variétés qui sont rouges, violettes, blanches, etc., et qui ont le
même parfum que la julienne proprement dite. Cette dernière espèce est
annuelle et se multiplie par graines semées en octobre.--Terre légère,
peu d’eau.
K
KETMIE.--Il existe deux plantes de ce nom qui sont bien distinctes:
l’une, le _ketmie des marais_, est une plante annuelle donnant, en
août, de grandes fleurs blanches à onglet rouge.--Terre légère; peu
d’eau.--Multiplication par graines semées au printemps.
L’autre ketmie, appelée _ketmie des jardins_, est un arbrisseau qui
a assez ordinairement deux mètres de haut, et qui donne, en octobre,
d’assez jolies fleurs de toutes couleurs, depuis le blanc jusqu’au
rouge foncé, selon la variété.--Terre légère; arrosements fréquents
mais peu abondants.--Multiplication par marcottes.
L
LAURIER COMMUN.--Joli arbrisseau dont les feuilles et le bois exhalent
une odeur aromatique très-forte, et qui donne, en mai, des fleurs peu
apparentes.--Terre franche; peu d’eau.--Multiplication par graines, et
mieux par marcottes, au printemps.--En serre pendant l’hiver.
LAURIER-ROSE.--Très-joli arbuste, dont on cultive plusieurs variétés,
donnant en juin et en juillet de belles fleurs roses, blanches ou
jaunes, selon la variété; mais toutes sans parfum, à l’exception de
deux variétés, l’une nommée _laurier odorant_, dont les fleurs, d’un
rose très-pâle, exhalent une odeur à peu près semblable à celle de la
violette, et l’autre, à fleurs blanches semi-doubles, qui ont le même
parfum que l’aubépine. Toutes se cultivent de la même manière--Terre
légère, peu d’eau, du soleil.--Multiplication par marcottes et rejetons
au printemps.
LAURIER-TIN.--Arbrisseau toujours vert, donnant, en février, de
nombreuses fleurs, blanches en dedans et rouges en dehors.--Terre
franche mêlée de terre de bruyère; peu d’eau et point de
soleil.--Multiplication par boutures en automne.
LILAS.--La plus belle, la plus gaie, la plus gracieuse fleur du
printemps. Ce charmant arbrisseau, dont les fleurs embellissent et
embaument les derniers jours d’avril et les premiers de mai, et dont le
feuillage d’un beau vert ne tombe qu’en octobre, est indispensable dans
un jardin, sur une terrasse bien garnie et même sur un balcon, quand ce
dernier est d’une certaine étendue. Il se plaît partout, se multiplie
de toutes manières, et ne demande presque aucun soin.
On en cultive plusieurs variétés: le _lilas commun_, grand arbrisseau
qui a quelquefois de huit à neuf mètres de hauteur; le _lilas varin_,
de deux à trois mètres de hauteur, dont les fleurs sont plus petites,
mais non moins odorantes que celles du lilas commun, et le _lilas de
Perse_, qui diffère peu du lilas varin.
La terre franche est celle qui convient le mieux au lilas.--Arrosements
modérés. Lorsque les fleurs sont fanées, il est bon de les couper,
à moins qu’on ne veuille recueillir de la graine, et dans ce cas il
suffit d’en conserver quelques-unes.
Quelques jardiniers-fleuristes de Paris ont réussi à faire fleurir
les lilas deux fois dans la même année, en avril et en août. Pour
obtenir ce résultat, il suffit de couper les fleurs en mai, dès
qu’elles commencent à se faner, et, vers la fin du même mois, de
dépouiller l’arbrisseau de toutes ses feuilles; mais il ne résiste pas
longtemps à un pareil régime; il dépérit dès la seconde année, et meurt
ordinairement dans le cours de la quatrième.
LILAS DES INDES.--Arbuste toujours vert, donnant en juillet de belles
fleurs d’un bleu tendre et d’un parfum doux.--Terre de bruyère mêlée
de terreau; en serre pendant l’hiver; le plus d’air et de lumière
possible; arrosements modérés.--Multiplication par marcottes et par
graines.
