De graine, de rejeton, marcotte ou autrement, la plante est née. C’est

maintenant surtout que la tendresse et les soins maternels lui sont

nécessaires: un coup de vent peut suffire pour renverser, anéantir ces

pauvres petits individus sortis de la terre pour sourire au soleil.

Le mouvement de locomotion dont ils ne sont pas doués est pourtant

indispensable à un grand nombre d’entre eux. C’est le moment, Mesdames,

de leur tendre une main secourable pour leur faire quitter ce berceau

où ils sont mal à l’aise, maintenant qu’ils commencent à grandir. Mais,

prenez garde! quelque tendre que soit votre cœur, quelque douce que

soit votre blanche main, il suffirait de la plus légère distraction

pour que vous ayez à vous reprocher la mort de ces frêles enfants.

Dès que la plante obtenue par un des moyens indiqués plus haut, à

l’exception de la greffe, a atteint une certaine force, il s’agit de la

placer, soit en pleine terre, soit en caisse-parterre, ce qui est à peu

près la même chose, soit en caisse ou en pot; c’est ce qu’on appelle

_repiquage_, une des plus importantes opérations d’horticulture.

REPIQUAGE.--Soit que l’on ait semé en pleine terre, sur couches ou sur

_capot_, ce qui est la même chose; soit, ainsi que nous venons de le

dire, que le sujet vienne de marcotte, bouture, etc., il arrive un

moment où il faut l’enlever pour le mettre plus à l’aise, à la place

qu’il doit orner. Si les sujets à repiquer sont en pot, on casse ce

dernier avec précaution, on divise la terre qu’il contient en autant

de parties qu’il y a de sujets; on enlève chacun de ceux-ci avec la

partie de terre qui lui est adhérente, on le met dans le trou préparé à

le recevoir, et on arrose sur-le-champ. Lorsque le sujet qu’il s’agit

de repiquer est en pleine terre, on l’enlève avec le transplantoir;

mais si les plants n’étaient pas assez espacés, on les enlèverait

collectivement en passant la houlette dessous, sauf à les séparer

ensuite comme ceux semés en pot.

Les plantes robustes se transplantent à nu, c’est-à-dire qu’on

les arrache tout simplement du lieu où elles sont pour les placer

symétriquement dans un autre. Dans ces plantes, on retranche

quelquefois le pivot de la racine, lorsqu’il est trop long, ce qui nuit

à la reprise, et l’on ôte une partie du chevelu, quand il est trop

abondant. Mais la règle est difficile à poser sur ce point, et le plus

sage est de laisser les racines entières et de ne pas les blesser.

Il est bien entendu que chaque plante doit être repiquée dans la terre

qui lui convient, laquelle aura été ameublie, et que les arrosements

seront fréquents jusqu’à ce que la reprise soit complète.

TRANSPLANTATION.--On procède pour la transplantation à peu près de la

même manière que pour le repiquage. Cette opération ne se fait avec

succès que vers la fin de novembre. S’il s’agit de transplanter un

arbuste ou un arbrisseau, on en coupe les branches; mais il ne faut pas

toucher aux racines, et si, par accident, on en avait blessé quelques

parties, il faudrait amputer sur-le-champ les parties lésées avec un

instrument bien tranchant. Le mal, de cette manière, serait moins

grand, mais il ne serait pas entièrement réparé. Les arbres toujours

verts se transplantent en enlevant avec les racines la motte de terre

qui les environne; on ne coupe pas les branches.

ARROSEMENTS.--Nous devons répéter ici que l’eau n’est pas moins

nécessaire aux plantes que l’air et la lumière; mais toutes n’ont pas

un égal besoin d’humidité, et il y a un grand nombre de gradations

entre la plante qui naît, vit et est fécondée au fond des fleuves et

celle qui végète sur les plus arides rochers. Nous ne pouvons indiquer

qu’une règle générale qui consiste à n’arroser que fort peu les plantes

grasses, charnues, spongieuses, et à arroser davantage, mais sans excès

pourtant, les plantes fibreuses et ligneuses.

Dans l’hiver, on arrosera après le lever du soleil, afin que l’eau ne

puisse être saisie par la gelée; dans l’été, au contraire, il faut

arroser le soir, après le soleil couché, pour que l’eau ne s’évapore

pas avant d’avoir pénétré dans la terre.

