vogue dont elle jouit? Nous pensons, en conscience, qu’elle ne doit
cette faveur qu’à la difficulté de la culture. Quoi qu’il en soit,
les camélias sont devenus une partie indispensable des toilettes de
bal, et certains amateurs ont renouvelé de nos jours, à propos de
cette plante, les folies des amateurs de tulipes du siècle précédent.
Tout récemment, un procès s’est engagé devant le tribunal de
commerce de Paris à propos de deux camélias vendus ONZE MILLE FRANCS.
L’acquéreur n’avait acheté ces arbustes, alors à la Nouvelle-Orléans,
que sur les dessins qui lui en avaient été donnés: le marché conclu,
les camélias arrivèrent à grands frais de l’Amérique. Ils étaient
en fleurs, l’acquéreur refusa de les recevoir, prétendant que les
fleurs différaient de celles qui lui avaient été montrées sur le
papier; mais il fut condamné à prendre livraison et à payer. Cœurs
sensibles, ne vous hâtez pas trop de le plaindre: le procès avait
eu du retentissement; tous les journaux en avaient rapporté les
détails; tout le monde voulut voir ces deux arbustes déposés au
Jardin-d’Hiver des Champs-Élysées; les recettes, pour droit d’entrée
dans cet établissement doublèrent, et les fleurs que portaient ces
deux camélias, vendues au détail, produisirent quatre mille francs!
Dans dix ans, les mêmes arbrisseaux se donneront pour trente sous sur
les marchés aux fleurs de Paris; dans le pays des roses, le règne du
camélia ne peut être que passager.
CAMPANULE.--Plante vivace, à racines fibreuses, se multipliant par
graines ou par éclats, et donnant en juin de très-jolies fleurs en
forme de cloche, de toutes couleurs, selon les variétés.--Terre
franche, mêlée de terre de bruyère. Arrosements fréquents en été.
CAPUCINE.--Jolie plante grimpante qui, à cause du peu de soin qu’elle
demande, est l’ornement ordinaire de la fenêtre du pauvre.--Belle
verdure, charmantes fleurs. Multiplication par graines, semées en
place, au mois d’avril. Il suffit de l’arroser fréquemment pour qu’elle
réussisse, à quelque exposition qu’elle soit.
Bien plus jolie que beaucoup d’autres, cette modeste fleur est
dédaignée des heureux du jour; il est vrai que la pauvreté a de grands
torts: ses faveurs sont à qui les veut, et elles ne coûtent rien!
CENTAURÉE ODORANTE.--En août, fleurs grosses, ayant la forme du bleuet;
de couleurs diverses, selon la variété.--Terre franche, multiplication
par graines, en février.--Quelques variétés sont vivaces, comme la
_centaurée de montagne_, la _centaurée_ blanche, et quelques autres.
Ces dernières se multiplient par éclats séparés au mois d’octobre.
CHÈVREFEUILLE.--Charmant arbuste grimpant, hôte des forêts, où il
prodigue son délicieux parfum en récompense de l’appui des arbres
à hautes tiges autour desquels il s’enroule, et dont la mort seule
peut le séparer. Il fait aussi l’ornement des plus beaux jardins;
mais si la culture ne lui ôte rien, elle n’augmente pas non plus ses
qualités.--Terre légère, peu d’eau. Multiplication par boutures et
marcottes, en automne.--Plusieurs variétés; même culture pour toutes.
CHRYSANTHÈME.--Arbuste qui commence à fleurir en avril, et qui ne
cesse de donner, pendant la plus grande partie de l’année, des fleurs
à rayons blancs.--Terre de bruyère mêlée de terre franche et d’un peu
de terreau. Arrosements fréquents.--Reproduction difficile par graines,
mais très-facile par boutures, de mai en septembre.
CIERGE DU PÉROU.--Fleurs superbes en août, blanches ou rouges, selon la
variété, n’ayant pas moins de cinquante centimètres de circonférence,
et exhalant une odeur des plus agréables.--Terre franche; arrosements
dans les plus grandes chaleurs de l’été seulement. Multiplication par
boutures, qu’il faut couper huit ou dix jours avant de les planter.
