._
_Explication._ Le chargeur ôte la tape de la caronade et la place contre
le bord derrière lui. Le chef de pièce démarre le couvre-lumière, et il
le place près du bord, en arrière du servant de droite.
_Action!_
2me COMMANDEMENT.
_Dégorgez; amorcez!_
_Un temps._
_Explication._ (Comme au 2me commandement pour le canon.)
_Observations._ (Comme au 2me commandement pour le canon.)
3me COMMANDEMENT.
_Pointez!_
_Deux temps._
_Explication._ Premier temps. Le chef de pièce se place à droite du
levier de pointage, le pied gauche en avant et à plat, le genou plié, la
jambe droite allongée, la main gauche sur la plate-bande de culasse, et
la main droite à la poignée du levier de pointage, de manière à élever
ou à baisser la culasse, jusqu'à ce que la caronade soit au point
convenable, c'est-à-dire que la ligne de mire soit, autant que
possible, dirigée sur le point où l'on doit virer, lorsque le bâtiment
est dans une position moyenne à ses balancemens de roulis.
_Action!_
_Deuxième temps._ Le chef de pièce prend de la main droite le cordon de
la platine, et il se porte vivement en arrière au-delà du bout du levier
de pointage; en même temps les servans s'en approchent pour diriger la
caronade d'après le signal du chef, qui s'incline et vise, en mettant
dans le même alignement son oeil, le point le plus élevé de la culasse
et le point le plus élevé de la volée. Quand le pointage est fini, il
fait le commandement _à postes!_ auquel les servans reprennent leur
première position.
_Action!_
_Observations._ Lorsque celui qui commande l'exercice ordonne de pointer
_en belle_, le chef de pièce fait mouvoir le levier et la vis, de
manière à ce que la pièce arrive à être droite au sabord.
Pour le commandement _d'en plein bois_ (comme aux 2me et 3me
paragraphes des _observations_ au 3me commandement pour le canon.)
Si la bande est trop forte pour que le chef puisse pointer sur l'ennemi,
il a la ressource du coin de mire pour abaisser le pointage; et s'il
veut l'élever, il démonte la vis.
4me COMMANDEMENT.
_Feu!_
_Un temps._
_Explication._ Le chef de pièce attend, etc. (Comme au 1er paragraphe de
l'_explication_ du 4e commandement pour le canon.)
_Observations._ (Comme aux 1er, 2me et 4me paragraphes des
_observations_ du 4me commandement pour le canon.)
5me COMMANDEMENT.
_Bouchez la lumière, écouvillonnez!_
_Deux temps._
_Explication._ Premier temps. Le chef de pièce prend le dégorgeoir de la
main droite, et l'enfonce dans la lumière pour voir si elle est dégagée;
il la bouche ensuite avec le pouce de la main gauche, jusqu'à ce que la
pièce soit chargée, ne l'ôtant que pendant les momens où il se sert du
dégorgeoir.
Le servant de droite se porte vivement à la volée de la caronade, passe
le corps et la jambe en dehors du seuillet du sabord, et pose le pied
droit sur le taquet qui est disposé à cet effet; son pied gauche est
appuyé en dedans.
_Action!_
_Deuxième temps._ Le servant de gauche prend l'écouvillon, et il le
donne au servant de droite: celui-ci tourne plusieurs fois l'écouvillon,
etc. (Comme aux 2me et 3me paragraphes des _explications_, et comme aux
_observations_ du 5me commandement pour le canon.)
6me COMMANDEMENT.
_La gargousse dans la caronade; au refouloir; à la poudre!_
_Un temps._
_Explication._ Le servant de droite remet l'écouvillon au servant de
gauche, qui le pose contre le bord et se tourne ensuite vivement du
côté du pourvoyeur pour en recevoir la gargousse; il la donne au
chargeur qui la place dans la pièce, le culot le premier, la couture en
dessous; le servant de gauche remet l'écouvillon en place, prend le
refouloir, le passe à celui de droite qui s'en sert pour enfoncer la
charge jusqu'au fond de la caronade; il allonge le bras droit de toute
sa longueur, ayant la main gauche sur la volée et le corps un peu
incliné en avant, prêt à refouler. Dès que le pourvoyeur a remis la
gargousse, il va en chercher un autre, ayant le gargoussier sous le bras
gauche, et la main droite sur le couvercle.
