PAVOT.--Charmante fleur qui s’épanouit en juin, et dont la graine a

des propriétés narcotiques très-puissantes et même dangereuses. On en

cultive plusieurs espèces: la plus brillante est le _pavot oriental_,

dont les fleurs, d’un rouge éclatant, atteignent une grandeur

extraordinaire. C’est de cette espèce, ainsi que nous l’avons dit dans

la BOTANIQUE, que l’on tire l’opium, poison d’un grand prix, et dont

les effets sont si singuliers ou si terribles, selon les doses qu’on en

absorbe. Pris à dose modérée, l’opium exalte au plus haut degré toutes

les facultés intellectuelles: sous l’influence de cette substance, on

vit en quelque sorte dans un monde nouveau et tout rempli de prodiges

dont, à l’état normal, il serait impossible de se faire l’idée; l’homme

d’une élocution difficile devient éloquent; le plus illettré est poète;

quelques-uns parlent des langues qu’ils n’ont jamais apprises, qu’ils

possèdent comme par intuition tant que l’influence de l’opium est dans

sa force, et qu’ils oublient entièrement lorsque vient la réaction.

Cette réaction est terrible: le regard s’éteint; une pâleur livide

succède à l’animation du visage; les sens s’affaiblissent d’autant plus

que la surexcitation qu’ils viennent d’éprouver a été plus violente,

et le malheureux mangeur ou fumeur d’opium arrive à un état presque

complet d’idiotisme, qui dure jusqu’à ce qu’une nouvelle dose de ce

poison l’en fasse sortir. L’homme le mieux constitué ne résiste pas

longtemps à ces alternatives d’exaltation et d’anéantissement: il

vieillit vite; ses cheveux blanchissent et ses mains tremblent avant

l’âge, et il touche à la caducité alors que les facultés dont la nature

l’a doué devraient être dans toute leur force...

En vérité, je vous le dis, tout cela est dans une fleur, et j’en

sais d’autres encore dont les propriétés sont plus redoutables...;

mais c’est du pavot qu’il s’agit: cette plante annuelle se sème en

mars.--Terre franche; arrosements modérés.

PENSÉE.--Cette fleur, qui fleurit en mars, n’est qu’une variété de la

violette, et c’est la seule qui se plaise au soleil, où elle étale

avec complaisance sa parure violette et jaune. Il faut bien lui

pardonner cette ostentation, car elle n’a pas, comme sa modeste sœur,

un doux parfum qui puisse faire deviner sa retraite.--Terre franche,

arrosements modérés.--Multiplication par graines.

PERCE-NEIGE.--Jolie petite fleur blanche, la première qui se montre à

travers le manteau glacé qui couvre assez ordinairement la terre au

mois de février. Au banquet de la vie, la pauvrette ne doit apparaître

qu’un instant; penchée mélancoliquement vers la terre, elle semble

regretter l’obscurité d’où elle n’est sortie que pour annoncer le

réveil de la nature. Ce gentil précurseur du printemps se plaît en

terre franche et fraîche.--Multiplication par caïeux que l’on détache

des oignons tous les deux ou trois ans, au mois de juillet.

PERVENCHE.--Si cette plante nous est chère, ce n’est pas la faute à

Voltaire, comme disait Béranger, il y a quelque trente ans; mais nous

devons convenir que c’est un peu la faute de Rousseau. La pervenche

était, en effet, la fleur de prédilection du philosophe de Genève,

auquel elle rappelait quelques jours heureux de sa jeunesse. On en

a fait depuis le symbole du premier amour. C’est, en réalité, une

petite fleur modeste, d’une inocuité parfaite. On en cultive deux

espèces: la grande, dont la fleur, qui s’épanouit en mai, est d’un

bleu d’azur, et la petite, qui est d’un rouge vif.--Terre franche, peu

d’eau.--Multiplication par rejetons et par graines.