CLÉMATITE.--Joli arbuste grimpant, donnant, de juillet en septembre,
des fleurs innombrables, d’un doux parfum, et ne demandant point
de soins particuliers. Au centre de la France, la clématite est le
principal ornement extérieur de la chaumière du pauvre; on la sème
sans façon dans le premier coin venu, et dès la première année elle
s’attache aux murailles de la demeure à l’abri de laquelle on l’a
placée; puis elle s’élève doucement, semblant caresser les modestes
murailles qui la protègent, et elle finit par couvrir le toit rustique,
d’où ses délicieuses émanations s’étendent au loin. La clématite est
une de ces fleurs qu’il est impossible de ne pas aimer. Qui croirait
qu’une si douce et si innocente fleur ait pu être la cause première
d’un grand crime!
C’était en 1808. Mme la baronne de Cauville, entièrement ruinée par
la Révolution, vivait avec son jeune fils, âgé de douze ans, dans une
modeste chaumière, au village de Bazincourt (Eure). Le curé du village,
noble et digne vieillard, fort instruit, avait pris en amitié le jeune
de Cauville, et s’était chargé de faire son éducation; il venait en
outre de son mieux à l’aide de la mère, qui ne possédait plus qu’un
revenu de quelques centaines de francs, insuffisant pour subvenir à
ses besoins. Mais le bon curé était pauvre lui-même, et la baronne
souffrait; elle était d’ailleurs frappée au cœur par de cuisants
chagrins: l’échafaud avait dévoré son père, son mari, la plus grande
partie de sa famille, dont les derniers membres étaient morts sur la
terre d’exil.
Le mal faisait des progrès rapides; Mme de Cauville fut bientôt dans
un tel état de faiblesse qu’elle dut garder le lit. C’était au mois de
juin; Arthur de Cauville ne quittait le chevet du lit de sa mère que
pour préparer les remèdes prescrits par le médecin, et aller chercher
pour la malade les fleurs qu’elle aimait.
--Mon Dieu! dit un jour cette dernière, que ce monsieur Guiron est
heureux d’avoir cette belle clématite que je vois d’ici grimper sur le
toit de sa maison, et dont le doux parfum arrive jusqu’à mon lit! Que
j’aurais de plaisir à voir et sentir de plus près une branche de cette
jolie plante!
Un quart d’heure après, Arthur sollicitait de son voisin Guiron la
permission de cueillir quelques branches de sa clématite. Mais Guiron
était un de ces hommes sans cœur, ne comprenant que les plaisirs
matériels en rapport avec ses appétits grossiers.
--Autrefois, monsieur le baron, répondit-il avec ironie, un personnage
comme vous ne m’eût rien demandé; il eût pris mon bien sans se donner
la peine de dire gare!... Aujourd’hui que les choses sont changées,
chacun doit garder ce qu’il a: la clématite m’appartient, et je défends
à tous les barons du monde d’y toucher.
--Monsieur, je vous en prie, dit le jeune homme dont deux larmes qu’il
n’avait pu retenir sillonnaient les joues, c’est un désir de malade, de
mourante peut-être!...
--Eh bien! est-ce que c’est un brimborion comme ça qui l’empêchera de
mourir?... Laissez-moi donc tranquille avec vos singeries.
Arthur se retira la rougeur sur le front et le désespoir dans le cœur.
Il ne dit rien à sa mère de l’humiliation qu’il venait de subir, et
comme la baronne continuait à manifester le désir d’avoir une branche
de clématite, il lui dit qu’il irait voir M. Guiron, leur voisin, vers
la fin du jour, et que probablement il obtiendrait la permission de
couper quelques tiges de ce joli arbuste.
Le soir venu, le jeune homme sort de sa demeure; il monte sur un petit
mur, du faîte duquel il peut atteindre la clématite tant enviée: il
en coupe promptement plusieurs branches, et, heureux de cet innocent
larcin, il se dispose à se retirer par le même chemin, lorsque Guiron,
qui a entendu quelque bruit, sort armé d’un fusil, et fait feu sur le
jeune homme. Pas un cri, pas un gémissement ne se fait entendre; Arthur
regagne la chambre de sa mère; il remet entre les mains de la malade
les branches de clématite qu’il vient de dérober, et presque aussitôt
il tombe sans avoir pu prononcer un mot. Exaltée par l’amour maternel,
Mme de Cauville recouvre assez de force pour s’élancer hors du lit:
elle essaie de relever son fils; elle l’interroge en lui prodiguant les
noms les plus tendres; mais Arthur ne peut l’entendre: atteint d’une
balle en pleine poitrine, c’était par un effort surhumain qu’il avait
pu arriver jusqu’à sa mère; en tombant il avait rendu le dernier soupir.