_Action!_
_Observations._ (Comme au 7me commandement pour le canon.)
7me COMMANDEMENT.
_Refoulez!_
_Un temps._
_Explication._ Le servant de droite refoule trois coups et abandonne la
hampe du refouloir en effaçant le corps.
Le chef de pièce passe le dégorgeoir dans la lumière pour s'assurer que
la gargousse est rendue; si elle ne l'est pas, il fait refouler de
nouveau; si elle l'est, il fait un signal de la main auquel le servant
retire le refouloir et le passe au servant de gauche, qui le pose et
prend vivement un boulet.
_Action!_
_Observations._ Il est très-important, etc. (Comme au 1er paragraphe des
_observations_ du 8me commandement pour le canon.)
On ne doit pas refouler plus de trois coups, etc. (Comme au 4me
paragraphe des _observations_ du 8me commandement pour le canon.)
8me COMMANDEMENT.
_Le boulet et le valet dans la caronade!_
_Un temps._
_Explication._ Le servant de gauche pose le boulet sur la caronade et le
conduit avec les mains jusqu'à ce que le servant de droite puisse le
prendre; alors celui-ci l'introduit dans la caronade et place sa main
droite devant la bouche de la pièce pour empêcher le boulet de tomber.
Le servant de gauche prend aussi un valet et le refouloir; il remet
d'abord le valet à celui de droite qui le prend de la main gauche et le
place sur le boulet; puis il lui donne le refouloir qu'il prend de la
main droite, et avec lequel il enfonce la charge. Il s'assure qu'elle
est rendue par la longueur de la hampe; il en rend compte par ces mots:
_rendu, chef!_ et il allonge le bras droit de toute sa longueur, la main
gauche sur la volée et le corps incliné en avant.
_Action!_
_Observations._ On ne met qu'un projectile dans la caronade surtout, à
moins que le commandant, etc. (Comme au 1er paragraphe des
_observations_ du 9me commandement pour le canon.)
Le chargeur doit avoir soin que le boulet ne tombe pas à la mer, et le
valet ne doit être placé qu'autant qu'il est sûr que le boulet est dans
la pièce; ce dont au surplus il s'apercevra toujours, après qu'il aura
enfoncé la charge, par la marque qui est sur la hampe. Si on découvrait
alors que le boulet n'est pas dans la pièce, il faudrait ôter le valet
avec le tire-bourre pour mettre un autre boulet.
Si le boulet n'entre pas dans la pièce, etc. (Comme au 3me paragraphe
des _observations_ du 9me commandement pour le canon.)
9me COMMANDEMENT.
_Refoulez!_
_Un temps._
_Explication._ Le servant de droite refoule deux coups; il retire le
refouloir et le passe au servant de gauche qui le remet à sa place.
_Action!_
_Nota._ Si on continue l'exercice, on reprend au 2me commandement. Si on
ne continue pas, on le termine par le commandement qui suit:
10me COMMANDEMENT.
_Tapez vos caronades, amarrez le couvre-lumière!_
_Un temps._
_Explication._ Le servant de droite remet la tape à la caronade. Le chef
de pièce va prendre le couvre-lumière et l'amarre; puis il ôte le levier
de pointage qu'il fait remettre, ainsi que les autres attirails, où ils
étaient avant la manoeuvre. Les objets apportés des soutes et qui ne
sont pas susceptibles de rester dans les batteries, sont reportés par
les servans et par les pourvoyeurs.
_Action!_
_Roulement._
Chacun reprend son poste comme au commandement de l'exercice, et nul ne
le quitte que lorsqu'on bat la breloque.
EXERCICE DU CANON OBUSIER.
_Roulement._
Comme pour le canon.
1er COMMANDEMENT.
_Détapez, démarrez vos canons!_ (Un temps.)
Comme pour le canon.
2me COMMANDEMENT.
_Dégorgez, amorcez!_ (Un temps.)
Comme pour le canon.
3me COMMANDEMENT.
_Pointez!_ (Trois temps.)
Comme pour le canon.
4me COMMANDEMENT.
_Feu!_ (Deux temps.)
