Le pivot _l_ traverse le châssis et facilite son

mouvement de rotation.

_Parties en fer du Châssis._

La cheville ouvrière,

sa plaque, etc _j_ pour mouvoir obliquement la tête du

châssis, tout en la maintenant contre le

bord.

Le piton de cheville

ouvrière sa tête reçoit la cheville ouvrière, et

sa tige traverse le bord; il maintient

le châssis au moyen de la cheville

ouvrière.

Le boulon d'assemblage pour maintenir le bois du châssis et le

manoeuvrer.

4 boulons de support fixent le châssis sur le support.

Le briquet avec rivets Plaque de fer qui reçoit le choc du pivot

et de la rondelle, et qui empêche

l'écartement des deux côtés opposés.

La plaque du levier

de pointage comme celle de la semelle. (Dans les

grandes obliquités on peut pointer par le

châssis, ce qui diminue l'obliquité de la

semelle, et par conséquent l'effort qui

en résulte sur le châssis lors du tir.)

Les canons, les caronades et leurs affûts sont manoeuvrés ou retenus à

bord au moyen de divers cordages et palans, dont l'ensemble constitue le

gréement de la pièce. Outre ce gréement, chaque pièce nécessite encore

l'usage de divers ustensiles qui servent à son service et à son

pointage, et qui sont connus sous le nom d'armement.

_Gréement du Canon._

La brague fort cordage qui retient la pièce après

l'effet du recul.

2 palans de côté pour manoeuvrer le canon et le contenir

au roulis.

Le palan de retraite pour tenir le canon au recul après le

tir, le mettre hors de batterie et à la

serre.

La croupière pour accrocher le palan de retraite.

L'estrope de culasse pour accrocher le palan de retraite

quand le canon est à la serre.

Le raban de volée pour assujettir la volée au fronteau de

volée, quand on met le canon à la serre.

L'aiguillette pour brider la brague avec les palans de

côté, quand on met les canons à la serre.

L'itague, le palanquin

et deux rabans pour ouvrir et tenir fermé le mantelet de

sabord.

_Gréement de la Caronade._

La brague fort cordage qui maintient la pièce

contre le sabord et l'empêche de reculer.

(C'est ce qu'on appelle brague fixe;

l'installation de la brague du canon

s'appelle à brague courante.)

_Armement du Canon._

Le coussin, 2 coins

de mire sur la sole de l'affût pour élever le

canon au pointage.

L'anspect ou levier sert au servant de gauche pour pointer.

La pince sert au servant de droite pour pointer.

Le tire-bourre et la

cuillère pour décharger la pièce.

La platine ou batterie ressort à l'instar de celui du fusil pour

mettre le feu à la pièce.

La boîte à capsules et

les capsules la capsule est un petit tuyau fait d'une

légère feuille de cuivre, contenant de la

poudre fulminante pour mettre le feu à la

charge au moyen de platines à piston ou à

percussion.

La corne d'amorce étui qui contient la poudre d'amorce pour

les platines à pierre, ou pour les cas où

l'on n'a plus de platines.

Le dégorgeoir pour dégager la lumière et crever la

gargousse.

L'épinglette pour diriger la poudre dans la lumière.

La boîte à étoupille

et les étoupilles l'étoupille est un tuyau de plume plein

d'artifice, destiné à mettre le feu à la

charge.

Le doigtier forte peau que le chef de pièce met à son

doigt pour pouvoir boucher la lumière

quand la pièce est très-chaude.

Le couvre-lumière

et ses rabans pour couvrir la lumière quand la pièce

est au repos. (La lumière est en outre

fermée par un bouchon d'étoupe garni de

suif, nommé étoupillon.)

La tape pour fermer la bouche de la pièce.

Le gargoussier boîte dans laquelle on apporte de la

soute, la gargousse ou le sac contenant

la charge de poudre.

Le boute-feu avec sa

tresse pour mettre le feu à la pièce si on

amorce avec de la poudre.

Les valets pelotes en fil de carret pour assujettir

le boulet dans la pièce.

L'écouvillon pour nettoyer l'intérieur de la pièce

quand elle a fait feu.

Le refouloir pour enfoncer la charge. (Pour les

calibres de 12 et au-dessous,

l'écouvillon et le refouloir, la cuillère

et le tire-bourre, sont sur la même

hampe; alors la tête de l'écouvillon est

tournée du côté de la culasse pendant le

service de la pièce.)