En reconnaissant toute l’étendue de son malheur, l’infortunée ne fit
point retentir sa chaumière de cris et de sanglots; elle s’assit près
du corps inanimé de son fils, le prit dans ses bras, le serra contre
son cœur, et expira. Ce fut en cet état que, le lendemain, les deux
cadavres furent trouvés par le digne curé, seul ami qui restât à ces
infortunés.
Le meurtrier, livré à la justice, fut absous comme s’étant trouvé en
cas de légitime défense!
COBÆA.--Plante grimpante dont le beau feuillage vert couvre
admirablement les berceaux des jardins, ou forme des tonnelles de
l’aspect le plus pittoresque. De juin en septembre, fleurs jaunes
et violettes, très-belles, mais qui sont presque aussitôt fanées
qu’épanouies. C’est encore une des consolatrices du pauvre; c’est
aux fenêtres des mansardes et des greniers qu’elle se montre le plus
communément. Elle ne demande pas plus de soins que la capucine, sa
compagne ordinaire.--Terre franche. Multiplication par graines semées
en place; arrosements fréquents.
COLOQUINTE.--Cette plante annuelle, de la famille des cucurbitacées,
n’est remarquable qu’à cause de la bizarrerie de son fruit, qui est
fort gros, et affecte la forme d’une bouteille, d’une massue, d’une
poire, d’une boule, etc., fruit qui, étant vidé, desséché, peut
servir à plusieurs ouvrages domestiques.--Multiplication par graines
semées vers le milieu de mars, sur capot et sous cloche; arrosements
fréquents. Lorsque la tige a acquis une certaine étendue, on la pince à
l’extrémité, afin que le fruit grossisse. Ce fruit doit être recueilli
en septembre.
CORBEILLE DORÉE.--Plante à racines fibreuses, donnant, en mai, de
petites fleurs réunies en bouquets d’un beau jaune doré.--Terre
franche. Multiplication par graines, et mieux par éclats faits en
automne.
COURONNE IMPÉRIALE.--Plante à oignons, dont les larges et belles
fleurs, ordinairement d’un beau rouge, paraissent en avril, et forment
une couronne à un ou deux rangs au sommet de la tige.--Terre franche;
beaucoup d’eau. Multiplication par graines, et mieux par caïeux,
séparés de l’oignon tous les trois ans, en mai ou juin, et replantés
aussitôt.
CROCUS OU SAFRAN PRINTANIER.--Plante à oignons, donnant, en février,
des fleurs de diverses couleurs, selon la variété.--Terre franche;
arrosements fréquents. Multiplication par caïeux détachés, en mai ou
juin, tous les trois ou quatre ans, et replantés sur-le-champ.
CROIX DE JÉRUSALEM.--En juin, jolies fleurs à cinq pétales, ressemblant
à une croix de Malte, de diverses couleurs, selon la variété. Plante
fibreuse, se multipliant par graines, boutures et marcottes, et mieux
par éclats faits au mois de novembre.--Terre franche; arrosements
abondants.
CUPIDONE.--En juillet, fleurs d’un beau bleu.--Terre de bruyère; peu
d’eau. Multiplication par éclats.
CYTISE.--Arbuste dont les fleurs, qui paraissent en juin, sont d’un
très-beau jaune.--Terre légère; très-peu d’eau. Multiplication par
graines et par éclats.
D
DAHLIA.--Cette fleur, qui malheureusement n’a aucun parfum, est l’une
des plus belles que l’on connaisse. Elle est produite par une plante
à racines tubéreuses, d’une culture très-facile, puisqu’il suffit de
relever les tubercules avant les grands froids pour les replanter en
terre franche au mois d’avril. Les fleurs qui s’épanouissent depuis
la fin de juillet jusqu’aux derniers jours d’octobre, ont quelquefois
jusqu’à vingt-cinq centimètres de circonférence, et présentent les
couleurs les plus belles et les plus variées. Le nombre des variétés
de cette belle fleur est de plus de trois cents. On en cultive, au
jardin du Luxembourg, à Paris, une des plus belles collections qui se
puissent voir. Les tiges ont assez communément d’un mètre à un mètre et
demi de haut, et c’est quelque chose d’admirable que l’aspect de cette
mer de fleurs de toutes nuances ondulant sous la brise. Il n’y a point
aujourd’hui de parterre possible sans dahlias.