_1er temps._ Comme pour le canon jusqu'à ces mots, si le canon n'est pas
assez rentré.
Le chef de pièce dans ce cas facilite le mouvement de rentrée en prenant
son levier-directeur, dont il engage le bec dans le cran de la tige
mobile, pour élever le derrière de l'affût. Les premiers servans de
droite et de gauche restés à leur poste parent les palans et bragues. Le
chef de pièce remet le levier-directeur à sa place, et le 2e servant de
gauche fait une demi-clef au palan de retraite.
_2e temps._ Comme pour le canon.
5me COMMANDEMENT.
_Bouchez la lumière, écouvillonnez!_ (Deux temps.)
_1er temps._ Comme pour le canon. Après ces mots, qu'il enfonce dans la
pièce, ajoutez: à l'aide du premier servant de gauche qui se porte
également à la volée de l'obusier par un mouvement semblable à celui de
droite.
_2e temps._ Les deux servans tournent plusieurs fois l'écouvillon au
fond de la chambre et de l'âme dans le sens nécessaire pour faire
prendre le tire-bourre, et ils le retirent en le tournant du même côté.
(Le reste comme pour le canon.)
6me COMMANDEMENT.
_Au refouloir!_ (Un temps.)
Comme pour le canon.
7me COMMANDEMENT.
_La gargousse dans le canon; à la poudre; à l'obus!_ (Un temps.)
Le premier servant de gauche fait un demi à gauche et reçoit du
pourvoyeur la gargousse qu'il place dans le canon, le culot le premier,
la couture en dessous; puis il aide le premier servant de droite à
l'enfoncer avec le refouloir jusqu'au fond de la chambre. Tous les deux
prennent la position de refouler.
Dès que le pourvoyeur a remis la gargousse, il va en chercher une autre,
ayant le gargoussier sous le bras gauche et la main droite sur son
couvercle.
Le deuxième servant de gauche prend la boîte vide et se dirige avec le
troisième servant du même côté, vers l'écoutille destinée au passage des
projectiles chargés. Le deuxième servant affale la boîte par l'écoutille
au moyen d'un cartahu à croc; puis tous les deux hissent dans la
batterie, par le même moyen, la boîte renfermant l'obus; lovent le
cartahu sur la boîte; ils la saisissent ensuite par les anses, le
deuxième de la main droite, et le troisième de la main gauche, et la
transportent sur l'avant de l'affût, sous la volée de l'obusier, en
passant par derrière la file des servans de gauche. Après l'avoir posée
sur le pont, tous les deux reprennent leur poste.
_Action!_
8me COMMANDEMENT.
_Refoulez!_ (Un temps.)
Les premiers servans de droite et de gauche refoulent trois coups bien
égaux et abandonnent la hampe du refouloir en effaçant le corps. Le chef
de pièce passe le dégorgeoir dans la lumière pour s'assurer que la
gargousse est rendue au fond de la chambre. Si elle ne l'est pas, il
fait refouler de nouveau; si elle l'est, il fait un signal de la main,
auquel le premier servant retire le refouloir qu'il passe au deuxième
qui le pose sur le pont, et duquel il reçoit le gros refouloir qu'il
pose sur le seuillet de sabord, la tête sur le pont, appuyant contre le
devant du flasque droit.
_Action!_
9me COMMANDEMENT.
_L'obus et le valet dans le canon!_ (Un temps.)
Les premiers servans de droite et de gauche enlèvent l'obus de la boîte
et l'élèvent à la hauteur de la bouche de la pièce. Le deuxième servant
de gauche retire aussitôt la boîte, à laquelle il remet le couvercle ôté
précédemment, et la place contre le bord derrière lui.
Le premier servant de gauche introduit l'obus dans le canon après
l'avoir préalablement décoiffé, il le maintient dans cette position avec
la main gauche, ayant la main droite appuyée contre la masse de mire. Le
premier servant de droite prend le refouloir, et aidé du premier servant
de gauche qui abandonne l'obus, il l'enfonce au fond de l'âme et retire
le refouloir.
Le premier servant de gauche reçoit du deuxième, du même côté, un valet
qu'il place dans la pièce, et les deux premiers servans l'enfoncent sur
l'obus avec le refouloir. Le premier servant de droite s'assure que
l'obus et le valet sont rendus au fond de la pièce par la longueur de la
hampe, et en rend compte au chef. Ces deux servans prennent la position
pour refouler.
