1998: GALLICA

[Résumé]

Gallica est le secteur numérique de la Bibliothèque nationale de France

(BnF), mis en ligne en octobre 1997. En 1998, le serveur stocke

2.500 livres numérisés en mode image complétés par les 250 volumes

numérisés en mode texte de la base Frantext de l’INaLF (Institut

national de la langue française). Gallica devient rapidement la plus

grande bibliothèque numérique francophone du réseau. Pour des raisons

de coût, les documents sont essentiellement numérisés en mode image. En

décembre 2006, Gallica propose tous les documents libres de droits du

fonds numérisé de la BnF, à savoir 90.000 ouvrages numérisés

(fascicules de presse compris) et 80.000 images couvrant une période

allant du Moyen-Age au début du 20e siècle, avec plus d'un million de

consultations par mois. En 2007, Gallica débute la conversion en mode

texte des livres numérisés en mode image pour favoriser l'accès à leur

contenu.

[En détail]

Secteur numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF), Gallica

est inauguré en octobre 1997 avec des textes et images du 19e siècle

francophone, le 19e siècle étant le "siècle de l’édition et de la

presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses

historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique"

(extrait du site web). A l’époque, le serveur stocke 2.500 livres

numérisés en mode image complétés par les 250 volumes numérisés en mode

texte de la base Frantext de l’INaLF (Institut national de la langue

française). Classées par discipline, ces ressources sont complétées par

une chronologie du 19e siècle et une synthèse sur les grands courants

en histoire, sciences politiques, droit, économie, littérature,

philosophie, sciences et histoire des sciences. Le site propose aussi

un échantillon de la future iconothèque numérique, à savoir le fonds du

photographe Eugène Atget, une sélection de documents sur l’écrivain

Pierre Loti, une collection d’images de l’Ecole nationale des ponts et

chaussées sur les grands travaux liés à la révolution industrielle en

France, et enfin un choix de livres illustrés de la Bibliothèque du

Musée de l’Homme.

Gallica se considère moins comme une banque de données numérisées que

comme un "laboratoire dont l’objet est d’évaluer les conditions d’accès

et de consultation à distance des documents numériques", lit-on sur le

site web à la fin de 1997. Le but est d’expérimenter la navigation dans

ces collections, en permettant aussi bien le libre parcours du

chercheur ou du curieux que des recherches pointues.

Début 1998, Gallica annonce 100.000 volumes et 300.000 images pour la

fin 1999, avec un accroissement rapide des collections ensuite. Sur les

100.000 volumes prévus, qui représenteront 30 millions de pages

numérisées, plus du tiers concerne le 19e siècle. Quant aux 300.000

images fixes, la moitié appartient aux départements spécialisés de la

BnF (Estampes et photographie, Manuscrits, Arts du spectacle, Monnaies

et médailles, etc.). L’autre moitié provient de collections

d’établissements publics (musées et bibliothèques, Documentation

française, Ecole nationale des ponts et chaussées, Institut Pasteur,

Observatoire de Paris, etc.) ou privés (agences de presse dont Magnum,

l’Agence France-Presse, Sygma, Rapho, etc.).

En mai 1998, Gallica revoit ses espérances à la baisse et modifie

quelque peu ses orientations premières. Dans un article du quotidien Le

Figaro du 3 juin 1998, Jérôme Strazzulla, journaliste, écrit que la BnF

est "passée d’une espérance universaliste, encyclopédique, à la

nécessité de choix éditoriaux pointus". Dans le même article, il

interviewe le président de la BnF, Jean-Pierre Angremy, qui rapporte la

décision du comité éditorial de Gallica: "Nous avons décidé

d’abandonner l’idée d’un vaste corpus encyclopédique de cent mille

livres, auquel on pourrait sans cesse reprocher des trous. Nous nous

orientons aujourd’hui vers des corpus thématiques, aussi complets que

possibles, mais plus restreints. (...) Nous cherchons à répondre, en

priorité, aux demandes des chercheurs et des lecteurs." Le premier

corpus aurait trait aux voyages en France, avec mise en ligne prévue en

2000. Ce corpus rassemblerait des textes, estampes et photographies du

16e siècle à 1920. Les corpus envisagés ensuite auront les thèmes

suivants: Paris, les voyages en Afrique des origines à 1920, les

utopies, et les mémoires des Académies des sciences de province.

En 2003, Gallica donne accès à tous les documents libres de droit du

fonds numérisé de la BnF, à savoir 70.000 ouvrages et 80.000 images

allant du Moyen-Age au début du 20e siècle. Mais, de l’avis de nombreux

usagers, les fichiers sont très lourds puisque les livres sont

numérisés en mode image, et l’accès en est très long. Chose tout aussi

problématique, la numérisation en mode image n’autorise pas la

recherche textuelle alors que Gallica se trouve être la plus grande

bibliothèque numérique francophone en nombre de titres disponibles en

ligne. Seule une petite collection de livres (1.117 titres en février

2004) est numérisée en mode texte, celle de la base Frantext de l'ATILF

(Analyse et traitement informatique de la langue française, le

laboratoire ayant succédé à l'INaLF), intégrée dans Gallica.

En février 2005, Gallica compte 76.000 ouvrages. A la même date, la BnF

annonce la mise en ligne prochaine (entre 2006 et 2009) de la presse

française parue entre 1826 et 1944, à savoir 22 titres représentant 3,5

millions de pages. Début 2006, les premiers journaux disponibles en

ligne sont Le Figaro (fondé en 1826), La Croix (fondée en 1883),

L'Humanité (fondée en 1904) et Le Temps (fondé en 1861 et disparu en

1942). En décembre 2006, les collections comprennent 90.000 ouvrages

numérisés (fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines

d'heures de ressources sonores. Gallica débute aussi la conversion en

mode texte des livres numérisés en mode image pour pour favoriser

l'accès à leur contenu.

Les technologies et le livre pour tous · 第 28 / 45 题