L’eau dont on se sert pour arroser doit avoir le même degré de chaleur

que la température; si donc on se servait de l’eau d’un puits profond,

il faudrait, avant de l’employer, l’exposer à l’air pendant plusieurs

heures. L’eau de pluie est la plus favorable à la végétation. Ce n’est

pas seulement le pied des plantes qu’il faut arroser, mais encore les

tiges, les rameaux, les feuilles; les fleurs seules ne doivent pas

recevoir d’eau.

RENCAISSAGE.--Rencaisser ou rempoter, c’est enlever une plante du vase

où elle se trouve pour la placer dans un autre, afin d’en renouveler

la terre. Une plante peut demeurer sans danger pendant deux ans dans

le même vaisseau, et au maximum trois ans; mais alors il faut la

rencaisser, ce qui se fait avec le plus de succès au commencement du

printemps. Après avoir laissé un peu sécher la terre, on enlève la

plante, on en secoue doucement les racines, on les ébarbe légèrement

avec un instrument bien tranchant, puis on les enterre dans un autre

vase préparé à cet effet; on arrose, et l’opération est terminée. Une

autre opération, appelée _demi_-rempotage, consiste à enlever chaque

année, au printemps, avec une houlette, le tiers ou la moitié de la

terre contenue dans le pot, et à la remplacer par de la terre nouvelle

de même espèce.

Lorsqu’une plante dépérit sans cause apparente, il faut la dépoter

sur-le-champ, en examiner les racines, les laver soigneusement, et

si l’on y découvre quelque plaie, retrancher la partie malade en la

coupant le plus nettement possible. On rempote ensuite la plante, et

si elle est délicate, on la met sur capot et sous cloche jusqu’à ce

qu’elle ait repris assez de vigueur pour supporter l’air libre.

INSECTES

MOYENS DE LES DÉTRUIRE

Quatre sortes d’insectes sont particulièrement redoutables aux fleurs:

ce sont les _pucerons_, les _fourmis_, les _kermès_ et les _tiquets_...

Les pucerons sont surtout abondants dans les années humides; ils

s’établissent à l’extrémité des rameaux, détruisent les feuilles et

souvent les fleurs. S’ils n’apparaissent pas en trop grand nombre, on

peut les détruire en les faisant tomber à l’aide d’une petite brosse,

et même avec la barbe d’une plume; s’ils sont abondants, il faut

arroser les rameaux dont ils se sont emparés avec une eau de savon

légère.

Les fourmis sont plus difficiles à détruire, à cause de leur activité,

qui fait qu’elles sont ici, là et ailleurs presque en même temps; mais

il est facile de les empêcher d’envahir les plantes à tige: ce moyen

consiste à entourer la tige, vers le milieu de sa hauteur, d’un assez

large anneau de coton cardé qu’elles ne peuvent franchir. Lorsque

le contact de l’air, de l’eau, de la poussière commence à durcir le

coton, on le change. Cela n’est nécessaire que pour les plantes en

pleine terre; quant à celles en pots et en caisses, il suffit de les

placer dans un lieu que l’on environne d’eau.

Les kermès sont une sorte de punaises qui attaquent particulièrement

les orangers; le meilleur et le plus sûr moyen pour s’en débarrasser

est de laver la tige et les branches avec de l’eau claire et une brosse

rude, et d’arroser les feuilles avec de l’eau de savon.

Les tiquets sont des insectes qui se logent le plus communément sur

les lis; on les détruit en arrosant les plantes avec une décoction de

tabac. Cette décoction seule suffirait pour détruire tous les insectes

qui nuisent aux fleurs; mais il est un grand nombre de plantes qui

ne pourraient supporter cet arrosement, qu’on ne doit employer que

modérément et avec précaution.

TAILLE DES ARBUSTES

ARBRISSEAUX ET ARBRES

L’opération de la taille n’est importante que pour les arbres

fruitiers; quant aux arbrisseaux et arbustes d’agrément, on ne les

taille qu’en vue de leur donner la forme la plus agréable, et dans

certains cas aussi pour accélérer la végétation. Il suffira donc ici

d’en exposer les principes généraux que voici:

Les petites branches se taillent avec une serpette bien tranchante; la

coupure doit être nette, sans mâchure ni égratignure sur les bords.

