Des persécutions excitées par les prêtres protestans.
Les persécutions et les cruautés religieuses qui ont été rapportées
jusqu'ici comme exercées par les chrétiens, sont empruntées des
catholiques romains, et se sont pratiquées dans l'église depuis le tems
où le pape et son clergé ont obtenu un pouvoir sans bornes dans la
chrétienté. Si nous n'avions pas un si grand nombre de preuves
convaincantes de la barbarie exercée par des prêtres de Jésus-Christ,
comment aurait-on jamais pu s'imaginer que ceux qui s'étaient si fort
élevés contre la persécution et qui se donnaient pour les prédicateurs
d'un évangile de paix, dans le tems où ils étaient eux-mêmes persécutés,
deviendraient un jour des monstres de cruauté et les plus violens des
persécuteurs? Cependant la chose est souvent arrivée et elle arrivera
toujours. Il est évident que les plus distingués parmi les premiers
réformateurs sont devenus persécuteurs en théorie et dans la pratique
toutes les fois qu'ils ont eu le pouvoir en main; pour lors ils ont
enseigné de vive voix et par écrit que la persécution était une chose
louable et nécessaire; par là ils ont contredit tout ce qu'ils avaient
antérieurement dit en faveur de la tolérance, dans un tems où ils
étaient eux-mêmes les victimes de la persécution: on leur doit la
justice de convenir qu'ils ont très fidèlement pratiqué les maximes
violentes qu'ils ont enseignées.
Luther, Mélanchton, Zwingle, Bucer, Beze, Farel et sur-tout Calvin, se
sont montrés de très ardens persécuteurs. Ce dernier s'est distingué par
un infâme traité, qu'il écrivit en faveur de la persécution, et encore
plus par les persécutions qu'il suscita contre plusieurs hommes de
mérite. _Castillion_ ou _Castalion_, homme éminent par son savoir et ses
moeurs, fut injurié et persécuté par lui uniquement parce qu'il n'était
point de son avis sur la prédestination, le libre arbitre, l'élection,
le cantique des cantiques, et la descente de Jésus-Christ aux enfers. Ce
fut encore par les soins de Calvin, que Servet fut emprisonné et brûlé
comme hérétique[36]. Le pauvre Servet fut traité dans la ville
protestante de Genève, de la même manière qu'il eût pu l'être dans
l'inquisition romaine; on lui confisqua tous ses biens et une somme
considérable d'argent; on l'enferma dans un cachot où il fut en proie à
la vermine, et l'on finit par le faire périr sur un bûcher.
[36] Quelques jours avant le jugement de Servet, Calvin écrivait à un
ami qu'il espérait que sa sentence irait _au moins_ à la mort
(_saltem fore capitalem_). Théodore de Beze écrivit un traité pour
prouver la légitimité de punir les hérétiques. Pierre Dumoulin,
fameux théologien protestant et pasteur de l'église réformée de
Paris, publia en 1618 un livre intitulé _l'Anatomie de
l'Arminianisme_, dans lequel il appelle les _remontrans_, des
hérétiques, des sectaires, des novateurs, des monstres, des
scélérats, des blasphémateurs, des insolens, etc. Il ajoute que
quiconque ne croit pas en Jésus-Christ, n'est point un enfant de
Dieu, et par conséquent n'a aucun droit à la possession des biens
temporels, quand même il posséderait d'ailleurs toutes les vertus
sociales. Voyez _Brandt. Histoire de la réform._.
Pour faire connaître l'esprit qui animait Calvin, je vais rapporter les
plaintes que Castalion faisait contre lui au sujet des traitemens qu'il
avait essuyés, de sa part. Il dit en parlant à Calvin: «Dans un libelle
écrit en français, vous m'appellez un blasphémateur, un calomniateur, un
méchant, un chien aboyant, un ignorant, une bête, un impudent, un
imposteur, un corrupteur impur de l'écriture sainte, un homme qui se
moque de Dieu, un contempteur de toute religion, un insolent, un chien
impur, un impie, un libertin, un esprit dépravé, un vagabond, un fripon,
etc.»