La baille (contenant

de l'eau) pour mouiller la poudre qui peut tomber

sur le pont, et pour rafraîchir la pièce au

besoin.

Le faubert pour le service de la baille ci-dessus.

_Armement de la Caronade._

La vis de pointage pour élever et abaisser la pièce au

pointage. (Des coins de mire sont alloués

pour suppléer la vis au besoin.)

Le levier en fer tient à la semelle par une goupille pour

lui donner la direction convenable. (Des

anspects et des pinces sont allouées afin

de suppléer le levier au besoin.)

Le tire-bourre, la

cuillère, etc. comme pour l'armement du canon.

En outre des objets d'armement ci-dessus, le dernier servant de droite

pour les canons, et le servant de gauche pour les caronades, ont devant

eux un petit tablier contenant des pierres à feu de rechange (si les

platines sont à pierres), et du vieux linge pour nettoyer la platine:

une corne d'amorce garnie est allouée en cas de besoin pour chaque

pièce, et elle est suspendue dans les batteries le long du bord, entre

les baux, ou disposée à la sainte-barbe.

Enfin, dans les grands bâtimens, deux canonniers par batterie ont un

grand sac contenant un vilebrequin, quatre vrilles, un tournevis, quatre

platines, des capsules, des étoupilles s'il y a lieu, de la ligne pour

platine, et du vieux linge pour obvier aux accidens. Sur les bricks et

bâtimens au-dessous il n'y a qu'un grand sac.

CHAPITRE II.

_Des Projectiles et de la Charge._

On donne le nom de projectiles à tous les corps lancés dans l'espace,

mais plus particulièrement à ceux qui le sont par l'explosion de la

poudre.

Dans la marine, les projectiles sont les boulets ronds, ou simplement

les boulets; les boulets ramés, les grappes de raisin ou la grosse

mitraille, et les boîtes ou paquets de mitraille; ces derniers, connus

aussi sous le nom de petite mitraille, ne s'emploient plus guère que

dans les pierriers.

Les boulets ronds sont en fer fondu, et autant que possible sans

aspérités ou cavités; leur destination principale est de percer la

muraille des vaisseaux et d'abattre les mâts.

Le diamètre d'un boulet et en général de tout projectile, est un peu

plus petit que celui de la pièce, afin d'y pouvoir entrer librement; la

petite différence qui existe entre ces deux diamètres s'appelle le vent

du boulet.

Le vent ne doit pas dépasser certaines limites qui sont fixées pour

chaque calibre; il faut donc que chaque projectile ait le diamètre

prescrit; et l'on appelle calibrer, l'opération par laquelle on s'en

assure: elle se fait au moyen de deux lunettes en métal, dont l'une a

trois points de plus, et l'autre six points de moins que le boulet

réglementaire.

On rejette tout boulet qui ne passe pas en tous sens par la première, ou

qui passe dans un sens quelconque dans la seconde. Le boulet de 36 a 2

lignes 6 points de vent, ceux de 30 et de 24 2 lignes 3 points, et

ensuite en diminuant de trois points par calibre; le vent est d'une

ligne 6 points pour les boulets de toutes les caronades; plus un boulet

a de vent, plus la poudre perd de son action, et moins la pièce a de

portée et de justesse dans le tir.

Les boulets ramés sont deux lentilles de fonte réunies par une tige en

fer dont la longueur a deux diamètres du boulet; leur forme s'oppose à

ce qu'ils portent aussi loin que les boulets ronds, et à ce qu'ils

pénètrent la muraille des gros vaisseaux; mais ils peuvent produire de

grands effets sur la mâture et le gréement de l'ennemi, et quand le peu

d'éloignement du bâtiment ennemi, ou la faiblesse de ses murailles,

permettent qu'ils entrent à bord, ils y occasionnent des éclats

considérables.

Les grappes de raisin sont un assemblage de balles de fontes assujetties

autour d'une tige de fer qui tient à une plaque ronde de même métal;

celle-ci, qui sert de base au projectile, est du diamètre du boulet, et

ces balles sont retenues par une espèce de coiffe en grosse toile

peinte, liée en plusieurs sens: il en résulte une grappe à-peu-près

cylindrique, dont le poids et la longueur sont réglés par un tarif. La

portée des grappes de raisin est environ les deux tiers de celle des

boulets ramés; leurs balles ou biscaïens rompent leur enveloppe au

sortir de la pièce; elles divergent et elles sont très-propres de près

(à deux encâblures par exemple) à couper des manoeuvres ou à détruire

des hommes au sabord, et sur les ponts quand on se bat sous le vent, ou

que ces hommes sont faiblement abrités.

