le vent, ou à mettre tout à culer pour dégager son beaupré.
Pour aborder sous le vent, l'abordeur se place dans les eaux, range à
toucher la hanche sous le vent, et lofant le prolonge en jetant les
grappins. L'abordé, par une arrivée prompte, peut parvenir à lui engager
son beaupré comme nous l'avons dit en parlant du plus près.
Si on veut aborder en engageant le beaupré de son ennemi, on le prolonge
au vent, et parvenu à petite distance de sa joue, on arrive promptement
en ralinguant derrière et mettant la barre au vent. Mais ce mouvement
doit se faire très-près de l'ennemi, sans quoi on pourrait le dépasser,
si on ne le serrait pas pour l'empêcher de lofer et le mettre dans la
nécessité d'accepter l'abordage, ou d'imiter le mouvement en arrivant
lui-même, et alors, quelle que soit la vivacité de sa manoeuvre, on
parviendra au moins à l'aborder par le travers.
Il est inutile de parler de la différence qui existera dans la
manoeuvre, si les deux navires couraient vent arrière. Elle sera
facilement saisie.
_Aborder à l'ancre._
On peut vouloir aborder un navire à l'ancre, mouillé dans une rade non
défendue, car s'il en était autrement, on aurait à essuyer le feu des
batteries de côte, qui pourraient occasionner de graves avaries dans la
mâture, et qui compromettraient la sortie.
Il ne faudrait dans ce cas tenter l'attaque qu'avec un vent fait, qui
permît d'entrer et de sortir de la bordée.
Mais si la rade n'est pas défendue, ne vaut-il pas mieux réduire
l'ennemi par le canon, surtout si le navire surpris par l'attaque n'a
pas d'embossure pour se traverser, car alors on peut prendre une
position telle, que son artillerie lui soit inutile.
Si on veut aborder, on peut le faire soit en élongeant le navire au
vent, ou sous le vent, comme nous l'avons déjà dit; ou mieux encore lui
passer de l'avant et engager son beaupré dans les haubans du grand mât,
manoeuvre qui alors n'offre aucune difficulté. L'abordé, s'il est
affourché, filera une de ses amarres pour rappeler sur l'autre, au
moment où la manoeuvre de son ennemi sera marquée, et la fera manquer,
s'il peut parvenir à embarder avec célérité. Mais si ce moyen ne lui
suffit pas, il ne reste plus qu'à couper ses câbles et se jeter à la
côte en tâchant d'y entraîner son ennemi, qui doit toujours être prêt,
pour l'éviter, à laisser tomber une ancre.
L'abordeur peut aussi venir mouiller son ancre sur la bouée de son
adversaire, et laissant culer, il l'élongera en jetant à bord ses
grappins et arrêtant son câble. Mais il faut mouiller avec une bien
grande précision pour être sûr de sa manoeuvre.
CHAPITRE XI.
_De la Chasse._
On ne peut chasser un navire avec avantage que si on a sur lui une
supériorité de marche, ce dont on s'assure facilement en se mettant aux
mêmes amures, et le relevant au compas. Si l'angle de relèvement
augmente, c'est une preuve qu'on marche mieux, et on sera sûr alors de
le joindre si on manoeuvre avec précision et habileté.
Le bâtiment chassé doit profiter avec le plus grand soin de toutes les
chances favorables que lui offrent ses qualités et les changemens de
temps et de vent. Etant plus faible, et par conséquent moins long que
son adversaire, il peut le fatiguer et lui faire perdre du temps, en
virant fréquemment de bord vent devant s'il est au vent, puisque le
temps des évolutions est en rapport de la longueur des navires. Il peut
prendre l'allure qui lui est la plus favorable, changer souvent de route
avec promptitude pour primer de manoeuvre sur son adversaire, qui est
obligé de l'imiter, et qui ne pouvant toujours prévoir ces changemens,
perdra ainsi beaucoup de temps.
Si la mer est forte, il ne doit pas balancer à compromettre sa mâture,
en virant vent devant pour forcer son ennemi à courir les mêmes risques,
ou à virer vent arrière, ce qui lui fera perdre du temps et du chemin.
S'il a reconnu que sa vitesse augmentait par tels ou tels changemens
opérés à bord dans la distribution des poids de l'arrimage, il doit les
exécuter, s'alléger s'il le faut pour prolonger la chasse, afin de
pouvoir atteindre la nuit, car alors une fausse route peut le sauver.