PHALANGÈRE.--Belle plante, dont les fleurs en épi, blanches ou roses,

selon la variété, s’épanouissent en juillet. On en cultive de plusieurs

espèces, et les fleurs de quelques-unes ressemblent, en petit, aux

fleurs du lis, ce qui a fait donner à l’une d’elles le nom de _lis de

saint Bruno_.--Terre franche, mêlée de terre de bruyère et de terreau;

arrosements fréquents.--Multiplication par graines.

PHLOX.--Admirable plante vivace qui a souvent plus d’un mètre et demi

de hauteur, et dont les charmantes fleurs, roses, bleues, lilas,

blanches, selon la variété, doivent être mises au nombre des plus

beaux ornements des jardins, de juillet en septembre.--Terre franche;

arrosements abondants.--Multiplication par éclats de racines.

PHLOMIS.--Plante vivace qui fleurit en août. Ses fleurs, d’un rouge

violacé, sont peu remarquables; mais cela fait nombre et jette de la

variété dans un parterre. Les racines de cette plante sont bulbeuses,

et on la multiplie par la séparation de ses bulbes, qu’on opère au mois

d’avril, et qui doivent être replantées aussitôt.

PIED-D’ALOUETTE.--Plante annuelle, dont les fleurs en épi offrent

toutes les variétés de couleurs imaginables. Rien de plus joli au mois

de juin et de juillet qu’une bordure de pied-d’alouette; il n’est pas

de fleur qui ajoute autant à la beauté d’un parterre, surtout lorsque

les graines ayant été recueillies avec soin, on a pu mélanger les

couleurs.--Terre franche mélangée de terreau; arrosements fréquents et

peu abondants.--Multiplication par graines semées fin mars.

On cultive une autre espèce de pied-d’alouette, dont la tige est plus

élevée que celle dont nous venons de parler, et dont les fleurs sont

plus grandes. Cette dernière est vivace et peut se multiplier par

éclats de racines, séparés en octobre.

PIGAMON.--La fleur de cette plante, qui s’épanouit en mai, est surtout

remarquable à cause d’une aigrette de soixante étamines que portent ses

pétales. On en cultive deux variétés, l’une jaune, l’autre lilas. C’est

une plante vivace, à racines fibreuses, qui se plaît en terre franche

et qu’on multiplie par éclats en octobre.

PIMENT.--Ce n’est pas pour ses fleurs qu’on cultive cette plante

annuelle, mais pour ses fruits, qui sont au mois d’août gros comme des

œufs de poule, et d’un beau rouge éclatant, et qui font un très-bel

effet au milieu des fleurs qui s’épanouissent dans le cours de ce mois.

Ce fruit a d’ailleurs l’avantage de pouvoir être employé en cuisine. Il

est plus ardent que le poivre, dont il a, en partie, la saveur et les

propriétés. Sa culture, d’ailleurs, demande peu de soins. On le sème,

au printemps, en terre franche mêlée de terreau, exposition du midi;

peu ou point d’eau.

PIVOINE.--On cultive deux espèces de pivoine, qui fleurissent en mai;

la pivoine _commune_ et la _pivoine en arbre_. La première est une

plante vivace, dont les grandes et belles fleurs sont rouges, blanches

ou roses, selon la variété. Elle se plaît en terre franche, demande peu

de soins, et se multiplie par éclats de racines, faits en octobre.

La pivoine en arbre est un bel arbuste qui a quelquefois deux mètres

de haut. Ses fleurs, grandes et roses, conservent pendant un mois

entier et plus leur fraîcheur, qui est des plus suaves. La culture

de cet arbuste demande quelques soins. D’abord, il doit être en pot

ou en caisse, afin de pouvoir être rentré dès les premiers froids,

et tant que dure l’hiver, il faut qu’il reçoive le plus de lumière

possible.--Terre de bruyère, cinq dixièmes; terre franche, trois

dixièmes; terreau, deux dixièmes.--Multiplication par graines, et

mieux par marcottes, qui prennent très-facilement, mais qu’il ne faut

sevrer que la deuxième année, afin que la plante soit vivace; levée la

première année, la marcotte donnerait des fleurs; mais ce ne serait

qu’une plante annuelle.