LIS.-C’est le roi du parterre, et il suffit de le voir pour comprendre
que les souverains de la France aient voulu qu’il figurât dans leurs
armes. Beauté, grandeur, majesté, parfum enivrant, sont le partage de
cette fleur superbe. On en cultive un grand nombre de variétés, parmi
lesquelles nous citerons le lis de Constantinople, le lis à fleurs
doubles, l’orangé, le turban, le tigre, le martagon, dont les bulbes,
cuites au four, sont un mets très-agréable. Mais de tous, le lis blanc
est le plus beau.
La culture de cette belle fleur ne demande que peu de soins. On
met l’oignon en terre, en automne ou en mars, à quinze centimètres
de profondeur environ.--Terre franche, mêlée d’un peu de terreau;
arrosements modérés. Tous les deux ou trois ans, on relève les oignons,
et l’on détache les caïeux, qui doivent être replantés sur-le-champ.
En plein air, le parfum du lis est délicieux; dans un appartement il
est dangereux; il peut avoir de fâcheuses influences sur l’économie
animale, et même causer une asphyxie complète. C’est une ressemblance
de plus avec les grands de la terre, dont le contact est si souvent
fatal aux petits.
LISERON SATINÉ.--Arbuste dont les fleurs, d’un rose très-tendre,
s’épanouissent en août.--Terre de bruyère; peu d’eau. En serre dès les
premiers froids.--Multiplication par marcottes, par boutures et par
graines. Les marcottes prennent difficilement; les boutures doivent se
faire vers la fin d’avril.
LOBÉLIE.--Jolie plante à racines fibreuses donnant, en août, de grandes
et belles fleurs en grappes d’un beau rouge.--Terre franche; beaucoup
d’eau. En serre pendant l’hiver.--Multiplication par éclats de racines
à la fin de septembre, et par boutures en avril.
LUNAIRE.--Plante annuelle. En avril, fleurs en grappes blanches, rouges
ou panachées, selon la variété.--Terre franche.--Multiplication par
graines semées fin mars.
LUPIN.--On en cultive de deux espèces, le _lupin vivace_ et le _lupin
annuel_. Toutes deux fleurissent en juin. Les fleurs des vivaces, roses
d’abord, deviennent bleues quand elles sont entièrement épanouies;
celles du lupin annuel sont d’un beau jaune et odorantes. Les deux
espèces se multiplient par graines semées fin mars.--Terre franche;
arrosements modérés.
M
MARJOLAINE.--Arbuste fleurissant en juin. Fleurs blanches ou roses,
selon la variété, et très-odorantes.--Terre de bruyère, peu d’eau.
En serre pendant l’hiver.--Multiplication par semences, et mieux par
éclats, au printemps.
MATRICAIRE.--Plante vivace, à racines fibreuses, donnant en juin de
grosses fleurs blanches.--Terre franche; peu d’eau.--Multiplication par
éclats, en automne ou en mars.
MÉLILOT.--En août, fleurs blanches en grappes et odorantes.--Terre
franche, arrosements modérés.--Multiplication par graines semées en
avril.
MÉLISSE.--En juillet, petites fleurs blanches peu remarquables.--La
plante exhale une odeur de citron très-prononcée.--Terre légère; peu
d’eau.--Multiplication par graines ou par éclats faits en octobre.
MILLEPERTUIS.--Plante vivace, originaire de la Chine, dont les
grandes et belles fleurs jaunes s’épanouissent en octobre.--Terre
de bruyère mélangée de terre franche et de terreau; arrosements
modérés.--Multiplication par marcottes, boutures, éclats de
racines.--En serre l’hiver.
MOURON EN ARBRE.--Petit arbuste donnant, en mai, d’assez jolies
fleurs rouges. Terre légère mélangée de terreau, beaucoup
d’eau.--Multiplication par marcottes et par boutures.--En serre l’hiver.
MUGUET.--Charmante fleur qui vient parfaitement sans culture dans les
bois, qu’elle embaume au mois de mai. Elle ne demande donc que fort
peu de soins. Terre franche et fraîche.--Multiplication par éclats
de racines. Le _muguet du Japon_, autre espèce, dont les fleurs sont
bleues et s’épanouissent à la même époque, se cultive de la même
manière.