_Chasser au vent._
Le chasseur doit relever le bâtiment qu'il veut chasser, et aussitôt
qu'il le trouve sur la perpendiculaire à sa route, il vire et continue
l'autre bord jusqu'à ce qu'il ait encore ramené le navire chassé sur la
perpendiculaire à sa nouvelle route.
Il continue ainsi et doit infailliblement l'atteindre, puisqu'il a un
avantage de marche et qu'il vire pour s'en rapprocher dans la position
la plus convenable.
La raison de cette manoeuvre est bien facile à saisir. Le chasseur
virant, lorsqu'il relève le chassé dans la perpendiculaire à sa route,
est alors à la plus petite distance possible de son adversaire; virant
alors, il gagne sur cette distance la quantité dont il gagne au vent,
jusqu'au moment où il le relève encore dans la perpendiculaire de sa
nouvelle route. Là, il a encore atteint la plus petite distance qui le
sépare, et gagne de nouveau en virant la quantité dont il va s'élever au
vent dans cette nouvelle bordée. Cette différence qui, comme on le voit,
est l'excédant de marche, finira par les faire trouver bord à bord si
les circonstances ne changent pas.
Si le chasseur dépassait la perpendiculaire à sa route, il s'éloignerait
et perdrait du chemin nécessairement. S'il commettait la faute grave de
chasser dans les eaux et d'y virer à grande distance, le chassé, en
virant immédiatement, se retrouverait alors au vent du chasseur de toute
la distance qui les sépare, puisque les routes sont parallèles.
C'est dans cette position que le navire chassé doit user de tous les
moyens pour gagner au vent; et quoiqu'il paraisse, à la première vue,
plus prudent pour lui de conserver toujours le même bord, il peut
arriver telle circonstance, comme nous l'avons dit, où il lui soit
avantageux de virer fréquemment si ses mouvemens sont plus prompts que
ceux de son adversaire, et surtout s'il peut le forcer, en l'imitant, à
compromettre sa mâture, car quant à lui il n'a rien à perdre et doit
tout tenter pour s'échapper.
_Chasser sous le vent._
Si le chasseur est au vent, il relève son adversaire avec un compas, et
gouverne de manière à le tenir toujours au même aire de vent, en ne se
dérangeant pas de sa route; car il est évident qu'en continuant ainsi
ils viendront se rencontrer au même point. Si le chasseur s'aperçoit que
l'angle de relèvement augmente ou diminue, c'est une preuve qu'il est
trop au vent ou trop arrivé, et il rectifie sa route, sans quoi il
passerait de l'avant ou de l'arrière du vaisseau chassé.
Dans cette position, le navire chassé doit prendre l'allure qui lui est
la plus favorable; faire toute la voile possible; s'il a un équipage
nombreux, changer souvent d'amures, car il prime de manoeuvre et oblige
ainsi son adversaire à l'imiter, et lui fait perdre du temps, son
évolution étant plus longue et non prévue.
Si le temps est à grains, il ne doit diminuer de voile qu'à la dernière
extrémité, et même compromettre sa mâture, s'il peut forcer ainsi son
adversaire à l'imiter.
On ne doit pas balancer à se débarrasser de tous les objets qui gênent
la manoeuvre et qui peuvent retarder la rapidité des évolutions.
Une mâture trop fortement tenue nuit souvent à la marche; et si la brise
n'est pas violente, il peut y avoir de l'avantage à donner du mou dans
les haubans et les galhaubans. Au plus près, il faudrait se débarrasser
de tous les objets qui augmentent l'élévation des oeuvres mortes.
_De la Tactique Navale._
Il ne peut entrer dans le plan que nous nous sommes tracé, de donner un
traité complet de tactique navale, qui ne pourrait être que la copie du
traité publié par le gouvernement pour les navires de l'état. Nous nous
contenterons d'y prendre quelques définitions et l'indication des
ordres.
La tactique navale est l'art de faire mouvoir des vaisseaux réunis en
corps d'armée.
On entend par évolutions les mouvemens d'une armée, ou partie d'une
armée, pour s'établir dans un arrangement ou un ordre convenu. On
comprend sous la classification générale d'évolutions, la formation des
ordres; le passage de l'un à l'autre; enfin, leur rétablissement
lorsqu'ils viennent à être troublés.
La ligne du plus près est celle que tiennent des vaisseaux qui
s'approchent le plus possible du lit du vent. En tactique, cette ligne
est réputée faire avec la direction du vent un angle de 67° 30', ou de
six des trente-deux divisions de la boussole.