Les boîtes de mitraille se composent d'une boîte cylindrique de

fer-blanc dont la base a le diamètre du boulet et qui contient de

petites balles; la longueur de la boîte est déterminée par un tarif. La

portée de cette mitraille est à-peu-près celle des grappes de raisin;

mais ces petites balles, après leur échappement, ont encore moins

d'action que les biscaïens; elles ne peuvent être efficaces que contre

des embarcations ou contre des hommes entièrement à découvert.

La charge se compose d'une gargousse, d'un ou de deux projectiles, et

d'un valet.

La gargousse est un sac du calibre de la pièce, et dans lequel est

contenu la poudre destinée à faire l'explosion; cette quantité de poudre

est réglée ainsi qu'il suit: pour éprouver un canon, la moitié du poids

du boulet de même calibre; pour le combat, le tiers dudit poids; pour

salut ou pour signaux, le quart. Quand les pièces doivent rester

chargées, on met sur la gargousse un valet qui est attaché à cette

gargousse, pour pouvoir la retirer facilement, s'il y a lieu. La charge

de la caronade pour le combat est de 1/9 du poids du boulet, et pour

salut le 1/12; celle du pierrier est le 1/5, et celle de l'espingole le

1/10.

Les gargousses aujourd'hui ne sont plus ordinairement préparées à bord

des bâtimens; ceux-ci les reçoivent du magasin, conformément au

réglement, et la poudre qui est ainsi préparée et délivrée par les

magasins, s'appelle l'apprêtée.

Lorsqu'une pièce a tiré plusieurs fois de suite, elle s'échauffe, la

presque totalité de la poudre s'embrase, et l'on en diminue alors par

précaution la quantité; c'est ce qu'on appelle saigner la gargousse;

ainsi l'on conserve à-peu-près la même portée qu'auparavant, l'on

préserve la pièce du danger d'éclater, et les affûts ainsi que les

bâtimens sont moins fatigués.

On met dans les canons, un, deux ou trois projectiles. Ce dernier cas

doit être fort rare et peu répété tout de suite, car il y aurait danger

que le canon n'éclatât; d'ailleurs la portée se trouvant par là

très-diminuée, on ne doit l'employer que de fort près et sur un ordre

supérieur.

Il y a toujours inconvénient à charger un canon avec deux projectiles de

différente espèce, à cause de l'inégalité des portées; mais alors en se

réglant sur la différence des vitesses de ces projectiles, on introduit

le boulet ramé avant le boulet rond, et de même la boîte de mitraille,

ou la grappe de raisin avant le boulet ramé. La brague des caronades

devant être très-ménagée, on ne doit charger ces pièces avec deux

projectiles que rarement, et pour ainsi dire jamais avec trois.

Au surplus, quand on traitera de l'exercice, on indiquera plus

particulièrement quelle est exactement la manière de procéder pour

charger une pièce.

_Remarques._

Ceux qui ont écrit sur la portée des charges à plusieurs projectiles ne

sont nullement d'accord sur leur résultat et leur emploi. Nous allons

rapporter quelques expériences.

Dans les épreuves exécutées en France en 1783, deux boulets ronds de 36

lancés à la fois par 12 livres de poudre, sous un angle de projection de

17°, ont porté à 1,200 toises; et dans les mêmes circonstances la portée

d'un boulet de même calibre, tiré seul, fut de 1,450 toises.

La portée de deux boulets ronds de 24, lancés par 8 livres de poudre

sous le même angle de 17°, a été de 1,090 toises, et celle d'un seul

boulet de 24, de 1,360 toises. Les canons des autres calibres en usage

dans la marine, tirés alternativement aussi avec un et deux boulets,

ont offert des résultats analogues, et confirmés d'ailleurs par des

épreuves de même nature, qui furent exécutées en Angleterre en 1793.

La divergence des boulets tirés ensemble paraît très-fondée lorsque le

but est éloigné; ainsi on ne doit pas les permettre au-delà de 300

toises. Mais de très-près, et lorsqu'on tire sur des navires offrant par

leur gréement et leur voilure une grande surface, il est assurément

très-avantageux de tirer deux boulets au lieu d'un, surtout s'ils sont

de gros calibre; car non-seulement ils auront la force de traverser les

murailles les plus épaisses, et ils feront deux trous au lieu d'un, mais

encore chacun d'eux enlèvera plus d'éclats.