Nous ne devons point être surpris qu'un homme d'un caractère aussi
emporté que Calvin, ait pu enseigner que Dieu prédestinait un grand
nombre de ses créatures à la damnation éternelle. Une pareille opinion
me paraît devoir naturellement découler de la méchanceté du caractère de
cet homme; il y a tout lieu de soupçonner qu'en général les opinions des
hommes, dépendent bien plus qu'on ne pense de leurs dispositions
naturelles.
Cette cruelle persécution que Calvin fit éprouver à Castalion fut
approuvée par Mélanchton, par Bucer, par Farel. Le premier écrivait dans
une lettre à Bullinger que le sénat de Genève avait très bien fait de
mettre à mort l'hérétique, et qu'il était surpris qu'il y eût des gens
qui blâmassent une pareille sévérité. Le second dit charitablement et
pieusement dans un sermon public qu'on _aurait dû lui arracher les
boyaux et les déchirer en pièces_. Farel, le troisième, dit avec autant
de charité chrétienne qu'il _eût mérité de mourir de dix mille morts_.
Il n'est pas douteux que Calvin ne fût un homme de grands talens, très
savant, très zélé, très utile à la réformation; mais il ne se faisait
aucun scrupule d'accuser, de diffamer, de calomnier ses confrères; de
les traiter de prévaricateurs et d'hypocrites, d'aller jusqu'à prendre
Dieu à témoin de faussetés évidentes, de persécuter ses ennemis jusqu'à
la mort. C'est au lecteur à donner à ce sublime _réformateur_ les
qualifications qu'une pareille conduite semble mériter; au moins est-il
certain que sa façon d'agir, ainsi que celle des théologiens dont nous
venons de parler, confirme le jugement que nous avons ci-devant porté
des saints et des pères de l'église chrétienne; je veux dire qu'il y a
des hommes qui ont beaucoup de religion dans la tête et qui n'ont point
de vertu dans le coeur.
Cet esprit atroce et persécuteur qui animait ces merveilleux
réformateurs s'est assez généralement emparé des églises réformées. Il
serait difficile et même impossible de nommer une seule église ou secte
parmi les protestans, qui, ayant eu le pouvoir en main, n'ait point
persécuté. La Suisse, la Hollande et notre propre pays nous fournissent
une infinité d'exemples de persécutions protestantes.
Les églises de Bâle, de Berne, de Zurich, de Schaffhouse, dans les
lettres qu'elles écrivirent aux magistrats de Genève, applaudirent au
traitement odieux qu'ils avaient fait à Servet, et se rendirent
coupables elles-mêmes de semblables cruautés.
Valentin Gentilis, natif de Cozance en Italie, eut le malheur de tomber
dans quelques opinions erronées sur la trinité: il prétendait que le
père seul était dieu par lui-même, qu'il était incréé, _essentiateur_,
ou celui qui donne l'essence à tous les êtres, mais que le fils était
_essentié_, ou dérivait son essence du père, et par conséquent qu'il
n'était pas dieu par lui-même, quoique pourtant il le reconnût pour vrai
dieu. Il raisonnait à-peu-près de là même manière sur le compte du
saint-esprit; il faisait des trois personnes, trois esprits éternels
distingués par une subordination graduelle, en réservant la monarchie au
père qu'il appellait le seul dieu. Ce théologien, forcé de se sauver de
son pays à cause de sa religion, vint se réfugier à Genève, comme dans
un lieu d'asyle, mais il se trouva bien trompé; il fut obligé d'abjurer
ses opinions, condamné à une rude pénitence: on le conduisit dans les
rues en chemise, les pieds et la tête nuds, une torche au poing, et on
lui enjoignit de ne point sortir de la ville sans permission expresse.