10me COMMANDEMENT.
_Refoulez!_ (Un temps.)
Comme pour le canon.
11me COMMANDEMENT.
_En batterie!_ (Deux temps.)
_1er temps._ Le chef de pièce prend le levier-directeur, et le tenant
des deux mains par l'extrémité, il engage le bec sous la tige mobile.
(Comme pour le canon.)
_2e temps._ Le chef de pièce placé parallèlement à l'affût, faisant
effort sur le trou du levier-directeur, soulève le derrière de l'affût
et commande _palanquez!_ alors tous les servans agissent ensemble pour
mettre la pièce en batterie droite au milieu du sabord; le chef facilite
ce mouvement en continuant de peser sur son levier et poussant en avant
jusqu'à ce que la pièce soit en batterie. Alors il débarre, remet le
levier-directeur à sa place, et (comme pour le canon.)
12me COMMANDEMENT.
_Tapez, amarrez vos canons!_ (Deux temps.)
Comme pour le canon.
_Nota._ L'armement de ces bouches à feu est le même que pour le canon de
36, plus un levier-directeur et un petit refouloir à tête conique pour
la gargousse. Mais le levier-directeur n'est utile que lorsque l'affût
est privé de roues de derrière; dans le cas contraire, tout ce qui a
rapport dans l'exercice au levier-directeur, doit être supprimé.
EXERCICE DES DEUX BORDS,
ET A VOLONTÉ.
L'exercice des deux bords n'apporte aucune modification à la manière
dont une pièce doit être pointée, tirée et chargée. Mais comme alors ce
sont les canonniers d'un seul bord qui se partagent pour faire le
service des deux bords, il a fallu adopter un ordre de répartition
qu'il importe de faire connaître.
Cet exercice se divise en quatre parties.
I.--_Armement des pièces et changement de bord._
TROIS COMMANDEMENS.
1er.--_Armez les deux bords!_
_Explication._ Les chefs des pièces paires si l'on est à tribord, et
ceux des pièces impaires si l'on est à bâbord, disposent sur le boulon
de culasse les boîtes à capsules, le doigtier, le dégorgeoir,
l'épinglette et le tablier du servant.
_Action!_
_Observation._ Le numérotage des pièces commence par l'avant, et si le
nombre des pièces d'une batterie est impair, l'équipage des deux
dernières pièces de l'arrière les manoeuvre ensemble comme s'il
s'agissait de deux pièces voisines.
2e.--_Par le flanc gauche et par le flanc droit; à gauche, à droite!_
_Explication._ Les servans de droite font à _gauche_, ceux de gauche
font à _droite_, et les chefs de pièce _demi-tour_ à _droite_! tous se
tiennent prêts à se porter à la pièce correspondante de l'autre bord.
_Action!_
_Observation._ Dans un combat, c'est le chef de pièce qui fait le
commandement de par le _flanc gauche!_ etc.
3e.--_Marche!_
_Explication._ Les chefs de pièces qui ont fait demi-tour se rendent
avec leurs servans aux pièces correspondantes de l'autre bord, et
détachent, chemin faisant, à la pièce voisine à droite, les trois
premiers servans de droite, savoir: le premier pour chef de pièce; le
deuxième pour chargeur, et le troisième pour fournisseur. A cet effet,
les servans de droite marquent le pas jusqu'à ce que le dernier homme de
la file de gauche l'ait dépassé, et tous se rendent à leur poste en se
formant, les servans de gauche sur la droite, et ceux de droite sur la
gauche, par file en bataille.
Les chefs de pièces qui n'ont pas quitté leurs pièces, s'équipent du
tablier et envoient à celle qui est voisine à droite, devenue vacante,
les trois premiers servans de droite; le premier pour chef de pièce, le
deuxième pour chargeur, et le troisième pour fournisseur.
Les chargeurs envoyés pour chefs de pièces, sont nommés _chefs
provisoires_, et les autres, _chefs titulaires_.
A chaque pièce des deux bords où se trouve le chef titulaire, le premier
servant de gauche devient chargeur, et le second fournisseur.