PODALYRIA.--Plante vivace, à racines fibreuses, dont les fleurs, d’un

beau bleu, paraissent en juin; elles sont inodores et peu remarquables,

malgré leur couleur; mais elles font nombre dans un parterre, où

il faut avant tout de la variété.--Terre franche; arrosements

modérés.--Multiplication par graines semées fin mars, ou par éclats de

racines, au mois d’octobre.

PODOPHILLE.--Les fleurs de cette plante, à racines fibreuses,

s’épanouissent en mai; elles sont blanches et présentent la forme d’un

bouclier.--Terre franche; arrosements modérés.--Multiplication par

rejetons ou par graines semées en mars.

POIS DE SENTEUR.--C’est encore là une de ces belles, suaves et

modestes fleurs qui prodiguent leurs faveurs à quiconque leur accorde

quelques brins de terre, un peu d’eau, et leur permet de recevoir un

rayon de soleil. Rien de plus joli que ces fleurs veloutées, rouges,

roses, bleues, blanches, qui ressemblent aux ailes des plus beaux

papillons et qui répandent au loin leur enivrant parfum. Et pourtant

cette délicieuse fleur est assez généralement dédaignée; c’est que,

par malheur... par bonheur plutôt, elle ne coûte rien, ce qui la

fait adopter par le pauvre. Elle fait, avec la capucine, le cobæa,

l’ornement des fenêtres-mansardes, et il est peu de chaumières dont les

chétives murailles ne lui accordent protection.

Belle et bonne, c’est aux belles et aux bonnes que nous la

recommandons.--Terre franche.--Multiplication par graines semées fin

mars.

POLÉMOINE.--Plante peu remarquable, donnant en mai des fleurs en

bouquets, d’un rouge nuancé de bleu.--Terre franche.--Multiplication

par graines ou par éclats de racines, en mars.

PRIMEVÈRE.--C’est encore une de ces plantes dont certains amateurs

font des collections, à cause du nombre de variétés qu’on peut en

obtenir. Les primevères offrent près de quatre cents variétés qui

présentent toutes les couleurs et toutes les nuances connues et qui

toutes fleurissent en avril. Cette plante se multiplie parfaitement

par éclats; mais, pour obtenir des variétés, il faut avoir recours au

semis, qui se fait dans les premiers jours de mars.--Terre légère et

franche.

PULMONAIRE.--On cultive deux espèces de cette plante, qui ne diffèrent

entre elles qu’en ce que l’une est vivace: c’est la _pulmonaire de

Virginie_, et l’autre est annuelle: c’est la _pulmonaire de Sibérie_.

Toutes deux donnent, en mars, de petites fleurs. Celles de la première

espèce sont rouges, bleues ou blanches, selon la variété. La seconde

n’a que des fleurs bleues, petites, comme celles de l’autre, mais d’un

éclat plus vif.

La pulmonaire vivace se multiplie par éclats de racines, au mois

d’octobre; on multiplie celle de Sibérie par graines semées aussitôt

après les grands froids.--Terre légère et fraîche pour toutes deux.

PYROLE.--En juin, petites fleurs d’un rose tendre, placées par deux sur

chaque pédoncule. On en cultive deux espèces: l’une odorante et l’autre

inodore. Même culture pour toutes deux.--Terre de bruyère; arrosements

fréquents.--Multiplication par éclats de racines, au printemps.--En

serre pendant l’hiver.

R

REINE-MARGUERITE.--Les fleurs de cette plante, que l’on nomme aussi

_Aster_ de la Chine, rivalisent de beauté avec celles du dahlia,

et ses variétés ne sont pas moins nombreuses. Elles s’épanouissent

en juillet, et l’on en fait de brillantes collections qui offrent

un aspect charmant. La culture en est excessivement facile.--Terre

franche.--Multiplication par graines semées en avril. La meilleure

graine est celle que la tige-mère porte à son extrémité; si on la

garde un an avant de la semer, la fleur n’en est que plus belle.