Nonobstant ces défenses, il trouva le moyen de s'évader, et se retira
dans le canton de Berne, où il fut encore bien plus maltraité, car il y
fut arrêté, emprisonné, décapité[37].
[37] M. Keysler dit dans ses voyages que la façon de penser des
Genévois est maintenant bien changée relativement à la persécution;
il assure que l'on n'y parle qu'avec horreur du supplice de Servet,
et que les ecclésiastiques eux-mêmes désireraient que cette aventure
fût mise en oubli. Tome I, p. 173.
Cependant l'exemple du célèbre Jean-Jacques Rousseau qui, par ses
écrits, s'est illustré lui-même, ainsi que sa patrie, prouve que le
levain de la persécution est bien loin d'être éteint dans le coeur
des Genevois. Ce philosophe a essuyé depuis des persécutions très
vives de la part du clergé de la principauté de Neufchâtel, qui ne
s'est point oublié dans cette occasion. On sait que ce clergé très
insolent a, nonobstant la protection du roi de Prusse, son
souverain, persécuté M. Petitpierre, pasteur réformé, pour avoir osé
soutenir que Dieu était trop bon pour permettre que les peines de
l'enfer fussent éternelles; mais le clergé pour ses intérêts en ce
monde s'obstine à être éternellement damné dans l'autre.
_Note de l'éditeur._
L'on pourrait encore citer un grand nombre d'exemples de persécutions
exercées par toutes les églises protestantes dont on vient de parler. On
publia à Zurich un édit très sévère contre les anabaptistes, ou contre
tous ceux qui se feraient baptiser de nouveau; plusieurs de ces
hérétiques furent punis de mort; l'un d'entr'eux fut condamné à être
noyé d'une façon très burlesque par Zwingle, qui dit en quatre mots _qui
iterum mergit, mergatur_; que celui qui se rebaptise soit noyé.
L'esprit d'intolérance et de persécution a long-tems régné en Hollande
parmi les réformés, et s'est fait sentir avec fureur dans ce pays. Les
animosités éclatèrent d'abord entre les Luthériens et les Calvinistes,
qui, selon la remarque de Chandler, dès l'enfance de la réformation
s'anathématisaient les uns les autres, à cause de la diversité de leurs
opinions au sujet de l'eucharistie, et qui regardaient la douceur et la
tolérance comme des choses intolérables. Par la suite ce zèle se porta
contre les anabaptistes dont plusieurs furent mis à l'amende,
emprisonnés, bannis. Enfin il s'éleva une querelle furieuse entre les
gomaristes ou vrais calvinistes et les arminiens; elle occasionna une
violente persécution, dont les derniers furent les victimes; ceux-ci
furent par la suite appellés _remontrans_.
Jacob Arminius, l'un des professeurs de théologie de l'université de
Leyde, disputant sur la doctrine de la prédestination, s'avisa de
s'écarter de l'opinion de Calvin à ce sujet; il trouva dans Gamarus, son
collègue, un puissant adversaire. Celui-ci soutenait que, par un décret
éternel, Dieu avait décidé ceux d'entre les hommes qui seraient sauvés
ou damnés. Comme ce dernier sentiment était celui de la plus grande
partie du clergé des provinces-unies, il s'efforça de décrier Arminius
et sa doctrine; on refusa tous les accommodemens, on excita les
magistrats, en leur montrant la nécessité d'extirper l'arminianisme et
de détruire les arminiens, que l'on traitait de peste, de diables, de
mamélukes. On disait hautement dans les chaires qu'il fallait tout
entreprendre, qu'il fallait en user comme Élie avec les prêtres de Baal;
lorsque le tems de l'élection des nouveaux magistrats fut arrivé, les
prédicans demandaient à Dieu des hommes dont le zèle allât jusqu'à
répandre le sang. En un mot le magistrat se conformant à l'humeur
massacrante de ses guides spirituels, de ses doux pasteurs, persécuta
cruellement les pauvres remontrans; plusieurs de leurs ministres furent
chassés du pays si subitement, qu'on ne leur laissa pas même le tems de
régler leurs affaires, ou de se pouvoir d'argent pour vivre dans le lieu
de leur bannissement. Beaucoup d'autres personnes furent obligées de
s'expatrier; le savant Grotius fut condamné à une prison perpétuelle,
dont il se tira par l'adresse de sa femme; le grand-pensionnaire
Barnevelt, pour avoir favorisé le parti des remontrans, eut la tête
tranchée.