MYOSOTIS OU SOUVENEZ-VOUS DE MOI.--En avril, charmantes petites fleurs
d’un beau bleu.--Terre franche; arrosements fréquents.--Multiplication
par éclats.
MYRTE.--Joli arbuste, symbole de l’amour heureux, aromatique dans
toutes ses parties, et donnant en août de petites fleurs blanches.
Il y en a de plusieurs variétés, qui se cultivent toutes de la même
manière.--Terre franche mêlée de terre de bruyère; exposition du midi;
arrosements fréquents.--En serre pendant l’hiver, de manière à recevoir
le plus de lumière possible.--Multiplication par rejetons, marcottes et
graines.
N
NARCISSE.--Jolie plante à oignons, dont les fleurs, qui répandent un
doux parfum, s’épanouissent en mai. Il y en a un assez grand nombre
d’espèces, qui toutes ont plusieurs variétés. La culture est la même
pour toutes. On relève les oignons vers la fin de juin; on en détache
les caïeux que l’on nettoie et laisse sécher à l’ombre, dans une serre,
pendant deux ou trois mois. On les replante ensuite à quatre ou cinq
centimètres de profondeur.--Terre franche mélangée de terre de bruyère
et de terreau; beaucoup d’eau. Les narcisses peuvent végéter dans de
l’eau comme les jacinthes. (_Voyez_ JACINTHE.)
NIGELLE.--Plante annuelle dont les fleurs, d’un beau bleu, paraissent
en juillet.--Terre franche; arrosements modérés.--Multiplication par
graines semées en avril.
O
ŒILLET.--Cette fleur si connue est une des plus belles qui puissent
orner un parterre. On en compte un grand nombre d’espèces, et chacune
a de nombreuses variétés. Quelques amateurs en font d’admirables
collections.--Terre franche, mélangée de terre de bruyère et de
terreau; arrosements fréquents. Toutes les espèces d’œillets se
multiplient par marcottes, qui reprennent très-facilement. Mais pour
obtenir des variétés, il faut avoir recours à la graine qu’on sème au
printemps. On relève les plants dès qu’ils sont assez forts, et on les
met en place.
De même que le lis et la violette, l’œillet a joué un rôle important
dans nos discordes civiles. En 1815, par exemple, peu de jours après
l’accomplissement de la seconde Restauration, l’œillet rouge devint le
signe de reconnaissance des partisans de Napoléon. Par opposition, les
royalistes, et particulièrement les gardes-du-corps, les pages, avaient
adopté l’œillet blanc. Il y eut souvent des rencontres terribles entre
les deux partis. Ils se livrèrent à Paris, sur les boulevards, des
combats sérieux, et il en résulta plus d’une déplorable catastrophe. En
voici une qui produisit une bien vive sensation.
Un jeune page de Louis XVIII, Jules de Saint-P..., avait pour tante la
comtesse de C..., une des dames d’honneur de la duchesse d’Angoulême.
Un jour du mois d’août, le jeune page était venu voir sa tante, dans
les appartements de la duchesse.
--Eh quoi! chevalier, s’écria Mme de C..., vous n’avez point d’œillet à
votre boutonnière?... Les bonapartistes vous font-ils donc peur?
Comme elle achevait de prononcer ces paroles, la duchesse parut; elle
avait entendu le reproche que Mme de C... venait d’adresser à son
neveu, et voyant le jeune homme la rougeur sur le front, elle prit en
souriant un œillet blanc dans un des beaux vases de Sèvres qui ornaient
la cheminée, et le présenta à Jules.
--Votre tante vient de se montrer injuste, chevalier, lui dit-elle;
nous savons bien qu’il n’y a dans votre famille que de bons Français,
et que les Saint-P... sont sans peur comme sans reproche.
Le page s’inclina respectueusement, et prit la fleur:
--Merci, madame, répondit-il d’une voix fortement émue, et que votre
Altesse Royale soit assurée que je m’efforcerai toujours de mériter la
bonne opinion qu’elle veut bien avoir de moi.