En outre, lorsqu'on est à bout portant, comme dans certains passages à

poupe, ou dans l'instant d'un abordage, il convient extrêmement de

charger tous les canons avec trois projectiles, dirigeant ceux du petit

calibre contre les bastingages, et les autres contre la partie du navire

ennemi dont l'élévation correspond à la leur[3].

[3] De Montgéry, règles de pointage.

Des expériences faites à Brest prouvent que les balles de nos fusils de

munition, avec leur charge de poudre accoutumée, et tirées de 20 à 50

toises de distance, possèdent plus que la force nécessaire pour

traverser les bastingages les plus épais qui se trouvent généralement à

bord des bâtimens[4]. Or trois boulets d'une livre lancés par 6 onces de

poudre, étant animés chacun d'une plus grande quantité de mouvement que

les balles susdites, et pouvant s'enfoncer davantage dans un corps

solide, traverseront, à plus forte raison, avec une extrême facilité

toute espèce de bastingage usité. Les boulets d'une livre sont au reste

les plus petits qu'on emploie à bord des navires français; ce sont ceux

de pierriers. Donc aussi les boulets des autres bouches à feu peuvent

être tirés avec succès trois à la fois contre les bastingages, et même

contre la muraille des gaillards, qui a rarement plus de 8 à 10 pouces

d'épaisseur[4].

[4] Procès-verbal de ces expériences.

Si la divergence des boulets ronds tirés ensemble est considérable, elle

l'est encore bien davantage si la charge se compose d'un boulet rond et

d'un boulet ramé. Voici ce que dit à ce sujet M. Cornibert:

«J'assurerai que pendant deux ans que j'ai été inspecteur de la fonderie

de Nevers, il a été tiré plus de deux mille coups de canon à plusieurs

boulets ronds et ramés pour épreuves ordinaires et extraordinaires des

bouches à feu fabriquées dans cet établissement. Les canons et caronades

placés sur des traîneaux et plateaux très-solides, reposant sur la

terre, quelquefois molle, dans toute leur longueur, étaient pointés,

avec tout le soin possible, contre une butte distante de 150 toises au

plus du lieu de départ des boulets, et d'ailleurs assez large pour

n'être jamais manquée dans le tir ordinaire. Malgré toutes les

précautions prises et la régularité du pointage, que quelquefois j'ai

fait rectifier avec un cordeau, la moitié et plus des boulets manquait

la butte; un boulet frappait au pied, tandis que l'autre allait frapper

plus loin, en passant par-dessus. Ces irrégularités ne pouvaient

certainement être occasionnées que par le choc de projectiles l'un

contre l'autre dans la pièce en en sortant. Aux épreuves à outrance, on

s'est servi de boulets ramés, bien justes dans leurs dimensions,

fabriqués soigneusement et avec du bon fer aux forges de Guérigny;

presque tous se sont cassés sortant des pièces; rarement ils ont atteint

la butte, et des morceaux ont été trouvés très-écartés à droite et à

gauche de la direction du tir.»

Au reste, l'emploi du boulet ramé doit être peu fréquent; mis dans la

pièce avec un boulet rond, comme il s'abaisse davantage que celui-ci, à

distances égales, il arrivera que si l'on veut endommager le gréement,

le boulet rond passera par-dessus ou n'y fera que peu d'avaries en ne

rencontrant que des manoeuvres élevées; que si au contraire le boulet

rond rencontre les bas mâts et les basses vergues, le boulet ramé

rencontrera la coque qu'il est incapable de traverser.

La charge composée d'un boulet et d'un paquet de mitraille est sujette

aux mêmes inconvéniens et ne doit être employée que de très-près.

La charge à double projectile avec boulets ronds ne doit pas être

employée au-delà de 300 toises; et celles composées d'un boulet rond et

d'une mitraille, ou un boulet ramé, au-delà d'une encâblure.

Ce n'est qu'à très-petites distances qu'on peut espérer de tirer un

parti avantageux de doubles charges des caronades, et on ne peut

continuer long-temps à s'en servir sans craindre la rupture presque

certaine de la brague.

On ne doit jamais commencer le feu avec des caronades sans avoir

préalablement passé la fausse brague.

CHAPITRE III.

