1998: BIBLIOTHECAIRES NUMERIQUES

[Résumé]

En 1998, Peter Raggett est sous-directeur (puis directeur) de la

Bibliothèque centrale de l'OCDE (Organisation de coopération et de

développement économiques). Il explique en juin 1998: "L’internet offre

aux chercheurs un stock d’informations considérable. (...) A mon avis,

les bibliothécaires auront un rôle important à jouer pour améliorer la

recherche et l’organisation de l’information sur le réseau. Je prévois

aussi une forte expansion de l’internet pour l’enseignement et la

recherche. Les bibliothèques seront amenées à créer des bibliothèques

numériques permettant à un étudiant de suivre un cours proposé par une

institution à l’autre bout du monde. La tâche du bibliothécaire sera de

filtrer les informations pour le public. Personnellement, je me vois de

plus en plus devenir un bibliothécaire virtuel. Je n’aurai pas

l’occasion de rencontrer les usagers, ils me contacteront plutôt par

courriel, par téléphone ou par fax, j’effectuerai la recherche et je

leur enverrai les résultats par voie électronique."

[En détail]

Voici deux expériences, relatées par Peter Raggett, sous-directeur de

la Bibliothèque centrale de l'OCDE, et par Bruno Didier, webmestre de

la Bibliothèque de l'Institut Pasteur.

= Bibliothèque centrale de l'OCDE

Située à Paris, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement

économiques) regroupe trente pays membres. Au noyau d’origine,

constitué des pays d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord, viennent

s’ajouter le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, le

Mexique, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Corée.

Réservé aux fonctionnaires de l’organisation, la bibliothèque centrale

permet la consultation de quelque 60.000 monographies et 2.500

périodiques imprimés. En ligne depuis 1996, les pages intranet du CDI

deviennent une source d’information indispensable pour le personnel.

Peter Raggett est sous-directeur (puis directeur) du centre de

documentation et d’information (CDI) de l’OCDE. "Je dois filtrer

l’information pour les usagers de la bibliothèque, ce qui signifie que

je dois bien connaître les sites et les liens qu’ils proposent,

explique-t-il en juin 1998. J’ai sélectionné plusieurs centaines de

sites pour en favoriser l’accès à partir de l’intranet de l’OCDE. Cette

sélection fait partie du bureau de référence virtuel proposé par la

bibliothèque à l’ensemble du personnel. Outre de nombreux liens, ce

bureau de référence contient des pages recensant les articles,

monographies et sites web correspondant aux différents projets de

recherche en cours à l’OCDE, l’accès en réseau aux CD-ROM et une liste

mensuelle des nouveaux titres."

Comment voit-il l’avenir de la profession? "L’internet offre aux

chercheurs un stock d’informations considérable. Le problème pour eux

est de trouver ce qu’ils cherchent. Jamais auparavant on n’avait senti

une telle surcharge d’informations, comme on la sent maintenant quand

on tente de trouver un renseignement sur un sujet précis en utilisant

les moteurs de recherche disponibles sur l’internet. A mon avis, les

bibliothécaires auront un rôle important à jouer pour améliorer la

recherche et l’organisation de l’information sur le réseau. Je prévois

aussi une forte expansion de l’internet pour l’enseignement et la

recherche. Les bibliothèques seront amenées à créer des bibliothèques

numériques permettant à un étudiant de suivre un cours proposé par une

institution à l’autre bout du monde. La tâche du bibliothécaire sera de

filtrer les informations pour le public. Personnellement, je me vois de

plus en plus devenir un bibliothécaire virtuel. Je n’aurai pas

l’occasion de rencontrer les usagers, ils me contacteront plutôt par

courriel, par téléphone ou par fax, j’effectuerai la recherche et je

leur enverrai les résultats par voie électronique."

= Bibliothèque de l'Institut Pasteur

En 1999, Bruno Didier est bibliothécaire à l’Institut Pasteur (Paris),

une fondation privée dont le but est la prévention et le traitement des

maladies infectieuses par la recherche, l’enseignement et des actions

de santé publique. Séduit par les perspectives qu’offre le réseau pour

la recherche documentaire, Bruno Didier crée le site web de la

bibliothèque en 1996 et devient son webmestre.

"Le site web de la bibliothèque a pour vocation principale de servir la

communauté pasteurienne, relate-t-il en août 1999. Il est le support

d’applications devenues indispensables à la fonction documentaire dans

un organisme de cette taille: bases de données bibliographiques,

catalogue, commande de documents et bien entendu accès à des

périodiques en ligne. C’est également une vitrine pour nos différents

services, en interne mais aussi dans toute la France et à l’étranger.

Il tient notamment une place importante dans la coopération

documentaire avec les instituts du réseau Pasteur à travers le monde.

Enfin j’essaie d’en faire une passerelle adaptée à nos besoins pour la

découverte et l’utilisation d’internet. (...) Je développe et maintiens

les pages du serveur, ce qui s’accompagne d’une activité de veille

régulière. Par ailleurs je suis responsable de la formation des

usagers, ce qui se ressent dans mes pages. Le web est un excellent

support pour la formation, et la plupart des réflexions actuelles sur

la formation des usagers intègrent cet outil."

Son activité professionnelle a changé de manière assez radicale, tout

comme celle de ses collègues. "C’est à la fois dans nos rapports avec

l’information et avec les usagers que les changements ont eu lieu,

explique-t-il. Nous devenons de plus en plus des médiateurs, et

peut-être un peu moins des conservateurs. Mon activité actuelle est

typique de cette nouvelle situation: d’une part dégager des chemins

d’accès rapides à l’information et mettre en place des moyens de

communication efficaces, d’autre part former les utilisateurs à ces

nouveaux outils. Je crois que l’avenir de notre métier passe par la

coopération et l’exploitation des ressources communes. C’est un vieux

projet certainement, mais finalement c’est la première fois qu’on

dispose enfin des moyens de le mettre en place."

Les technologies et le livre pour tous · 第 29 / 45 题