Il y a un grand nombre d’espèces d’asters; les plus remarquables après

la reine-marguerite sont: l’_œillet-de-christ_, le _soyeux_, le _géant_

et le _denté_. Ces quatre espèces peuvent se multiplier par éclats de

racines séparées en octobre.

RENONCULE.--C’est encore une des plus belles fleurs qui se puissent

voir. Les faiseurs de collections en comptent près de six cents

variétés qui réunissent toutes les couleurs et toutes les nuances

connues, toutes... excepté le bleu. Certes, nous sommes loin du

temps où les oignons de tulipes se cotaient à la banque d’Amsterdam

et atteignaient des prix fabuleux. Cependant il est certain qu’un

horticulteur qui serait assez heureux pour obtenir une renoncule bleue

pourrait faire une rapide et brillante fortune. Quoi d’extraordinaire?

N’avons-nous pas vu, il y a quelques années, la graine d’une certaine

espèce de chou se vendre, rue de Richelieu, à Paris, cinq francs

l’une... oui, cinq francs une seule graine, ce qui portait le produit

d’un seul chou à cinquante ou soixante mille francs! L’industriel qui

possédait ces graines en vendit pour un demi-million en six mois. Ce

prodigieux résultat bouleversa l’esprit de ce malheureux; il devint fou

et se fit sauter la cervelle.

Donc il n’existe pas de renoncules bleues, mais il en peut naître une,

et c’est là le plus cher espoir de tous les amateurs qui cultivent

exclusivement cette jolie fleur. Au reste, cette culture est des plus

faciles. La graine, que l’on récolte en octobre, doit être gardée dans

un lieu sec pendant un an et même deux ans. On la sème en automne sur

une terre franche, puis on la recouvre d’une légère couche de terreau

et l’on arrose fréquemment. Mais on ne multiplie les renoncules par

graines que pour obtenir de nombreuses et nouvelles variétés. Lorsqu’on

veut s’en tenir à la collection qu’on possède, il est plus simple de

les multiplier par la séparation des griffes, qu’on replante aussitôt,

ou l’année suivante. Dans ce cas, les couleurs de la fleur sont plus

vives. Les renoncules fleurissent en juin; la séparation des griffes se

fait vers la fin de juillet.

RÉSÉDA.--Petite plante vivace, connue de tout le monde. Ses formes

n’ont rien de remarquable, mais son parfum le dispute à celui de la

rose. Le réséda est vivace; on le multiplie par éclats de racines ou

par semis. Toutes les terres lui sont bonnes, pourvu qu’elles ne soient

pas trop sèches.

Le réséda dit en _arbre_ n’est pas une espèce différente de celle dont

nous venons de parler; on fait du réséda un arbuste en retranchant les

branches inférieures, et en soutenant, à l’aide d’un tuteur, la tige

qui s’élève ainsi et devient ligneuse.

RHEXIE.--Plante originaire de la Virginie, dont les grandes fleurs,

d’un rouge vif s’épanouissent en juin.--Terre de bruyère; beaucoup

d’eau.--Multiplication par graines semées au commencement du

printemps.--En terre pendant l’hiver.

RHODODENDRON.--Bel arbrisseau d’Amérique, de deux mètres de hauteur,

dont les grandes fleurs blanches, roses ou rouges, selon la variété,

ont la forme d’un cornet fort évasé.--Terre de bruyère, exposition du

nord; beaucoup d’eau.--Multiplication par marcottes et par graines,

quand elles arrivent à parfaite maturité, ce qui est rare. On en

cultive de plusieurs espèces; le _rhododendron en arbre_ est une des

plus belles, mais elle ne supporte pas le froid; elle doit être rentrée

de bonne heure.