Personne n'ignore avec quelle furie l'esprit persécuteur exerça ses
ravages en Angleterre immédiatement après la réformation, et cet esprit
s'y est depuis ranimé très vivement à plusieurs reprises. Sous le règne
de Henri VIII, ce prince fournit à la persécution une épée à deux
tranchans qui blessait également les protestans et les catholiques.
Édouard VI n'étant qu'un enfant, fut gouverné par son conseil et
sur-tout par Cranmer, qui engagea ce prince à faire périr plusieurs
personnes pour leurs opinions religieuses, mais il ne s'y prêta qu'avec
tant de répugnance, que, se trouvant, pour ainsi dire, contraint par cet
archevêque de signer un arrêt qui condamnait Jeanne Bocher à être brûlée
vive pour quelques opinions fanatiques au sujet du Christ, Édouard ne
put s'empêcher de verser des larmes, et dit que s'il faisait un péché ce
serait l'archevêque qui en répondrait devant Dieu. Comme Cranmer
lui-même devint martyr sous le règne suivant, nous avons tout lieu de
croire que plusieurs de ceux qui ont souffert le martyre ne manquaient
pas de la volonté, mais de la puissance nécessaire pour faire d'autres
martyrs.
La reine Élizabeth, quoiqu'à bien des égards elle fut très grande
princesse, avait dans son caractère beaucoup de la hauteur et de la
sévérité de son père, et quoique sous le règne de sa soeur Marie elle
eût vu et même eût éprouvé les effets cruels de la persécution au point
qu'elle eut assez de peine à sauver sa propre vie, elle ne laissa pas de
persécuter non-seulement ses propres sujets, mais encore des étrangers,
qui étaient venus se réfugier dans ses états pour échapper aux cruautés
qui s'exerçaient dans leurs pays; ils furent sans doute bien étonnés de
trouver en Angleterre les mêmes traitemens; en effet quelques-uns
d'entr'eux furent fouettés, emprisonnés, bannis, et d'autres furent mis
à mort, entr'autres deux dont l'un avait une femme et neuf enfans: ce
malheureux demandait pour toute grâce, qu'on lui permît de sortir du
royaume avec sa famille, mais ce fut vainement; tous deux anabaptistes
furent brûlés vifs à Smithfield.
Quoique le roi Jacques I eût été élevé dans le presbytérianisme, et
rendît graces à Dieu, lorsqu'il était en Écosse, d'être à la tête _d'une
église la plus pure qui fût au monde_; cependant quand il parvint à la
couronne d'Angleterre il persécuta les membres de son ancienne église,
ainsi que tous ceux qui n'adoptaient pas les opinions des épiscopaux
d'Angleterre. Quelques évêques avaient trouvé le secret de flatter sa
vanité; en reconnaissance il leur lâchait la bride contre ses sujets,
dont plusieurs furent traités par eux avec la barbarie familière aux
ministres du seigneur.
Son fils et son successeur Charles I marcha sur les traces de son père.