On nous apprend que des essais faits récemment à Chambéry, il résulte
que les tubercules du dahlia, cuits d’une certaine manière, sont
un mets délicieux. Mais nous avons trop de raisons de douter de la
capacité culinaire de ces mangeurs de châtaignes pour prendre cela au
sérieux.
DALÉA.--Plante à racines fibreuses, donnant en juillet des fleurs en
épi, petites, d’un rouge violet.--Terre légère, arrosements modérés.
Multiplication par graines semées en avril.
DAPHNÉ.--Arbuste de serre, d’un mètre de haut, donnant en janvier
de petites fleurs vertes d’une couleur agréable.--Terre de bruyère
mêlée de terre franche; arrosements fréquents, mais peu abondants.
Multiplication par graines semées sur capot et sous cloche aussitôt
leur maturité, et repiquées en pot.
DATURA.--Très-bel arbrisseau, dont les fleurs d’un blanc de neige
s’épanouissent en août et exhalent une odeur des plus agréables.--Terre
de bruyère, point d’eau l’hiver, très-peu l’été. Multiplication par
marcottes.--Le moindre froid pouvant être fatal à cette jolie plante,
il faut la rentrer de bonne heure, ne la sortir qu’en mai, et la placer
de manière à ce que la lumière ne lui manque pas.
DIGITALE.--En août, jolies fleurs en épi, de diverses couleurs, selon
la variété.--Terre franche mêlée de terreau; arrosements modérés.
Multiplication par œilletons, en automne, ou par graines semées
aussitôt leur maturité.
E
ÉPI DE LA VIERGE.--Fleurs à oignons, donnant en juin des fleurs
blanches en étoiles ou en épi.--Terre franche mêlée de terre de
bruyère; arrosements fréquents. Multiplication par caïeux séparés
tous les trois ans et replantés en automne.--Plusieurs variétés, même
culture.
F
FARAGELLE.--Plante à racines fibreuses. En septembre, fleurs
rougeâtres.--Terre de bruyère; peu d’eau.--Multiplication par éclats au
printemps.
FLEUR DE LA PASSION OU GRENADILLE BLEUE.--Arbuste dont la tige a
communément sept à huit mètres de longueur; il donne, en août, des
fleurs bleues d’une forme bizarre, dans lesquelles, l’imagination
aidant pour beaucoup, comme il arrive toujours en pareil cas, on a
cru voir tous les instruments de la Passion: couronne, lance, clous,
marteau, échelle, etc. On peut former avec cet arbuste de très-jolis
berceaux.--Terre légère; beaucoup d’eau. Multiplication par marcottes,
boutures et rejetons.
FRAGON.--En décembre, petites fleurs blanches surgissant à la
surface supérieure des feuilles, qui sont piquantes.--Terre franche,
arrosements fréquents. Multiplication par graines et par éclats.
FRAXINELLE.--Plante singulière, exhalant, dans les temps chauds et
secs, une sorte de gaz qui s’enflamme lorsqu’on en approche une
lumière.--En juillet, de belles et grandes fleurs purpurines en
grappes.--Multiplication très-facile par graines semées en août, ou par
éclats faits en novembre.
G
GENTIANE.--En mai, grandes fleurs d’un bleu clair. Terre de bruyère;
arrosements fréquents et abondants.--Multiplication par graines
aussitôt leur maturité, ou par éclats en novembre.
GÉRANIER OU GÉRANIUM.--Joli arbuste dont on cultive un grand nombre de
variétés, les unes inodores, d’autres exhalant le parfum le plus suave,
et d’autres encore répandant une odeur fétide, mais rachetant ce défaut
par des fleurs du plus vif éclat.--Terre franche; beaucoup d’air et
de lumière; peu d’eau.--Multiplication par boutures qui demandent de
grands soins: elles se font en avril, dans des pots placés sur capot et
sous cloche que l’on soulève graduellement, jusqu’à ce que la plante
ait acquis assez de force pour supporter l’air libre et être ensuite
transplantée.
Il y a des espèces à racines tuberculeuses dont la multiplication est
plus facile. On coupe les tubercules de manière à ce que chaque morceau
soit pourvu d’un œil; on les plante en pot, et l’on arrose un peu.