ROMARIN.--Joli arbrisseau dont la hauteur ne dépasse guère un mètre

et demi, et qui forme ordinairement un buisson touffu. Ses fleurs,

d’un bleu pâle, s’épanouissent au mois de février, dans la saison des

bals, alors que la terre est couverte de neige et de glace. Autrefois,

à cette époque de l’année, la moindre fleur était une merveille;

aujourd’hui que Paris possède des jardins d’hiver où les fleurs sont

aussi abondantes au mois de janvier qu’elles peuvent l’être en juin

dans le plus riche parterre, le romarin est presque dédaigné... Ainsi

passe la gloire de ce monde!

Le romarin, dont toutes les parties sont aromatiques, se plaît dans

une terre légère, peu humide, et il se multiplie par marcottes et par

boutures.

RONCE.--Voilà une pauvre plante bien calomniée par les moralistes,

qui ne cessent de comparer la vie de l’homme à _un sentier parsemé de

ronces et d’épines_! Eh! messieurs, qui savez tout et une infinité

d’autres choses encore, faut-il donc vous apprendre qu’il est des

ronces charmantes qui n’ont point d’épines... Et, quand elles en

auraient! La rose en a bien... Nous le répétons, des ronces charmantes,

sans épines, à feuilles panachées, à fleurs doubles roses et à fruits

blancs. C’est un de nos travers de nous laisser prendre aux mots

qui, la plupart du temps, ne servent qu’à enraciner l’erreur. Par

exemple, il est arrivé qu’un naturaliste obtus a dit, a écrit que

l’écrevisse marchait à reculons; eh bien! quarante siècles ne suffiront

pas à détruire cette erreur. La vérité est que l’écrevisse marche

comme tous les autres animaux doués des organes de la locomotion,

en avant; seulement elle peut nager en arrière... Hélas! il en sera

des ronces comme il en est des écrevisses, et c’est en vain que

nous tentons de les réhabiliter. Mais c’est ici le cas de mettre en

pratique cette belle devise: _Fais ce que dois, advienne que pourra_.

Nous proclamons donc qu’il est des espèces de ronces fort jolies;

telles sont celles à feuilles découpées, le framboisier du Canada,

et quelques autres.--Terre franche et ferme; exposition du nord ou

de l’ouest.--Multiplication par graines, marcottes et rejetons, au

printemps: les fleurs paraissent en juillet.

ROSE D’INDE.--En septembre, grandes fleurs jaunes et blanches, selon la

variété.--Terre franche.--Multiplication par semis, en mars; relever

les plants et les repiquer en mai ou en juin. Beaucoup d’eau.

ROSE DE NOËL.--Plante à racines fibreuses, donnant, en février, de

grandes fleurs d’un rose tendre.--Terre franche, mêlée de terre de

bruyère. En serre.--Multiplication par éclats de racines, en octobre.

ROSE TRÉMIÈRE.--Grande et superbe plante de deux à trois mètres de

haut, dont les larges et admirables fleurs, qui s’épanouissent en

juillet, offrent toutes les couleurs et toutes les nuances. Les

variétés de cette plante sont innombrables, et les collections

qu’on en fait grossissent chaque année.--Terre fraîche; peu

d’eau--Multiplication par graines semées dans les derniers jours

d’avril.

ROSIER.--Hélas! _tarde venientibus_... Pardon, Mesdames, cela veut dire

que les absents ont tort, ou bien que les derniers venus doivent se

contenter de ce qu’ils trouvent. Or, nous venons le dernier vous parler

de la rose... Oh! oui, nous le savons bien, on vous a tout dit sur la

rose: on vous a fait son histoire; on vous a raconté ses qualités, ses

défauts, ses mœurs, ses amours; on vous a initiées à tous ses secrets,

à toutes ses métamorphoses, et vous avez vu la rose, fleur, femme,

reine! Mais il n’est pas de récolte si complétement faite que le pauvre

ne trouve à glaner dans le champ qui l’a produite: essayons de glaner.