Laud, prélat hautain, turbulent et sans pitié, ne voulait que personne
eût l'audace de s'opposer à l'introduction des rites et des cérémonies
de l'église romaine dont il était fort épris; en conséquence il traita
d'une façon très cruelle plusieurs théologiens et gentilshommes
protestans qui ne voulaient pas se conformer à ses caprices; mais ce
prêtre fougueux fit tant par ses excès qu'il eut la tête tranchée, après
avoir été la cause du renversement total de l'église et de l'état. Quand
ceux qui avaient été si récemment persécutés furent parvenus à leurs
fins ils se comportèrent avec autant de douceur, d'indulgence et de
charité chrétienne que toutes les autres sectes quand ils ont eu le
pouvoir en main; ils persécutèrent tous ceux qui ne pensaient pas comme
eux; mais leur règne finit par le rétablissement de Charles II.
Ce prince n'avait lui-même que peu ou point de religion; cela n'empêcha
pas qu'il ne permît à ses évêques de tourmenter et d'opprimer ses sujets
de la façon la plus révoltante. Au lieu de consoler son peuple consterné
d'un incendie qui avait consumé la plus grande partie de la capitale, et
d'une peste qui avait emporté des milliers d'hommes, il aggrava les maux
de ses peuples par des confiscations, des amendes et par les
persécutions qu'il fit éprouver à un grand nombre de personnes
distinguées par leur mérite et leur savoir. Il est bon de remarquer que
les mêmes personnes qui pour leur religion furent bannies dans la
Nouvelle-Angleterre, où elles revinrent toutes puissantes et en
possession du pouvoir, persécutèrent dans ce pays et poursuivirent
jusqu'à la mort les pauvres _quakers_ ou _trembleurs_, qui de toutes les
sectes du christianisme sont la plus douce, la plus innocente, la plus
semblable aux premiers chrétiens.
Le roi Jacques II, en continuant à persécuter, suivit l'exemple de son
frère, et agit en cela conformément à son caractère cruel et aux
principes sanguinaires de sa religion. Cependant peu après son avènement
à la couronne, il publia une déclaration en faveur de la liberté de
conscience; mais par cette démarche il ne se proposait que d'introduire
la profession publique de la religion romaine, qu'il voulait à toutes
forces établir dans ses royaumes; s'il eût pu réussir, que pouvait-on
attendre d'un prince naturellement féroce, gouverné par un jésuite,
esclave du pape, enivré de dévotion, de fanatisme ou de zèle? Notre pays
serait bientôt devenu la proie des oiseaux de proie, des prêtres et des
moines, n'aurait été qu'une scène de carnage et d'horreurs. Mais une
heureuse révolution détourna ces maux de nous, et sauva la nation de la
destruction dont elle était menacée.
Durant le règne de Guillaume III, qui n'était nullement dévot, mais, qui
semblable à Guillaume I, prince d'Orange, favorisait les gens de mérite
de quelque religion qu'ils fussent, et qui d'ailleurs avait été placé
sur le trône de la Grande-Bretagne, par le consentement et les secours
de toutes les sectes protestantes qui sont parmi nous; durant ce règne,
dis-je, toute persécution fut assoupie jusqu'à ce que vers la fin du
règne suivant, un prêtre fanatique[38] avant semé la discorde, la
persécution protestante commença à se ranimer et montrer ses griffes;
mais la mort de la reine Anne mit fin aux projets sinistres du parti qui
gouvernait alors, et la persécution fut ensevelie dans le même tombeau
qu'elle. Puisse-t-elle n'en jamais sortir, et ne plus venir troubler cet
heureux pays!
[38] Le docteur Sacheverell.
Nous voyons donc que les catholiques romains n'ont point été les seuls
qui ont persécuté, mais la persécution, cette déesse infernale, a été
adorée, fomentée, obéie par toutes les sectes des chrétiens dès qu'elles
ont eu le pouvoir d'exécuter ses volontés et ses caprices. Cependant il
faut convenir qu'elle a pour toujours fixé sa demeure, et établi son
trône dans l'église romaine; là elle règne avec un sceptre de fer, elle
est environnée de la terreur, elle tranche sans obstacle avec son glaive
meurtrier.