GIROFLÉE.--Jolie plante à racines fibreuses, donnant, en juin, de
belles fleurs en grappes, jaunes, blanches, rouges ou violettes, selon
la variété, et exhalant une odeur très-agréable. Les principales
variétés se multiplient par graines semées en terre franche mêlée de
terreau; on enlève les sujets quand ils sont assez forts et on les
met en place. Arrosements fréquents. Quelques variétés peuvent se
reproduire par boutures, particulièrement celle appelée _variable_,
dont les fleurs, d’abord blanches, deviennent jaunes ensuite, puis
rouges. Cette dernière variété est vivace.
Nous ne parlerons pas ici de la giroflée des murailles, qui ne demande
aucun soin, n’exige aucune culture: un peu de poussière, une goutte
d’eau dans la fente d’un vieux mur lézardé, de l’air, du soleil et la
rosée du ciel, c’est tout ce qu’il lui faut pour devenir belle et jeter
autour d’elle son suave parfum. C’est encore une amie du pauvre qui se
trouverait mal à son aise dans un riche parterre.
GLACIALE.--Les grosses tiges de cette plante annuelle sont garnies de
globules transparents remplis d’une eau très-limpide, de telle sorte
que, pendant les grandes chaleurs, elles semblent couvertes de glace.
C’est là, du reste, tout son mérite, les petites fleurs blanches
qu’elle donne en août étant insignifiantes.--Multiplication par graine
semée en avril sur un terrain bien fumé, pour être repiquées en juin.
GLAIEUL.--Plante à oignons, fleurissant en mai; fleurs roses, blanches
ou rouges, selon la variété. On lève les oignons fin de juin; on les
garde dans un endroit sec jusqu’aux derniers jours de septembre. On en
détache alors les caïeux qu’on replante aussitôt.--Terre franche, mêlée
de terre de bruyère; arrosements modérés.
GLOBULAIRE.--En juin, fleurs bleues, petites, mais se réunissant en
globe, et d’un assez joli effet. Plantes à racines fibreuses.--Terre
légère.--Multiplication par éclats.
GRENADIER.--Belles fleurs rouges en août. Il se cultive en caisse comme
les orangers.--Terre franche, arrosements fréquents; en serre d’octobre
en avril.--Multiplication par marcottes et boutures.--Plusieurs
variétés; même culture.
GUEULE DE LOUP OU MUFLIER.--Plante à racines fibreuses, dont les
fleurs, paraissant en mai, sont rouges ou blanches, selon la
variété, et sont en forme de mufle.--Terre franche, arrosements
modérés.--Multiplication facile par graines semées en mars, ou par
éclats en automne.
H
HARICOT D’ESPAGNE.--Deux espèces: l’une donnant en juin de belles
fleurs rouges non odorantes; l’autre, en juin également, des fleurs
plus grandes et d’une odeur agréable. Toutes deux se sèment au
commencement du printemps en terre légère. L’espèce à grandes fleurs se
multiplie aussi par marcottes et boutures. Cette espèce étant vivace,
doit être semée en pots, afin d’être mise en serre aux premiers froids.
HÉLIOTROPE.--Arbuste donnant, de la fin de juillet en septembre,
de petites fleurs violettes en bouquets d’un parfum doux et
agréable.--Terre de bruyère, arrosements fréquents en été, peu ou
point en hiver.--Multiplication par graines, et mieux par boutures
placées sur capot et sous cloche jusqu’à parfaite reprise.
HELLÉBORE.--En février, fleurs jaunes peu odorantes. Cette plante,
à racines fibreuses, ne craint pas le froid, et elle demande peu de
soins; en outre, elle fleurit au milieu de l’hiver, ce qui suffit pour
la faire rechercher.--Deux variétés.--Multiplication par éclats, au
commencement de l’hiver.
HÉMÉROCALE.--Charmante fleur qui ressemble au lis et dont l’odeur n’est
pas moins suave que celle de ce roi du parterre. Plusieurs variétés,
qui, toutes, fleurissent en juin.--Terre de bruyère; arrosements
modérés.--Multiplication par caïeux séparés et replantés en automne. En
serre jusqu’au printemps.