Une heure après, le jeune page, en habit de ville, était sur le
boulevard des Italiens, appelé alors boulevard de Gand, avec plusieurs
de ses amis, portant tous l’œillet blanc et ayant à la main une canne à
épée. Ils ne tardèrent pas à se trouver en face d’un groupe d’officiers
à la demi-solde, décorés de l’œillet rouge.
--Prenez garde, messieurs, dit un de ces derniers, vous portez là une
couleur qui se salit aisément.
--Et c’est pour cela que les gens de votre sorte font bien de ne pas la
porter, répondit vivement le chevalier.
Des sarcasmes aux menaces la transition fut prompte; on n’avait pas
échangé quatre phrases, que les épées étaient tirées. Jules s’attaqua à
celui des officiers qui, le premier, l’avait apostrophé, et par malheur
c’était le plus rude joûteur de tous: sang-froid, coup d’œil d’aigle,
poignet de fer, rien ne lui manquait. Mais le jeune page était trop
animé pour s’apercevoir de son infériorité, et s’en fût-il aperçu,
qu’il n’eût pas rompu d’une semelle. Comme cela se passait en plein
jour, une foule nombreuse entourait les combattants. Tout à coup une
voix s’écria: «Voici les gendarmes!»
L’autorité, en effet, avait pris des mesures pour réprimer ces
troubles, et une patrouille accourait pour séparer les combattants.
--Nous ne pouvons pourtant nous quitter ainsi, dit l’adversaire du
chevalier; tenez, monsieur le chevalier, à l’œillet!
Le coup fut porté avec la rapidité de l’éclair. Jules, atteint en
pleine poitrine, tomba sur les genoux. En ce moment les gendarmes
n’étaient plus qu’à deux pas des combattants. Les officiers se
retirèrent promptement, et le jeune chevalier, relevé par ses amis,
plus heureux que lui, fut mis dans une voiture et conduit à l’hôtel
des pages. Comme il venait de mettre pied à terre, une calèche passait;
une dame seule l’occupait: c’était la comtesse de C... qui, sans faire
attention à la pâleur de Jules, soutenu par ses amis, s’écria avec
l’accent de l’indignation:
--Un œillet rouge!... Le malheureux nous déshonore!...
Jules, qui n’avait pas perdu connaissance, abaissa son regard sur la
fleur placée à sa boutonnière, et répondit d’une voix mourante:
--Oui, madame, rouge, mais toujours pur, car c’est mon sang qui l’a
teint!
La calèche s’était arrêtée; la comtesse s’élança vers son malheureux
neveu.
--Mon Dieu! mon Dieu! disait-elle éperdue, c’est moi qui l’ai tué!
Et elle disait vrai, car la blessure était mortelle, et le jeune page
expirait le soir même, après avoir demandé qu’on mît avec lui dans sa
tombe l’œillet, présent si funeste qu’une main royale lui avait fait.
ORANGER.--Dans les pays chauds, et même en France, dans la Provence,
l’oranger est un arbre de pleine terre, donnant en abondance des fruits
parfumés, d’une saveur délicieuse; mais partout ailleurs on ne cultive
l’oranger que comme arbre d’ornement, et pour sa fleur, si belle et
d’une si suave odeur.
La culture de l’oranger présente beaucoup moins de difficultés qu’on ne
le croit communément. Il se plaît dans une terre franche, mélangée de
terre de bruyère et de terreau; il craint plus l’eau que le froid, et
bien qu’il soit prudent de le mettre en serre d’octobre en avril, on
pourrait sans danger le laisser à l’air libre tant que la température
ne serait pas plus basse que quatre degrés centigrades au-dessous de
zéro. Aussi, dans la serre où on le place, ne faut-il faire du feu que
lorsque le froid arrive à ce point.
Vers la fin d’avril, on remet les orangers à l’air libre; il est bon
alors d’en laver les grosses branches et le tronc avec de l’eau claire
et une brosse, et d’en arroser abondamment le feuillage.