L’endroit où s’est faite la solution de continuité doit être plane et

être, autant que possible, à l’exposition du nord. Pour les grosses

branches on peut employer la scie à main; mais on doit ensuite unir la

surface avec la serpette ou tout autre instrument tranchant.

Quand on coupe une branche, il faut qu’il y ait au moins un œil

au-dessous de l’endroit où se pratique l’amputation.

Il est important surtout de s’attacher à retrancher ce qu’on appelle

les _branches gourmandes_, qui ne produisent rien, n’ont pas d’yeux et

se développent avec rapidité aux dépens des branches productives.

L’époque la plus convenable pour la taille est la fin de février ou les

premiers jours de mars.

Plus les branches d’un arbre ou arbrisseau croissent rapidement, moins

elles donnent de fleurs et de fruits; la séve, montant trop vite,

n’agit plus sur les boutons; on dit alors que l’arbre _s’emporte en

bois_. Dans ce cas, il ne faut pas avoir recours à la taille, il est

trop tard; cette opération ne pouvant jamais être faite avec succès

que lorsque la séve est en repos. Mais il est un moyen bien simple

d’empêcher que les rameaux prennent un trop grand développement: il

suffit pour cela de pincer avec les ongles l’extrémité des rameaux qui

ont une tendance à s’emporter. Cela ne diminue pas l’énergie de la

séve, mais l’oblige à refluer sur les boutons.

Il arrive quelquefois que l’on est dans la nécessité de couper toutes

les branches d’un arbrisseau, soit parce qu’on en veut changer la

direction, soit qu’à la suite d’une maladie l’arbre n’ait plus assez

de vigueur pour les supporter. Cette opération doit être faite

avec beaucoup de soin, et de manière à ne pas arrêter tout à fait

la végétation. Il faut, dans ce cas, laisser au sommet de la tige

quelques-unes de ces petites branches appelées brindilles, garnies de

boutons, sauf à supprimer ces brindilles plus tard, lorsque l’arbre

aura repris une vigueur suffisante. Il est aussi nécessaire, après

avoir coupé les plus grosses branches, de couvrir avec de la cire à

greffer la place où l’amputation a été pratiquée.

L’opération appelée _tonte_ demande moins de soin; elle consiste à

donner à un arbre ou arbuste une forme quelconque, à l’aide de grands

ciseaux avec lesquels on coupe symétriquement les extrémités des

branches. C’est par la tonte que les orangers du jardin des Tuileries,

à Paris, et des principaux jardins publics, ont pris et conservent tous

la même forme et ressemblent à des boules de feuillage. On peut par le

même procédé avoir des arbustes en forme de pyramide, de gobelet, etc.

Mais nous sommes loin d’approuver cette régularité, cette symétrie qui

change l’aspect naturel des plantes, et leur enlève tout ce qu’elles

ont d’agreste et de capricieux. C’est de la tyrannie, et aussi de la

barbarie et de la cruauté, puisqu’en agissant ainsi on substitue sa

volonté à celle de la nature, et qu’on fait souffrir l’opprimé en

même temps qu’on lui enlève une partie de ses charmes. Taillez donc,

mesdames, et ne tondez point; car tailler c’est guérir, et tondre c’est

blesser.

Tels sont, belles lectrices, les éléments de cette science ou de cet

art si facile à acquérir, et source intarissable de tant de pures

jouissances dont tous les artifices de style seraient impuissants à

donner une juste idée. Véritables Fleurs animées, c’est à vous qu’il

appartient de faire vivre, de diriger et d’embellir ces sœurs, ces

frêles et délicieuses compagnes que vous a données le ciel, après vous

avoir douées de cette intime délicatesse qui vous en fait sentir tout

le prix. L’amour des fleurs est inné dans le cœur de la femme, et nous

ne doutons pas que beaucoup d’entre vous, mesdames, ne possèdent par

intuition l’art de les cultiver. Nous ne laisserons pas néanmoins de

vous donner quelques conseils sur la culture particulière de chacune

des plus belles. Un bon avis est un œil dans la main, dit la sagesse

des nations, et il n’est pas impossible qu’à la plus savante un peu

d’aide fasse grand bien.