On distingue deux lignes du plus près: un vaisseau court sur la ligne du
plus près bâbord, s'il est au plus près, les amures à bâbord; il court
sur la ligne du plus près tribord, s'il est au plus près, les amures à
tribord.
Des vaisseaux rangés dans les eaux les uns des autres, et faisant la
même route, sont en _ligne de file_. Dans ce cas _le relèvement et la
route_ sont représentés par le même rhumb de vent.
Si des vaisseaux en ligne de file gouvernent au plus près, cette ligne
de file prend alors le nom de _ligne de bataille_.
Si des vaisseaux en ligne de file courent, non au plus près, mais deux
quarts largue seulement, cette disposition particulière de la ligne de
file, qui convient souvent pour combattre, s'appelle _ligne de file sur
la perpendiculaire du vent_.
Mais si des vaisseaux déployés sur une ligne se relèvent les uns les
autres sur une aire de vent donnée, et gouvernent sur une autre, ils
sont établis sur une _ligne de relèvement_.
L'_ordre_ en général est la manière déterminée dont les vaisseaux d'une
armée doivent être rangés. Il y a différens ordres, selon les
circonstances dans lesquelles une armée doit naviguer et peut se
trouver.
L'ordre est appelé _naturel_ toutes les fois que chaque vaisseau suit le
_matelot d'avant_ qui lui a été assigné par l'ordre de bataille de
l'amiral.
L'ordre est dit _renversé_ toutes les fois que les matelots d'avant
deviennent _matelots d'arrière_; ce qui arrive lorsque les _queues_
deviennent têtes par des changemens de position ou par inversion
d'ordre.
La transposition des escadres dans une ligne de bataille ne change pas
la dénomination de l'ordre, qui sera appelé naturel si dans chaque
escadre les têtes mènent les queues; et il sera renversé, si au
contraire dans chaque escadre, les queues mènent les têtes, quand même
les escadres seraient à leur poste naturel, c'est-à-dire la _seconde_
escadre à l'avant-garde, la _première_ au corps de bataille, et la
_troisième_ à l'arrière-garde.
Les ordres sont: les ordres de marche et les ordres de bataille, que
l'on est convenu de distribuer de la manière suivante:
Ordres de marche,
1º Par colonnes et ligne de file, c'est-à-dire sur trois ou deux
colonnes, ou sur une seule ligne;
2º Sur une des lignes du plus près;
3º Sur la perpendiculaire du vent;
4º Sur la perpendiculaire de la route ou ligne de front;
5º En échiquier.
Les ordres ou ligne de bataille,
1º Au plus près du vent;
2º En ligne de file sur la perpendiculaire du vent.
L'ordre de marche sur trois colonnes réunit le mieux les bâtimens sans
les exposer aux abordages; il facilite la prompte formation de la ligne
de bataille aussi bien que la surveillance de l'amiral et la
transmission des signaux.
Cet ordre suppose que les trois escadres de l'armée se placent sur trois
lignes égales et parallèles, dans les conditions ci-après:
1º Les vaisseaux de la première escadre qui est au centre, et à la tête
de laquelle marchera l'amiral pour marquer la route, seront exactement
dans les eaux les uns des autres, et à la distance qui aura été
prescrite;
2º Les chefs de file des deux autres escadres ou colonnes étant placés
par le travers du chef de file de la colonne du centre, relèveront le
serre-file de cette colonne à deux rhumbs de la route;
3º Les serre-files des colonnes des ailes étant dans les eaux de leurs
colonnes, se tiendront par le travers du serre-file de la colonne du
centre, d'où ils doivent relever le chef de file de cette dernière à
deux rhumbs de la route.
On peut appliquer à l'ordre de marche sur _deux colonnes_ ce qui vient
d'être dit sur les trois colonnes, les conditions de formation et
d'évolution étant, par analogie, les mêmes pour ces deux ordres.
L'ordre de marche sur une ligne de file, grand largue ou vent arrière,
s'appelle généralement _ordre_ ou _ligne de convoi_. C'est la condition
de la route vent arrière ou grand largue qui constitue la différence
entre cet ordre et la ligne de bataille.
_L'ordre de marche sur une des lignes du plus près_, est celui dans
lequel les vaisseaux courant largue ou vent arrière se relèvent sur une
des lignes du plus près.