Tous les trois ou quatre ans au plus, il faut renouveler, au moins
en grande partie, la terre dans laquelle végète l’oranger. Lorsqu’on
s’aperçoit que les feuilles, ordinairement d’un beau vert, pâlissent,
cela annonce que l’arbre est trop à l’étroit; que ses racines sont
gênées. On a alors le choix entre deux expédients: l’un consiste
à tailler les branches de manière à ce que l’arbre exige moins de
subsistance; l’autre est de mettre l’oranger dans une caisse plus
grande que celle où il est gêné.
L’oranger se multiplie assez facilement par marcottes et par boutures;
il est aussi très-facile de le multiplier par graines: dans une terre
composée comme nous l’avons dit plus haut, on plante, à une profondeur
de deux centimètres et à une distance de sept à huit centimètres les
uns des autres, les pépins d’une orange très-mûre et même pourrie; puis
on enfonce le contenant de cette plantation dans un pot plus grand ou
une caisse remplie de fumier de cheval. On le couvre d’une cloche de
verre qu’on lève de temps en temps pour donner de l’air et arroser avec
de l’eau tiède. Cela se fait en mars; au mois de mai on peut supprimer
la cloche, et, en septembre, les plantes étant assez fortes, on les
sépare pour mettre chacune dans le pot ou dans la caisse qui lui est
destinée, et dont la terre doit être mélangée comme il est dit plus
haut. Il est très-important, en levant ces jeunes plantes, de ne point
dégarnir leurs racines de la terre qui leur est adhérente.
Les fleurs de l’oranger nouvellement cueillies sont d’un grand prix;
les distillateurs, à Paris, les payent jusqu’à douze francs le
kilogramme; mais les jardiniers fleuristes les font payer bien plus
cher encore, quand il s’agit d’en faire une couronne de mariée; car
la fleur d’oranger est l’emblème par excellence de la virginité. Et
voyez comme l’épigramme se glisse partout! il n’est pas un produit de
nos jardins que les fabricants de fleurs artificielles soient parvenus
à imiter d’une manière plus parfaite. C’est à ce point qu’aujourd’hui
presque toutes les couronnes de jeunes mariées sortent des ateliers
de la rue Saint-Denis, à Paris... Mon Dieu! nous savons bien qu’elles
n’en sont pas moins pures pour cela (les jeunes mariées); mais, il
faut le dire, si la fraude n’est pas là d’un fâcheux augure, elle est
certainement de bien mauvais goût.
OREILLES D’OURS.--C’est le nom fort laid d’une très-jolie plante dont
les amateurs cultivent jusqu’à six cents variétés et dont ils font
d’admirables collections. Toutes ces variétés fleurissent en avril, et
leurs couleurs vives et veloutées présentent l’aspect le plus agréable.
L’oreille-d’ours n’aime pas le soleil, et pourtant plus qu’une autre
plante elle redoute l’humidité; aussi est-il nécessaire, pour en
obtenir de beaux produits, de la cultiver en pots, afin de pouvoir,
lorsque les pluies du printemps sont trop abondantes, les garantir de
ce danger. Pour cela, il n’est pas nécessaire de rentrer les pots; on
les couche seulement de manière que la pluie n’atteigne que les parois
extérieures du vase sans pouvoir pénétrer à la racine de la plante.
L’oreille-d’ours se plaît à l’exposition du nord et de l’ouest, dans
une terre composée moitié de terre franche, moitié de terre de bruyère,
le tout mélangé d’un peu de terreau. On n’arrose cette plante que dans
les temps très-secs; encore ces arrosements doivent-ils être fort peu
abondants. La multiplication s’obtient par éclats de racine; mais pour
former une collection, il faut semer les graines, dès qu’elles sont
mûres, en terre de bruyère et à l’ombre. Le plant étant assez fort,
on le relève et on le repique, en observant une distance de dix ou
douze centimètres entre chacun. On obtient ainsi toutes les variétés
possibles, et lors de l’inflorescence on peut faire un choix des plus
jolis.