On compte aujourd’hui un peu plus de deux mille espèces de roses, et

nous avons entendu un savant horticulteur affirmer que quatre gros

volumes in-folio en petit texte ne suffiraient pas pour rapporter

ce qu’il y a seulement de plus curieux dans la culture de cette

fleur. Nous l’avouerons, toutefois, nous nous défions énormément

de ces prétendues curiosités visibles seulement pour ces amateurs

enthousiastes bien résolus à voir des merveilles partout. Mais les deux

mille et tant d’espèces existent, et c’est un fait que nous constatons,

heureux que nous sommes d’avoir à constater ici quelque chose!

Puisque nous voici entré dans cette voie, nous pourrions bien,

Mesdames, vous donner la nomenclature de ces espèces; mais vous en

seriez quittes pour tourner rapidement le feuillet, et nous en serions

pour nos frais d’érudition horticole; ce serait trop de moitié.

Nous nous contenterons donc de vous dire que les botanistes et les

horticulteurs,--car ces gens-là s’entendent quelquefois,--ont divisé

les rosiers en onze classes, savoir:

Les _rosiers à feuilles simples_,

Les _rosiers_ FÉROCES... Oh!

Les _rosiers_ BRACTÉOLÉS,

Les _rosiers cannelles_,

Les _rosiers pimprenelles_,

Les _rosiers à cent feuilles_,

Les _rosiers velus_,

Les _rosiers rouillés_,

Les _rosiers_ CYNORRHODONS... Ouf!

Les _rosiers à styles soudés_,

Les _rosiers_ BANKSIENS... Ah!

Et cela est tout rose; qui oserait le contester?... Mais cela n’empêche

pas que la rose soit le chef-d’œuvre de la végétation, d’où il résulte

que les rosiers sont indispensables dans un parterre, quelque peu

étendu qu’il soit. Et rien n’est si facile de les y mettre et de les y

faire vivre, la culture de ces arbustes étant des plus simples. Presque

tous les rosiers se plaisent dans une terre franche, légère; ceux du

Bengale seuls s’accommodent mieux de la terre de bruyère. Tous se

multiplient par graines, rejetons, boutures, marcottes, et il n’est pas

d’arbustes plus dociles à la greffe et qui se prêtent plus volontiers

aux caprices de l’horticulteur.

Les plus belles roses fleurissent en juin; mais il en est pour toutes

les saisons, et il n’est pas rare de voir, dans nos jardins, des roses

du Bengale s’épanouir sous des flocons de neige.

RUDBECKIA.--En juillet, grandes fleurs rouges. Cette plante, à

racines fibreuses, demande peu de soins.--Terre franche, arrosements

modérés.--Multiplication par graines semées en avril.

S

SABLINE.--Charmantes petites fleurs blanches qui surgissent en

mai du milieu d’un gazon touffu, et dont on fait de très-jolies

bordures.--Terre franche; arrosements fréquents.--Multiplication par

éclats de racines, en octobre, ou par graines semées fin mars.

SABOT DE VÉNUS.--Fleurs brunes, d’une forme singulière, paraissant en

mai et exhalant absolument le même parfum que les fleurs d’oranger. Les

pétales de cette fleur, au nombre de quatre, ressemblent parfaitement

aux ailes d’un moulin à vent.--Terre de bruyère; exposition de l’ouest;

arrosements fréquents.--Multiplication par graines semées en mars.

SAFRAN.--Plante bulbeuse dont les fleurs jaunes, blanches, grises ou

bleues, selon la variété, s’épanouissent en février.--Terre franche,

mêlée de terre de bruyère; peu d’eau.--Multiplication par caïeux, qu’il

ne faut détacher que tous les trois ou quatre ans en juin et qu’on

replante en juillet, en laissant entre eux une distance de cinq à six

centimètres.