Ainsi l'on distingue cet ordre en ordre de marche sur la ligne du plus
près _tribord_, et ordre de marche sur la ligne du plus près bâbord,
selon que les vaisseaux se relèvent sur l'une ou l'autre de ces deux
lignes.
Dans _l'ordre de marche sur la perpendiculaire du vent_, les vaisseaux
courant grand largue, ou vent arrière, se relèvent sur la
perpendiculaire du vent.
Des vaisseaux faisant une route quelconque, s'ils se relèvent sur la
perpendiculaire de cette route, sont dits en ordre de marche sur cette
perpendiculaire, ou en _ordre de front_.
Des vaisseaux qui tiennent l'amure d'une des lignes du plus près, et qui
se relèvent sur l'autre, sont dits en _échiquier_ sur cette ligne.
C'est le relèvement et non pas l'amure qui donne le nom à l'échiquier;
ainsi on dit _échiquier sur la ligne du plus près tribord_, pour
exprimer la position des vaisseaux qui se relèvent sous cette ligne et
ont les amures à bâbord; et _échiquier sur la ligne du plus près
bâbord_, si les vaisseaux se relèvent sur cette ligne et courent les
amures à tribord.
Des vaisseaux rangés en _ligne de file au plus près du vent_, ou _sur la
perpendiculaire du vent_, sont en ligne de bataille. Cette ligne peut
être formée tribord ou bâbord amures, ordre naturel ou ordre renversé.
Mais on entend plus particulièrement par _ligne de bataille_, la ligne
de file dont les vaisseaux courent au plus près du vent. S'il s'agit
d'exprimer la ligne de bataille deux quarts largue, on doit dire _ligne
de file sur la perpendiculaire du vent_.
Dans toute _formation_ d'ordre, le vaisseau amiral, ou celui qui est au
centre de l'armée, est le _régulateur_, c'est-à-dire le point sur lequel
se règle le mouvement.
Chaque vaisseau doit connaître son _relèvement_ et sa _distance_ par
rapport au régulateur.
Si l'armée est en ligne et que l'amiral fasse le signal de _forcer_ ou
_d'augmenter de voiles_, c'est au chef de file à exécuter l'ordre le
premier; et s'il s'agit au contraire de _diminuer de voiles_, le
mouvement doit commencer par le serre-file.
Il est établi en tactique, que tout mouvement _tout à la fois_ commence,
en ligne de file, par le serre-file, c'est-à-dire que, lorsqu'une armée
en bataille ou en ordre de convoi devra virer de bord, arriver ou tenir
le vent tout à la fois, aucun vaisseau ne virera, n'arrivera, ou ne
tiendra le vent, qu'après que son matelot d'arrière aura commencé le
mouvement; ce qu'on exprime en disant qu'il aura _marqué sa manoeuvre_.
S'il s'agit au contraire d'un _mouvement successif_, c'est au chef de
file à commencer.
On dit tenir le vent, arriver par un mouvement successif, lorsque des
vaisseaux viennent au vent ou arrivent l'un après l'autre, en suivant le
chef de file qui règle la route; s'il est question d'un virement de bord
opéré successivement, l'usage le plus général est alors de virer _par la
contre-marche_.
Le principe général est qu'en ligne de bataille, ou dans un ordre de
marche quelconque, le mouvement, quel qu'il soit, doit commencer _par le
vaisseau qui n'en voit pas d'autre du côté où l'on va mettre le cap_.
La _contre-marche_ est le mouvement d'une ligne dont les vaisseaux
virent successivement de bord, vent devant ou vent arrière, pour prendre
les eaux du chef de file. Ainsi l'on dit, pour exprimer cette double
évolution, virer de bord vent devant par la contre-marche; virer de bord
lof pour lof par la contre-marche.
MANOEUVRE
DE L'ARTILLERIE.
CHAPITRE 1er.
_Définitions et Nomenclature._
Les pièces d'artillerie dont on se sert dans la marine sont les canons,
les caronades, les pierriers et les espingoles. Ces deux dernières armes
ne s'emploient guère que sur les hunes et les embarcations.
Les canons et les caronades sont en fer coulé; les caronades ne sont
autre chose que des canons courts, légers, modifiés en quelques parties
accessoires, installés différemment, et qui, dans certains cas, ont
plusieurs avantages sur les canons.
Elles se manoeuvrent plus facilement et avec moins de monde; elles se
chargent plus vite; elles laissent plus d'espace libre dans les
batteries, et elles fatiguent moins les ponts.