ORNITHOGALE.--Plante bulbeuse, donnant en juin des fleurs
blanches en étoile. On en cultive plusieurs variétés, de couleurs
diverses, dont quelques-unes sont odorantes. Toutes se cultivent de
la même manière.--Terre franche mêlée de terre de bruyère; arrosements
fréquents.--Multiplication par caïeux séparés des oignons, que l’on
relève tous les deux ans, en juillet. On nettoie ces caïeux, on les
met sur une planche, dans un lieu sec et à l’ombre, et on les plante
en octobre. C’est encore une des fleurs dont on fait collection: il
y a des ornithogales indigènes et d’autres exotiques; la culture des
diverses espèces est la même.
OROBE.--C’est une des plus précoces et des plus jolies fleurs
printanières, jaunes ou rouges, selon la variété, qui s’épanouissent
en mars.--Plante vivace, à racines fibreuses, demandant peu de
soins.--Terre franche.--Multiplication par semis, ou mieux par éclats.
ORVALE ou LAMIER.--Belle plante à racines fibreuses, donnant, en
avril, de grandes fleurs blanches tachetées d’un beau vert.--Terre
franche.--Multiplication par éclats en octobre ou par semis en février.
OXALIDE.--Plante de serre chaude, qui fleurit en février. On en
cultive plusieurs espèces, dont une seule, l’_oxalide pied-de-chèvre_,
est odorante. Les fleurs de cette dernière sont d’un beau jaune;
celles des autres espèces sont d’un rose tendre, ou blanches rayées
de rouge.--Terre de bruyère; arrosements peu abondants, mais
fréquents.--Multiplication par caïeux, détachés en juin et replantés en
septembre.
P
PACHYSANDRE.--Plante vivace dont les fleurs, petites et d’un
rose tendre, s’épanouissent en mai.--Terre de bruyère, peu
d’eau.--Multiplication par rejetons ou par éclats de racines.
PAIN-DE-POURCEAU ou CYCLAME.--Les fleurs de cette plante s’épanouissent
en mai, et présentent cette singularité que la partie supérieure
de leur corolle regarde la terre; aussi en a-t-on fait le symbole
du regret. On en cultive plusieurs espèces, dont quelques-unes ont
une odeur fort agréable; mais l’aspect de ces fleurs est triste; on
dirait, selon l’expression de M. de Chateaubriand, qu’elles aspirent
à la tombe. Cette disposition ne justifie pourtant pas le hideux nom
vulgaire qu’on leur a donné.--Terre de bruyère, peu d’eau; en serre aux
premiers froids.--Multiplication par racines ou par graines semées en
juin, en pots, et dont les plants doivent être relevés et repiqués au
mois de mars suivant.
PANCRATIER.--On en cultive deux espèces: le pancratier maritime et le
pancratier d’Illyrie. Ce sont des plantes bulbeuses fort jolies, dont
les grandes fleurs blanches, qui s’épanouissent en juillet, exhalent
une odeur fort agréable.--Terre de bruyère; peu d’eau.--Multiplication
par caïeux détachés en septembre et replantés un mois après, de même
que les oignons.
PANICAUT.--Fleurs bleues en août.--Terre fraîche; arrosements
modérés.--Multiplication par rejetons, ou par graines semées au
printemps.
PAQUERETTE.--Charmante petite plante vivace dont les fleurs, dès le
mois d’avril, émaillent le gazon des pelouses, et qui n’ont besoin,
pour s’épanouir, que d’un rayon de soleil et d’une goutte de rosée.
De cette gentille petite villageoise l’éducation a fait presque une
grande dame; sa parure si simple s’est nuancée de riches couleurs, et
ses formes ont gagné en grâce ce qu’elles ont perdu en modestie. Par
la culture, en effet, on obtient des pâquerettes doubles, blanches,
rouges, roses, panachées, etc.; mais, malgré ces métamorphoses, la
pâquerette se contente de peu.--Terre franche et fraîche, c’est tout
ce qu’il lui faut, et il suffit, pour la multiplier à l’infini, d’en
diviser les touffes au mois de mars.
PARNASSIE.--En août, fleurs blanches et jaunes, d’un aspect singulier,
à cause des espèces d’écailles et de cils dont elle est garnie. Plante
vivace à racines fibreuses.--Terre de bruyère; arrosements fréquents
et abondants en tout temps.--Multiplication par éclats de racines, au
printemps.