_Emplacement des Canons et de leurs projectiles, à bord._

C'est au sabord des bâtimens que les canons sont placés, amarrés et

manoeuvrés. Une décision du 18 septembre 1828 en a réglé le nombre par

batterie, ainsi qu'il suit:

+==============+=============+=============+=============+

| RANG | 1re | 2e | 3e |

| des | BATTERIE. | BATTERIE. | BATTERIE. |

| BATIMENS. | | | |

+--------------+-------------+-------------+-------------+

| | | | |

| Vaisseau de | 32 canons | 34 canons |34 caron. |

| 1er rang. | de 30 longs.|de 30 courts.| de 30. |

| | | | |

| Vaisseau de | 32 canons | 34 canons | » |

| 2e rang. | de 30 longs.|de 30 courts.| |

| | | | |

| Vaisseau de | 30 canons | 32 canons | » |

| 3e rang. | de 30 longs.|de 30 courts.| |

| | | | |

| Vaisseau de | 28 canons | 30 canons | » |

| 4e rang. | de 20 longs.|de 30 courts.| |

| | | | |

| Frégate de | 30 canons | » | » |

| 1er rang. | de 30 longs.| | |

| | | | |

| Frégate de | 28 canons | » | » |

| 2e rang. | de 24 longs.| | |

| | | | |

| Frégate de | 28 canons | » | » |

| 3e rang. | de 18 longs.| | |

| | | | |

| Corvette {20c. de 30 l.| » | » |

| à gaillards. { 4c. de 18 l.| | |

| | | | |

| Corvette | | | |

| sans | id. | » | » |

| gaillards. | | | |

+==============+=============+=============+=============+

+==============+====================+=========+======================+

| RANG | |Total des|Et plus pour dunettes,|

| des | GAILLARDS. |bouches | hunes |

| BATIMENS. | |à feu. | et embarcations. |

+--------------+--------------------+---------+----------------------+

| | | | |

| | | { 1 caronade de 18. |

| Vaisseau de |16 caronades de 30. | 120 { 1 id. de 12. |

| 1er rang. | 4 canons 18 longs. | { 4 pierriers. |

| | | { 8 espingoles. |

| | | | |

| Vaisseau de |30 caronades de 30. | 100 | id. |

| 2e rang. | 4 canons 18 longs. | | |

| | | | |

| Vaisseau de | 24 caronades de 30.| 90 | id. |

| 3e rang. | 4 canons 18 longs. | | |

| | | | |

| Vaisseau de | 20 caronades de 30.| 82 | id. |

| 4e rang. | 4 canons 18 longs. | | |

| | | | |

| Frégate de |28 caronades de 30. | 60 | id. |

| 1er rang. | 2 canons de 18 | | |

| | longs. | { 2 caronades de 12. |

| Frégate de |22 caronades de 24. | 52 { 4 pierriers. |

| 2e rang. |2 canons de 18 | { 8 espingoles. |

| | courts. | | |

| Frégate de |16 caronades de 30. | 46 | id. |

| 3e rang. | 2 canons de 18 | | |

| |courts. | | |

| | | { 1 caronade de 12. |

| Corvette |8 caronades de 30. | 32 { 4 pierriers. |

| à gaillards. | | { 6 espingoles. |

| | | | |

| Corvette | | | |

| sans | » | 24 | id. |

| gaillards. | | | |

+==============+====================+=========+======================+

Chaque canon s'installe au sabord, de manière que les flasques ou le

croissant de l'affût touchent la muraille; alors la volée sort au dehors

de tout ce dont elle excède l'épaisseur de la muraille. Tenu en cette

position par les palans de côté, dont les courans sont fixés par un

simple tour au bouton de culasse, le canon est dit être au sabord ou en

batterie, et amarré à garans simples. C'est l'amarrage de beau temps,

mais il en est de plus solides pour d'autres circonstances dont nous

parlerons plus loin.

L'ouverture du sabord permet de pointer ou de diriger l'axe du canon à

18 ou 20°, à droite ou à gauche de la ligne du travers. Sans coussin ni

coin de mire, cet axe peut s'élever d'environ 14° au-dessus de

l'horizon, et avec coussin et coin de mire s'abaisser d'à-peu-près 6 à

7°.