De leur côté, les canons ont leurs avantages particuliers. Ainsi, ils
portent plus loin dans les mêmes circonstances; à distance égale, ils
percent les vaisseaux ennemis plus facilement que les caronades, mais
font moins d'éclats lorsqu'on se bat de près, et sont par conséquent
moins dangereux. Ils sont plus longs, par conséquent d'un pointage plus
sûr et d'un danger moindre sous le rapport de l'incendie; la rupture de
la brague n'est ni aussi fréquente ni aussi grave, enfin leur recul
adoucit davantage les secousses communiquées à la muraille des
vaisseaux.
On désigne les canons et les caronades par le nombre de livres que
pèsent les boulets ou projectiles ronds qu'ils sont destinés à lancer;
le diamètre de ces boulets détermine celui du creux du cylindre de la
pièce; et ce poids, ou indifféremment ce dernier diamètre, est ce qu'on
appelle le calibre de la bouche à feu.
Les canons en usage à bord sont ceux des calibres de 36, 30, 24, 18, 12
et 8, c'est-à-dire dont les boulets pèsent à très-peu près ce même
nombre de livres; les caronades ont les mêmes calibres, à l'exception de
celui de 8.
Pour diminuer la confusion et les inconvéniens d'avoir plusieurs
calibres à un même bord, on tend à généraliser celui de 30.
Pour chaque calibre de canons il y a deux sortes de pièces, savoir: les
longues et les courtes, et celles-ci n'ont d'autre différence avec les
premières, que d'avoir moins de longueur et plus de légèreté.
On trouve dans le tableau ci-dessous la longueur totale, le poids de ces
diverses pièces, et le diamètre de leurs boulets.
+========+=========+=========+=========+========+========+==========+
| | | | | | |Diamètre |
| |Longueur |Longueur |Longueur |Poids du|Poids du|du Boulet |
| |du Canon |du Canon |de la |Canon |Canon |réglemen- |
|Calibre.|long. |court. |Caronade.|long. |court. | taire. |
|========+=========+=========+=========+========+========+==========+
| | p. p. | p. p. | p. p. | liv. | liv. | p. lig. |
| | | | | | | |
| 36 | 10 1 | 9 7-1/2 | 5 7 | 7.174 | 6.187 | 6 3 |
| 30 | 9 8-3/4 | 9 1-1/2 | 5 6 | 6.200 | 5.318 | 5 10-5/4 |
| 24 | 9 5-1/2 | 8 9 | 4 10 | 5.120 | 4.321 | 5 5-1/5 |
| 18 | 8 10-1/2| 8 3 | 4 5 | 4.214 | 3.506 | 4 11-1/2 |
| 12 | 8 3 | 7 6-3/4 | 3 10 | 2.997 | 2.398 | 4 4 |
| 8 | 8 7-5/4 | 7 5-5/4 | » » | 2.388 | 2.062 | 3 9-1/2 |
+========+=========+=========+=========+========+========+==========+
Les caronades pèsent environ le tiers du canon long du même calibre.
Les canons et les caronades sont les bouches à feu dont on munit les
batteries et les gaillards des bâtimens de guerre; la nomenclature et
les explications suivantes compléteront cette définition.
L'âme (_fig._ 1.) _a_ reçoit la charge.
La bouche _b_ entrée de l'âme.
* Les tourillons _c_ sorte d'essieux qui maintiennent la pièce
sur son chariot ou affût.
* Les embases _d_ épaulement de tourillons.
La volée _e_ commence à la gorge qui est en avant des
tourillons et finit à la bouche. (On
appelle l'avant de la pièce le côté de la
bouche, et l'arrière le côté opposé.)
La tranche _f_ surface plane percée par la bouche, et
qui termine la volée en avant.
Le bourrelet _g_ renflement près de la bouche.
* La tulipe _h_ partie creuse en arrière du bourrelet.
* La plate-bande
de volée _i_ cordon à la naissance de la tulipe.
La lumière et le
champ de lumière _j_ tronc et creux où se placent la capsule,
l'étoupille, ou la poudre d'amorce.
Le support de la
platine _k_ ex-croissance près de la lumière pour
placer le ressort, appelé platine, qui
doit mettre le feu.
* L'astragale de la
lumière _l_ cordon en avant de la lumière. (Les
canons courts n'en ont pas.)
La plate-bande de
culasse _m_ renflement en arrière de la lumière.
La culasse _n_ partie de la pièce en arrière de la
plate-bande de culasse.