Chaque chef, à son arrivée à la nouvelle pièce qu'il va servir, s'arme
de la boîte à capsules, du doigtier, du dégorgeoir et de l'épinglette
qui doivent s'y trouver; les écouvillons et les refouloirs sont passés à
la gauche des pièces dans toutes les batteries; le chef de pièce démarre
le couvre-lumière et fait détaper la pièce.
_Action!_
_Observation._ Pendant un combat, c'est le chef qui fait le commandement
de _marche!_ Le tablier est supposé avoir été apporté au commandement de
_branle-bas_.
II.--_Manoeuvre de la pièce de chaque chef titulaire jusqu'à ce qu'elle
ait fait feu, et passage des servans mobiles à la pièce de chaque chef
provisoire._--Quatre commandemens.
1er.--_En batterie; dégorgez; amorcez!_
_Explication._ Après avoir mis les pièces en batterie, si elles n'y sont
pas, les chefs titulaires seulement dégorgent et amorcent.
_Action!_
2e.--_Pointez!_
_Explication._ Les chefs titulaires seulement passent par tous les temps
du pointage.
_Action!_
3e.--_Feu!_
_Explication._ Les chefs de pièces attendent le moment favorable et ils
exécutent le feu. Aidés par leurs servans, ils mettent les pièces hors
de batterie, et le premier servant de gauche fait la demi-clef au palan
de retraite. La pince est mise en travers des roues par le premier
servant de droite.
_Action!_
_Observation._ S'il y a lieu de se servir du boute-feu, c'est le dernier
servant de gauche qui s'en saisit.
4e.--_Servans mobiles, changez!_
_Explication._ Les chefs de pièces qui viennent de tirer ne conservent
que le premier servant de droite et de gauche; tous les autres, nommés
_servans mobiles_, se portent à la pièce voisine à droite, où ils
occupent les mêmes postes qu'à celle du chef titulaire.
_Action!_
III.--_Manière de charger la pièce pendant que celle du chef provisoire
est mise en batterie et fait feu, et réciproquement._--Cinq
commandemens.
_Observation._ Chacun des cinq commandemens en comprend deux ou
plusieurs, qui s'adressent tantôt aux chefs titulaires, tantôt aux chefs
provisoires; comme ils ne pourraient être donnés à la voix sans
confusion, on en marque l'exécution par un coup de baguette.
_Chefs titulaires._ | _Chefs provisoires._
|
1er coup de baguette.--Bouchez | 1er coup de baguette.--En
la lumière, écouvillonnez au | batterie; dégorgez, amorcez!
refouloir! |
| (Le dernier servant de gauche
| défait la demi-clef du palan
| de retraite.)
|
2e La gargousse dans le canon; | 2e Pointez!
refoulez, à la poudre! |
_Observation._ Le pourvoyeur va chercher la poudre et la porte à la
pièce qui va tirer; il continue alternativement ce service pour les
deux pièces de l'approvisionnement desquelles il est chargé.
3e Le boulet et le valet dans | 3e Au boute-feu!
le canon! | (S'il y a lieu.)
|
4e Refoulez! | 4e Feu!
_Observation._ Comme dorénavant on se servira très-rarement du
boute-feu, le chef provisoire fera alors _feu_ au troisième coup de
baguette; et au quatrième, il fera mettre sa pièce hors de batterie; les
deux commandemens des troisième et quatrième coups de baguette, pris
simultanément, devant, dans tous les cas, commencer et finir à-peu-près
en même temps.
5e.--_Servans mobiles, changez!_
L'exercice continuant, les chefs provisoires exécutent à chaque coup de
baguette les commandemens indiqués pour les titulaires, et
réciproquement. Ensuite ils alternent encore.
Au roulement, le feu cesse, mais on continue de charger les pièces qui
ne le sont pas. Un chef ne doit _jamais_ quitter sa pièce qu'elle ne
soit chargée, mise en batterie et amarrée si c'est une pièce des
batteries hautes, ou rentrée et fixée par la pince placée en avant des
roues, si c'est une pièce de la batterie basse.
IV.--_Désarmement d'un des deux bords._--Trois commandemens.
1er.--_Canonniers, tous à tribord; ou canonniers, tous à bâbord!_