HORTENSIA.--Charmant arbuste, un des plus beaux ornements d’un
parterre, dont les fleurs, roses, rouges ou bleues, selon la variété,
s’épanouissent et forment de grosses boules, en août.--Terre légère;
beaucoup d’eau.--Multiplication par boutures, au mois d’avril. Cet
arbuste ne craint pas le froid, et nous en avons en ce moment sous les
yeux un massif superbe en pleine terre, à l’exposition du nord qui,
depuis dix ans, n’a fait que croître et embellir. Cependant il est plus
sûr de le rentrer pendant les grands froids.
I
IMMORTELLE.--Plante annuelle donnant, en août, des fleurs blanches,
violettes, grises ou jaunes, selon la variété. Cette fleur doit son
nom à la singulière propriété qu’elle a de conserver sa couleur et son
état longtemps après qu’elle a été desséchée; et lorsque, après un
certain nombre d’années, elle paraît les avoir perdus, il suffit, pour
les lui faire recouvrer, de l’exposer à la vapeur du vinaigre.--Terre
légère.--Multiplication par graines semées au printemps.
IRIS.--Il y a deux espèces d’iris bien distinctes, qui comptent chacune
un grand nombre de variétés: ce sont l’_iris à racines fibreuses_ et
l’_iris à racines bulbeuses_. La première donne, en mai, de jolies
fleurs bleues, roses, blanches, panachées, etc., selon la variété,
et qui toutes ont une odeur des plus agréables. Elles se multiplient
par éclats de racines faits en octobre.--Terre légère, arrosements
fréquents.
Les variétés de l’espèce à racines bulbeuses fleurissent également en
mai, et ne sont ni moins belles ni moins odorantes. Ces dernières se
multiplient par caïeux détachés de l’oignon, la deuxième année, en
automne, et replantés aussitôt.--Terre de bruyère; arrosements modérés.
Quelques amateurs font, des variétés de ces deux espèces, de
très-belles collections.
IXIA.--Charmantes fleurs à racines bulbeuses, qui s’épanouissent
en mai, et sont de couleurs diverses, selon la variété, depuis
le rouge de pourpre jusqu’au blanc de neige.--Terre de bruyère;
peu d’eau.--Multiplication par caïeux détachés et replantés en
septembre.--En serre de novembre en avril.
J
JACINTHE.--Cette plante à oignons est l’une des plus belles et des
premières qui fleurissent au printemps. Fleur d’une odeur suave et
de toutes les couleurs, selon les variétés, qui ne sont pas moins
nombreuses que celles des tulipes.--Multiplication par caïeux, qu’on
détache dès que la plante est fanée, et qu’on laisse sécher à l’ombre
pendant deux mois. En septembre, on plante les caïeux dans une bonne
terre de bruyère mêlée de terreau et d’un peu de terre franche, et
arrosée précédemment avec de l’eau salée; on couvre la terre de paille
pendant l’hiver.--Arrosements modérés.
La jacinthe est une des fleurs qui ont la propriété de végéter dans
l’eau, et l’on peut, par ce moyen, en avoir en fleurs pendant tout
l’hiver dans les appartements. Le procédé est simple: on remplit d’eau
légèrement salée des carafes dont le goulot est étroit et l’orifice
évasé; on place un oignon de jacinthe sur chaque carafe, de manière
que l’oignon se trouve à moitié plongé dans l’eau, et l’on remplit
les carafes à mesure que l’eau qu’elles contiennent s’évapore ou
est absorbée par la plante. Une chaleur de dix à douze degrés dans
l’appartement est suffisante, et en peu de temps, chaque oignon produit
une fleur qui n’est ni moins belle ni moins odorante que celle des
oignons mis en terre; mais ces oignons ainsi forcés, perdent leur vertu
germinative, et dès que la fleur est fanée, il faut les jeter.
JASMIN.--Très-joli arbuste, à fleurs blanches ou jaunes, d’un
parfum délicieux, de juillet en septembre.--Terre franche mêlée
d’un peu de terre de bruyère. De l’air, du soleil et beaucoup d’eau
en été.--Multiplication par boutures, et mieux par marcottes, au
printemps.
JOUBARBE.--Plante grasse donnant, en juillet, d’assez jolies
fleurs rouges ou jaunes, selon la variété.--Terre légère, très-peu
d’eau.--Multiplication par boutures plantées deux ou trois jours après
avoir été coupées.
JULIENNE.--Espèce de giroflée donnant, en mai, des fleurs blanches
en grappes d’une odeur très-forte et très-agréable. Plante
bisannuelle.--Terre franche; arrosements modérés.--Multiplication par
éclats, en juin.