Le renfort _o_ partie de la pièce qui commence à la
gorge de la plate-bande la plus en
arrière et qui finit à la volée.
Le cul-de-lampe _p_ façon de la culasse de l'arrière.
Le bouton _q_ extrémité de la pièce du côté de la
culasse et en forme de boule.
Le collier du bouton _r_ partie étranglée par laquelle le bouton
tient à la culasse.
L'anneau de brague _s_ anneau qui tient à la culasse et au
bouton. (Quelques canons n'en ayant pas
encore, la brague passe alors dans une
cosse estropée au collet.)
_Pour la Caronade._
La caronade a les mêmes parties que le canon, moins celles marquées d'un
astérisque (*), et il faut y ajouter les suivantes:
L'encampanement
(_fig._ 2) _t_ entrée évasée de l'âme pour appuyer le
boulet en l'introduisant lors de la
charge.
Le trou de vis de
pointage _u_ percé dans le bouton de culasse.
Le support à
tourillons _v_ maintient la pièce sur l'affût au moyen
d'un boulon, dit boulon-tourillon.
Ces pièces sont portées sur des espèces de chariots nommés affûts qui
servent à les manoeuvrer, et dont suivent également les parties en bois
ou en fer dont ils se composent.
_Affût du Canon._ (Parties en bois.)
2 flasques
(_fig._ 3) _a_ pièces principales où sont les
encastremens de tourillons.
Le croissant _b_ placé en travers des flasques en avant
pour faciliter le pointage, et composé
de deux pièces dont une à charnière.
L'entretoise _c_ joint et maintient les deux flasques dans
le sens de la hauteur, et sert d'appui au
croissant.
2 essieux _d_ supportent les flasques.
4 roues _e_ sur lesquelles reposent les essieux.
La sole _f_ est située entre les flasques et joint
les essieux entre eux.
_Affût de Canon._ (Parties en fer.)
Le boulon d'assemblage
et son écrou _g_ réunissent les flasques et l'entretoise.
2 charnières du
croissant _h_ pour rendre une partie du croissant
mobile.
2 clous à rivet de
tête de flasques _i_ pour empêcher les flasques de se fendre.
2 sus-bandes et
clavettes _j_ maintiennent les tourillons en dessus.
2 chevilles à mentonnet
avec écrou et
rosettes _k_ retiennent les sus-bandes et fixent
l'essieu d'en avant aux flasques.
2 chevilles à tête
ronde _l_ contiennent le bois des flasques (près
du premier adent).
2 chevilles à tête
carrée _m_ fixent l'essieu d'en arrière aux
flasques.
2 pitons de
manoeuvre _n_ sur le dernier adent pour la manoeuvre de
la pièce et pour la mettre à la serre, ou
l'assujettir de mauvais temps.
2 pitons de côté _o_ contre les flasques pour amarrer la pièce
à garans doublés.
2 anneaux de brague _p_ pour servir de conduite à la brague.
4 esses et leurs
viroles _q_ pour retenir les roues dans leurs essieux.
2 fourrures
d'anspect _r_ sous les flasques en arrière de l'essieu
pour le garantir de l'action des leviers
appelés pince et anspect.
Piton carré de manoeuvre { pour le pointage à l'aide de
Piton rond de manoeuvre { l'anspect et de la pince.
Piton de retraite contre l'essieu de derrière pour crocher
le palan de retraite.
_Affût de la Caronade._ (Parties en bois.)
La semelle
(_fig._ 4.) _a_ reçoit et supporte la caronade.
Le châssis _b_ porte la semelle qui se meut dans sa
coulisse.
Les supports de
châssis _c_ taquets qui supportent le châssis.
_Parties en fer de la Semelle._
Le boulon-tourillon _d_ est passé dans le support pour servir
de tourillon.
2 crapaudines _e_ placées en avant et reçoivent le
boulon-tourillon.
4 boulons
d'assemblage _f_ deux placés en avant, et deux fixant les
anneaux de la brague; tous les quatre
maintiennent la semelle.
2 boucles de brague
avec plaque _g_ aux deux tiers de la longueur; elles
servent à passer la brague et diminuer
l'effort qui fait basculer la pièce lors
du tir; elles peuvent servir à palanquer
la semelle.
Plaques de levier et
de vis de pointage
avec leurs rivets _k_ placées contre le derrière, le dessus et
le dessous de l'affût, pour prévenir les
dégradations des leviers et vis de
pointage.