[Illustration]

SECONDE PARTIE

CULTURE SPÉCIALE

DES PRINCIPALES FLEURS

INDIQUÉE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE

Nous faisons ici l’abstraction de la botanique; nous ne rangeons donc

pas les fleurs par tribus, par familles, par genres, mais simplement

par ordre alphabétique. Il ne s’agit plus de compter les pistils,

les étamines, les pétales; mais bien de savoir ce qu’il faut faire

pour obtenir les plus belles variétés d’un individu, à quelque

tribu, famille et genre qu’il appartienne. C’est ici de la science

facile, dans laquelle on peut pénétrer avec le même succès, soit que

l’on commence par la fin, le milieu ou le commencement; c’est un

dictionnaire, ou plutôt un conseiller toujours disposé à rendre un bon

office sans s’inquiéter de formes ou de méthodes.

Il ne serait pas impossible pourtant que la lecture s’en fît tout d’une

haleine: nous vous avons raconté de plus grands miracles que celui-là,

et encore ici trouverez-vous peut-être quelquefois le conteur sous

l’écorce du jardinier. Espérons donc et commençons.

A

ACONIT.--On cultive trois variétés de cette plante, qui fleurit

en juin; l’_aconit napel_, qui, sur une tige haute communément de

plus d’un mètre, porte des fleurs en épi d’un beau bleu; l’_aconit

à grandes feuilles_, dont les fleurs sont d’un bleu plus vif, et

l’_aconit tue-loup_, qui donne des fleurs jaunes. Plantes à racines

fibreuses.--Terre de bruyère.--Se multiplient par éclats.

ADONIDE D’ÉTÉ.--Plante annuelle qui se multiplie par graines semées

en place, et donne, en juillet, de petites fleurs blanches, jaunes ou

rouges, selon la variété. L’_adonide printanière_ est une autre espèce

qui est vivace, fleurit en juillet et donne de très-belles fleurs

jaunes. Cette dernière peut se multiplier par éclats; la terre de

bruyère convient à toutes deux.

AIRELLE.--Arbuste dont on cultive plusieurs variétés. La plus

remarquable est l’_airelle myrtille_, arbuste de soixante à

soixante-dix centimètres de hauteur, donnant en mai des fleurs en

grelot d’un rose pâle, et en août des baies semblables au raisin d’un

goût très-agréable.--Terre de bruyère. On peut le reproduire par

graines, rejetons et marcottes; mais ce dernier procédé est celui qui

réussit le mieux. Des autres variétés remarquables de cette plante sont

l’_airelle corymbifère_, qui atteint communément une hauteur d’un mètre

et demi; l’_airelle veinée_, arbuste plus petit que le premier. La

culture est la même pour toutes les variétés.

AMARANTE.--Charmante fleur annuelle dont on cultive deux variétés,

l’_amarante en queue_, qui donne en juin des fleurs en épi

très-allongé, et _amarante tricolore_, dont les fleurs sont réunies

en paquet. Ces deux variétés se reproduisent par graines semées à la

fin de mars sur couches ou sur capot.--Terre de bruyère mêlée de terre

franche et de terreau.

AMARYLLIS.--Plante à oignons, fleurissant en septembre.--Terre de

bruyère, multiplication par caïeux que l’on sépare des oignons tous les

deux ans. Nombreuses variétés, dont les principales sont l’_amaryllis

jaune_, la seule variété qui puisse s’accommoder d’une autre terre que

celle de bruyère; l’_amaryllis dorée_, l’_amaryllis à fleurs en croix_,

et l’_amaryllis de Guernesey_, admirable plante du Japon, jetée sur les

côtes de l’île de Guernesey par une tempête, ainsi que nous l’avons dit

plus haut, dans la _Botanique des Dames_.

AMÉTHYSTE.--Plante annuelle, qui donne en juin des fleurs bleues

très-jolies. Multiplication par graines, semées aux premiers jours

d’avril, en terre de bruyère mêlée de terreau.

AMOMON.--Joli arbrisseau dont la hauteur varie d’un mètre à un mètre

et demi. Il donne en août des fleurs blanches, et en septembre des

fruits rouges qui ont la forme de cerises, mais qui ne sont pas

mangeables.--Terre légère.--Multiplication par marcottes et par semis

faits fin de mars.--Beaucoup d’air; terre ameublie; arrosements modérés.

ANCOLIE.--On cultive l’_ancolie commune_ et l’_ancolie du Canada_.