SAINFOIN A BOUQUET.--Plante peu remarquable, donnant en juillet des

fleurs rouges en épis.--Terre légère.--Multiplication par graines

semées en avril.

SANGUINAIRE.--Cette plante, originaire du Canada, ne porte qu’une seule

feuille en forme de cœur, dont les nervures sont rouges. Ses fleurs,

blanches et de moyenne grandeur, paraissent en avril.--Terre franche;

arrosements modérés.--Multiplication par éclats de racines, en automne.

SANSÉVIÈRE.--Jolie plante donnant en mai et en août de nombreuses

fleurs roses en épis, très-odorantes.--Deux espèces; même culture:

terre de bruyère, peu d’eau.--Multiplication par graines semées fin

mars ou par œilletons.

SARETTE.--Plante à racines fibreuses, dont les fleurs en épis, rouges

ou lilas, selon la variété, paraissent en septembre et octobre.--Terre

franche.--Multiplication par graines semées fin octobre, on peut aussi

multiplier cette plante par éclats de racines, mais seulement quand

elle a atteint une certaine force, c’est-à-dire la troisième ou la

quatrième année.

SAUGE.--On en cultive plusieurs espèces qui toutes fleurissent

en juillet, août, septembre et octobre. Fleurs roses, bleues ou

d’un beau rouge, selon l’espèce.--même culture pour toutes: terre

franche mêlée de terre de bruyère et de terreau; peu d’eau; en serre

l’hiver.--Multiplication par graines semées en octobre et tenues

chaudement, ou par boutures, au printemps.

SAXIFRAGE.--Très-belle plante dont on cultive plusieurs espèces,

donnant toutes, en mai, de jolies fleurs rouges, blanches ou

roses, selon l’espèce.--Toutes se cultivent de la même manière:

terre de bruyère, en pots, afin de les mettre en serre pendant

l’hiver.--Multiplication par éclats, en avril.

SCABIEUSE OU FLEUR DE VEUVE.--Jolies fleurs d’un rouge foncé, veloutées

et d’un parfum très-agréable.--Terre légère.--Multiplication par

graines, semées en avril. On en cultive plusieurs espèces, dont

quelques-unes sont vivaces, comme la _scabieuse des Alpes_ et la

_scabieuse de Crète_; ces dernières peuvent se multiplier par éclats et

par boutures. Toutes fleurissent en juillet.

SCEAU DE SALOMON.--Plantes à racines fibreuses, donnant, en avril, de

belles fleurs blanches pendantes. Plusieurs espèces.--Même culture

pour toutes: terre franche; arrosements fréquents.--Multiplication par

éclats de racines en automne, ou par graines semées au commencement de

mars.

SCILLE.--On en cultive de plusieurs espèces, qui toutes fleurissent en

avril, mais dont les fleurs ne se ressemblent pas et qui demandent des

soins différents. Plusieurs, comme la _scille du Pérou_, la _scille

maritime_, la _scille à deux feuilles_ doivent être mises en terre

de bruyère et en pots pour être rentrées l’hiver. D’autres, comme la

_scille d’Italie_, la _scille agréable_, qu’on appelle aussi _jacinthe

étoilée_, se plaisent mieux en pleine terre. Les fleurs de presque

toutes les espèces sont bleues; mais elles diffèrent par la forme: les

unes sont en épis, d’autres en grappes, d’autres encore en ombelles,

etc. Plusieurs sont inodores, quelques-unes ont un parfum à peu près

semblable à celui de l’aubépine. Toutes se multiplient par caïeux,

séparés des oignons tous les deux ans.

SEDUM.--Jolies fleurs rouges ou roses, en juin, d’une odeur de

rose très-prononcée, cette odeur s’exhalant soit de la fleur, soit

de la racine, selon la variété. Il y a pourtant quelques variétés

inodores.--Terre de bruyère pour toutes; peu ou point d’eau; exposition

du midi.--Multiplication par boutures, par éclats ou par graines.

Les fleurs animées - Tome 2 · 第 17 / 19 段