Quant aux caronades, elles sont présentées au sabord comme les canons;

mais, ainsi que nous l'avons dit, elles y sont en ce moment retenues à

bragues fixes; mais dans les mauvais temps on y ajoute quelques

aiguillettes. Leur pointage peut aller de 28° à droite ou à gauche de la

ligne du travers; leur axe peut s'élever au-dessus de l'horizon de 13°

avec la vis et de 16° sans la vis; il peut s'abaisser au-dessous de 5°

avec la vis, et de 14 avec le coin de mire.

Il y a confusion et perte de temps à tenir dans les soutes les objets

nécessaires pour la manoeuvre et le service des pièces; il est

aujourd'hui reconnu que les objets doivent être en grande partie dans

les batteries ou près des canons: prescrire à cet égard des dispositions

uniformes pour tous les temps et tous les bâtimens, serait cependant

d'une exécution presque impossible; mais le principe étant adopté, il

suffit d'indiquer celles que l'on croit bonnes, ou qui sont le plus en

usage.

Chaque pièce est numérotée par batterie et en commençant par l'avant;

chaque objet principal l'est aussi comme la pièce à laquelle il

appartient. Dans les batteries couvertes, la boîte à capsules ou à

étoupilles est placée au milieu du dessus du sabord. Le gargoussier est

maintenu à gauche et près du sabord. La baille de combat (et son

faubert) est accrochée, l'ouverture contre la muraille, à gauche de sa

pièce, à mi-distance des deux sabords. L'écouvillon et le refouloir sont

élongés de chaque côté du barrot placé au-dessus de la pièce. Le fanal

de combat est mis comme en un étui dans un seau à incendie dont chaque

pièce est pourvue; l'un et l'autre sont ainsi accrochés au pont

supérieur contre la muraille, dans l'intervalle de deux canons voisins;

quand ces fanaux servent, on les suspend au pont, dans l'intérieur, par

rapport à l'alignement des affûts en les faisant correspondre au milieu

de l'espace qui existe entre deux pièces. Dans toutes les batteries la

pince est à droite de l'affût et l'anspect à gauche, sur des supports en

fer en dehors des flasques; on peut aussi les engager sur les essieux

entre les flasques et les roues, ou même les mettre sur l'entretoise. Le

coussin et le coin de mire sont entre les flasques et sous la culasse.

Les platines restent toujours adaptées aux pièces; elles sont garnies de

leurs couvre-platines. Enfin les tire-bourre et cuillères sont disposés

comme les écouvillons et refouloirs; mais il n'y en a qu'un de chaque

espèce pour une division de quatre pièces.

Une partie des projectiles et valets est dans la cale, et l'autre sur le

pont. Un certain nombre de boulets ronds sont à gauche de chaque pièce,

sur le pont, et retenus par un cercle de gros cordage garni de pommes;

on peut y ajouter quelques crampes pour maintenir ce cercle sur le pont

au roulis. D'autres boulets ronds sont placés autour des hiloires,

panneaux, ou en d'autres lieux pareils, en tel nombre qu'il y ait

toujours, en tout, un approvisionnement de vingt de ces projectiles par

pièce, dans la batterie.

Les boulets ramés au nombre de cinq, et les grappes de raisins au même

nombre, dont chaque pièce est pourvue dans la batterie, sont accrochés

régulièrement le long de la muraille, à quelques pouces au-dessus du

pont. S'il y a des caisses de boîtes de mitraille à bord, elles restent

dans la cale, et, en cas de combat, on monte une de ces caisses pour

chaque pièce.

Les valets, au nombre de huit à douze par pièce, sont liés ensemble en

forme de plateau rond que l'on place quelquefois dans la baille,

quelquefois contre le bord, ou même en forme de chapelet autour de la

naissance de la volée.

Les armes d'abordage destinées aux chefs et servans peuvent encore être

pareillement disposées avec symétrie et goût, près des pièces ou aux

environs.

_Remarques._

Non-seulement les objets nécessaires au service des pièces doivent être

autant que possible dans les batteries, afin que les branle-bas de

combat se fassent avec plus de promptitude; mais il faut y déposer

encore les objets de rechange dont on peut avoir besoin pendant le

combat, afin de ne pas être obligé de distraire des servans pour aller

les chercher à la sainte-barbe pendant l'action.

Les bragues de rechange pour canons peuvent, dans les batteries, se

placer sur la face avant ou arrière des baux où on les retient par des

bouts de tresse cloués. Pour les caronades on doit en avoir de disposées

dans la tuque d'arrière ou dans les coffres d'armes.

Nouveau manuel complet de marine, seconde partie: manoeuvres · 第 5 / 11 段