Toutes deux fleurissent en mai; la première donne des fleurs

très-jolies, bleues ou roses; les fleurs de la seconde sont d’un beau

jaune.--Terre de bruyère mêlée de terre franche. Multiplication par

éclats, et par graines, qui doivent être semées aussitôt qu’elles sont

mûres.

ANÉMONE.--Cette belle plante compte un grand nombre de variétés; les

plus jolies sont celles dont les nuances sont pures et bien tranchées,

depuis le bleu du ciel jusqu’au nacarat. On ne peut obtenir ces belles

variétés que par le semis fait au commencement de mars sur terre

franche recouverte de terreau. On arrose fréquemment. La plante, cette

année, ne donne pas de fleurs. En juin ou au commencement de juillet,

les feuilles se fanent; alors on déterre les pattes, et après les

avoir fait sécher à l’ombre, on les replante en octobre, en observant

de laisser entre chacune une distance de trois à quatre centimètres.

Au mois d’avril suivant on obtient des fleurs; on forme alors une

collection, qu’on plante chaque année en octobre. Il est mieux encore

de faire deux collections et d’alterner la plantation, de sorte que

la même collection ne donne des fleurs que tous les deux ans. Loin de

nuire à la plante, ce repos d’une année la fortifie, et elle donne

ensuite des fleurs admirables.--Terre franche.--Déterrer la plante en

juillet et en séparer des tubercules nouveaux.

Les anémones cultivées en pots, dans les appartements, peuvent donner

des fleurs au milieu de l’hiver; mais celles que l’on force ainsi ne se

reproduisent plus; il faut donc se bien assurer des richesses que l’on

possède avant de tuer ainsi la poule aux œufs d’or.

APOCYN.--Plante à racines fibreuses, qui donne en juillet de petites

fleurs roses et blanches en forme de cloche. On nomme aussi cette

plante _gobe-mouche_, parce que la fleur, exhalant une odeur de

miel, attire les mouches qui se trouvent prises dans la matière

visqueuse dont est enduit l’intérieur de la corolle.--Terre légère;

multiplication par éclats en octobre, et par semis en mars.

ARMOISE OU CITRONELLE.--Joli arbuste de soixante à soixante-quinze

centimètres de haut, donnant en août de charmantes petites fleurs

en grappes, et dont les feuilles exhalent une odeur de citron des

plus agréables. Se cultive en pots qu’il faut rentrer aux premiers

froids.--Arrosements modérés. Terre franche mêlée de terre de

bruyère.--Multiplication par semis; mais plus facilement par éclats au

mois de mars.

ASCLÉPIADE.--Plante à racines fibreuses. En juillet, petites fleurs

rouges exhalant un parfum de vanille assez prononcé.--Terre de bruyère;

arrosements fréquents.--Multiplication par graines, et plus facilement

par éclats, fin octobre.--Plusieurs variétés; même culture.

AUBÉPINE.--Il n’est personne qui ne connaisse ce charmant arbrisseau

dont, vers la fin d’avril, le parfum embaume nos champs. Il n’y

a presque rien à dire sur la culture de l’aubépine, qui croît

spontanément dans toutes sortes de terre, au milieu des haies vives,

sur la lisière des forêts, sur les coteaux les plus escarpés. Toutes

les terres lui conviennent sous un climat tempéré; mais la terre

franche est celle dans laquelle elle se plaît le mieux.

L’aubépine, cependant, ne peut être convenablement placée que dans un

jardin d’une certaine étendue: les soins qu’on lui donne n’ajoutent

rien à la délicieuse odeur qu’elle exhale; mais ses fleurs sont plus

nombreuses; ses rameaux prennent un plus grand développement. C’est

encore un emblème de l’innocence; mais c’est l’innocence agitée par

l’espérance et la crainte; c’est l’innocence sous les armes.--Peu

d’eau, beaucoup d’air.--Multiplication par boutures, marcottes, et plus

facilement par graines semées aussitôt qu’elles sont mûres.

AZALÉE.--Très-bel arbrisseau dont la hauteur dépasse quelquefois un

mètre et demi, fleurissant en mai. Ses fleurs, d’un doux parfum,

ressemblant un peu à celles du chèvrefeuille, sont de différentes

couleurs, selon la variété.--Terre de bruyère; arrosements

fréquents.--Multiplication par semis, par marcottes et rejetons, en

mars.

B

BAGUENAUDIER.--Grand arbrisseau de pleine terre, de trois à quatre

mètres de haut, qui ne se cultive que dans les jardins d’une certaine

étendue. Nous en avons pourtant vu quelquefois de fort jolis dans de

grandes caisses-parterres.--Fleurs jaunes en grappes en juin.--Terre

franche.--Multiplication par rejetons œilletons, marcottes; arrosements

modérés.--Plusieurs variétés; même culture.

BALSAMINE.--Plante à racines tubéreuses, annuelle, dont les jolies

fleurs, de toutes couleurs, selon la variété, s’épanouissent en

juillet.--Terre franche; arrosements modérés.--Multiplication par

graines semées fin mars et repiquées en mai.

BASILIC.--Plante annuelle, remarquable seulement par son odeur

agréable. Fleurit en mai et se multiplie par graines semées en avril

sur terreau.--Plusieurs espèces; même culture pour toutes.

BELLE-DE-JOUR.--Charmante plante annuelle qui fleurit en juillet.

Fleurs nombreuses, jaunes à la gorge, blanches au milieu et bleues

sur les bords.--Multiplication par graines semées en place en

avril.--Arrosements modérés. Cette fleur s’ouvre dès que le jour

paraît, et se ferme un peu après le coucher du soleil, phénomène auquel

elle doit son nom, et qu’on a vainement tenté d’expliquer.

BELLE-DE-NUIT.--Fleurit en juillet, fleurs nombreuses et de diverses

couleurs, odorantes ou inodores, selon la variété. C’est une des plus

jolies plantes annuelles. On la sème à la fin de mars en place.--Terre

légère; arrosements modérés. Ses fleurs, qui présentent la forme d’un

entonnoir, s’ouvrent à la fin du jour et se ferment au soleil levant.

BIGNONE.--Ce joli arbuste atteint assez communément une hauteur d’un

mètre et demi; les fleurs, qui s’épanouissent en juin, sont brunes en

dehors et d’un beau jaune en dedans. Il n’est pas impossible de le

multiplier par graines, mais cela est très-difficile, et le semis ne

lève que la deuxième année; encore faut-il le tenir sur capot et en

avoir les plus grands soins. Le plus sûr et le plus simple est de le

multiplier par éclats, par boutures ou par marcottes.--Terre légère;

arrosements fréquents.--Deux variétés; même culture.

BOULE DE NEIGE.--Très-bel arbrisseau, fort commun dans les

jardins d’agrément; il donne, en mai, de jolies fleurs en boule

et d’un blanc de neige.--Terre franche; de l’ombre et un peu

d’arrosement.--Multiplication facile par rejetons et boutures.

BOUTON D’OR.--Charmante petite fleur de la famille des renonculacées,

qui s’épanouit en juin, et présente la forme d’un bouton du plus

beau jaune. Elle se multiplie le plus communément par l’éclat des

racines.--Terre franche, arrosements fréquents.

BRUYÈRES.--Jolis arbustes, d’un effet très-agréable dans les

appartements. Culture en pot ou en caisse mobile; en orangerie

ou en serre pendant l’hiver.--Multiplication par éclats ou par

marcottes.--Nombreuses variétés, même culture.

BUGLOSE.--Plante à racines fibreuses, donnant en avril de petites

fleurs bleues d’un aspect très-agréable.--Multiplication par graines,

ou mieux par éclats.--Terre de bruyère; arrosements modérés.

C

CAMÉLIAS.--Les camélias, qu’on appelait d’abord _roses du Japon_, sont

aujourd’hui la fleur la plus en vogue dans l’aristocratie.

Le camélier ou camélia est un très-bel arbrisseau toujours vert,

donnant, en février, des fleurs superbes, rouges, blanches ou roses,

selon la variété; mais parfaitement inodores.--En serre, d’octobre en

mai.--Terre de bruyère mélangée d’un tiers de terre franche et d’un

peu de terreau. Il faut le tenir près des fenêtres, car le défaut de

lumière le ferait infailliblement périr. Beaucoup d’eau en été et peu

en hiver.--Multiplication par graines sur capot et sous cloche; par

boutures, qui reprennent très-facilement, et par marcottes qu’on ne

peut serrer qu’au bout de deux ans.

Les fleurs animées - Tome 2 · 第 14 / 19 段